Tag Archives: leitmotiv revanchard (politique)

L’INTERNATIONALE ALIÉNATRICE

23 Mar

Mondialisme, écrin de tous les fantasmes & horizon délirante

Il y a quelques temps, j’estimais que le Nouvel Ordre Mondial était une aberration, une farce et une lubbie pour histrions divers et fanatiques en mal d’idéaux. Pour autant, je pensais bien qu’il pouvait désigner une certaine uniformisation des consciences qui m’a toujours interpellé, comme tous ceux dont l’esprit est (un tant soit peu) en éveil ou aspire à s’épanouir librement (ce qui inclut aussi de ne pas se laisser flatter par les slogans, même les plus ambitieux, perspicaces, suggestifs ou remplis de  »bon sens » – et tout cela est un travail qu’il faut répéter inlassablement et pour lequel on échoue tous, souvent, par paresse, par espoir, par besoin de fermer les options).

°

Les extrapolations autour du NOM sont vraisemblablement les ramifications d’une sorte d’agence de paranoia, d’une matrice vers laquelle de nombreuses âmes convergent, probablement parce que le complotisme est une facilité, puisqu’il permet de réduire la complexité du Monde. Ainsi, de nombreux excès et hors-sujets fantasques entâchent la définition concrète de ce qu’est cette vision d’un ordre Mondial libéré de Nations parasites à son dessein, par essence totalitaire, puisqu’il ne laisse aucune alternative et qu’il dicte sa loi et sa vision aux peuples, bafouant leurs identités respectives pour les fondre dans une masse que les tenants de ce Monde Un estiment harmonieuse et sereine, pour ne pas dire enfin, un peu plus humaine.

°

L’importance accordée à la franc-maçonnerie est représentative de la dérive vaguement névrotique de légions entières ; or ce club archaïque ne regroupe plus que des épouvantails globalement impuissants (en tout cas aujourd’hui) et même s’il demeure très fréquenté, notamment, au sein de la caste politique, par Mrs Mélenchon (candidat du Front de Gauche et sénateur socialiste pendant trente ans et passif autant de temps) et Xavier Bertrand (ex-leader du parti présidentiel, l’UMP), c’est davantage une vieille institution au parfum de secret fané. Presque un truc duhamelien, en somme. La marge de manœuvre idéologique de la franc-maçonnerie, elle, est l’objet de débats et c’est un terrain sur lequel je ne m’aventurerais pas, faute de le maîtriser et de m’y être profondément ou sincèrement intéressé. Ce qui est certain, c’est que si les loges maçonniques seraient, manifestement, effacées devant la marche du Monde, elles demeurent des reliques vénérées par les acolytes d’Attali ; on pourrait se dire que c’est bien le maximum, or cela signifie que ces valeurs maçonniques imprègnent les tenants de l’ordre Mondial, alors même qu’elles ont accompagnés nombre des puissants pendant les siècles précédents. Car au-delà du sentiment, partagé par beaucoup de complotistes effervescents, de subir (et comprendre l’existence et les mécanismes d’) un rouleau-compresseur quasiment démoniaque et mystique, la réalité est probablement plus simple et plus machiavélique ; au moment ou on nous explique que nous n’avons plus d’idéal, il semble qu’au contraire, c’est un idéal qui s’applique et contamine notre réel, pour pervertir nos cadres de références et anesthésier tout désir d’émancipation.

Les libéraux-bourgeois, porte-étendards d’une vision unique

Je n’ai pas de croyances particulières à propos de sujets que j’observe sans m’y plonger et autour desquels je vois se greffer autant de ramifications quasiment ésotériques que de théories concrètes et brillantes, parfois plombée par la tentation de la fumisterie. Néanmoins et quelque soit les courants, qui que soient ses partisans et ses détracteurs, le Mondialisme est, c’est même l’idéologie et le mouvement dominant de notre Civilisation à ce moment précis. En disant cela, je crois qu’il faut préciser. Il n’y a pas de complot(s) : il y a une vue de l’esprit que chacun a admis. Cette vue de l’esprit est acquise par paresse, par suivisme, par lâcheté ; il ne s’agit pas simplement d’opportunisme, de mesquinerie ou de haine. Les gourous eux-mêmes peuvent être persuadés du bien-fondé de leur vision ; ce leurre s’accroît naturellement s’ils trouvent écho en permanence et que leur défiance à la raison ou à l’harmonie est accepté passivement, voir suscite une approbation majoritaire et sans remous.

