Tag Archives: Gus Van Sant

PRÊTE A TOUT ****

19 Juin

5sur5  Deux ans après Malice, Nicole Kidman nuance son personnage de ‘perverse narcissique’ pour interpréter une psychopathe lisse, attrayante, douée, à la petite portion d’âme obnubilée par ce qui brille. Comme elle le démontre avec une si belle application dans les apartés face caméra sur fond blanc, elle a intériorisé les attentes culturelles, la ‘véritable’ hiérarchie sociale, ce qui est ‘véritablement’ éthique, donc ce qui vaut d’être aimé, désiré, respecté (et pas ce qu’on approuverait mielleusement sans vibrer) : la réussite sociale et une prestance supérieure irradiant les médias et les spectateurs. Qu’importe si cela revient à meubler si on est le plus ravissant des meubles.

La construction en flash-back donne l’occasion à la poupée de porcelaine assertive de participer au commentaire sur sa vie, son œuvre, manifestement maléfique et méprisable aux yeux des autres – ce qui ne semble pas la préoccuper puisque ses performances ont été parfaites. Les témoignages permettent de prendre une distance avec son cas, distance émoussée le reste du temps par la complaisance. La rigueur de la mise en scène ne permet pas ce sursaut moral, seuls des recours tranchés comme les laïus de Janice (jalouse et frustrée plutôt qu’avisée) et quelques décharges humoristiques peuvent enrayer la machine – c’est peut-être pourquoi ils sont insipides et éventuellement lourdauds (les deux familles sur le divan télé, l’introduction de Jimmy et Russel). L’humour est meilleur quand il accepte le jeu de Suzanne, en œuvrant comme elle dans le sarcasme sans affectation. Les meilleurs exemples concernent un homme chéri, avec l’usage d’All By Myself et l’irrésistible dédicace en fin de flash météo.

Le point de vue sur la captation des fantasmes par la télévision est assez habile et s’étend immédiatement aux réseaux sociaux. Même s’il surfe sur la morale à l’égard de la corruption des âmes par les médias, il ne tombe pas dans le niaiseux et ne prend pas le support dominant dans le présent pour un responsable à l’initiative du ‘mauvais’ (si c’est à cause d’une critique à la présence opportune dans un ‘produit de commande’, qui n’a pas eu la chance de se développer, alors ce ratage est bienfaiteur). L’époque se prêtait parfaitement à une telle représentation (la gamine assujettie partage les rêves miteux de l’ado shooté du Storytelling de Solondz). Network et Videodrome avaient déjà fait le travail de fond à propos de cette emprise des écrans sur les masses ; To Die For fait plutôt celui de démonstration, quasi parodique, que fera douze ans plus tard Live ! à propos de la télé-réalité (où Eva Mendes s’expose afin de remplir sa fonction de maîtresse d’une expérience certes répugnante, mais remarquable, sommet et climax dans l’histoire de son secteur).

Si Prête à tout fonctionne tellement c’est grâce à cette candide froide portée haut par sa détermination à toute épreuve (l’écriture est excellente mais tout est prémédité, il ne faut donc pas compter sur le suspense pour accrocher – puis la conclusion est d’un guilleret plombant, peu importe le visage du tueur à gages). Suzanne est une enveloppe magnifique sur une coquille d’un genre répandu, presque condamné à la poursuite compulsive du succès ou bien de la visibilité, sinon vautré dans l’ennui et rongé par la mesquinerie. Un genre transversal ici incarné dans une ‘vraie’ et extraordinaire femme fatale – pas la fantaisie tirée d’un imaginaire présumé strictement masculin (si elle relève c’est via le type rationnel, comme dans La fièvre au corps). Jouer la femme objet pour la galerie ? Avec joie – si c’est ce qu’il faut [pour imprimer son image] elle coche cette case aussi ! Son énergie, son ambition et sa vanité immenses se répandent sur ce qui se trouve là en attendant mieux ; Larry est son amant entrée de gamme en attendant mieux et car il permet de viser mieux (mettre un voile sur la nature criminelle de sa belle-famille n’est même pas nécessaire, car ce qui reste hors-champ et hors-lumière n’existe pas pour elle – et probablement pas pour ‘l’opinion publique’).

