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DES TESTS POUR SE SITUER POLITIQUEMENT (3/3 – MON POSITIONNEMENT)

30 Mar

Cette troisième partie implique quelques nouveaux tests et outils de mesure politique ; pour l’essentiel, elle se consacre à fixer le plus précisément et objectivement possible mes tendances politiques. La série s’arrête ici mais d’autres modèles et tests seront évoqués. Le Political Test sera présenté et ré-employé comme l’est déjà le Politest.

Je reviendrais à de nombreuses reprises sur mon positionnement politique et surtout les convictions ou les perceptions à ce titre. Mais ici, il s’agit de déduire ma position par rapport à des modèles extérieurs ; et à la marge, d’expliciter mes tendances sur différents sujets. Cet article ayant été conçu il y a un an, certaines lignes ont changées, mêmes si les attitudes fondamentales sont les mêmes. Les résultats évoqués ou proposés en lien comprennent ceux de Mars 2013 et ceux d’aujourd’hui, en 2014.

N’omettez pas que ce sont des positionnements, une tentative non-exhaustive de traduire une charte personnelle ; ce ne sont pas (nécessairement) des analyses. Ce sont des choix et préférences donnant une idée ferme de la totalité qui les induit. 

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  • Profil selon des tests : Politest & Political Compass ; Philosophy, GlobalTest, IsideWith, GoToQuiz
  • Positions par Thèmes & groupes de sujets
  • Positionnement sur le Politest (les trois axes)
  • Réponses aux questions du Politest (les douze questions)
  • Zones de « tolérance » (premier modèle)

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Mes positions empiriques sur les modèles

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Le Politest

L’économique et le social  

Les manières de vivre  

L’identité et la responsabilité  

Le point rouge plus gros sur cet axe signifie que c’est celui auquel j’accorde le plus d’importance.

Avec ce profil politique on peut dire que vous vous situez à droite.

Sans ma préférence pour l’axe 3 mais avec les mêmes réponses, le test me donne : Vous vous situez tantôt à droite, tantôt à gauche selon les thèmes abordés. 

Aucun parti ne correspond exactement à vos opinions.

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zoga pol compass.

Le Political Compass

J’ai passé le test à plusieurs reprises. Je me suis rapproche du centre sur l’axe horizontal (économie) en 2013, alors que j’étais autour de -4 au départ en 2012. Sur l’axe vertical, si ma position a toujours été autour de -1 ou -2, elle cache des contrastes forts. Ces derniers sont reflétés par le Politest, mais cet outil ne saurait suffire.

En effet, plusieurs thèmes se tassent sur cet axe alors qu’ils pourraient constituer des axes à eux seuls : un premier comprenant les questions de société (libertés individuelles, rapport au « progressisme », moeurs..), un axe culturel (nationalisme, multiculturalisme, relativisme..), un axe sur le rapport à la loi et la justice (prévention, dureté des peines, responsabilité..), et un autre sur la question de l’autorité (acceptation de la coercition, lutte contre le terrorisme..). Au moins et seulement pour le domaine des perspectives empiriques, c’est-à-dire du pur rapport à la mesure et l’action politique.

En 2014, j’en arrive à me retrouver sur le côté droit, autour d’un indice +1, tandis que sur l’axe vertical, je suis toujours proche de la limite. Finalement je préfère ne pas poster de graphique « précis » et plutôt citer la zone où je me situe (sans chercher à corriger les mesures du test) : celle du pur centrisme, de -2 à +1 sur le versant dit « social », de -2 à +2 sur celui dit « économique ». 

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Philosophy

Avec ses 24 questions, il propose une approche sous un angle philosophique ; le résultat nous rattache à 18 idéologies dont la valeur est à la fois politique, contextuelle (lef-wing neoliberal ou Soviet communist par exemple) mais aussi plus globale. Le Marxism par exemple est moins un programme en tant que tel ou même un logiciel dépendant, qu’une façon particulière de penser l’ordre du monde, les rapports de force, voir la nature des Hommes, des régimes, des sociétés.

Bien que le test puisse paraître assez étrange, il apporte un aperçu intéressant et fidèle, pénétrant avec subtilité un profil politique. Il me qualifie ainsi de Liberal Nationalist et je me reconnaît effectivement dans l’idée d’une association d’éléments nationalistes et libéraux (ainsi que dans le terme de national-libéral). Les catégories suivantes sont assez légitimes ; si leur présence peut surprendre, conjuguées, elle forment une dynamique représentative à la fois des mesures me paraissant justes et de l’idéal politique qui est le mien.

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TestPolitique (mon résultat en mars 2013 + en février 2014

Voilà un support parfaitement approprié au cas présent, puisqu’il brasse de nombreux thèmes, réunis dans trois grands axes (plus discutables quand à eux, notamment pour leur dénomination). Le principe est proche du Politest, mais l’orientation est différente et surtout beaucoup plus fournie.

Il met donc en relief, mieux que d’autres et avec précision, mon profil général, plutôt intermédiaire sur un axe gauche-droite (je tend globalement vers la droite et suis  »tempéré » sur la plupart des sujets) mais composé dans le détail de penchants parfois marqués. Ainsi, les questions relevant de la Nation (et presque autant de la Justice) me portent très à droite, tandis que celles concernant les Libertés Individuelles (ou dans une moindre mesure de la Démocratie « directe ») m’amènent très à gauche.

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IsideWith – Political US 2012 (mon résultat + en avril 2014)

Bien qu’il implique des enjeux américains, le test peut être utilisé dans n’importe quelle nationalité ; les mesures évoquées peuvent tout à fait être corrélées avec des tendances politiques, par-delà les clivages locaux ou culturels. Par exemple, même si la question du contrôle d’internet n’est pas au cœur des débats en France, elle permet de situer sur l’échiquier. En ce qui concerne la politique étrangère des Etats-Unis, la situation est plus délicate ; il s’agit alors d’adopter un angle plus neutre et de se positionner comme s’il était question de son propre pays. Certaines questions concernant la place de l’armée, l’aide à l’étranger ou le rapport au droit international par exemple transcendent les situations nationales et permettent de marquer sur le pur plan idéologique et politique.

Mes résultats par rapport aux candidats à l’élection pour 2012 (avec les catégories où mes positions se confondent) :

  • Libertarian (69%) : domestic policy, foreign policy, social issue
  • Green (63%) : environnemental, economic, social issue
  • Democrat (61%) : social, environnemental
  • Constitutionnalist (55%) : immigration
  • Republican (51%) : immigration, science
  • American Voters (55%) : foreign policy, domestic policy, environnemental, social, science issues

Ces résultats sont assez différents de ceux obtenus pour les proximités partisanes.

77% démocrat, 74% green, 55% libertarian, 28% republican

Ils permettent également de déduire ma tendance privilégiée sur plusieurs sujets (les étoiles indiquent que le sujet est important pour moi) :

  • Social*** – Democrate 
  • Environnement*** – Green
  • Immigration*** – Republican
  • Domestic Policy – Libertarian
  • Economy – Green
  • Health Care – Democrat : avec notamment l’Obamacare.
  • Science – Republican : cette catégorie concerne notamment l’exploration spatiale, ce qui me rapproche de Romney.
  • Foreign Policy – Libertarian : je ne rejoins ici les Républicains que sur les sujets liés à l’armée (là où la Gauche et en particulier les Verts cherchent le désengagement systématique et la restriction des budgets) ; ce voisinage sur un point précis est rendu invisible par mon rejet radical des vues néoconservatrices, comme celles concernant la lutte contre le terrorisme – ce paradoxe me rapprochant des Libertariens. A l’instar de ces derniers, je préfère des principes isolationnistes et une retenue maximale dans les interventions (non à l’ingérence).

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Un autre test américain : GoToQuiz → Obama vs Romney

Ce test place ses participants par rapport aux positions défendues par les deux candidats à la Maison-Blanche de 2012 ; il nous fixe ainsi par rapport aux lignes générales des Démocrates et Républicains.