°

Sans doute que je n’ai jamais cru à la dualité « progressiste/conservateur » ; d’ailleurs, tous ceux qui voudront disséquer cet antagonisme relèveront sans mal qu’il s’agit, pour les deux camps et dans diverses circonstances, de valider des valeurs et une certaine idée du Monde et de l’ordre qui, d’un contexte à l’autre, peuvent basculer complètement. Ainsi, le néo-libéralisme se sert des labels progressistes pour s’opposer à ceux qui, lorsque sa règle seule dicte la marge de la société et fait converger tous ses aspects, sont assimilables à des arriérés, ou au moins à des esprits fermés et aigris ; comme si le néo-libéralisme, parce qu’il était intrusif et clinquant, parce qu’il était nouveau, était l’émissaire du progrès ultime tant attendu ; comme si le néo-libéralisme nous émancipait de ces voies et de ces voix du passé, alors qu’il se substitue à toutes les tentatives de subversion des masses à leur détriment. Et si les adversaires de cette marche funeste accordent eux-mêmes tant d’importance au néo-libéralisme, c’est qu’alors qu’il pourrait être un élément dans la besace des progressistes, un point de détail que ces derniers garderaient à disposition, parfois tritureraient pour étoffer leur logiciel, c’est au contraire l’horizon supérieur qui les dépassent et les a pris en otage.

°

Bref, même si je ne me suis pas fixé là-dessus, il me faut évidemment reconnaître que cette dualité m’a probablement guidé, mis des ornières lorsque j’observais, pensais et absorbait la politique. En d’autres termes, c’est une grille de lecture qui, sans me flouer, m’a limité – mais au même titre que n’importe quel autre, comme elle est une structure de fond qui abuse les masses (car, en l’état, ce critère supplante les autres schémas). Toutefois, s’il est aisé d’avoir conscience que les défenseurs du Sens Unique occupent le devant de la scène, la nature de celui-ci est parfois plus difficile à définir ; quel est ce Sens Unique, quel est cet ordre du Monde, voilà la question qu’il faut se poser et qu’il faut tenter de résoudre, sous peine de s’abîmer dans des postures et des idéaux aguicheurs ou percutants, mais fantasques et névrotiques, dont les effets se substitueront parfaitement aux causes qui nous accablaient.

°

Admise telle qu’elle, l’opposition « progressiste/conservateur » ne se calque pas sur celle « droite/gauche », mais elle est discriminatoire pour toutes les visions les moins consensuelles et, par définition, les plus aventureuses mais aussi les plus généreuses et ambitieuses. A l’inverse, en cumulant des formations trop rapidement promptes à admettre la réalité tel qu’elle est dictée, nous nous retrouvons démunis et par peur d’envenimer les choses, nous laissons les projets et les idéologies les plus voraces refonder, sans notre consentement, mais avec l’illusion que tout se passera bien, notre environnement. Or, sur ce dernier il est devenu normal, évident, que nous n’ayons plus de prises ; nous l’avons appris et tenter de se défaire de ces liens, lorsque l’idée nous traverse l’esprit, nous semble trop harassant, trop loin. Car une société dissociée n’est plus qu’une masse d’impotents ; et ceux à qui ne suffisent pas les compensations ou la promesse d’un avenir auprès de l’Eldorado néo-libéral se confondent soit dans la dépression, soit dans une espèce d’état de colère diffus qui ne trouve jamais le moyen d’exulter. Si cette colère inspire le repli, la hargne et l’illusion de supériorité, elle ne fait qu’enfermer celui qu’elle habite et dilue encore toute possibilité de renouveau. Mais lorsque cette colère permet un déclic, une aspiration à la sagesse et au développement, alors elle peut devenir un moteur et si ses motifs sont avisés, dépassionnés et partagés, alors cette colère cède la place à l’espoir et à la paix ; car il n’y a pas de paix sans Hommes avertis et éveillés.