Finalement la grande force du film, passé cette fusion avec le côté grotesque et éblouissant du personnage, est sa capacité à montrer, sans emballement, les limites et fatalités inhérentes à son triste génie. Elle sait innover et initier des projets (dans cette modeste chaîne locale où une telle « tornade » est décalée), mais est dépourvue d’une intelligence créative et surtout d’une quelconque lucidité ‘en profondeur’ (et elle est sans doute trop jeune et vernie pour le savoir). En revanche elle a celle de faire le nécessaire – et s’y applique sans les limites de ‘petits esprits’ englués par des barrières communes – morales en particulier. Elle excelle dans une sorte de flatterie supérieure – cette capacité de faire passer les désirs de l’autre pour une réalité, lui faire croire qu’il vit quelque chose (même si elle la déploie rarement à fond car cela exige de se décentrer de sa propre valeur). Mais la satisfaction la broie. Quand elle obtient l’attention des caméras, ses efforts et ses effets deviennent trop voyants. La prestation se rigidifie, la spontanéité s’éteint – l’enthousiasme et l’émotion dévorent cet esprit plastique et neutre, il n’y a plus d’espace pour souffler entre les emprunts et les paroles toutes-faites, la confiance creuse en ces formules devenant fatale sans le relais de ce don de l’adaptation.

Quand Suzanne a obtenu ce qu’elle voulait, elle n’arrange plus le masque, laisse à l’air libre ses priorités – un gros cynisme, voire un bon sens réaliste l’emporte ouvertement. Son obsession d’être vue, comme tous les dopants, a des contre-coups terribles et l’éloigne de la réalité (dont elle est tellement dépendante). Les assauts des journalistes, même s’ils sont grossièrement avides ou dédaigneux, sont perçus comme des applaudissements (bande-son subjective à l’appui). Suzanne est entièrement dans la logique de ces marchés où la visibilité est l’essentiel. Il faut rester à l’affiche en suscitant une demande (même assassine), peu importe la qualité de la réception, peu importe la défiance – mais dans son cas cette notion d’hostilité est naturellement dans l’angle mort, ce n’est pas un calcul ; en elle il n’y a jamais l’once d’un début de polémique, aussi elle n’en soupçonne pas la portée chez les autres. Cette inertie intérieure est pour beaucoup dans ce qui la rend à la fois désirable et sympathique malgré sa dangerosité – un tel démon vivant dans la parodie ne connaît que des tragédies sans douleur.

Note globale 86

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Suggestions… Rusty James * Le Conformiste * Eyes Wide Shut * Serial Mother * Bronson + Gone Girl 

Scénario/Écriture (7), Casting/Personnages (9), Dialogues (9), Son/Musique-BO (7), Esthétique/Mise en scène (9), Visuel/Photo-technique (8), Originalité (6), Ambition (7), Audace (7), Discours/Morale (6), Intensité/Implication (8), Pertinence/Cohérence (8)

MBTI-Caractérologie : Typiquement une ennea-3 malsaine. Active-Froide dans la caractérologie de Le Senne, tombe dans la case du type Sanguin.

Les +

  • un de ces films parfaitement remplis, plein de détails éloquents et permettant de soutenir la revoyure
  • percutant, précision des dialogues
  • Kidman est formidable, les autres acteurs excellents également
  • souvent réjouissant
  • fin concernant les personnages, même si c’est en laissant la plupart faire de la figuration
  • peu ou pas de sérieux défauts, surtout des points ‘moins forts’ (à force de se frotter à l’artificialité le film s’y converti, son originalité n’est pas ‘en propre’) – ou relatifs au niveau d’adhésion du spectateur
  • sait passer au-delà de la condamnation ou de la suspicion pour apprécier le personnage et ses biais de perception (tout en rappelant sur quelques plans que c’est une charmante psychopathe)
  • toutes ces beautés artificielles qui sembleraient simplement criardes ailleurs et sans Kidman

Les –

  • le premier quart-d’heure est relativement lourd (quoiqu’enthousiasmant) avec son semblant d’enquête et la trop grande place du documentaire
  • un peu moins bon sur la fin à cause du champ réduit par le crime et de la conclusion un peu ‘légère’
  • des scènes moins pertinentes avec les ados mâles ; du forçage dans certains détails (dans les musiques, sur certains plans)

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MY OWN PRIVATE IDAHO ***

2 Mar

my own private

3sur5  Au début des années 1990, Todd Haynes et Gus Van Sant viennent donner un nouveau souffle au cinéma gay. Ils lui apportent ses lettres de noblesse, jusqu’à devenir les artisans de sa normalisation, conclue à la fin de la décennie 2000. En 2008, deux ans après le phénomène Brokeback Mountain, Van Sant réalise un téléfilm à Oscars des plus péremptoires avec Harvey Milk. Un produit péremptoire et pourtant insipide loin de My Own Private Idaho, son troisième film sorti en 1991.

