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J’AI RENCONTRE LE DIABLE ****

18 Août

4sur5  Immense exercice de style, immense film de genre (un des meilleurs thrillers de son époque), presque une résurrection du cinéma d’exploitation. Mais alors, du grindhouse de luxe. J’ai rencontré le Diable est parmi les meilleurs films de la vague coréenne des années 2000-2010, où les scénaristes et réalisateurs ont redoublés d’imagination et de précision pour donner peau neuve au cinéma criminel. Leur contribution stylistique est, par son importance et sa singularité, comparable à celle du giallo dans les années 1960 et 1970.

 

Film de vengeance, J’ai rencontré le Diable déroule le programme machiavélique d’un agent secret traquant et éprouvant le tueur de sa fiancée. Plutôt que de simplement le tuer, il se fait chef-d’orchestre imprévisible d’un jeu sadique semé de chausses-trappes pour son adversaire. Mais pour pimenter la partie, il ne le laisse pas sans ressources ; mieux, il laisse le serial killer tout à fait libre, le relâche toujours lors de leurs brèves rencontres et lui laisse au départ de l’argent pour affronter les contingences.

 

Leur duel prend des allures de western, hybride par ailleurs, tour à tour urbain et rural. Byung-Hun Lee et Min-sil Choi sont des monstres parfaits, froids et magnétiques. Dans son costume de pervers glacé à la camionnette jaune, Min-sil Choi réalise une composition monumentale, au moins l’égale de celle de Old Boy où il était le protagoniste principal. Il rappelle le taré de Ebola Syndrome et n’a comme lui aucune conscience, juste des besoins ; une attitude lui permettant une bonne capacité d’adaptation et une efficacité optimale dans la nuisance.

 

Cette fois en revanche, le film ne ris pas avec lui. L’humour noir se fait aux dépens de tous et le ton est tragique, mais guère affecté. J’ai rencontré le Diable ne brille pas par un apport intellectuel quelconque ; le film est par ailleurs complètement amoral, sans point de vue éthique ou conceptuel particulier. Mais il est d’un formalisme génial. Auteur éclectique (A Bittersweet Life, Le Bon la Brute et le Cinglé), Kim Jee-Won le romantique passe en mode clinique et viscéral. La mise en scène est parfaite, à un degré transcendant tout – et excusant tout, s’il en était besoin. Cartoon jubilatoire.

Note globale 80

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… The Chaser + Lady Vengeance + Harry Brown

 

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