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ETHIQUE MONDAINE

15 Sep

→ Les bobos (c’est-à-dire les individus « libres », « ouverts », « innovants » et « de gauche » – soit bien plus que le bobo de fait) réussissant, acquérant un statut ou une aisance, par une carrière non-productive, facile ou opportuniste, sont faces à un dilemme :

  • Ils ont rejoint un camp malsain, décrié : ils sont bourgeois
  • Ils ne méritent pas forcément leur statut (car qui mérite les honneurs, ne serait-ce ceux d’une place confortable et discrète : ils sont toujours les premiers à décrier cette optique et ce formalisme hiérarchique)… or il faut bien être « de droite » pour s’accommoder la bouche en cœur d’une position qui ne nous revient pas pour notre intelligence ou notre contribution à la collectivité, mais simplement pour notre conformisme

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→ Il y a alors un problème à la fois d’ordre moral et social. Bien que parfois libertaires (au moins, c’est l’essentiel, dans les paroles et les postures), les « bobos » sont néanmoins, pour une majorité, des êtres pétris de soucis moraux, qu’il s’agisse de lubie, de conformisme, d’altruisme ou d’idéalisme.

C’est là un curieux mais faux paradoxe pour ces « émancipés » de tout absolu, de toute croyance, pour ces hommes et ces femmes reniant l’impératif de réel comme les tâches sombres de l’Histoire de leur pays ou de leur classe.

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→ Afin de se soustraire à la culpabilité, ils doivent donc assumer une image décente et flatteuse, non toxique pour le collectif : ils sont alors progressistes. Quelqu’en soit le prix, qu’importe les aberrations et les paradoxes qu’il faudra enfiler. L’inconséquence (face à la recherche de vérité ou de justice) et l’absence de réflexions ne sont pas des fardeaux pour un maillon de la gauche « moderne » et « éclairée ».

Cette attitude s’accompagne d’un refus de l’ambiguïté. Un tel réflexe amène à la défense compulsive des signes extérieurs de conscience politique. La plus flagrante manifestation de ce phénomène, la plus caractéristique et maîtrisée par le bobo, est l’affirmation d’un refus (très commun, très commode et très flou) du monde tel qu’il est (attitude profonde de toute « Gauche » politique) en se montrant outré ou concerné par des conséquences malheureuses ; en imaginant jamais allez à la source, penser en système : ce qui permet de ne pas troubler le statut quo et d’en devenir même le généreux héros (contrairement au bo-no-bo, ce vrai salaud mais avec lequel on peut néanmoins travailler, étant donné qu’il est rude mais juste et que lui accepte les valeurs de la gauche morale ou au moins ne les entravent pas). Voilà la posture salvatrice et largement compensatoire pour les âmes paresseuses refusant d’assumer leur complaisance.

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→ Sauf que ça ne suffit pas. Pour ceux qui ont tués les cultes anciens, les reliques archaïques (la Nation, la consultation populaire en sont – mais aussi la liberté d’expression, parfois même les opportunités publiques d’Internet – les gauches « morale » et « moderne » ne le savent pas, mais elles sont par endroits liberticides comme ses ennemis réacs n’oseraient pas) et le souci concret du social, il faut une justification gratuite mais résonnant comme un argument, une délivrance définitive permettant d’évoluer du flou progressiste vers un gauchisme matérialisé. La défense des sans-papiers est l’engagement criard, vain et vérifiable comme se doit d’être un engagement au profit de la valorisation, par l’assimilation à des nobles visées, de sa propre image.