Premier grand succès de Van Sant, ce projet lui tenait à cœur et il a exécuté Drugstore Cowboys afin d’amadouer les producteurs. Sa réputation de nouvelle révélation du cinéma indépendant va l’aider à aboutir rapidement. Il réunit Keanu Reeves et River Phoenix, deux gloires très récentes (Keanu Reeves vient d’être star-isé par sa participation à Point Break, film de surfeur et fable homosexuelle à mots couverts). Inspiré de Shakeaspeare notamment via de longues tirades, My Own Private Idaho présente une vision de l’homosexualité en particulier et d’auteur en général tout à fait pittoresque.

Van Sant construit son film en s’appuyant sur la narcolepsie de Mike (Phoenix), fonctionnant à l’ellipse abondante et aux juxtapositions excentriques- comme cette séquence des couvertures magazines. Son style est moins doux et feutré que des films ultérieurs comme Elephant ou Paranoid Park, évoquant plutôt du Gilliam posé, débordant de sensibilité mais pas débordé, lui. Les parti-pris de Van Sant donnent une allure random, cependant le patchwork s’avère tout à fait cohérent, toutes les expérimentations sont raccordées.

Le récit est non-conventionnel et la relation au centre du film également : Scott Favor (Reeves) est un fils de riche s’encanaillant et profitant de la vie, aussi résolument gay qu’opportuniste, une sorte d’opportuniste irrégulier. Il vit la passion de Mike, remarquable amoureux naïf, mais n’est jamais véritablement engagé. Lorsque leurs routes se séparent, il n’y a pas de rupture apparente ; Scott navigue entre son destin tracé et ses fantaisies, Mike échappe aux stress comme aux souffrances grâce à sa biologie lunaire.

Note globale 68

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Suggestions…  Arizona Dream + Roméo+Juliette + Narco

Gus Van Sant sur Zogarok >> Harvey Milk (2008) + Paranoid Park (2007) + Bully + Elephant (2003) + My Own Private Idaho (1991)

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ELEPHANT ***

30 Avr

3sur5 Gus Van Sant n’est pas un amuseur ou un visionnaire comme Marilyn Manson, pas un documentariste engagé comme Michael Moore. Sa version de la tuerie de Columbine (où deux adolescents avaient massacrés leurs camarades et professeurs avant de se suicider au sein de leur lycée) n’a pas de vertu sociologique ou philosophique. Pour autant, par ce qu’il construit pour faire tenir son œuvre sur des faits, Gus Van Sant est proche du spot moraliste et dénonciateur des maux de son temps.

 

Pêle-mêle, c’est la libre-circulation des armes, les faiblesses du système éducatif américain, les parents absents, les laissés-pour-compte sans espoir, les jeux vidéos agressifs, qui sont présentés comme autant de causes à l’inéluctable catastrophe. Pour nuancer, les deux tueurs sont de gentils garçons aussi vains que les autres et même des phobiques du IIIe Reich. Quelle subtilité ! Quel retournement inoui prompt à casser tous nos repères moraux ! Voilà que les méchants n’en sont pas et qu’eux-mêmes refoulent le comble de la méchanceté.

 

C’est tout le malheur, comme tout film de Gus Van Sant, notamment sa trilogie sur la jeunesse paumée et en état pré-morbide (avec Gerry et Last Days) celui-ci est intenable sur le fond. Mais l’approche impressionniste et lyrique de Van Sant élève haut le film en compensation. Comme dans Paranoid Park, un événement dramatique est le prétexte d’un plongeon dans la vie adolescente, que l’auteur décrit avec finesse. La mise en scène est solaire, l’expérience sensorielle au premier degré.

 

Elephant s’applique à restituer le monde tel qu’il est, en s’attardant sur ce qui n’a pas de sens mais s’épanouit naturellement, que ce soit la condition du laideron de service, la torpeur du sportif aimé de toutes les filles, la liberté sans objet de tous ces jeunes. Gus Van Sant a le tort de voir par le biais de cerveaux candides, mais c’est aussi sa grande vertu : il se met au niveau de ses personnages et nous fait vivre avec exactitude la façon dont ils perçoivent leur environnement. Et celui-ci est décrit avec précision : et c’est un univers sans relief, limpide, apathique, où tout coule naturellement jusqu’à ce que l’horreur fasse irruption. Personne ne sait si elle va pousser ce monde endormi à secouer ses références.

 

Ce ton fait vibrer et donc, enthousiasme, frustre, sauf à être indifférent soi-même. comme toujours avec Van Sant, ces héros à l’haissable manque de consistance et de nervosité. Pauvre petit blondinet gentil, seul ayant pu percevoir le drame imminent, qui ne trouve pour s’y opposer que de se dandiner poussivement la mèche au vent en interpellant au hasard les passant pour leur envoyer un « non n’y allez pas », sans guère insister ni préciser quoique ce soit. Sans doute que le flou habituel de son mental épuisé n’est pas en mesure de gérer une si grosse information.