Sur l’ensemble des critères, je tend clairement vers Obama (58% minimum), avec un score plus marqué pour les « Civil liberties » (70%), « Values and social issues » (68%) et « Health and Education » (65%), puis « Foreign Policy » (64%). Seul contraste, je penche du côté de Romney pour « Immigration » (65%). Seul problème, les questions, forcément américano-centrées, ne laissent pas émerger certains thèmes entiers.

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Quelques positions par thèmes et groupes de sujets

les positions sont parfois abstraites, cependant c’est de ces vues de l’esprit que découlent les décisions.

Mœurs, société et modes de vie

  • la multiplicité des modes de vie est une ressource et un facteur de progrès. L’émancipation par rapport à la norme est légitime et peut être, à raison, une nécessité ou un recours existentiel. Individualisme moral.
  • pro-choix pour l’avortement
  • favorable au mariage homosexuel et à la reconnaissance de l’homoparentalité, mais sceptique sur une reconnaissance de l’adoption et réfractaire à l’usage de la PMA
  • la procréation assistée doit être un parcours du combattant (qu’importe le cas)
  • la consommation de drogue et la détention pour un usage personnel (donc en considérant des proportions équivalentes) ne concerne que l’usager

Religion

  • toutes les pratiques religieuses ou spirituelles sont acceptables lorsqu’elles concernent des individus adultes, valides, volontaires et éclairés. La démarche spirituelle est une partie fondamentale de l’existence ; le politique ne peut l’assumer, il doit d’autant plus laisser libre court à cette quête.
  • laïcité et mis au ban du religieux dans la politique. Pour autant, les formes spirituelles participant de l’identité nationale peuvent intégrer les symboles et les discours, tant qu’elles ne guident pas les choix, mais simplement illustrent un style et un engagement.
  • Les formes religieuses s’infusant dans la vie publique alors qu’elles relèvent du code civil sont bannies.

Identité nationale

  • défense et promotion de l’identité nationale
  • contrôle et restriction de l’immigration
  • refus de céder aux revendications communautaires
  • la culture nationale prévaut sur les formes du multiculturalisme
  • défense active de la langue
  • protection active du patrimoine (y compris sur le plan du territoire, de l’environnement)
  • valorisation de l’Histoire et des figures nationales

Justice

  • favorable à la peine de mort et à son application exceptionnelle
  • favorable à des sanctions lourdes
  • réfractaire à l’idée de réhabilitation – au fautif de se réparer (et c’est possible)
  • les tribunaux doivent rester relativement indulgents avec les infractions légères et les erreurs de jugement uniques (une seconde et dernière chance pour la petite délinquance et les mineurs)

Économique-social

  • filets de sécurité et protection sociale
  • soin de santé décents garantis à tous
  • s’efforcer de privilégier le politique sur l’économique
  • importance du maintien des services publics ; assainissement de la fonction publique
  • défense de la propriété privée
  • l’État sécurise les citoyens et vient en aide aux infortunés, mais sa mission n’est pas dans le bien-être ni dans la culture de l’assistance, ou la redistribution aveugle

Environnement

  • protection active des ressources naturelles, sacraliser et préserver les zones tenues par la Nature
  • pénalisation des comportements anti-écologiques de masse
  • éventuellement mais sans illusion sur le concept : label verts pour les entreprises

Démocratie

  • démocratie intense et ouverte : référendums, mandats raccourcis, représentation proportionnelle
  • favoriser la culture de coalition pour les gouvernements
  • liberté d’expression optimale
  • méritocratie
  • rejet des parasitismes (immigration clandestine, criminalité, abus sociaux, capitalisme de connivence, assistanat ; en sachant qu’un marginal ou un bohémien n’a absolument rien à voir avec cette catégorie)

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Positionnements sur le Politest

Axe 1 : S’il y a un sujet où il est difficile d’affirmer un point de vue univoque et définitif, c’est bien celui de l’économie. Il n’y a pas de modèle définitif ni de solutions miracles. C’est l’endroit où il faut s’efforcer de trouver un compromis ; croire qu’une rupture absolue est possible ne peut amener qu’à la démoralisation.

Je crois que l’État ne doit pas abandonner le peuple ; il ne doit pas laisser des monopoles prédateurs se former, ni l’économie prendre le pouvoir. Pour autant, il doit s’efforcer d’être détaché le plus possible afin de ne pas entraver le marché et la flexibilité, à la faveur des entreprises et des travailleurs ; tout en restant prêt à se montrer interventionniste sitôt que la situation est ambiguë ou la crise manifeste. L’État doit également soutenir certains secteurs-clés ; les privilèges pour certains domaines ou entreprises sont justifiables dans le cadre de la défense d’intérêts nationaux et stratégiques, car elles font partie de la culture d’un pays et peuvent servir son dynamisme.

Axe 2 : Mot d’ordre : maximiser les libertés individuelles, tant qu’elles ne rentrent pas en contradiction avec l’ordre et la cohésion. Surtout, en laissant les individus poursuivre leur idée du bonheur, accomplir et mener leur propre existence, on prend d’abord le risque de cohabiter avec une population épanouie.

Cette non-ingérence des mœurs doit être corrélée avec une prise de conscience et de responsabilités ; ne pas entamer les droits des autres à disposer d’eux-mêmes, restreindre à soi ses propres désirs en fait partie. L’acceptation et l’indifférence ne doivent pas se transformer en promotion de valeurs d’inversion et de mollesse ou en démagogie du désir.

Enfin, question d’attitude (mais je crois que celles-ci orientent tout) ; je suis toujours méfiant à l’égard de ceux qui s’offusquent des mœurs de leur prochain, alors qu’elle n’impliquent personne au-delà d’eux-mêmes.

Axe 3 : C’est mon axe privilégié et aussi celui que j’estime le plus significatif pour appréhender l’approche à la fois instinctive et intellectuelle, voir spirituelle dans certains cas, d’une pensée politique.

J’y suis très marqué à droite en raison de mon adhésion, de façon générale, à des principes sélectifs ; mais aussi, de manière plus spécifique, à mon inclinaison pour des sujets propres à la régulation de l’immigration, au souverainisme et au nationalisme. J’aime l’idée qu’une nation -ou une structure politique- est une propriété autonome et collective (au sens où le territoire en lui-même a une vie, une essence, que l’action politique a pour but de préserver et développer – qui n’existe ni comme simple contenant rationnel aléatoire comme l’estimeraient les libéraux et leurs variantes, ni comme instrument « collectiviste » des familles socialistes, communistes ou fascistes) ; et je crois que grâce à ce sentiment de « (co-)propriétaire » et cet attachement, les individus entretiennent une conscience qui les séparent du squatteur, pour au contraire les relier à un ordre cohérent, loyal et tacite. Ils peuvent sereinement s’ouvrir au territoire qui les entoure, car ils en sont une composante -sans la peine d’un recours à l’autorité ou la subversion, qui n’est qu’un artifice compensatoire. On ne décolle pas sans enracinement préalable. On a pas d’estime pour ce qui s’étend au-delà de soi si on y trouve que la confusion, la honte et la négligence. Nous ne sommes pas faits pour être réduits à l’état de passagers nonchalants. 

Le sujet a été suffisamment éclairé et je tient plutôt à me servir de ce commentaire pour arriver à certains raisonnements précis, illustrant mes tendances politiques, ce test ou des lignes de clivage invisibles et pourtant considérables. Concernant la question des origines, on peut se trouver très à droite sur deux motifs : en considérant que celles-ci nous formatent pleinement et que leur empreinte demeure indépassable ; en estimant que rien ni personne ne nous condamne, que si nous sommes pré-déterminés, pour autant nous sommes maîtres de nous-même. Naturellement, tous n’ont pas la force, les moyens de s’épanouir ; mais si tout doit être pris en considération, rien ne justifie jamais une turbulence antisociale ou une paresse morale.