Pourquoi les sans-papiers sont devenus, depuis l’ère Mitterrand-Chirac, les otages des bobos ? Parce que ceux-là sont loin d’eux, ils ne sont pas non plus sales et pouilleux, leurs attachements ressemble à l’urgence de survivre avec dignité, leur identité a cet exotisme que n’a pas la culture où la gauche inconséquente refuse de trouver ses propres racines, et la conscience politique de ces malheureux semble vierge donc inoffensive, voir modulable… contrairement au déclassé rural ou à la France catholique dont personne ne veut être au chevet. En parallèle, le souci de la détresse humaine est affirmé : l’esprit « de gauche » s’en trouve alors toujours valide. Ouf. Le bobo pourra pavoiser et évoquer ses affinités politiques indépendantes et audacieuses, sa foi anti-establishment.

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SOS RACISME, BRANCHE ORGANIQUE D’UN PS LIBÉRAL-BOURGEOIS

16 Oct

SOS Racisme est souvent accusé d’être un outil d’instrumentalisation de l’antiracisme,  une machine électoraliste au service d’un PS défaillant. La récente nomination de Harlem Désir, son président, à la tête du deuxième parti de France est venu consacrer définitivement cette corrélation. Le mouvement est connu pour ses actions de masse, ses propagandes justifiant leurs outrances par l’incantation à la Tolérance. Il s’est avéré être un tremplin pour certains individus issus de la diversité ou du monde associatif, mais ne s’embrasse pas de combats sociaux, y compris concernant les populations qu’il est supposé défendre intrinsèquement. Le verbiage et l’emphase multiculturaliste ont pris les commandes.

Il faut remonter depuis les origines. Dans les 80s, le Parti Socialiste au pouvoir a échoué à réinventer la vie ; il assume même le tournant de la rigueur de 1983 et en 1988, Mitterrand est réélu sur une ligne d’ouverture au centre et d’assimilation au social-libéralisme. Sa figure permet de dompter plusieurs ambiguïtés ; c’est à la fois le dernier des présidents-rois et le gourou de toutes les gauches, permettant à une « gauche américaine » et à la « gauche sociétale » de dominer le paysage politique alors même que les citoyens français, eux, sont encore relativement fermés à ces gauches-là aujourd’hui. La branche anti-raciste étant l’une des facettes les plus prégnantes de cette « gauche sociétale » et dans une moindre mesure de la « gauche américaine », le combat en faveur des minorités notamment ethniques étant un élément-clé du logiciel des Démocrates aux USA ; atout charme pour un Obama aussi basiquement anti-bushisme que Hollande a pu être un trivial anti-sarkozyste lors de sa campagne et ses premiers pas à l’Elysée (que nous avons la joie de contempler en direct – émouvant notable constipé et mal peigné passant de commis à chef de la cantine).

Le « rapport colonial » comme prisme des relations sociales et humaines ?

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La Vidéo… 3 > Asselineau dans CSOJ

La Vidéo… 2 > Féminisme – Tiens-ta langue ou disparaît

La Vidéo… 1 > Mirage anti-passéiste des ploucs élitistes de Gauche

La Vidéo… 0 > Marion Maréchal Le Pen – quelle envergure pour le nouveau FN ?

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Deux sondages Zogarok :

 

TIENS TA LANGUE OU DISPARAÎT

24 Juil

Au moment ou François Hollande assimile l’ancien monde dont les enfants de France émergent par principe à un âge des ténèbres ou la nation devient putain des vampires de l’époque, nouvelle rafale « féministe » hystérique. L’animateur radio Daniel Shick a eu le malheur de commettre ce laius -déjà cité comme un élément de sa biographie sur Wikipedia- :

« Savez-vous vraiment pourquoi vous avez été choisie ? Parce que vous êtes une belle femme issue de la diversité ? Parce que vous appartenez à une minorité peu visible ? Que vous êtes la preuve de ce qu’est une adoption réussie ? Que vous êtes un signal fort donné aux marchés asiatiques ? Peut-être aussi parce que vous êtes compétente ? Est-ce que vous le savez vraiment ? »

Tollé immédiat. Une foule de sites reprennent la vidéo pour s’offusquer de cette intro in-su-ppor-table, qualifier la chose de dérive misogyne ou même beauf.