C’est ainsi qu’une même acceptation du Monde est partagée ; avant même d’être une vision unique, c’est une norme ancrée. Le sacrifice de ses peuples à des forces extérieures est irrationnel en soi, pourtant il apparaît évident à des castes qui refusent de l’admettre en ces termes ; mais il y a la loi et l’esprit de la loi et aussitôt, nous comprenons que c’est l’âme même qui est pervertie par des dogmes cultivant, derrière des desseins opulents (et parfois même, fraternels et heureux), les intentions les plus sournoises, veules et banales de l’Homme. C’est pour cela que la conséquence des processus en cours n’est qu’ennui et abrutissement des masses par volonté d’échapper voir se soustraire au vide instauré non pas par la « liberté » qu’évoquent les néo-libéraux, alors qu’ils savent que cette liberté n’existe que pour ceux qui ont les moyens de s’extraire du marasme, de grandir et tout simplement, de vivre et non de survivre.

°

Mais les néophytes savent s’accorder autour des valeurs promettant une place au soleil ; le néo-libéralisme a cela d’infâme qu’il se rallie des individus modestes, parfois désœuvrés, parce qu’il leur fait leurrer l’appartenance à un système supérieur ; alors qu’ils les rend dépendants et serviles, il leur donne le sentiment d’être plus forts et plus épanouis. Ceux-là sont souvent les chanceux, les nouveaux riches, les petits bourgeois montants ou gavés de haine et de principes ou idéaux  »démocrates », croyant savourer leur revanche sur la vie, ou bien estimant que les autres sont plus faibles pour éviter d’admettre qu’ils ne doivent leur statut qu’à un concours de circonstance (et pas nécessairement à des succès, du travail ou du talent, mais tellement souvent à un abandon, une lâcheté et même une soumission, bref à un conformisme mesquin qui est une fuite en avant emportant tout). La mise à mort spirituelle, identitaire et bientôt économique de ceux qui n’adhèrent pas à ce Monde « libre » est alors légitimée et effective.

°

Ce totalitarisme est sentencieux, obscurantiste, mais il est aussi éblouissant et stimulant – sans quoi il ne séduirait pas durablement, n’attiserait aucune passion ni aucune adhésion. L’emprise néo-libérale est promue par ces « libéraux-bourgeois » ; disséminés des deux côtés des blocs ( »droite/gauche » mais également, dans une autre et moindre mesure,  »progressiste/conservateur »), ils occupent les grandes formations dans la majorité des États occidentaux et se retrouvent en général, pour adopter un point de vue schématique, dans les deux grands partis (ceux dont on dit, à raison pour le cas de la France ou des États-Unis, qu’ils constituent une alternance de façade).

°

Si la fin des grandes idéologies a ainsi signé un consensus autour des valeurs « libérales » ; et que celles-ci sont traduites par la perspective de ceux qui les récupèrent ; alors, le Sens Unique est lié au Mondialisme.

°

Et, moralement, essentiellement, les néolibéraux sont liés au Mondialisme, puisque ce qui conduit à se sacrifier à une telle perspective, c’est la quête viscérale d’une liberté effrénée, d’une volonté d’omnipotence illusoire mais sans concession. Il s’agit de jouissance monomaniaque et égoïste, jalouse, comme on est jaloux de sa vision pure, parfaite et progressiste du Monde, qu’on ne veux prêter à ceux qui, de facto, deviennent des ploucs, des abrutis, parfois des « fachos », des « réactionnaires » quoiqu’il en soit (reste à en déterminer le degré et la nature). Il n’est pas difficile de cerner ici pourquoi trop d’idéalisme et d’angélisme prépare le terrain des vicieux.

