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MIRAGE ANTI-PASSÉISTE DES PLOUCS ÉLITISTES DE GAUCHE

16 Juil

Extrait émission radio – « Les Grandes Gueules » (RMC) – Février 2012
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Xavier Cantat est le compagnon de Cécile Duflot, leader d’EELV et parachutée heureuse dans le 6e arrondissement de Paris (72% dimanche dernier face à un UMP). Mais Xavier n’est pas seulement l’époux de la leader la plus médiocre et insipide des grandes formations politiques actuelles : c’est aussi le frère de Bertrand Cantat, meurtrier excusé, que son talent supposé lave de tout péché, notamment auprès de la bourgeoisie culturelle.
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Pour couronner ce portrait presque caricatural et pourtant bien réel, Xavier Cantat est français par hasard. Xavier n’aime pas la France, il méprise cette France mais ne fait pas de jaloux, puisqu’à son sens toutes les nations se valent. Tout n’est que concours de circonstance et l’Histoire, balayée, n’est donc plus, dans cette perspective, que le roman des errances de peuples et de civilisations forcément éphémères, mais aussi rustiques et médiocres.
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Une telle posture ne paraîtra paradoxale qu’aux néophytes ou dépolitisés, puisque l’écologie politique est cadenassée par la gauche libérale et son aile « écolo-progressiste ». Des écologistes new wave, dont le souci n’est pas la préservation des cultures, des identités locales (ça pourrait pourtant se négocier, sans aller nécessairement jusqu’à être maurassien) et des richesses naturelles. Leur fonction ne consiste, au mieux, qu’à remplir un espace ; au pire, à détruire tout ce qui est pré-existant.
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Tout ce qui appartient au passé ou en est issu de près ou de loin est considéré comme négatif, malsain et donc exclu ; c’est que le passé, c’est l’obscurantisme des ancêtres que ne vénèrent que les pauvres et les paysans de la droite conservatrice et rurale. Le passé, c’est un ensemble de constructions et de structures, institutionnelles ou spirituelles, qui nous aliènent encore et dont il faut se débarrasser ; ou, si ce n’est pas ça, alors au moins c’est usé, archaïque, donc délétère. Sur la terre des ancêtres, seule la bêtise ou la soumission faisait foi – et puis personne n’y avait d’imagination, ni de passion d’ailleurs. Alors, croire encore sinon aux vertus, au moins à une relative légitimité de l’ordre actuel (national, mondial, sociétal) ou de certains de ses aspects (traditions, symboles, patrimoines), c’est, pour Xavier Cantat, « avoir les deux pieds dans la bouse ».
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Vertige du néant idéologique de cette gauche factice : il s’agit toujours de saper le tissu commun pour le substituer, soit par la fumisterie, soit par un système absurde (quelque soit le degré ou la nature) ou une usine à dépendance. Dans le cas exclusif de Xavier Cantat, que vise ou que sert ce travail de sape, quel idéal vénère-t-il ? Aucun, sinon celui de l’extension, à tous les domaines de la vie, des émanations de logorrhées adolescentes. Les gauches anti-populaires, libertaires, accueillent massivement ce genre de personnage, trop futiles, frivoles et narcissiques pour se hisser au niveau des exigences extérieures ; en même temps trop médiocres, lâches et pauvres psychiquement qu’ils n’ont plus qu’à s’approprier les postures des anticonformistes à la petite semaine labellisées et certifiée par des pseudos-progressistes qui sont les alliés du néolibéralisme. Il y a pire que le néolibéral de la droite financière : il y a tous les gauchistes et centristes qui sont incapables de leur ressembler, mais aimeraient être adulés pour leur profondeur ou leur spiritualité, et se replient donc vers ces formes de diversion… offerte par les néolibéraux.
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ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES 2012 : SYNTHÈSE ZOGAROKÉENNE DES PRÉTENDANTS

15 Avr

Quatre critères pour définir et évaluer les 10 candidats de l’Election Présidentielle de 2012.
* Le personnage
* La vision (du Monde & de l’avenir)
* Le projet 
* Le parti (ou à défaut la plateforme ou formation au sens large)
 
C’est l’occasion de dépassionner (ou de cibler), dans la mesure du possible, les points de vues ou sympathies affichées ici, parfois de les nuancer au cas ou c’était nécessaire mais aussi de faire converger les diverses publications.
 