L’assertion est péremptoire et rentre-dedans, peut-être maladroite (mais plutôt pour l’ « adoption » et le « couple mixte »), mais réfléchie. En outre, l’évocation, un peu plus loin (une petite minute) de l’inlassable collusion acteur médiatique/personnalité politique est déjà l’occasion de balayer toute hiérarchisation des sexes – puisque la figure exécutive est tenue pour influente, non la femme ou encore moins la « femme de » ; ici l’homme est le boulet de la Ministre, preuve que les rapports et la représentativité s’horizontalisent.

La sénatrice PS Laurence Rossignol a pris le dossier en main : elle réclame le renvoi immédiat de Daniel Shick, balayant une carrière pour le seul mépris ponctuel d’une ligne jaune pour le moins subjective. Comme Rossignol est une femme, elle se permet un vocabulaire « couillu » particulièrement gratiné  (« je lui collai un bourre-pif ») et se confond dans une agressivité extrême (« nuisible et lourd ») ; d’ailleurs, elle n’envisage la saillie de Schik que comme une gauloiserie et ceux qui la valident ou n’en sont pas outrés comme des crétins. Mais ça, personne ne le relève : on sacralise déjà l’inspiration de cette chantre ressuscitée d’entre les morts de la chambre haute – jusqu’à l’interface de votre boîte mail, vous êtes tenu au courant de l’acte frondeur et héroïque.

Si personne ne le relève c’est, entre autres choses, parce que ce serait de la misogynie. En effet, une femme aussi peut cogner. Pourtant, cogner, ne serait-ce que par les mots ou la pensée, c’est mal. Sauf si c’est pour la bonne cause.

Comble de misogynie : cette femme jurant comme le plus teigneux des mecs prend la défense d’une femme. Comme si le pacifisme, la relativisation de l’outrage par Fleur Pellerin était un aveu de faiblesse : il faut alors corriger le tir et venir à sa rescousse.

Surtout qu’il n’y a qu’un terme, un seul, se référant à la féminité de Fleur Pellerin… Mais la vérité, ou plus simplement sa modeste quête, est tendancieuse, haineuse. La lucidité frontale est confondue avec de la méchanceté gratuite, le poil à gratter avec un relans poujadiste. Ici, les cerbères, dont Mme Rossignol, se précipitent pour railler le jugement critique sous prétexte de sa forme inadéquate. De telles réactions concourrent (délibérément ou pas) à inhiber le raisonnement lorsqu’il trouble les valeurs publiques : la politesse devient presque institutionnelle. Les fondamentalismes de tous bords sont toujours les meilleurs soldats du conformisme et du lissage social.

Avec une telle donne, les femmes en politique ne sont plus des femmes, mais des hommes avec une longueur d’avance, puisqu’elles disposent de domaines intouchables, leur nature sexuée instaure une distance qui, si elle est franchie, disqualifie et condamne l’impudent. C’était l’excuse et l’analyse ultime de Dominique Voynet au soir de l’échec de Ségolène Royal en 2007. Si leur féminité n’est rien, alors pourquoi s’offusquer toujours lorsqu’elle est  citée ; pourquoi prétendre que c’est un handicap alors que les pires machos, effectivement, estiment que c’en est un ? La boucle est bouclée : tant mieux pour Mme Rossignol et ses amis, ils ne verront jamais le Juste ni le Mal à l’endroit ou il se produisent ou peuvent survenir, mais toujours dans des systèmes totalement factices, ne retenant que les plus grossières dualités du Monde pour approche et perception du Politique. Leur vision de la société est artificielle, leur volonté de l’ajuster totalement frivole, parfois un peu baroque ; malheureusement, ce sont eux qui font les polémiques, eux qui sont suivis et relayés.

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L’affreux macho en puissance…

L’hypothèse d’une charge viriliste prend tout de suit du plomb…