°

En marge de cela, il faut mesurer combien l’intention libérale a été trahie ; en écrivant cet article, je ne renie pas à titre personnel les idéaux libéraux dont les aspirations sont les plus hautes et les plus nobles. Ce que j’évoque et que j’exècre, c’est le dogme qui a massivement détourné le nom de libéralisme – et, contrairement à ce qu’en penseront les tenants de l’ordre établi, les foules éduquées en ont conscience, elles qui utilisent deux termes voisins ; l’un, plutôt partisan et éventuellement caricatural, « ultra-libéralisme » ; l’autre, plus technique, cité timidement par ses légions, « néo-libéralisme ».

Ou sont les anti-mondialistes dans la campagne de 2012 ? Y aura-t-il un front anti-mondialiste à l’avenir ?

Marine Le Pen est la seule à aborder ces sujets (hormis l’éternel petit Cheminade et, à sa façon, Nicolas Dupont-Aignan, qui plus est dans une perspective favorable aux intérêts français – et donc aux vôtres, à moins que vous disposiez d’un autre pays) ; les notions de Mondialisme et de souverainisme sont absentes du vocabulaire de l’autre grand « antisystème » présumé et pré-fabriqué, Mr JL Mélenchon. Celui dont la gauche molle, celle visqueuse, lâche et conservatrice, fait une égérie aujourd’hui.

°

Malheureusement, dans une volonté de se recentrer sur les thèmes de prédilection de la machine Front National, Marine Le Pen s’est embourbée, depuis plusieurs mois, plongeant dans le doute ceux chez qui elle éveillait des fibres inconnues ou endormies, sans pour autant retrouver les aficionados de son paternel ni les obsédés de thèmes les plus anachroniques, stéréotypés ou balourds. Son livre « Pour que vive la France » semble (je ne l’ai pas lu) être axé sur ces thèmes – dommage que les médias, de toutes sortes d’ailleurs, n’en fasse pas mention ; dommage aussi qu’elle-même passe presque sous silence cet ouvrage, un peu comme si le déni de réel (et en l’occurence de l’existence de son livre) finissait par avoir raison de sa ténacité exemplaire (est-ce une simple mise en suspens?).

°

Il y a eu récemment une évolution positive chez Mélenchon. Outre son recul avec la tradition sacro-sainte du CRIF et sa dénonciation du MES, il commence à pointer la connivence des deux grands partis, quitte à dynamiter ou peut-être plomber, provisoirement (au premier tour), la Gauche (pour mieux s’affirmer comme force d’appoint indispensable au second). C’est que Mélenchon a accepté de saisir la trahison de Hollande et peut-être même son incompatibilité avec les autres forces de la  »Gauche » telle qu’elle est aujourd’hui (c’est-à-dire cadenassée, vassalisée, supplantée). Par ailleurs, dans la foulée de la repentance post-maastrichienne, le leader de la Gauche radicale pointe des mesures européistes toxiques et concrètes.

°

Alors qu’il s’axait sur des chimères, faisait des montagnes de points de détail plus vaguement  »idéologiques » que sérieux et décisifs, Mélenchon se situe davantage, dans l’instant immédiat, dans un no man’s land entre réaction à la perte de souveraineté et refondation naïve de l’Union Européenne, héritée de son internationalisme borné. Malheureusement, l’ancien sénateur socialiste fait toujours l’erreur de vouloir s’attirer la Gauche, de rejeter des alliés potentiels, de fermer les yeux à certaines réalités (et à des méthodes qui lui permettrait de passer de l’imprécation à l’application). Si son anti-libéralisme primaire l’amène sur les sentiers de la logique, le chemin est encore long ou il aura assumé les implications de sa pensée et toutes les failles, les sophismes dont il s’accommode.