Dans cet ordre d’idée, tout effort particulier pour la réhabilitation est non seulement vain, mais surtout c’est une réaction nocive : le délinquant ne doit pas être protégé ni soutenu ; la charité à son égard est une lâcheté, elle traduit un manque de volonté, de souci d’élever le niveau et les Hommes et c’est une posture ingrate à l’égard de ceux qui, quelque soit la misère de leur condition ou de leur histoire personnelle, ont surmonté les épreuves ou n’ont pas cédé à des tentations faciles, au parasitisme ou l’aspiration à détruire. Même si la loi ne peut tout à fait cerner et surtout institutionnaliser des standards éthiques ou moraux, elle peut chercher à édifier, à stimuler et à récompenser les comportements et les attitudes ; et à refuser la tendresse pour ceux qui utilisent des masques et des lois, ou rejettent la faute sur une société qu’ils pressent de les alimenter, voir de les mettre sous perfusion.

Et la Justice doit être au service de l’équilibre ; elle ne doit pas un motif pour limiter ou enfoncer les individus et les peuples (d’où ma position tendant vers la gauche sur de nombreux points dans l’axe 1).

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Réponses aux questions du Politest

AXE 1– AXE ECONOMIE & SOCIAL

  1. LES IMPOTS :  Il faut baisser les impôts pour tous quand l’Etat en a les moyens, et les augmenter pour tous quand c’est nécessaire.
  • Classée au centre, cette position me rapproche de DLR, Cap21, LGM, le Modem et les autres partis centristes.
  1. LA MONDIALISATION : La mondialisation doit être encadrée : il faut que les institutions internationales (voire les Etats) imposent des règles pour mieux protéger les droits des salariés, l’environnement, et les secteurs sensibles des économies de chaque pays (comme par exemple l’agriculture ou la culture).
  • Classée à gauche, cette position me rapproche de partis de gauche et de centre-gauche comme le PS, PRG, EELV ; des mouvements souverainistes comme DLR et le MRC ; et de partis de droite comme le MPF, le FN.
  • Même si le fantasme d’une harmonisation de l’ensemble des règles au niveau international peut être une tentation pour d’autres, il semble à la fois difficile à mettre en œuvre et pourrait générer des conflits de loyauté. La coopération entre les Etats est préférable, de même que leur souveraineté et la gestion localisée. Le conseil municipal n’a pas à s’infiltrer dans chaque maisons.
  1. LA PAUVRETE & L’EXCLUSION : Plutôt que de trop assister les gens (ou de les inciter à profiter du système), il faut les responsabiliser afin qu’ils comptent plus sur eux-mêmes et moins sur l’Etat pour s’en sortir.
  • Classée très à droite, cette position me rapproche de l’UMP et du MPF, FN, CPNT, PLD/AL.
  1. LES SERVICES PUBLICS & LA PLACE DE L’ETAT :  Tous les services publics ont une mission sociale – ne laisser personne à l’écart – que des entreprises privées ne pourraient pas assumer ; ils doivent disposer des moyens suffisants pour servir la collectivité, mais l’Etat doit aussi chercher à les rendre plus efficaces.
  • Classée à gauche, cette position me rapproche des gauches marquées et notamment du PS, EELV, PG/FdG, mais aussi du FN, CPNT et de DLR.
  • En corrélation avec la réponse précédente. S’il ne faut pas entretenir les individus et légitimer des situations de dérive ou laissez-aller ; il faut aussi être disposé à les soutenir en leur fournissant un cadre et les moyens de la collectivité. Il faut trouver l’équilibre entre sécurité et structure ; et refus de materner, par égards pour les individus et pour l’estime de soi de ceux-ci et finalement par extension de la société (une communauté focalisée sur ses vices et ses difficultés est vouée à l’aliénation, la dépression, la haine de soi et l’échec), puis dans une moindre mesure pour le budget public. Les services publics ne doivent pas être sacrifiés, ils relèvent d’un des premiers devoirs d’une structure sociale envers les citoyens. Ils ne doivent pas non plus être au service des caprices et leur action doit respecter le principe de proportionnalité.
  1. LES ENTREPRISES : Il faut aider en priorité les petites et moyennes entreprises en allégeant leurs charges et leurs contraintes administratives, et laisser patrons et syndicats négocier les modes de fonctionnement les mieux adaptés à chaque branche d’activité.
  • Classée au centre, cette position me rapproche exclusivement des centristes (Modem, Cap21, PRG).
  • Cette ouverture doublée d’une attention particulière aux PME me semble stimuler le nécessaire équilibre, favorisant l’autonomie sans sacrifier le lien à la structure géopolitique. L’encouragement des initiatives et une politique neutre pour les entreprises (ou accommodante dans certains cas précis, secteurs-clés, stratégiques ou à forte valeur culturelle) ne doit être être le cache-sexe de la légitimation du précariat ou d’une  »liberté » autoproclamée et à sens unique.

=> Sur les deux dernières réponses et notamment celle des services publics, je suis plus enclin aujourd’hui à me décaler un cran sur la droite.

AXE 2 – MANIERES DE VIVRE

  1. LA RELIGION : On doit accepter tous types de pratiques religieuses dès lors qu’elles sont librement consenties, même lorsqu’elles paraissent choquantes aux yeux de certains.
  • Classée à l’extrême-gauche, cette position me rapproche seulement de EELV et du PLD/AL.
  • J’ai développé sur ce sujet dans les « Thèmes ». L’ouverture aux religions doit s’arrêter lorsque l’espace commun devient le théâtre des revendications communautaires et surtout de la propagation d’un code civil – cas dans lequel la liberté religieuse elle-même n’est plus respectée. Naturellement, un nombre restreint de pratiques attentatoires sont interdites ; comme elles le sont dans le cadre de la loi et non en tant que pratique religieuse (excision par exemple). Pour le reste, toutes les (recherches de) spiritualités sont acceptables. Et bénéfiques ; une société où les populations aspirent à la transcendance et au dépassement de soi est en éveil.
  1. L’HOMOSEXUALITE : Il faut reconnaître l’homoparentalité et tendre vers l’égalité des droits pour les couples homosexuels, qui doivent pouvoir vivre en affichant leur homosexualité s’ils le souhaitent.
  • Classée à gauche, cette position me rapproche de l’ensemble des formations des gauches : PS, PG/FdG, PRG, PCF, MRC, LO, LGM.
  • La reconnaissance du beau-parent doit bénéficier aux situations impliquant les couples homosexuels ; mais leur parcours pour l’adoption ne doit pas être simplifié. Leurs droits (fiscaux par exemple) doivent évidemment être les mêmes que pour des couples mariés hétérosexuels. La reconnaissance de l’homosexualité n’est pas un sujet urgent, dans le besoin, ni intéressant dans notre contexte. Les fiertés spécifiques aux mouvements revendicatifs, ou même au commun des mortels justifiant par elles leur conscience politique, sont un phénomène légèrement exaspérant, tout comme certaines attitudes propres aux gauches les plus représentées médiatiquement ; mais la question des attitudes ne saurait invoquer un traitement politique et légal, surtout qu’elle est vaporeuse. Pour conclure, l’homosexualité n’est pas le problème (pourquoi en serais-t-elle un?), c’est l’OPA sur ce sujet – et il est justement paroxystique de ces détournements hystériques d’une gauche rongée par le néant idéologique et intellectuel.
  1. LE DROIT A L’AVORTEMENT : S’il faut garantir le droit à l’avortement, il faut aussi sensibiliser les femmes au fait qu’un avortement n’est pas un acte anodin.
  • Classée au centre, cette position me rapproche du centre-droit (bien qu’en réalité je sois plus à gauche qu’elle) : UMP, NC, MoDem.
  • J’aurai pu choisir l’option de gauche mais le fait de subventionner l’avortement pose problème, moins pour des raisons morales que pour un point de vue qui pourrait relever de l’axe 3. Je pense que l’avortement est préférable dans de nombreux cas et qu’il vaut mieux éviter de créer certaines vies pour les gâcher et les amener soit à se saboter, soit à se résigner au malheur et à la médiocrité. Je suis donc très favorable à l’avortement ; j’y voit même un recours salvateur, pour le bien de tous ; mais sa propagation militante me paraît aberrante, tout comme je me sent étranger ou indifférent à certaines initiatives dans le genre.
  1. LES DROGUES : La question des drogues est complexe : il faut avant tout tenir compte de l’avis des spécialistes.
  • Classée au centre, cette position me rapproche du MoDem et du Cap21.
  • C’est clairement une option choisie par dépit (les autres étant à l’extrême-droite ou à gauche). Je pense au contraire que l’avis des spécialistes n’est pas un repère important (et je ne le pense pas que pour ce sujet). La position de gauche m’agace car elle est lâche et attentiste ; autant basculer vers la retenue ou vers le lâcher-prise dans ce cas. L’usage de drogues pour une personne majeure ne relève que de sa responsabilité ; on ne doit pas être en infraction pour une consommation personnelle. Pour autant, les sanctions contre son trafic (drogues dures ou douces) doivent être maintenues.