MARINE LE PEN ****

Le personnage 5/5  Même si le vote charismatique n’est pas déterminant (il m’aurait amené à certains votes contradictoires lors de précédents scrutins), il serait ridicule de nier son influence. Marine Le Pen est probablement l’un des personnages politiques les plus fascinants dans notre région du Monde ; son histoire personnelle, l’héritage qu’elle doit à son père (et même s’il a pu la plomber) l’a formée au point d’en faire une bête politique hors-norme et extrêmement aboutie. Ce qu’elle est en tant que femme est donc indissociable de la pratique politicienne ; sans aller jusqu’à affirmer que sa construction s’est calquée sur celle du Front National et par extension d’un bloc national conséquent dans ses postures, les moteurs de ce tempérament de battante, de cette confiance en soi et sa vision sont vraisemblablement issu de sa trajectoire familiale (phénomène qui par ailleurs pourra servir les accusateurs aux arguments courts – comme Manuel Valls qui s’y est déjà réduit). Tout le fatras sur la « modernité » de la candidate FN ne doit pas faire oublier la vraie force de MLP et les raisons de son attractivité ; le naturel qui se dégage de ses prestations télévisées (et contraste d’ailleurs, en partie, avec ses apparitions plus officielles), la cohérence de sa rhétorique (stable et structurée), la franchise de ses performances en font un personnage attachant et, souvent même, fascinant. Cet aplomb inouï n’en fait pas immédiatement un chef d’Etat, mais c’est en tout cas le gage des personnalités dans le sillage desquelles on veut s’engager.

La vision du Monde 4/5  Offensive, ambitieuse et apaisée. Restaurer fierté et unité nationale est un enjeu pour Marine Le Pen comme pour l’ensemble de ses collaborateurs ou homologues ; l’opposition au Mondialisme et à ses représentants est une nuance importante ; carrément décisif par contre, le refus de condamner le modèle social français, le rejet de la rhétorique « anti-assistanat » détournée par la droite pour détruire les structures de solidarité.

Le récent retour sur les thématiques de l’avortement a mis en doute, légitimement aurait-on pu croire, sur la cohérence de Marine Le Pen qui sapait là un travail de normalisation du Front National dans l’univers, rabattu mais médiatiquement essentiel, des moeurs. Mais, comme souvent, la proposition, artificiellement gonflée et diabolisée, s’est trouvée largement remise au point ; et finalement, ce sujet se rattache à un ensemble plus général. Le refus du « laxisme » régulièrement évoqué est une pierre angulaire de la vision de Marine Le Pen : il s’agit d’abord de bannir ce laxisme économique, social et judiciaire dont une partie croissante du peuple souffre ; ensuite, de rompre avec un laisser-aller moral, à un égoïsme irrationnel. Là, l’horizon concerne autant l’individu que l’unité de civilisation. 

En revanche, la participation à l’encouragement insidieux à une islamophobie mal définie, tant dans ses objectifs que ses ennemis, vient diluer le message pour ramener le FN de Marine Le Pen vers des lubbies populistes de bas étage, d’autant que le traitement n’est pas des plus subtils (et que dès lors, le « système » dénoncé par MLP se sert plus facilement d’elle pour en faire l’exutoire honni de ses propres craintes, parfois irrationnelles, à l’égard du musulman). D’un point de vue laicard mais aussi culturel, la posture est salvatrice ; mais le sujet est tendu et propice au désordre et aux détournements passionnels (surtout de la part de la gauche bourgeoise).

Le projet 4/5  Le but des efforts du FN actuel est la reprise en main de la France à l’heure de sa dissolution dans une Union Européenne plus soucieuse de ses consommateurs que de ses peuples. Et la reprise en main du destin de celle-ci passe par le contrôle de ses propres frontières mais aussi par la prépondérance de ses propres législations sur celles d’une Union que les Français, comme d’autres, ont choisi de rejeter. Sur ces sujets-là, le projet du FN me va tout à fait.

Identité, Justice & Immigration. L’application de la « priorité » devenue « préférence nationale », même si elle peut choquer ou dérouter, est une mesure naturelle que l’on retrouve dans l’ensemble des pays du Monde. De même, la remise en cause du « droit du sol » n’est pas un principe universel.

Economie & social. Le programme cherche à se donner les moyens d’une relance grâce à un protectionnisme intransigeant et un coup-de-pouce aux PME. Le « Small Business Act » à échelle française tient compte de la réalité des rapports de force et du marché tout en visant à restreindre son emprise et armer les industries et les entrepreneurs français. Pour réduire la dette publique, il s’agirait de se passer de «dépenses inutiles et néfastes»  ; en revanche, les financements de l’Etat ne sont pas évoqués (malgré une remise en cause de la réforme des retraites du quinquennat bientôt à terme). Notons le « Chèque premier logement » à destination des primo-propriétaires. Enfin, mesure phare, la séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires et l’annulation de la loi de 1973, que seule Marine Le Pen a eu le courage de remettre en question, quand d’autres sur « ses terres » ignoraient son existence ou s’en accommodaient.