°

Il faut y arriver et le penser frontalement : dans une perspective de rupture avec la dictature des marchés et du néo-libéralisme, l’allié, objectif et cohérent (mais peut-être pas raisonnable), de Mélenchon est Marine Le Pen et le Front National. Il s’agirait d’un grand effort, tant pour les deux personnages, pour leurs électeurs ou sympathisants, que pour les observateurs, les analystes obstinés et plus encore pour la caste politique. Pour Mélenchon, ce serait le grand choc de la vie (et plus dur pour lui que pour MLP), puisqu’il impliquerait la prise de conscience de la fin d’un Monde. Ce serait l’aveu d’une illusion, d’un leurre dans lequel il se serait confondu, aveu que tout est à reconstruire et qu’il n’est qu’un nain s’élevant contre Goliath, avec d’autres plus déterminés encore. Mais ce serait salutaire ; chacun aurait l’honneur de son côté car la vraie noblesse est là et seulement là, dans ce sacrifice réel ou l’on dépasse la posture et le prêchi-prêcha (brillant mais stérile), pour devenir les héros d’une résistance… Voilà pour Mélenchon un horizon de gauche, un vrai !

*

* Article publié sur AgoraVox

SHOATISE TA LIFE

15 Fév

Ces derniers jours ont été marqués par une recrudescence de la shoatisation de la vie politique et publique. Plusieurs micro-actualités en attestent :

→ Marine Le Pen aurait un « problème avec la Shoah » selon Dominique Sopo. Ce n’est même pas un procès d’intention puisque le porte-parole n’étaye en rien son information ; tout au plus s’appuie-t-il sur les vieux clichés que son mouvement SOS Racisme, organe indépendant mais indissociable du Parti Socialiste, attribue au Front National depuis des lustres et depuis qu’il a décidé de se reposer sur la diabolisation d’un adversaire politique incompatible avec ses propres aspirations. Voilà donc que la présidente-candidate du FN a un problème avec une Shoah qu’elle ne cite jamais et à laquelle elle ne se réfère ni de près ni de loin.

→ Mr Letchimy (député PS), dont l’essentiel de la population civile ignorait jusqu’à l’existence il y a deux semaines, s’est fait un petit nom en fonçant vers le point Goldwin lors de sa réaction à la dernière saillie du Ministre de l’Intérieur. Monsieur Guéant se réjouit sûrement de cette petite pagaille poussive et grossière qui écarte encore un peu plus le débat des préoccupations des français pour orienter la petite caste politique vers des conflits bourgeois, cosmétiques et anachroniques. Voilà encore une polémique inepte et sans intérêt, crée délibérément par le toutou réactionnaire de Nicolas Sarkozy, parfaitement juste dans son rôle du vieux con intellectualisant sa xénophobie sous-jacente. Mais que les socialistes de salon se rassurent, de tous côtés, Guéant, son simulacre de haine et son authentique méchanceté sont vomis dans un même mouvement fédérateur (peut-être l’un des derniers à franchir quasiment tous les clivages).

→ Après le sulfureux bal autrichien, Jean-Marie Le Pen a commenté la virée par un « c’était Strauss sans Kahn ». Je répète pour les petits uluberlus qui n’auraient pas réalisé l’ampleur et la gravité de ce slogan digne de tous les Goebbels juniors de la Terre : « c’était Strauss sans Kahn ». La référence à Strauss-Kahn et à Richard Strauss est aussitôt considérée comme  »antisémite », parce que Kahn est un nom récurrent dans la culture juive, comme chacun sait à l’exception de ceux qui ne l’avait pas calculé ou s’en foutent pleinement, ce qui est tout à leur honneur. Le président d’honneur frontiste signifie donc qu’il était dans son élément, entouré de symboles qu’il affectionne (et on peut lui reprocher des goûts douteux – l’univers des souverainistes, patriotes et nationalistes est vaste). C’est-à-dire sans Strauss-Kahn qui aurait été, selon Le Pen père et fille, l’adversaire idéal du camp  »national » représenté par le FN. Il y a pire contre-modèle.