AXE 3 – IDENTITE & RESPONSABILITE

  1. LA LUTTE CONTRE LA DELINQUANCE : Chacun est responsable de ses actes : on peut toujours décider de ne pas tomber dans la délinquance ; aussi, pour dissuader les délinquants de passer à l’acte, il faut que les sanctions encourues soient vraiment dissuasives.
  • Classée très à droite, cette position me rapproche de la droite souverainiste (MPF et FN) et des libéraux de droite (UMP et PLD/AL).
  1. DROIT DE VOTE ET NATIONALITE : Seuls les Français doivent avoir le droit de vote ; et, sauf exception, on ne peut pas être français sans avoir des parents français : il faut appliquer le « droit du sang », et non le « droit du sol ».
  • Classée à l’extrême-droite, cette position me rapproche exclusivement du FN.
  • Il s’agit d’une question très importante puisqu’elle renvoie directement au concept de nation et d’identité collective. Une telle idée doit être défendue. Cela implique également une restriction de l’accès à la nationalité. Naturellement, je suis contre l’ouverture du droit de vote aux étrangers ; je suis surtout en faveur de l’application du droit du sol. Le droit du sang est une aberration anthropologique, l’instrument d’un remplacement et de l’exploitation d’une population. Je suis d’accord avec le principe qui veut que la nationalité  »s’hérite ou se mérite ». En revanche, je ne suis pas contre la double-nationalité ; mais là encore, la nationalité, donc la citoyenneté, ne s’achète pas, elle se conquiert par la volonté, l’effort, l’apprentissage ; et le relativisme appliqué à ses normes originelles, non à la terre d’accueil.
  1. L’IMMIGRATION : L’intégration fonctionne quand les immigrés sentent qu’ils ont non seulement des droits, mais aussi des devoirs ; et il est important de lutter contre l’immigration clandestine.
  • Classée à droite, cette position me rapproche de l’UMP, DLR, CPNT, du PLD/AL.
  • C’est une question fondamentale. J’ai choisi celle, ferme et sélective, de la droite median ; plutôt que celle à sa droite qui sort du cadre de mes convictions et même, contredit énormément mon profil général. Il est évident que tout n’est pas possible, qu’il n’est pas légitime de se sentir chez soi partout et que certains éléments restent incompatibles ou en conflit. Pour autant, je ne peux valider une proposition telle que « Certains immigrés resteront toujours des étrangers : leur place est dans leur pays, pour notre bien et pour le leur » ; parce que justement, si un individu est responsable (et c’est l’un des piliers de cet axe), le sort n’a rien réglé pour lui. A ce moment, on ne parie plus sur un individu « responsable », mais pré-déterminé et dont les efforts seront systématiquement vains. Je déteste la résignation (car on peut croire à une certaine « fatalité » – en faire un dogme insurmontable est une autre étape) à l’idée que « nous devons être à notre place » (celle qui nous a été confiée par le hasard) et c’est précisément le refus de cette conception qui m’amène tellement « à droite » sur cet axe et sur toutes les autres questions, mais aussi celle-là malgré tout. Dans le même temps je crois effectivement et préfère que chacun ait sa place au travers d’un ordre social harmonieux, mais aucun déterminant mystique ou même rationnel/scientifique ne saurait justifier le recours à la politique pour décider de cette organisation, qui doit être avant tout naturelle, spontanée. Par contre il faut reconnaître à la réponse d’EXD, pas nécessairement mystique au demeurant, sa volonté de préserver l’équilibre pour tous, qui la rend dans une certaine mesure valide. Le risque véritable qu’elle présente est de sous-estimer l’autonomie morale d’un individu ; en généralisant un fatalisme fondé par ailleurs mais qui n’exclut qu’on s’en émancipe à titre individuel. Il y a là une ambiguïté possible, que je préfère résoudre ainsi, en refusant ce systématisme étendu à un niveau « intrinsèque » et figé. 
  1. La question concernant « La lutte contre la pauvreté et l’exclusion » concerne également cet axe.

 

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Zones de tolérance

Je crois qu’une position en elle-même ne veux rien dire si elle figée ; on ne peut être définitif et systématique dans un positionnement politique, sauf si on tient à nier la réalité des situations (et même, de toutes façons, la variété à l’intérieur de notre positionnement général).

Un positionnement comprenant l’ensemble des zones dans lesquelles on se sent naturellement à l’aise et en adéquation avec ses principes permet de donner du relief à notre position déterminée. Ici, j’ai ajouté les résultats de tests où j’accentuais exclusivement dans un sens donné mes réponses, sans allez cependant au-delà de ce qui ne me demande pas de  »sacrifices » politiques et sans pour autant oublier certaines positions dont je ne peux démordre, même si elles me maintenaient dans le sens inverse.

Zone de tolérance vers la gauche (Politest)

L’économique et le social  

Les manières de vivre  

L’identité et la responsabilité  

 

Zone de tolérance vers la droite (Politest)

L’économique et le social  

Les manières de vivre  

L’identité et la responsabilité  

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LE PROFIL POLITIQUE DES POLÉMISTES

15 Nov

Nouvelle rubrique dans la lignée des « Typologie » des Polémistes (médias – ou plus confidentiels). Un article a déjà été publié à ce sujet. Cette fois, il s’agit non plus de la personnalité mais du profil politique de ces personnages publics, penseurs et polémistes. Démarrage avec un petit échantillon, emprunté à la droite la plus pure. Le Politest illustre le profil des concernés.

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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  

ERIC ZEMMOUR

Ce profil peut étonner. On peut instinctivement situer Zemmour à droite toute, bien plus encore qu’il ne l’est ici ; et/ou hésiter à son sujet sur l’axe 1, voir l’y classer sensiblement à gauche.

Il s’illustre notamment dans sa critique de la mondialisation et du néolibéralisme ; mais Zemmour n’est pas économiquement de gauche, c’est un UMPiste carabiné, un conservateur radical. Il est l’équivalent français du Tea Party, dans une version plus ouverte sur le terrain économique et social.

En d’autres termes, Zemmour, s’il dénonce les résignations du PS et des formation de la gauche modérée européenne, n’en demeure pas moins un agent de la droite la plus ordinaire. Il est simplement plus réticent devant la mondialisation que certains de ses camarades, essentiellement pour des questions liées à l’identité nationale ; les revendications, les droits et le bien-être des salariés, sont absents de sa pensée. Zemmour n’est pas Marine Le Pen. C’est un analyste critique, un théoricien monomaniaque qui finalement se range toujours derrière les promoteurs de ce qu’il dénonce, car il rejoint en esprit, dans les adhésions et même dans les concepts, les pessimistes de droite et les réactionnaires associés à la droite sarkozyste, certes en jouant les mijaurées, mais en se délectant de trouver un allié si cru. Ce qu’il reproche à cette dernière, ce n’est pas son abandon de l’État (dont il se sert régulièrement, mais sans être conséquent), c’est son trop grand laxisme devant l’emprise culturelle et les leitmotiv de la gauche.

La préférence de Zemmour quand à ces axes est relativement ambiguë. En volume lors de sa période Ruquier ou même des chroniques RTL, c’est plutôt l’axe des mœurs qui interpelle Zemmour. Dans ses livres ou son tandem avec Domenach, l’axe 3 est clairement le favori, balayant les deux autres.