Sociétal & moeurs. Le refus de lâcher du lest au sujet de la législation concernant les droits homosexuels est une erreur, car il enferme le FN dans ce que ses adversaires qualifieront de « conservatisme » ; pour ces derniers, il s’agit d’un des seuls thèmes polémiques (l’UMP et le PS s’en serve pour se différencier) et il permet la mise à distance et la mauvaise foi à peu de frais. Cela dit, le FN devra céder au moins sur le mariage homosexuel puisqu’en maintenir l’interdiction sera une aberration pour les générations qui feront le futur ; néanmoins, il ne faut pas omettre que le mouvement est en phase de mutations et que les « vieux de la vieille », mais aussi une certaine partie des frontistes historiques, ont déjà été bousculés (et une rupture pour des raisons de postures sociétales, ce serait bien le plus beau gâchis possible).

Institutions, système électoral. Soumettre le régime législatif à la proportionnelle est une urgence démocratique ; le programme du FN précise envisager de l’appliquer à toutes les élections. L’idée d’un référendum pour le retour au septennat est vaine, désuète et inintéressante.

Environnement. Assez limité ou axé sur des mesures dérisoires. A retenir tout de même, l’importance accordée à la relocalisation des énergies (municipalisation de l’eau également) et surtout, sortie du nucléaire à long-terme.

Tout cela gêne encore largement aux entournures, il y a probablement des zones de flous ou de légèretés. Mais ce serait un sophisme malhonnête  de prétendre que beaucoup de concessions sont faites à la vieille garde ainsi qu’à un public « de droite » un peu rance ; le FN d’aujourd’hui semble s’axer sur une direction saine, même si certains thèmes majeurs, comme la réponse à apporter à l’islamisme, restent à déterminer ou même, à revoir si le FN tient effectivement et sans concessions à la réconciliation des français et à la vivification des forces nationales.

Le parti 3/5  C’est là que le bât blesse… A moins que… On rapportera ce qu’on voudra sur la genèse du Front National, en l’état aujourd’hui, c’est le seul authentique parti d’opposition et d’alternative aux processus en cours, le seul, parmi les formations jouant un rôle non pas en coulisses mais au premier plan, à proposer une rupture globale. D’abord, le FN a longtemps été un fourre-tout des droites de la droite et des recalés de l’échiquier ; cependant, les fantasmes et les phobies autour de ce parti sont autant un piège pour ses cadres que pour l’idée même de souveraineté nationale, que les outrances de Jean-Marie Le Pen ont permis de caricaturer et d’assimiler à des valeurs passéistes, abusivement provocatrices et volontiers borderline. Tout cela sera traité bientôt dans un ou plusieurs articles consacrés.

Marine Le Pen sur Zogarok…

> Potentiel électoral des alternatifs 

NICOLAS DUPONT-AIGNAN ***

Le personnage 4/5  Cheminade répète, comme en 1995, qu’il faut à la France « un homme de caractère » ; son candidat est trouvé, le loser de la campagne n’a plus qu’à se tourner vers NDA. Lorsque Sarkozy est sacré par la droite fin 2004, un homme se dresse contre lui, estimant que l’OPA du nouveau leader de l’UMP concourt à épurer la ligne du parti. Cet homme réunira à peine 10% des suffrages, score ridicule mais exploit relatif compte tenu de l’obnubilation des médias et de l’effervescence générale autour de l’élection du personnage politique en passe de devenir le plus admiré et le plus controversé de France. Mais face à la rupture de style de Sarkozy, NDA, soutien actif du « Non » au référendum de 2005, fait davantage écho au ras-le-bol populaire, au désir de protectionnisme et à l’inquiétude concernant la place de la France mais aussi son état de santé moral et financier interne. NDA fonde son propre parti pendant la campagne présidentielle de 2007 et demeure une personnalité d’arrière-plan ; sa présence à ce scrutin présidentiel, en dépit des quolibets des chansonniers embourgeoisés et du silence médiatique, est une belle preuve de courage et d’intransigeance. En sa faveur aussi, la cohérence du parcours de ce proche de Séguin puis de Chevènement. La limite (formelle) du personnage concerne son absence d’entourage (visible et/ou médiatisé) et une certaine raideur, un aplomb qui sont gage d’autorité et de respectabilité, mais peuvent rendre l’approche rugueuse pour les non-initiés.

La vision du Monde 4/5  La défense d’un souverainisme global qui s’accommoderait d’un « marché libre » mais contraint et régulé, avec une finance dissociée des intérêts nationaux surtout, est probablement l’option la plus viable et la plus vraisemblable en l’état, alors que les projets de Marine Le Pen ou de la gauche radicale fédérée autour de Mélenchon sont plus difficilement tenables, trop excessifs ou redoutables pour passer. Dupont-Aignan incarne un pragmatisme peu glamour, peu clinquant, sans se confondre dans les utopies égalitaristes ou fantasques, ni dans l’incantation délicieuse mais passive d’un Bayrou qui, par souci de consensus ou d’harmonie, ne va jamais au bout de ses logiques. NDA est le candidat juste, le réformiste raisonné de cette campagne.