L’objet du délit à la 18e minute

°

Toutes ces accusations d’antisémitisme, de nazisme, de négationnisme ou de révisionnisme joyeux font partie d’un certain folklore. Mais pourquoi les obsessionnels de la Shoah sont-ils parvenus à imposer leur rigorisme, nous plongeant ainsi dans une réalité ubuesque ?

°

La Gauche, la grande Gôôche n’est plus rien, c’est un tas de vestiges et de vieilles reliques souillées par des héritiers malhonnêtes. Le dogmatisme, le prêchi-prêcha et la récitation des grands classiques est un gage de gauche, pour les individus qui prétendent la composer. Mais ces charlatans ne font que dérober un titre. Afin d’éviter la remise en question, la rénovation des fondamentaux et l’affrontement des réalités du Monde tel qu’il est et non pas tel qu’il est leurré par lâcheté et complaisance, la Gauche se cherche donc des ennemis. A toutes les échelles, c’est excellent pour se positionner et attirer l’attention sur soi ; essayez donc !

Idéologiquement décharnée, rhétoriquement dépouillée (ses références naturelles sont mieux maîtrisées par des souverainistes comme Chevènement voir Dupont-Aignant & ses éléments de langage sortent de la bouche de Marine Le Pen, de Mélenchon ou de Montebourg en minorité dans son parti), la Gauche s’est alors faite « victimaire », récupérant les malheurs et les affres de l’Histoire pour demander réparation et accabler les populations d’une morale castratrice, parfois même punitive. Femmes, noirs, gays, juifs sont rappelés sans cesse à leur souffrance originelle – ils ne l’ont pas tous connus, mais on leur l’attribue néanmoins. Les musulmans sont aussi régulièrement pris sous l’aile de la Gauche, mais leur traitement est paradoxal et hypocrite…

La défense des minorités et de tous les groupes qui ont pu en être est devenue une idéologie en soi… alors qu’en face, plus personne ne cherche à les opprimer depuis longtemps et même que plusieurs d’entre eux sont favorisés par la droite classique (la « discrimination positive »). La Gauche a finit par se heurter aux limites de ses causes plus ou moins imaginaires ; ses sujets de prédilection commencent à s’épuiser, il lui faudra bientôt une relève. La solution est dans la religion.

Alors même qu’ils sont déjà très forts, les communautarismes, parfois couverts mais souvent vivaces, sont accentués par la Gauche, comme rappelés à l’ordre et à la scène publique. De cette manière, les gauches gouvernementales disséminent ce qui, à terme et dans les hypothèses les plus sombres, conduit aux affrontement voir aux guerres civiles et de religion. Intellectuelles et symboliques, ou pas. Cette gauche réformée pourra alors surgir et se poser en rassembleuse, alors qu’elle ne s’attache qu’à quelques cultures ou quelques nouveaux dogmes embrassés pour mieux en mépriser ou bafouer d’autres (notamment celles du  »français souschien », du peuple  »d’en bas » qui est le ciment de la société – « le poisson pourrit par la tête » pendant sa base est rendue exsangue).

Voilà ce qu’est le Gauche d’aujourd’hui ; cette vassale de la droite financière la plus outrancière précipite les français sur un champ de mines. Il ne faut pas omettre les origines culturelles de nombre de cadres ou propagandistes du Parti Socialiste (mais aussi de ses satellites et même de plusieurs membres du Front de Gauche) qui, en bons anciens trotskistes ou maoïstes; détestent les français (et les autochtones des vieilles contrées en général), détestent le peuple dont ils cherchent à se dissocier, sans réaliser qu’ils ne font que poursuivre une revanche contre des vieux démons qui se sont éteints. Ces libéraux-démocrates, libéraux-libertaires ou libéraux-bourgeois sont des nantis ingrats et ils savent que leur puissance dépend de l’explosion d’une société en une multiplicité de petites chapelles incompatibles et aux identités trop fortes pour coexister sans la moindre limite.