 

De là à être incapable d’agir convenablement, de prévenir concrètement, de convoquer les personnalités et autorités dont la vocation est de contrer ce type de menace et qui ont les moyens à cette fin, il faut vraiment être un petit vermisseau lymphatique. Et ce ressenti là, violent, est nuancé par la grâce du style de Van Sant, spectateur introspectif contemplant la texture discrète de la banalité, comme un narrateur omniscient récupérant l’administration du système sans pouvoir intervenir.

Note globale 69

 

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Suggestions…

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PARANOID PARK ***

27 Avr

3sur5  Paranoid Park a cette tendance insupportable des rapporteurs de l’innocence à la mettre en exergue avec une totale complaisance. Il a raison de ne pas la bousculer puisque le personnage concerné, un imberbe mollasson, est parfaitement insondable. Il est à ses propres yeux un absent, un spectateur. Le lourd secret qu’il enfouit ébranle toutefois cette douillette léthargie. Il va s’en servir pour accélérer le processus de maturation. Gus Van Sant montre par là les effets de la création, la clé du développement à son sens.

 

Malgré certains agacements critiques, le film exerce une séduction. Cette banalité décalée, cette sensibilité si unique de Van Sant ont un charme exceptionnel (l’inadmissible Gerry lui-même avait cette force intime). Van Sant n’est pas doué pour les mots mais bien pour la mise en scène et son film n’est pas simplement un poème visuel, mais un parcours dans l’état d’esprit de ce jeune homme. Alex s’entretient dans un état déresponsabilisant, proche du fantôme, atteint par aucune espèce d’émotion et imperméable au drame.

 

Même si certaines expressions distordues sont à la limite du clip pour beaufs stone, le travail sur le son et la photographie ouatée de Christopher Doyle (collaborateur récurrent de Wong Kar-Wai – 2046) rapprochent le film de l’expérience sensorielle. Une expérience proche de l’hypnose, à laquelle on ne croit pas toujours intellectuellement, mais dont le lyrisme vient à bout des résistances.

 

C’est une de ces œuvres parvenant à valoriser un sujet (ce garçon vacant) qu’on pourrait négliger, parce qu’elle connait tout de son essence blessée, plus que lui n’en perçoit encore. Nous-mêmes devenons des accompagnants empathiques, gagnés par ce calme profond, cherchant avec lui la place (la famille de substitution) qu’il pourrait occuper dans un espace où les options s’imposent à lui. Ce qui nous attache in fine, c’est la démonstration de cette puissance d’inertie au seuil du basculement vers l’état adulte.

Note globale 64

 

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Suggestions… Harvey Milk + The Oregonian

Scénario/Écriture (6), Casting/Personnages (6), Dialogues (5), Son/Musique-BO (7), Esthétique/Mise en scène (7), Visuel/Photo-technique (7), Originalité (7), Ambition (8), Audace (6), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (6), Pertinence/Cohérence (6)

 

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GERRY *

24 Avr

1sur5  Présentant deux amis tous deux nommés Gerry dans une sorte de parcours initiatique déçu dans le désert, ce film est le premier du Gus Van Sant post-Hollywood, précédant d’autres œuvres méditatives comme Elephant ou Last Days. Ce n’est ni du foutage de gueule ni une arnaque, c’est un essai, qui a le mérite de la radicalité, qui a le défaut de ne porter à peu près rien.

Van Sant rejette la narration ; ce sera un drame crépusculaire, discrètement époque ; un work in progress restitué comme tel. Les paysages, la bande-son, la mise en scène, sont charmants. C’est gracieux et stimulant a priori. Oui mais concrètement c’est rebutant, car l’exercice n’a aucun sens. Van Sant aligne les niaiseries pour étoffer la dimension existentiel de son projet. Enfin ces deux personnages sont pires qu’exécrables, ils sont juste vierges, inexistants. Van Sant a un goût pour les éphèbes sans fond, mais là nous sommes au-delà.

Dommage, l’expérience seule vaudrait le coup, mais dans ce cas sans parasitage, sans parodie d’humains. C’est du National Geographic avec deux mecs aux motivations débiles (oh pitié n’allez pas chercher les prétextes alambiqués qui n’ont aucun fondement) afin de tenir ça comme un objet de cinéma. Il y avait la possibilité de faire un nouveau Koyaanatski, y avait rien de honteux à cela, c’en aurait été une version plus condensée, les armes étaient là.

Gerry se pose comme nu, épuré et en même temps, tellement à l’avant-garde, tellement malgré lui, vous voyez. À la rigueur, T’aime avait une ambition de fond. La différence, considérable, est juste dans la mise en scène. Patoche n’a pas de style, Van Sant en a un, il le porte comme un fardeau dont il se languit.

Note globale 23

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Suggestions…

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