Et s’il reproche à la gauche d’avoir déserté l’axe 1 pour s’être réfugiée dans le second (la pédagogie et les engagements sont plus faciles sur les mœurs, les points de vue sociétaux), lui-même est obsédé par les notions qui en découlent. Le libéralisme culturel l’inquiète bien plus que la tyrannie de l’économie, voir, par séquences, que la mise sous tutelle de la France par la technocratie européenne. Si les questions d’Identité et d’autorité constituent son  »fond de commerce », c’est sur celles concernant les mœurs, la culture, les modes sociales, qu’il s’enflamme le plus et développe le plus grand nombre de théories, là où ses opinions, radicales au demeurant, sont plus fines et éclairées.

Sur ce dernier axe, Zemmour est naturellement très à droite (c’est ici qu’il est le plus marqué, donc  »repérable ») et il y coche tous les critères : rejet de l’immigration, promotion des valeurs nationales, culte de la responsabilité individuelle, sévérité avec les criminels et la délinquance. Il met souvent l’accent sur l’identité française. Pour autant, toute son emphase sur ces sujets est subordonnée à son abhorration dogmatique du moindre progrès de société, et à son « pessimisme de droite » tellement caractéristique. En effet, sa vision sur ces sujets est beaucoup plus compartimentée et opportuniste (au cas par cas), alors que celle sur les deux premiers axes répond à une dynamique plus floue, passionnelle.

Surtout, Zemmour est d’autant plus  »à droite » ici pour entrer en cohérence avec son droitisme global : d’ailleurs, lorsqu’on lui évoque les bandits d’envergure internationale, il s’offusque de cette confusion entre la « délinquance en col blanc » et celle des petites frappes. Ainsi il montre bien qu’en dépit de la critique théorique de la prédation financière, il refuse d’aller au bout de sa logique et surtout, se range derrière les dominants dans tout rapport de force sérieux, par déférence pour l’ordre établi, allant jusqu’à légitimer les oppresseurs naturels. Son mépris des affaires secondaires, notamment celles suscitant l’attention des écologistes (Maldives) est l’expression la plus nette et triviale de cette philosophie de droite conformiste, à la fois hautaine et cynique.

Zemmour est avant tout un réactionnaire complaisant et un polémiste relativement arriviste à certains égards, toutefois il n’y a pas de dissociation entre ses discours et ses croyances. Il est honnête et pénétrant, jusque dans les œillères qu’il peut emprunter en omettant ou minimisant certains aspects d’une question.

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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  

ELISABETH LEVY

C’est la polémiste de l’ultra-droite par excellence. Elle se retrouve naturellement à l’extrême-droite sur tous les domaines.

Acceptation aveugle des règles du jeu, rejet de toutes les entraves à l’efficacité et l’ordonnancement lisse de la société ; le traitement des idées est à la fois impersonnel et brutal. Le style rhétorique correspond tout à fait au fond : intelligence et mise en doute méprisées, au profit d’un attachement indéfectible au « marche ou crève », dans chaque domaine de l’existence.

Elisabeth Lévy est une conformiste agressive, considérant, d’une façon unilatérale et n’entendant pas la moindre contradiction (au contraire de Zemmour), que ce qui nous parvient est légitime. Pour elle, il faut suivre l’ordre établi et la société ne doit jamais se laisser corrompre, ni par les individus naturellement, mais pas plus par les aléas sociaux ou les doutes moraux.

Elisabeth Lévy représente l’aile radicale du néoconservatisme américain, flirtant ouvertement avec un fascisme de droite contemporain. Sa vision de la chose publique relève du tribalisme (c’est d’ailleurs une défenseure cruelle et maladroite du sionisme) et de la réaction politique la plus caricaturale. Elle prêche l’autoritarisme de façon décomplexée, non par idéologie ni par projet ou romantisme euphorique, simplement car le monde est dangereux et les décideurs toujours trop laxistes.

Cette vision s’applique donc dans les trois critères :

  • l’économie doit être confiée aux corporations agissantes, l’État ne doit jamais parasiter cette bonne marche, l’aide aux populations est infamante

  • le moindre écart de comportement est tenu pour un attentat aux mœurs ; vision morale sans morale, simplement alignée sur la tradition ; conservatisme doctrinaire, dénigrant tout mode de vie s’écartant des schémas élémentaires. L’aspect phobique délirant est plus marqué ici que nulle part ailleurs.

  • le rejet de la diversité et du multiculturalisme est une évidence pour cette prêcheuse identitaire et fanatique du binaire. En vérité, les aspects identitaires et culturels n’ont aucune espèce d’importance pour Elizabeth Lévy ; sinon en tant que codes directeurs affublés de leurs outils de répression. Par ailleurs, la punition est la seule réponse à apporter pour les fauteurs de trouble. Le hic, c’est que tout ce qui n’est pas cynisme flagrant est trouble. La position sur cet axe est surtout caractérisée par l’attribution de ses aspects négatifs : les institutions sont envisagées seulement pour leur capacité à affirmer la force, la justice est inquisitrice et formelle, indifférente. La violence du monde est le principe ultime et prévaut dans tous les cas ; lorsque la société s’en écarte, elle se leurre et engendre de la confusion, des lenteurs et de l’inefficacité. Les enjeux de préservation, les symboles et la civilisation eux-mêmes n’ont finalement aucune validité, s’ils ne sont pas fonctionnels. Alain Soral, au même degré sur cette échelle, apparaît porté par des valeurs, une conception du monde élargie ; Elizabeth Lévy n’y est que par déférence au maintien de l’ordre et rejet de la plus petite once de relativisme (tant de l’autorité, de son exercice, que du statut quo).

Naturellement, les postures de Elizabeth lévy s’accompagnent d’un éloge récurent de la  »provoc », mais n’est tenue pour provocation que les discours allant, sans prendre de gants, à l’encontre de toute dimension humaine, de l’ensemble des normes culturelles de gauche, mais aussi à l’encontre de toute démarche intellectuelle. L’idéal de productivité s’étend également aux arts, à la recherche, aux sciences : ce qui n’est pas concret, univoque et manipulable est aberrant.

Invocations populistes, parle au nom d’une majorité qui aurait « les boules ». Sur la forme, c’est une sorte de Ayn Rand coercitive qui se verrait dotée d’une gouaille de poissonnière sous coke. Cette attitude peut contrarier jusqu’à ceux qui se trouveraient dans ses rangs idéologiques. Au moins, cette témérité permet la clarté : impossible de reprocher à Lévy de masquer son jeu. Cette transparence ne la rend pas aimable, mais honnête, ce qui en fait l’une des personnalités les plus intéressantes dans son domaine. 

 

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BORGEN ****

28 Sep

4sur5  Phénomène au Danemark avec 1.4 million de téléspectateurs fidèles pour une population de cinq millions, Borgen met en scène une femme premier ministre. Pas de polémique, c’est une  »politiquement correcte » déclarée et elle est issue du Parti du Centre. Cela ne l’empêchera pas de connaître des situations délicates, de voir son idéalisme mis à rude épreuve, de déclencher des affaires lourdes et des secousses médiatiques. Les médias justement occupent une grande place dans la série, presque équivalente à celle des stratégies et décisions : ils font partie de l’agenda et du rythme, sont des contributeurs et des agents d’influence de la vie politique, laquelle, par le prisme danois, est abordée à fond.

Série stimulante, passionnante, Borgen présente un panorama exhaustif et fait le choix de décliner les exigences de la realpolitik, celle qui conditionne et nuance les idéologies, les blocs partisans, les prises de paroles publiques et les réformes à conduire. La série invite dans les coulisses du pouvoir d’une part ; explore également les ressorts d’un système politique et de la démocratie représentative, avec une grande place pour le Parlement (plus importante dans les démocraties du nord de l’Europe, modèle de maturité) et les confrontations orchestrées de façon limpide et engagée. Des thèmes fétiches se dégagent, comme la liberté de la presse, l’accent mis sur la probité et la transparence des élus, la diplomatie intérieure et internationale.