°

°

Je sais bien que certains esprits catégoriques et fermés, en voyant Zogarok relever ces éléments (peut-être avec emphase ou excès) qui sont à mon sens les stigmates d’abus de plus en plus normalisés, assimileront aussitôt ce Blog à une sorte de troisième groupe « poubelle », ou ils rangent tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à des voix dissonantes, donc réactionnaires (autant dire qu’il y a peu de troupes au sein du 2e groupe – les bayrouistes et les morinistes en somme). Autant dire qu’il s’agit d’une masse immense ou se retrouvent l’ensemble des internautes et de ceux qui ne s’informent plus essentiellement par le biais de la presse écrite, de la radio ou de la télévision (et de tous ceux cherchant à échapper aux grilles de lectures et aux pensées formatées véhiculées par les médias archaïques) ; comme si nous, petits internautes, petits nabots curieux mais impuissants, devenions de fait les agents d’une sorte de caste, d’anti-élite subversive, à la botte des nouveaux populistes (eux-mêmes, comme chacun sait, à la botte d’Al-Qaida). Car il faut comprendre ce qui se joue lorsqu’on présente Internet comme le nid de toutes les dérives ; c’est qu’on cherche à assimiler la liberté à un danger et ce phénomène est récurrent et le sera toujours.

Je devance donc et matérialise par la même occasion cette pensée qu’ont eu instinctivement une large fraction des visiteurs politisés tombant par hasard sur ce Blog. Ce petit billet d’humeur n’a pas pour intention de relayer de quelconques éléments de la rhétorique anti-immigrationniste de nos chers reacs soft et mainstream, ni les thèses antisionistes de quelques-uns des derniers agitateurs français et occidentaux ; c’est la simple expression d’une lassitude et d’un écoeurement devant ce débat politique étouffé par des affaires qui n’intéressent quasiment personne et pourri par des arrivistes bornés à défendre des étiquettes. Il est aujourd’hui manifeste que l’appropriation d’un cliché culturel, sociologique, généralement pour s’en faire le porte-parole revanchard, est le motif principal de plusieurs carrières. Certaines personnalités publiques ont même la mainmise sur ces thèmes ; ils se sont auto-proclamés chef de file des gays, des musulmans, des femmes (vaste cause), des autorités institutionnelles les ont consacrés et aujourd’hui, ils ridiculisent ceux qu’ils prétendent défendre en s’affichant comme le parangon de ce qu’ils peuvent avoir de plus irritable (Clémentine Autain pour la féministe véhémente, Hourja Bouteldja).

Ces baudruches médiatiques, sortes de slogans ambulants que les formations politiques ou les associations aiment mettre en avant pour illustrer leurs valeurs de façon bien péremptoire, agissent comme si leur religion, leur couleur de peau, leur sexe ou ce qu’ils en faisait pouvait leur conférer une quelconque puissance, une identité ; a-t-on alors à faire à des humanistes, ou à des néo-obscurantistes, clinquants et chic ? Ces néo-obscurantistes réduisent l’Humanité à des fractions sociologiques et/ou sociétales structurées par de simples attachements, alors que les sujets concernés ne cherchent pas forcément à rendre ostentatoire leurs appartenances (une adhésion, de principe, de tradition ou même active, peut n’être qu’un aspect mineur d’une identité). Ces élites morales (intellectuelles diront les farceurs mesquins) qui encourage l’exaltation de menues différences n’aboutissent-elles pas à faire de nous des caricatures, pas de nous-mêmes, mais de leurs fantasmes ou de stéréotypes millénaires ? N’est-il pas dangereux de la laisser organiser le monde comme un vaste terrain de clichés ambulants, ou chacun deviendrait imbu de son application vigoureuse et dogmatique de codes poussifs et limitatifs ? Est-ce que la quête d’appartenance, prédisposition naturelle des Hommes, n’est pas pervertie par ces sauvages rigoristes déguisés en despotes éclairés et bienveillants ?