Le projet 4/5 Il oppose, à Marine Le Pen qu’il considère comme une « prisonnière du Front National », une vision patriotique « sereine ». Sauf que si MLP est peut-être embourbée dans une formation ou se croisent des droites extrêmes et des factions abusivement iconoclastes, elle, est le vote utile des souverainistes et de ceux qui aspirent à instaurer un protectionnisme français ; quand NDA, lui, plafonne à 2%, est inaudible, raillé, méprisé pour sa communication (parfois anachronique ou naïve, il est vrai).

La réappropriation de la souveraineté nationale a son corollaire ; la rupture avec l’Union Européenne telle qu’elle est aujourd’hui. Un tel projet serait l’occasion de rassembler les eurosceptiques de tous bords, qu’ils le soient pour de bonnes ou de mauvaises raisons, mais aussi une certaine gauche aspirant à l’instauration d’une Eruope « sociale », c’est d’ailleurs un leitmotiv récurrent chez la gauche radicale (aile « soft » du NPA – majeure partie du Front de Gauche et du PCF – aile gauche du PS, type Hamon/Montebourg). Il permettrait aussi de relancer le sentiment européen, paradoxe salvateur contrastant avec le passage en force sur des motifs illusoire des partis socialistes et démocrates européens.

Dans le même sillage, indépendance par rapport à la BCE, abrogation de la loi de 1973, retour à un emprunt à taux zéro à la Banque de France. Tout cela fait la synthèse entre les inspirations sociales du gaullisme et les visées de l’idéal d’ « Europe des Nations »‘ laissé en suspens depuis une décennie. Une façon plus souple et cohérente d’inciter les peuples à faire bloc, se rappeler en quoi ils se ressemblent et peut-être, éviter de trouver l’ennemi à l’intérieur de la zone.

Le parti 3/5  C’est la seule formation authentiquement « gaulliste » parmi celles qui émergent ; le RPR ne l’était plus, en raison de l’usure du temps ; l’UMP dès sa création ne s’attribuait les vertus et les symboles du gaullisme que pour mieux les trahir et servir une vision néolibérale et sécuritaire. DLR associe national-libéralisme, autorité de l’Etat et valeurs républicaines, ne transigeant ni sur le rôle social de l’Etat, ni sur le refus de s’arroger un bouc-émissaire au sein de la population, ce qui n’est pas une mince affaire (car mêmes les partis « modérés », « progressistes » ou « radicaux » de gauche se vautrent dans cet écueil malsain).

NDA sur Zogarok…

> Potentiel électoral des Alternatifs

JACQUES CHEMINADE ***

Le personnage 3/5  Individu assez étrange, relativement insaisissable. A la fois plein d’aplomb et totalement dépassé, sémillant et morose, brillant et besogneux, lunaire et borderline. Devenu l’attraction privilégiée de la foire médiatique, au point que les plus médiocres peuvent se parer de brevets d’acuité en enfonçant le clou par quelques saillies de comiques de fin de repas.

La vision du Monde 3/5  Cheminade est fier d’avoir « prévu la crise » dès les 90s, ou on le raillait déjà, quoique dans des proportions moindres. Pour situer poussivement, le « Che » est vraisemblablement quelquepart entre les altermondialistes sérieux et les nationalistes de gauche. Déterminer sa position sur un échiquier politique gauche/droite serait une perte de temps, car sa ligne politique et ses idéaux ne rencontrent que très ponctuellement les clivages inhérents à ceux-ci. La lutte contre la finance, l’emploi du terme connoté des « banksters », la hantise d’une décadence intellectuelle à l’oeuvre le situe autant à la gauche de la gauche qu’un peu sur la droite d’un conservateur traditionaliste soft (type De Villiers).

Son alternative aux totalitarismes actuels pourrait se définir comme une espèce de néo-mondialisme utopique. Tout cela est politiquement intéressant, les analyses sont avisées et souvent courageuses, mais les hypothèses sont néanmoins quelquefois  improbables, parfois abstraites, presque toujours restreintes à l’incantation (quels alliés, quels moyens, quelles compétences ou méthodes pour tous les projets évoqués ?).

Le projet 3/5    Le gage de la présence du Che à la compétition, c’était l’humiliation perpétuelle par tous les journalistes. Que Cheminade surgisse et c’est le défouloir autorisé, d’autant que personne n’est derrière lui et ne viendra le défendre. Beau gâchis.