La série atteint parfois une ampleur dramatique rare. Après avoir disséqués les rouages, analysé un système, mis en relief la fonction de tous ses acteurs, elle pénètre une zone plus commune mais non moins complexe en s’attachant à traduire des sensations d’adultes aux engagements ingrats. Sans cet angle de vue, Borgen aurait été un chef-d’œuvre avec sa petite part de non-complétude. Ce n’est donc pas le cas. C’est inouï, mais tout l’essentiel y est ; et avec, le regard social, systémique, psychologique, politique ; mais aussi, intime et sentimental. Tout ça dans l’équilibre, sans jamais de lourdeurs – ou alors, les seules qu’on y trouve tiennent à un certain lyrisme ponctuellement accordé à Birgitte, mais surtout à son exercice de la fonction. En effet, pas de leurre dans Borgen : tout est passé au crible, mis à nu dans sa vraie nature, pour sa vocation authentique et en dévoilant l’ensemble de ses implications.  .

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Diffusion finale à venir

Bouclée avec bientôt ses derniers épisodes dévoilés en France, la série compte trente épisodes consistants d’une cinquantaine de minutes, étalés sur trois saisons. Borgen sera, pour moi, un des grands repères de la décennie dans le monde des séries. La série est diffusée en ce moment par Arte et d’autant plus facile à trouver en streaming – y compris sur son serveur replay pour les épisodes du vendredi écoulé. La diffusion entre-temps sur une chaîne suisse aide aussi – c’est de cette source que sont tirés les épisodes que vous retrouvez ici (intégralité de la série). Arte lancera l’ultime saison 3 le 3 octobre. x

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BORGEN – SAISON 1 **** 

5sur5 La saison 1 est extrêmement dense, passe tous les éléments de l’univers politique et sa pratique au sommet en revue. Là où les deux saisons suivantes pourront s’aventurer dans les détails privés et publics, il est encore question de tout sonder : Borgen ressemble alors à un grand plan sur lequel on zoomerait de l’infiniment petit (la gestion de leur carrière par les personnages, les conséquences sur leur vie privée mais aussi leur place d’individu dans ces circonstances) et l’infiniment grand (le quotidien de ces personnages est tourné vers le sommet, les préoccupations les plus transcendantes, urgentes et possessives). En fin de saison, le climat se fait plus lourd, éreintant. Birgitte vit toujours sou la menace, avec son intégrité que personne ne valorise et que le public ne voit pas. Elle accumule les sacrifices et subit la pression des médias, de la rumeur, de l’opinion. Elle est écrasée par sa fonction, sans retour, sans compensation. On la voit devenir plus froide, sèche, cassée mais responsable. Le nez entièrement dans les dossiers, l’esprit absorbé par des détails et les charges qu’elle prend à ses ministres.

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BORGEN – SAISON 2 ****

4sur5 Les intrigues intimes gagnent du terrain, tout en se laissant envelopper par les affaires publiques et ayant trait aux grands sujets. Autour du Château, le rayon personnel a pris l’ascendant : les actualités, les guerres médiatiques, deviennent en quelque sorte la partie émergée de ce monde privé (celui des journalistes, de ceux qui arpentent les coulisses du pouvoir ou gravitent autour de la première ministre). C’est un vrai retournement qui permet une lecture plus  »serial » du système. Et curieusement, c’est une bonne chose, car on y perd rien en consistance tout en gagnant en psychologie et en authenticité. Par contre, la série allège ses sommets d’intensité dans le portrait d’une situation politique ; les bagatelles, la  »vraie vie », le vrai rythme de ces univers, ont pris le pas, pour le meilleur et pour cette petite part limitative. Plus que jamais, Borgen est axé sur la place justement des individus et des petites histoires dans la grande (la photo de Laugesen – l’ex-leader Travailliste ; la philosophie de Hanne Holme). Seule fausse note, un point de détail (et pas un problème intégral de toutes façons) : le passé de victime de Kasper Juul (spin-doctor de Birgitte) prend trop de place, avec flashbacks sordides et naïfs dans la forme. .

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BORGEN – SAISON 3 ****

4sur5 La saison 3 démarre sur le retour de Nyborg après son abandon de la politique suite à l’élection anticipée qu’elle avait convoquée. Dans un premier temps, elle affronte le leader du Parti Centriste au moment où celui-ci s’aligne sur la politique du gouvernement et inhibe ses valeurs profondes (il est question notamment d’immigration). Cette méthode échouant, elle se lance dans la création de son propre parti. La position de Nyborg permet d’adopter un nouvel angle avisé. Après la gestion au sommet, la fabrique d’un mouvement politique et son ascension apportent un complément. Les rapports entre les personnages connus de la série se resserrent, tandis que les stratagèmes et les impératifs catégoriques occupent le terrain. L’élaboration d’une identité politique est au cœur de cette dernière saison, là où il s’agissait plutôt de la définir auparavant ; et alors qu’il suffisait de l’assumer, ici il faut la revendiquer, la booster. Ce combat pour trouver sa place dans l’échiquier, faire ses preuves, trouver les bonnes armes et ressources (à tous niveaux : matériel, humain, conceptuel, programmatique) est passionnant.

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  . . . Parlement_Borgen_1_&_2 L’échiquier politique

Borgen met en scène un échiquier politique reflétant fidèlement la réalité, de manière accessible mais néanmoins pointue. Elle brosse l’ensemble des tendances tout en les bornant aux partis représentatifs. Ces formations s’inspirent de la réalité des pays nordiques, amalgamant les noms réels et la nature des formations existant au Danemark, au Pays-Bas et en Scandinavie. Il y a ainsi une série de  »Parti du Centre » (à vocation agrarienne, au moins au départ) dans le nord de l’Europe.

Le regret qu’on peut émettre, c’est que les deux partis de droite (Parti Libéral & Nouvelle Droite) apparaissent comme des jumeaux (ce qui rejoint cependant le choix d’associer leurs deux leaders et montrer leur co-dépendance) sans que la Nouvelle Droite ne prenne d’initiative dans les différentes confrontations (sinon lors des affrontements plus directs à échelle humaine entre Nyborg et la leader de ND).

Voici le positionnement des sept formations :

  • 1) d’abord un plan d’ensemble sur le Political Compass
  • 2) ensuite une évaluation au cas par cas en utilisant l’échiquier à triple-dimension du Politest

crow Borgen

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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  
Parti du Centre (sous Nyborg) = centre/centre-gauche
L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  
Parti du Centre (post-Nyborg) = centre/centre-droit
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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  
Nouveaux Démocrates (Nyborg II) = centre-gauche/centr
e
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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  

