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RAMPAGE, SNIPER EN LIBERTÉ **

15 Nov

rampage uwe boll

2sur5  On part de trop loin pour que la réputation de « meilleur film de Uwe Boll » suffise à garantir un produit tenant debout. Connu grâce à ses adaptations de jeu vidéo cyniques et bâclées (House of the dead, Alone in the Dark), ce réalisateur allemand très productif a commencé à retourner l’opinion avec Postal. Cette comédie ‘politiquement incorrecte’ sortie en 2007 amena de nombreux nanardophiles à réviser leurs jugements sur Uwe Boll le naveteux sorti de l’ombre. Deux ans plus tard sort donc l’un des rares films d’Uwe Boll dont les notes générales se situent autour de la moyenne.

Le saut qualitatif est impressionnant, dans la forme et surtout dans le propos. D’un point de vue plastique, la chose est franchement laide, mais des idées de mise en scène, quelques intuitions esthétiques acérées, sont présentes. Le recours à la caméra portée est lourdement appuyé et sans grand relief, mais quelques scènes sont percutantes, comme le passage au casino avec les seniors. Sur le fond il n’y a aucune révélation, mais Uwe Boll arrive à leurrer un certain génie et à remuer des questionnements intenses. L’ado potache de Postal est devenu sujet social amer, la rage est toujours puérile mais l’agressivité est frontale, les cibles et les motivations ne sont plus du domaine de la farce. Comme dans ce dernier toutefois, il est question de spree killing.

Le tueur est un jeune adulte vivant encore chez ses parents, socialement apathique, sans études ni travail. Uwe Boll en dresse un portrait peu flatteur mais pour lequel il éprouve manifestement de la sympathie ; d’ailleurs, dès Amoklauf (premier film de Boll, produit typique du glauque allemand) il nous invitait dans l’antre d’un exclu (franchement médiocre celui-là) passant aux armes à force d’ennui et de gaspillage. Dans Rampage, c’est plus ambitieux. Bill (Brendan Flentcher) est un agressif borné (il s’embrouille pour des peccadilles), assommé par un déluge d’informations contradictoires et d’incantations vaporeuses. Face aux troubles de son temps, il a son remède, nihiliste : buter tout le monde, indifféremment, mais avec un peu de logique.

Il vise bien et même sensé à l’occasion, passe à la banque pour cramer de l’argent devant des témoins de la vérité qu’il épargne, contrairement à toutes ces mégères agaçantes qu’il abat sans états d’âme. Et surtout il dégomme son ‘pote’ pour le final : l’idéaliste « aux grands discours » va trouver une sortie à la mesure de ses besoins d’exaltation. Ces connards révoltés n’agissent jamais, c’est tout le problème ; Bill est peut-être un « produit de la société de consommation » (accusation incontournable de son ‘ami’) mais au moins son cynisme est conséquent. Il n’a pas d’idéologie ou de langage complexe ; il rejette l’égalité, simplement, lui le frustré socialement inepte et intellectuellement primaire.

Dans ses vidéos, il explique qu’il va faire le ménage, le justifie laconiquement, revendique presque de passer au massacre pour en tirer une jouissance de prédateur. Il n’est pas là pour donner des solutions constructives, parce qu’il est trop tard et que ce serait vain de toutes façons. C’est bien un cynique et un ‘psychopathe’, tirant un intérêt double (pour le plaisir et pour les finances), vengeant ses frustrations ‘concrètes’ (sa place pourrie, son sentiment d’aliénation) non par sens de la mission, même s’il se plait à le présenter ainsi et que son monde lui donne matière à le faire. Bien qu’il manque d’approfondissement et soit sujet aux redites (voir aux copier-coller), cet opus assez captivant fait d’Uwe Boll un auteur pittoresque et non plus seulement une espèce de troll industrieux.

Note globale 50

Page IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Elephant + Into the Wild

Scénario & Ecriture (2), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (-), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (1), Originalité (3), Ambition (3), Audace (3), Discours/Morale (2), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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UN TUEUR DANS LA FOULE *

13 Nov

un tueur dans la foule

1sur5  Vingt ans avant la rafale de films catastrophe de la fin des 1990s (Twister, Le Pic de Dante, Volcano etc) les USA pondaient déjà de grosses baudruches dans le domaine. Two-Minute Warning est de celles-là, du moins il vise cette case tout en s’inscrivant dans un registre policier typique de sa décennie (seventies). Il est présumé raconter un attentat (autour d’un stade à l’occasion d’un match) et sa mise en place ; il est incapable de montrer un tel dispositif et au lieu de ça, s’égare en banalités ahuries. L’écriture est misérable, les personnages sont bêtes, probablement censés être proches du spectateur, gratifié de points de vue beauf au mieux, monocellulaires au pire, sur les relations hommes/femmes.

Visuellement, sans être joli c’est impeccable et des moyens sont présents, tout est en place pour comater confortablement. Il n’y a aucun raffinement stylistique, il serait de toute façon court-circuité par toute la dimension ‘chorale’ laborieuse et l’obsession pour le vain forgeant la quasi intégralité du film ; il y a pourtant un peu d’idée, des petites volontés qui postulent vaguement et on peut apprécier la vue subjective du terroriste, ou même les balades (ou surplaces, tant pis) dans les couloirs du stade. L’exercice manque autant de rythme que de facultés à susciter l’intérêt, faute de contenu un tant soit peu élaboré. Énormément d’informations sont données au spectateur, toutes futiles et lapidaires ; rien n’est creusé et ce qui serait digne d’être élucidé est intégralement passé à la trappe. En somme il ne se passe, littéralement, jamais rien de décisif pendant à peu près l’ensemble du métrage. Les futilités ne valent pas davantage le coup, sauf une : le couple formé par Gena Rowlands et David Janssen. Après une entrée fracassante, ce tandem est pris au piège de la stupidité absolue d’espèces de scènes ‘de ménage’.

Tous ces détails organisationnels, ces personnages et leurs situations sans évolution mais en plus se répétant sans arrêt (verbalement, ça tient du nanar où on copie-colle plusieurs fois la même chose) ; s’avéreront strictement inutiles. Le spectateur patient se dira que cette inanité et cette médiocrité ont sans doute leur rôle ; en effet mais la justification n’est que remplissage pur et dur : au moins avec Gena Rowlands la vacuité est glamour, même si on arrive à étouffer cet atout. Bref, tout ça ne préparait qu’un dernier quart d’heure ‘catastrophe’, bien que la codéine semble toujours avoir des effets sur les snipers au moment de l’attaque. Moments ou situations ‘apocalyptiques’ bien mal simulés, sur-dramatisation molle, toute sèche (ex:la fille accrochée en haut de l’escalier) : si ça assommait et blasait pas, y aurait de quoi sourire ! Des centaines de figurants mobilisés pour un si piteux exercice c’est assez déconcertant ; mettre en œuvre ce genre de happening avec tant de ressources et si peu de génie, tout ça pour placer Charlton Heston au milieu, là c’est carrément dément.

Note globale 32

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… La Tour Infernale + Les trois jours du Condor + Le Fan + A mort l’arbitre !

Scénario & Ecriture (1), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (1), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (1), Ambition (3), Audace (1), Discours/Morale (1), Intensité/Implication (1), Pertinence/Cohérence (1)

Note arrondie de 31 à 32 suite à la mise à jour générale des notes.

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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