Passons les broutilles (franc polytechnique) et les axes phares (imposer la transparence dans le monde de la Finance ; nouvel ordre monétaire international -!?- ; réquisition de la Banque de France ; séparation des banques d’affaires et de dépôt – comme les autres candidats un tant soit peu crédibles ou audacieux), allons à l’essentiel : le projet spatial, qui n’a rien de ridicule. D’abord, il faut bien un jour se décider à entamer un chemin long, épineux mais à l’issue glorieuse ; ensuite, la compétition spatiale amuse moins les Chinois et dans une moindre mesure la Russie, qui eux savent combien cet enjeu est essentiel pour avoir un ascendant sur les camarades dissipés de ce Monde ; enfin, un projet national à long-terme voir de civilisation, ce n’est jamais que ce qui redonne un peu de sens, de vitalité, d’espoir et de fierté à un pays, sans quoi il n’est que le réceptacle d’une masse d’individus seuls, repliés, dont l’horizon triste se réduit à l’entourage et la réalité directe. Sur la forme et sur le fond, rien de ridicule, finalement…

Le parti 3/5  Assimilé à une entreprise sectaire, à une taupe masquée de l’extrême droite, à un institut de propagande de marxistes et complotistes gentiment illuminé, Solidarité & Progrès est un parti anonyme, sans aucun poids, régenté par son seul « cadre », Jacques Cheminade, depuis sa création en 1996. L’idée fondamentale consiste en l’instauration d’un marché « altruiste » alternationaliste. Sur le plan sociétal, les positions sont relativement « réacs » mais fondées, bien qu’elles inspirent un a-priori très caricatural (sur les jeux vidéos par exemple).  La formation est difficile à définir en elle-même, car pas réellement dissociable de son leader.

Cheminade sur Zogarok…

Ça sert à quoi un Cheminade ?

JEAN-LUC MELENCHON **

Le personnage 2/5  Entre Sarkozy (pour le mépris des troupes et du chaland) et Patrick Sébastien (des bisous, de l’amour et de l’humour et la vie est tellement plus belle), un excellent animateur de foules déjà maintes fois abordé ici.

La vision du Monde 2/5  A prendre et à laisser… A prendre, l’anti-impérialisme, le refus de brader une certaine idée de la Gauche. A laisser, cette obstination à s’inscrire à Gauche toute justement, qui non seulement supplante mais restreint de façon catégorique. A laisser aussi, l’abandon de la cause ouvrière, au profit notamment de causes superficielles mais bankables. A laisser encore, cette bêtise d’homme borné et dogmatique consistant à rejeter tout ce qui, de près ou de loin, n’appartient pas à sa corporation ou semble nuancé sur des thèmes ou idéaux qu’il combat ou méprise. A laisser enfin, ce mépris de la France de celui qui refuse, au Parlement Européen, de recevoir ses textes en français (à noter qu’alors que l’anglais, langue du démon libéral, est recalée, c’est l’espagnol qui trouve grâce auprès de Mélenchon – car c’est la langue des rebelles que le démon libéral, dont Mr Mélenchon est le valet qui peut-être s’ignore, ont mis en carte postale).

Le projet 2/5  Régularisation des sans-papiers,  limitation drastique des revenus, aucune retraite en-dessous d’un SMIC élevé à 1.700 euros, création de neuf nouvelles tranches d’impôts, désarmement global, remboursement à 100% des dépenses de santé ; tous ces principes ringards, démagogiques et presque adolescents dans leur angélisme grandiloquent, qui fondent l’extrême gauche « light » d’aujourd’hui et en font l’associée malgré elle (ou semi-consciente ?) des néolibéraux outranciers et des libdems à la candeur coupable. C’est du néo-bolchevisme bon teint (d’ailleurs la caricature protège du réel, pardon voue à l’échec).

Le projet, sans doute par omission, de toute l’opération mélanchoniste semble consister à neutraliser les bonnes volontés ; dans ce cas, au service de qui ? De la « gauche molle » qu’il fustige ? Ou d’une posture de vieux briscard lustrant les reliques socialistes devant l’éternel ?

Le parti 2/5   Fédération des gauches radicales, gauches dogmatiques, extrêmes gauches, gauches alternatives et des socialistes intransigeants et à l’ancienne. Beaucoup de monde, l’ensemble de la gauche du PS pour faire court : une coalition invoquée depuis longtemps, enfin accouchée, peut-être demain efficiente si le contexte le permet. Boîte à idées ou machine à caser à la fois les gauchistes à la petite semaine ? C’est certainement tout cela à la fois ; reste à savoir si le Front de Gauche aura une utilité, permettra de faire bouger les lignes et de peser à gauche, ou si sa tâche consistera à supplanter le désir d’alternative et à canaliser les énervés et l’électorat antisystème.

Mélenchon sur Zogarok…

> Potentiel électoral des Alternatifs

> Mélenchon : Schémas de pensée & notions phares

> Super Méluche

FRANÇOIS BAYROU **

Le personnage 3/5  Sorte de sage tempéré et solennel, affable mais aussi régulièrement inhibé dans sa défense ou maladroit dans ses attaques. Néanmoins, un talent de pédagogue; on a pu relever chez Bayrou, lors de l’exposé de ses réformes, une démarche de technicien : Bayrou estime son auditoire et se veut à la hauteur des défis que lui-même se pose. Cette rigueur personnelle fait sa richesse autant qu’elle lui impose un plafond de verre. Peut-être lorsque mille olibrius plus virulents seront passés devant lui avec le dixième de ses propositions, de sa force de travail et de son honnêteté, alors Bayrou se sentira aussi seul qu’un certain Lionel au soir du 21 avril 2002.