Parti Travailliste = gauche modérée

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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  
Parti Libéral = droite
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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  
Nouvelle Droite = droite
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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  
Parti de la Liberté = droite « populiste » et « EXD »
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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  
Parti de l’Environnement = gauche
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L’économique et le social  
Les manières de vivre  
L’identité et la responsabilité  
Rassemblement Solidaire = gauche radicale
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Axe 1= RS-PT-PE-NDem-PDC/PPL-ND-PL
Axe 2= PE-RS-PT-NDem-PDCPL-ND-PPL
Axe 3= RS-PE-PDC-NDem-PTPL/ND-PPL
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Les personnages
Birgitte Nyborg (héroïne et PM – leader Parti du Centre & Nouveaux Démocrates)
Le personnage est parfaitement croqué et l’auteur en totale empathie avec elle au même titre qu’avec les autres. Il montre aussi son conformisme post-moderne, y compris dans les détails. Par exemple, alors qu’elle n’a pas le temps de choisir les tableaux pour son bureau officiel, elle se contente de la consigne « non-conventionnels et modernes ». Dans la lignée de ses accents  »politiquement corrects », ce modernisme compassé est relativement conscient chez Birgitte. Il est montré tel quel, sans esprit de dénonciation ou critique, mais la finesse du portrait l’emporte sur l’adhésion par les valeurs.  borgen-image-mike-kolloffel Katrine Fønsmark
L’un des personnages-clés, le plus attachant. Katrine est journaliste à TV1 et se montre assez farouche par rapport à sa direction ou aux invités politiques, tout en gardant toujours l’esprit clair. Son tempérament idéaliste va l’emmener loin. Elle va même collaborer avec Nyborg dans la saison 3 !
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Kasper Juul
Un autre pilier de la série, moins présent dans la dernière saison. Spin-doctor de Birgitte, un temps congédié. Il a eu une liaison avec Katrine, qui va se poursuivre de façon erratique.
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Hanne Holm
L’autre personnage le plus réjouissant. Elle aussi journaliste à TV1, Hanne est d’abord rivale de Katrine avant de devenir son amie et alliée. Nous la découvrons d’abord dans sa pente descendante, comme une gloire sur le départ. Analyste politique reconnue, elle se distingue par son ton incisif, son indépendance d’esprit, sa critique facile et ses saillies pour le moins  »couillues ». borgen2 Bent Sejrø
Le mentor de Birgitte.
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Torben Friis
Le rédacteur en chef du département politique de TV1. Un personnage affable mais bien pleutre, frileux et manipulable. Il se laisse conditionner par son supérieur dans la saison 3, va parfois jusqu’à adopter les mots des autres pour se montrer à l’aise ou conquérant, alors qu’il est totalement faible et dépendant, tant du point de vue intellectuel que pratique.
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Lars Hesselboe (leader du Parti Libéral)
Leader de la formation dominante de droite, il a l’ascendant psychologique, numérique et même  »sensoriel » sur son allié naturel, la Nouvelle Droite incarnée par Yvonne. Assez irritant dans la saison 1 (où il paraît fade par rapport aux autres chefs de partis et notamment son adversaire travailliste), il est évoqué de façon plus profonde et magnanime par la suite.
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Amir Diwan (leader du Parti de l’Environnement)
Un profil fidèle, mais en plus institutionnel, pour les écolo-progressistes. Il fait partie, avec les Travaillistes et les Centristes, de la coalition menée par Nyborg.
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Yvonne Kjær (leader de Nouvelle Droite) Quel dommage qu’elle soit si rare ! On sent qu’Yvonne incarne  »la droite » pour laquelle on éprouve une pointe de désir dans le monde de Nyborg. La droite des bons conservateurs, élégants et disciplinés, qui voudront bien céder si on les prend par les sentiments en inhibant tout ce qui pourrait chez soi faire terroriste (au bon goût ou à l’ordre public). Et en même temps, la « bonne droite » parce que celle effacée, trop idéaliste et minoritaire pour être dérangeante. borgen yvonne Michael Lauqesen (leader du Parti Travailliste puis patron de L’Ekspress)
Il n’est leader politique qu’au tout début de la série. C’est alors le plus cynique d’entre tous et bien qu’à la tête du parti de gauche dominant (Parti Travailliste), il est proche des fameux  »populistes (de droite) » dans son raisonnement et ses propositions favorites. Il est par la suite un patron de presse, dirigeant un tabloïd où seront un temps engagées Hanne Holm et Katrine.
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Hans Christian Thorsen (leader du Parti Travailliste)
Le rondouillard ministre de la Défense sous Nyborg. Personnage assez neutre, effacé et pourtant omniprésent. C’est lui qui est désigné Premier ministre par intérim, lui qui domine le grand parti de gauche, lui qui est chargé de donner la réplique. Un tempérament discret et aucun charisme, mais incontournable néanmoins.
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Svend Åge Saltum (leader du Parti de la Liberté) Cas particulier. Le Parti de la Liberté est clairement l’incarnation du « camp du mal », de la poubelle de l’échiquier politique : c’est le parti populiste personnalisé par son leader monstrueux, sorte de Jean-Marie Le Pen bucolique. La série amalgame les courants dits  »populistes » et anti-immigration avec une droite ultra-conservatrice, démagogique et franchement xénophobe mais aussi rurale, orientée vers les  »petites gens » (et signe par là le mépris de camps tenus pour plus modérés à l’égard et à l’écart de ceux-là).
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borgen svend
Le Golem de service, un fantasme de centre-gauche ?
Les débats et confrontations de groupes partisans, de logiciels politiques, occupent une place importante dans la série. Elle est toutefois encadrée par une lecture, ici-même,  »centriste ».
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Ainsi, lorsqu’on vote pour Svend Åge par « compassion », c’est une bêtise (c’est le cas de la mère d’un personnage secondaire –Sanne, assistante au  »Château »– qui le déplore en passant) : pourtant lorsqu’on l’accable et s’emporte sur lui, possédé par des émotions soudaines et envoyant des arguments d’autorité ou des références creuses ( »les études »), on est dans la déraison, avec pour seule légitimité un rejet irrationnel et émotionnel d’une ligne politique, mais aussi d’un univers et d’un personnage, dont on fait le procès sur ces motifs ! La série est toujours réceptive à l’ensemble du panel des idées – et les lire au travers de leur organisation dans les partis, si c’est arbitraire, est aussi la meilleure façon de les planter dans le réel de la démocratie parlementaire. Par contre et alors qu’elle assume le cynisme (sans s’en glorifier, mais avec justesse), avec notamment les options et les dispositions que doit embrasser Birgitte Nyborg ; l’écriture trahit un certain blocage dans sa perception de ces courants, où qu’elle les loge sur l’échiquier, mais en particulier pour le camp « réactionnaire ». En même temps, elle lui accorde la parole et montre les contradictions des autres lignes par rapport à elle. Mais en faisant de ses héros des chevaliers blancs sortant de leurs gonds seulement face au Parti de la Liberté, Borgen se complaît dans cette position limitative et légèrement, pour le coup,  »politiquement correcte », là où justement nous sommes réunis devant cette série pour voir levées ce genre de barrières de circonstances, peut-être utiles pour la forme et l’usage, mais désuètes lorsqu’on est engagé dans une immersion si habile et avertie des arcanes de la pratique politique.
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Sauf que tout cela, on peut le lire d’une façon contraire et complémentaire : de cette manière, Borgen montre les limites de cette neutralité, de l’ouverture ou du pur sens stratégique revendiqué par une société, par ses médias, ou par ses acteurs et dirigeants.
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Nyborg, entre pragmatisme intègre et émotionalisme formel
A la fin de l’épisode pilote, Birgitte participe au débat comprenant les leaders des sept grands partis politiques. Le Parti du Centre est en piteuse posture, mais cette soirée va tout changer. En effet, en révélant une  »affaire » concernant son adversaire Hesselboe, Lagausen va plomber la campagne pour eux deux. Autrement dit, les deux grands partis mainstream vont tous les deux subir la polémique ; le Parti du Centre en profitera, dopé de surcroît par la prestation de Birgitte à l’occasion. C’est ici le point de départ de la série et de la domination de Nyborg.
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Lors de cette soirée donc, elle prononce un discours émotionnel, légèrement lyrique et comportant des bribes de  »vision d’avant-garde » (selon son mentor et associé Bent Sejro) ; tout en s’avérant finalement assez fumeux, passe-partout – et sa  »vision », simplement complaisante ; alors que le ton est parfaitement populiste (la démagogie se porte jusqu’aux rondeurs  »normales »!).
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Surtout qu’elle n’a rien redéfini après sa « rupture » (abandon du soutien au Parti Travailliste – et puis il faut bien décoller d’une façon) ; et que son programme politique est absent (sinon qu’elle se fie aux valeurs du parti, exprimées simplement sur le terrain de l’immigration). D’ailleurs elle clame qu’elle ne fait « pas de la stratégie » ; mais assume plutôt sa spontanéité. Or c’est faux et cela demeure de l’authenticité aussi frivole que fabriquée pour un usage ponctuel. Pourtant Birgitte y croit.
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Ce moment est très révélateur de la personnalité de Birgitte et de son idéalisme particulier. Pour autant celui-ci cohabite avec un sens des responsabilités et des réalités prononcé, ainsi que des principes très clairs. Simplement en marge, Birgitte  »fait du sentimental », non par hypocrisie, mais par manie. 
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Voir l’index « Séries » de Zogarok

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DES TESTS POUR SE SITUER POLITIQUEMENT (2/3)

10 Mai

Je vous avais proposé une première approche de l’échiquier politique par le biais des perceptions « US ». Cette fois-ci, deux modèles plus généraux, plus globaux ; mais aussi plus proches de nous dans les termes et dans les préoccupations. L’EU Profiler est un test proposé au moment des élections européennes et il est valide pour l’Occident en particulier et dans une moindre mesure pour le reste du Monde. Le Politest lui, avec ses grands axes Gauche-Droite, propose une lecture tridimensionnelle dont la pertinence et l’universalité en font un modèle.

