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LE BLOB (1988) ***

22 Nov

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4sur5  Un jour il faut revenir au Blob : on craint la déception, forcément, d’avoir été trop impressionnable, de s’être fait avoir aussi tout simplement, en cédant à l’émotion. Et très vite, quel soulagement et quelle délectation : oui Le Blob c’est bien cette fabuleuse série B grand-guignole et jouissive au possible, une énorme farce fabriquée avec soin et envoyée avec panache. Remake d’un film phare des drive-in sorti en 1958, Le Blob de 1988 joue avec les mêmes ingrédients mais en instrumentalisant cette naïveté. Il la décuple et approche le pastiche en atteignant intelligemment l’état de divertissement total.

Tout est caricatural à fond, les personnages comme les situations. Le Blob est en grande partie une comédie de caractères, avec des représentations extrêmes, certaines courantes mais d’autres propres au film, odieuses ou pittoresques (comme l’infirmière blasée). Il y a le blouson noir sensible, le prêtre malsain voyant l’accomplissement d’une prophétie apocalyptique, le scientifique douteux, le vieux fou marginal, toujours là pour choper les gens dans leurs moments de gêne ; évidemment, c’est le premier au courant de la catastrophe. Et puis tous ces mystères autour de ce Blob venu d’on ne sait trop où. Arrive alors le propos bouffon sur le machiavélisme des hommes au nom de l’évolution ou de la vérité. Tout et tous sont des pantins dans le film, sauf le Blob, genre d’histrion systématique et sans âme, gélatine badass poursuivant sa procession, sans autre but que d’engloutir tout ce qui existe.

L’humour est omniprésent, social, semi-slapstick et absurde, mais aussi verbal plutôt que visuel. En effet les exécutants s’appliquent avec un grand sérieux et l’humour n’est pas assimilé comme dans une comédie traditionnelle : l’ironie mesquine ne justifie pas un produit médiocre ou simplement moqueur, il faut au contraire jouer en imitant le sérieux le plus total. Cette comédie-là le comprend si bien qu’elle en devient une sorte de bible de la série B, décontractée et radicale tout en étant consciencieuse. Par ailleurs la séance regorge de ces répliques géniales, d’une lourdeur précise et incisive tombant toujours à point. Parmi ces excellents dialogues s’incrustent des trucs très improbables tel « j’ai l’impression d’être un unijambiste dans un concours de coups de pied au cul », lequel s’insère dans la conversation sans que personne ne se formalise. Dit ainsi on s’imagine une espèce de nanar abyssal, mais Le Blob est bien plus, c’est un nanar mutant, un film pop-corn de qualité.

D’ailleurs la mise en scène est irréprochable ; à la direction des opérations se trouve Chuck Russell, alors auréolé du succès de Freddy 3 (une des suites des Griffes de la Nuit). Ce dernier donnait dans l’horreur grandiloquente et rigolarde avec succès, mais il n’y avait pas de quoi s’extasier ; et ce film vieillira mal. Au contraire, Le Blob au kitsch roi, condensé de clichés des années 80, est assez homérique en son genre. Il jouit de scènes magiques, d’une imagination énorme et d’une générosité qui l’est plus encore : il y a tout pour un film ‘culte’ et d’ailleurs il l’est devenu. Blobesque mérite d’être un véritable adjectif, décrivant l’assaut sur une réalité absurde ou lénifiante d’une parade ubuesque. Drames occasionnés mis à part, les interventions de BHL le croisé cosmopolite sont blobesques : une grosse masse bourrine et grotesque déboule pour saboter un équilibre penaud ou plonger des populations stoïques ou résignées dans le chaos.

Note globale 76

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Killer Klowns + The Crazies + Christine + Mars Attacks ! + L’Attaque de la Moussaka Géante

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