La vision du Monde 3/5  Héritier de la démocratie chrétienne, Bayrou est un social-libéral conscient des limites de chaque modèles, y compris de ceux qu’ils prônent. Plutôt relativiste et distancié sur la plupart des sujets, c’est aussi le partisan d’une culture du consensus « passive-agressive ». Ce dernier aspect de sa vision du système politique l’a amené à tourner en rond et une rupture à ce niveau est nécessaire, sans quoi Bayrou continuera de tourner en rond malgré tous ses efforts, tout son talent ; sa dialectique s’en ressent déjà méchamment.

Le projet 1/5  Quel est-il ? La seule posture émergente du MoDem et de François Bayrou est cet éternel « ni-ni » qui résonne tellement avec un « qu’importe » de procrastinateur, qui fait en quelque sorte des extrêmes centristes des cousins du rebellocrate Cohn-Bendit. Surtout, le changement réclamé par Bayrou et qu’il prétend incarner n’est qu’un substitut de l’alternance illusoire et stérile entretenue par le PS et l’UMP ; s’il était au centre de l’échiquier en 2007, Bayrou, par manque d’initiatives et d’intuition probablement, de chance et de soutiens certainement, n’est actuellement qu’au centre du cercle des libéraux-bourgeois. Un bad boy de façade qui servira de repli et de roue de secours à deux plus gros que lui ; est-ce que cette tentative d’OPA très incertaine n’est pas une fabuleuse manière d’encourager un inlassable tournage en rond ?

Bayrou demeure le candidat le plus « viscéralement » européiste (par obédience) et quand bien même l’Europe post-Lisbonne n’est celle qu’il a fabriqué, son absence de contre-proposition et l’inexistence d’une perspective Européenne construite, crédible et applicable, font du candidat-président du MoDem un opposant bien timoré. Ce qu’on qualifie, par extension, de complice.

Le parti 2/5  Écrin des visions alternatives, des réformateurs tempérés ou pragmatiques, le MoDem est, comme Bayrou, voué à l’échec, à moins de jouer les arbitres. Il faudrait pour cela qu’on lui en donne les moyens, qu’il se les octroie, ou que la proportionnelle soit intégrée afin de permettre l’indépendance et le développement, financier et législatif bien sûr, mais aussi idéologique et intellectuel d’un parti sclérosé, inerte et inaudible, dont la seule posture émergente est celle d’un « ni-ni »

Bayrou sur Zogarok…

> Potentiel électoral des Alternatifs

> Y a comme un hiatus

> Pauvres petits François sans cause

EVA JOLY *

Le personnage 3/5  Pour la droite libérale, les conservateurs sociaux, le camp national ou la gauche souverainiste, Eva Joly devrait être considérée comme un adversaire honorable [d’abord, parce qu’elle est au plus bas et que faire d’un nain électoral la cristallisation de ses hantises, c’est une opération stratégique – nain ou impuissant; comme le FN, adversaire idéal mais battu d’avance, taillé sur mesure (d’un point de vue « électoral ») pour le reste de la classe politique par exemple]. Eva Joly est une battante, qui a empilé les combats et affiche un CV à faire fondre les idéalistes les plus débridés. Elle fait constamment preuve d’une acuité et d’une finesse dans l’analyse des rapports de force politique et plus encore dans la critique, notamment de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement (aspect amplifié avec les accusations directes aux financements de la campagne de 2007). En revanche, pour les prescriptions, Eva Joly assume toute la candeur d’une certaine gauche si radicale qu’elle en devient « roudoudou », alors que le système et parfois même la démocratie devraient en trembler sur leurs bases.

La vision du Monde 1/5  Caricature hybride, elle porte en elle toutes les stigmates de la gauche punitive (dont les aspects positifs sont ceux qui auraient pu en faire la « Mme anti-corruption » de la campagne) alors que dans le même temps, les étendards qu’elle brandi sont les oripeaux les plus hypocrites des néolibéraux. Une progressiste « ultime », oscillant entre idéalisme forcené, abdication sur le terrain social et économique, naiveté ravissante (sans doute à moitié consciente donc complaisante) devant les enjeux et les processus en oeuvre.

Le projet 1/5  Paradoxe de Mme Joly : appeller à voter en son nom, « même si vous ne m’aimez pas », car c’est celui qu’emprunte l’écologie politique. Or cette séquence fut bien, hormis les tractations improbables sur le nucléaire, l’une des seules ou l’équipe d’Eva Joly s’est chargée d’écologie.