Au-delà de ces deux tests qui constituent des repères prodigieux, les autres tests proposés sont partisans ou cherchent à cerner des tendances particulières. Il s’agira notamment d’évaluer votre degré d’anarchisme, de droitisme, etc. Ces tests-là ont une bonne valeur indicative pour leur sujet précis, mais ils peuvent aussi être pris pour ce qu’ils sont dans le fond : des petits tests ludiques, éventuellement des examens taillés par des nouveaux convertis pour remettre leur diplôme à de nouveaux camarades. 

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politest

POLITEST (exemple de résultat, avec questions – application mobile)

Extrêmement pertinent, le test est cependant modulé selon les normes françaises (par exemple pour l’axe 2, mais pas seulement – le droit du sang n’est pas « droitiste » dans la plupart des pays – toutefois on peut estimer qu’il l’est philosophiquement). Il offre une base qui pourrait servir universellement ; en prenant le temps d’adapter aux équilibres en vigueur et éventuellement à re-travailler le détail.

Pour l’anecdote, le Politest a été conçu par des étudiants de Sciences-Po, en réaction à l’abstention galopante. Il vise clairement à permettre aux citoyens de prendre conscience de leur proximité avec certaines formations. A noter aussi que le compte-rendu comprend une évaluation comparative rapide par rapport à plusieurs partis, un profil succinct pour ces partis ; et, pour les questions, des petits graphiques reflétant la répartition des réponses selon l’ancrage Gauche-droite autoproclamé.

C'est de loin le meilleur test ; il sera le support d'ar
ticles ultérieurs, dont l'un en particulier sur les idéo
logues et intellectuels intervenant sur le champ social, 
culturel et politique, dans la lignée de "Typologie des 
Polémistes Médias". 

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europrofiler

EU.PROFILER

Malgré son biais de nature (conçu pour les Européennes 2009), le test est très avisé, séquence la politique en plusieurs domaines spécifiques. Par ailleurs, il est toujours d’actualité. Reste à savoir s’il sera réactualisé pour l’échéance de 2014, ce qui est probable (mais peut-être par la création d’un nouveau support).

Vos résultats vous seront donnés selon deux axes : gauche/droite entendues au sens socio-économique ; pour ou contre l’intégration européenne. Les résultats peuvent être modulés selon les thèmes privilégiés ; par exemple, vous pouvez retirer « Migration et immigration » si le thème vous est indifférent ; ou bien restreindre ces résultats à quelques thèmes fétiches, comme « Loi & ordre public » et « Environnement », de manière à avoir un tableau propre à vos préoccupations les plus directes.

Autre originalité et pas des moindres : vous avez le tableau de votre pourcentage de correspondance avec chaque parti ; et surtout, cet outil concerne toute l’Europe. Ainsi, vous pouvez vous comparer par rapport à l’échiquier politique britannique, portugais, etc.

C’est donc un matériau extrêmement riche. Le seul inconvénient est dans la restriction de certains sujets, ou la réduction de d’autres à des questions exagérément clivantes ou relativement dérisoires (et parfois les deux). Par ailleurs, le test EU.PROFILER est très clairement pro-européen (on s’en doutait) et de centre-droit (ça n’était pas écrit dans le marbre) ; son insistance sur les questions d’intégration européenne et sur les questions relatives à une société plus économiquement libérale est criante. Même si l’ensemble est objectif, on retrouve ainsi des formulations malines, sur le droit du travail par exemple, ou sur l’écologie (explicitement assimilée à un engagement lourd pour les finances, la liberté et la qualité de vie). Pour autant, elles ne faussent en rien le compte-rendu et l’intelligence des axes pris en compte, mais ont tendance à chasser toutes nuances et pousser vers la radicalité « centriste » (c’est-à-dire l’approbation d’une UE plus puissante, vaguement ouverte socialement et économiquement plus permissive) ceux qui n’avaient pas d’opinion ferme sur ces sujets.

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TESTPOLITIQUE.FR

Voici un test très long, très vaste, proposant plus de 60 questions et mélangeant les équivalents aux D’accord/Pas d’accord (assez rares) avec des propositions très détaillées, parfois trop pointues ou recherchées (mais aussi promotionnelles !?) pour une première approche. Derrière le titre benêt, c’est peut-être le plus raffiné et surtout réfléchi et courageux des tests politiques évoqués sur ce blog, surpassant même le Political Compass.

Il divise finalement le champ politique en trois axes : Economie, Liberté, Questions de société. Il y a ici une ressemblance mais pas de véritable correspondance avec le Politest. Ces trois axes sont eux-mêmes divisés en catégories plus affinées, mais parfois ciblées sur des domaines trop spécifiques (centralisation/décentralisation par exemple). Par ailleurs, l’outil est ouvertement partisan ; mais il l’est dans les résultats et les qualificatifs pour les parties exposées. Pour le reste, les questions suggérées sont là encore très honnêtes.

Vous pouvez voir ici un exemple de résultat. La grille est exhaustive, proposant des appréciations orientées (les auteurs penchent plutôt sur la Gauche) mais demeurant fondées et fidèles à la réalité et la nature des sujets et leurs clivages. Parfait sur le fond, militant sur la forme.

Les tests qui vont suivre seront moins pointus, moins francs et moins légitimes…

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AMIS DU LAISSEZ-FAIRE – VOTRE DEGRE D’ANARCHISME

Les Amis du laissez-faire commencent par relativiser le clivage droite-gauche, progressiste-conservateur, pour finalement tout rejeter en bloc et suggérer d’envisager exclusivement la politique sous l’angle de la liberté. Ils incluent ainsi les libertés politiques et les libertés économiques ; en vérité, la traditionnelle opposition Social/Economique.

Le test module les réponses et puis surtout propose des questions telles qu’il est difficile de ne pas pencher vers l’Anarchie. C’est la stratégie classique des Libertariens et des Anarchistes : ne rien envisager en-dehors du filtre de la « Liberté », afin de forcer une prise de conscience du caractère miraculeux de leur position. Or cette posture récurrente use toujours du même ingrédient : elle dé-contextualise  nie toute réalité, tout cadre, mais aussi finalement tout enjeu, pour ne convoquer que des concepts abstraits qui, en eux-mêmes, s’écartent de tout potentiel polémique, voir surtout de toute valeur politique. Pour enfoncer le clou et bien expliquer au chaland qu’il est anarchiste, les auteurs ne proposent pas de simples questions, mais carrément des semblant de mises en situation. Là encore, il n’y a aucun contexte et les opinions débridées s’y ajoutent de plus en plus ouvertement.

Mais c’est une manière de se confronter directement à la douce mais grossière subversion de l’essentiel des Anarchistes : en stimulant un égoïsme vertigineux et soufflant que le monde commence et se termine par soi (et son libre-arbitre), ils déguisent l’inconscience crâne, l’opportunisme privé le plus adulescent et obtus (voir l’utilitarisme pour les beaufs) et l’attentisme (voir simplement l’indifférence) à la société, la citoyenneté et les affaires du Monde et des autres, en subtil idéal émancipateur.

A noter qu’aux résultats sont corrélés un classement des grandes idéologies. Le résultat est discutable (la place des « Libéraux » et des « Nationalistes » en particulier – quel hasard !) et surtout, nous sommes vite et rapidement poussés en haut et éventuellement à droite du tableau, mais il offre un panorama passablement intéressant pour une vulgarisation des forces politiques telles qu’elles peuvent être figurées communément.

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HDA – VOTRE DEGRÉ DE DROITISME

Le test (canadien) ne l’annonce pas ainsi mais c’est une faute : il ne vous évalue que selon une échelle, votre propension à rejoindre la droite absolue. Surtout, il cumule les points en ce sens, de manière totalement indifférenciée. Vous n’aurez donc pas la possibilité de savoir quel type de facho vous êtes, seulement à quel point vous en êtes un. Pour un usage ludique ; cela dit, l’essentiel des thèmes forts sont balayés.

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Des tests pour se situer politiquement : partie 1, partie 3

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La prochaine (et dernière) partie exposera mes positions sur plusieurs de ces tests ; et notamment le Politest & le Political Compass.

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