Le parti 1/5  Sorte de tremplin pour gonfler des CV avant de s’en retourner, soit vers quelque chose de plus sérieux (Parti Socialiste – ou Ministère accordé par celui-ci), soit vers un poste garantissant les rentes et/ou permettant la notoriété (et parfois l’amusement public) de ses ouailles (Cohn-Bendit, Mamère – et Bové en un sens). Ce n’est pas encore tout à fait ça, mais la généralisation est sur la bonne voie… Reste le cas de quelques-uns qui rêvent de voir EELV devenir le grand parti de la gauche sociale-libérale d’ici une décennie, face à un PS déclinant et ringardisé ; Jean-Vincent Placé et Cécile Duflot espèrent devenir les leaders d’un tel phénomène, Yves Cochet espère être là pour accélérer et infléchir le mouvement. J’en prend le pari.

Joly sur Zogarok…

> Madame Joly, je compatis ; sur AgoraVox

> Les Miaulements d’Eva


NATHALIE ARTHAUD *

Le personnage 3/5  J’ai éprouvé énormément d’agaçement à son égard au départ ; mais avec un peu de patience et d’attention, on réalise que Nathalie Arthaud est une sorte de prolongement de Laguiller, en plus véhément, quand son dinosaure de modèle est plus bonhomme. Arthaud est la cerbère d’une « extrême-gauche » caricaturale, digne des descriptions les plus régressives : du totalitarisme bisounours, en quelque sorte.

Naturellement, elle est dogmatique ; humainement aussi sans doute. C’est un personnage péremptoire, avec cette attitude curieuse donnant l’image d’un robot, d’un personnage un peu bête (ou buté, voir fanatique) qui réciterait une prose plus ou moins percutante mais gratuite et éculée. Arthaud est souvent en colère, pleine de verve ; pour autant elle peut paraître vacante et monocorde. Une Ségolène Royal de l’extrême gauche…

Toutefois, le discours est plus cohérent et plus vaste que dans le cas de l’homologue Poutou ; on devine plus de galon, plus de foi, plus de culture aussi et sans doute une meilleure connaissance du réel. Finalement, se découvre une honnêteté intellectuelle et politicienne généralement absente ou incertaine chez les défenseurs et concurrents nichés au même coin de l’échiquier politique. D’ailleurs, Arthaud assume pleinement ses divergences avec Mélenchon, quand Poutou cherche des motifs et trouve des points de détails farfelus ou dérisoires pour instaurer un clivage entre lui et les autres acteurs de la gauche radicale.

La vision du Monde 1/5  Pour Arthaud, une élection n’est que l’occasion d’exposer ses projets communistes et révolutionnaires. Par conséquent, l’ « insurrection citoyenne » est une aberration de son point de vue ; c’est ce qui la distingue de Mélenchon, car elle tient à régenter une petite secte univoque, sans se sacrifier en de quelconques alliances, même avec des formations idéologiquement proches ou électoralement compatibles. A côté d’elle, Mélenchon est un centriste compatissant.

Le projet 0/5  La présence de Lutte Ouvrière ne se justifie que par l’habitude. Elle fait partie des passages obligés de toute échéance électorale ; ça ne sert à rien, mais on y coupe pas. Aussi, le dogme prend le pas sur le projet, voir même sur l’idéal. Arthaud se contente de débiter les facéties de son mentor Laguiller, prônant des mesures ineptes et farfelues qui n’ont aucune chance de déboucher et donc, ne servent qu’à permettre à ceux qui les déclament de passer à la télévision pour jouer aux gauchistes énervés et stupides.

Le parti 1/5   D’abord relativement marginal, Lutte Ouvrière est devenu la grande formation trotskyste de France avec la Ligue Communiste Révolutionnaire et est parvenu à percer davantage grâce à sa sainte-patronne Arlette Laguiller. Les succès personnels de celle-ci aux élections Présidentielles ont été une garantie pour le parti, presque toujours quasi inexistant aux scrutins intermédiaires. Par ailleurs, l’audience électorale de Laguiller a, de façon invariable, été dûe essentiellement à ses qualités de femme et à la bonhommie pénétrante de son personnage. La candeur utopiste de soeur Arlette a toujours su attendrir, mais dans un monde de brutes, elle a surtout été une diversion malgré elle. Lutte Ouvrière reste donc le sympathique parti de l’extrême gauche intransigeante, une sorte de porte-parole d’auteurs éternellement réssuscités, contre leur gré et sans plus que leurs valeurs ne soient entendues. Car le gauchiste préfère la récitation à la révolution, le slogan à l’offensive, le par-coeur à la réflexion. La remise en question est donc pour jamais, alors basta !

NICOLAS SARKOZY *

Le personnage 1/5  Nicolas a déjà prévu l’après, qui consistera à « se faire du fric ». Nicolas Sarkozy s’est casé à l’Elysée, simplement c’était là, sur le chemin de sa carrière. La France, la détresse d’un peuple, Nicolas Sarkozy est tellement au-dessus de tout cela !

Sur la forme, c’est un très bon showman, sauf lorsqu’il improvise ; gare aux pannes de prompteurs, aux conseillers peu inspirés et aux opposants ou aux sceptiques dans les coulisses ou les bains de foules.

Voici un ignoble enfant du néolibéralisme ; ce n’en est pas une monstrueuse excroissance, c’en est le fruit direct et banal. Fascinant pour sa capacité de convictions, son aptitude (avérée et répétée) au mensonge et au leurre ; écoeurant pour cette manie de promouvoir avec tant de brio des supercheries aux lourdes conséquences (dont l’illustration la plus outrancière est le Traité de Lisbonne).

La vision du Monde 0/5  Définie ci-dessus et point de vue exprimé dans le même temps.

Le projet 1/5  Simuler le sursaut patriotique pour mieux brader et vassaliser le pays dont il a la charge. Pour sa défense : parmi les postures-qui-font-responsables, quelques idées comme le maintien du nucléaire, certes conservatrices, sont vouées à limiter la casse pour la maison France. Ceci quand dans le même temps, Hollande se confond en promesses idiotes qu’il ne tiendra pas ou qui consisteront à démanteler l’énergie, au propre comme au figuré, de la maison évoquée plus haut. Autrement dit, le projet de Sarkozy n’a de mérites que pour les aberrations hollandistes qu’il se refuse à prôner…

Le parti 1/5   L’UMP a servi à fagociter la droite ; une opération qui a permis d’épurer la droite, soumettre ses dissidents (Pasqua, DeVilliers et autres grandes gueules envoyées au placard), précipiter ses courants dans un entonnoir ne conservant que le dogme du démantèlement de l’Etat et des services publics. Une raison de ne pas pleurer : pour l’UMP, briser la paix sociale est une méthode, pas une finalité. Tout va bien donc, il y a moins de mesquinerie que de lâcheté et de suivisme dans la grande plateforme de la majorité de droite.

Sarkozy sur Zogarok…

Le Président parle aux Français : Flamboyance & Artifices ; sur AgoraVox


PHILIPPE POUTOU °

Le personnage 0/5  Il est mal rasé, il est négligé, il est comme vous. Il baille lors de son lancement de campagne tellement il se fiche d’être élu. Il évoque les « copains », qu’il estime servir et avec qui il veut tout changer. Il ne comprend pas qu’il est le miroir de Sarkozy, qui lui-même ne défend que ses intérêts particuliers et ceux de ses amis, qui lui-même refuse d’entendre raison ou de nuancer ses jugements pour toujours s’en remettre aux mêmes dogmes, toujours rentrer dans la même niche, au service d’un clan qui lui trouverait facilement un remplaçant. En politique, on appelle ça un « idiot utile ». Doublement idiot et triplement utile lorsqu’on comprend que tout ce que vise Poutou, c’est le tour de piste et puis s’en va ; c’est l’homme qui venait pousser une gueulante, en somme, parce qu’il en fallait un. Quitte à se dévouer, que Poutou ouvre un peu son esprit, ouvre autre chose que les biographies de Trotsky que son misérable parti met en vente à la sortie de ses meetings de circonstances, et puis qu’il arrête de croire que sa parole est utile à qui que ce soit, parce qu’il n’est qu’un bouffon malgré lui, dépassé non seulement par le système, par la pratique médiatique, mais aussi par la propre machine de son parti.

La vision du Monde 0/5  Roi du bon-sens antilibéral, répétant à l’envi des slogans médiocres et benêts (à l’instar de sa formule sur «les coffres-forts des capitalistes»), Poutou n’existe que par sa détestation du « riche », une piètre compensation au mal-être et à la médiocrité de la condition de ses camarades ouvriers (mais il ne penserait jamais à cela). «Prendre l’argent dans la poche des riches» pour le mettre à disposition des gens et des copains, voilà l’idéal ultime de Philippe Poutou. Grande différence avec Mélenchon, Poutou n’a aucun projet, aucune vision pour l’économie, pour la relance, pour la ré-industrialisation, pour la lutte contre le chômage ; seule la collectivisation existe dans ses schémas de pensée. Ce serait drôle si ce n’était l’exacte vérité. Même Hélène Ségara est capable de lui faire la leçon tout en étant magistrale. C’est dire comme Poutou non seulement ne peut, mais surtout ne comprend rien, ou si peu…

Le projet 0/5  Virer Sarkozy ; il le dit et le répète. Si ça ne tient qu’à ça, il n’était évidemment pas très utile ; d’autres sont sur le coup, s’en chargent avec brio, parfois même résument leur engagement à cela (eux aussi, à la différence qu’ils mobilisent), ou bien grommelle des saillies un peu plus inspirées.

Ce monsieur qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, qui prône l’interdiction des licenciements, ne veut même pas imaginer que la sortie immédiate du nucléaire ferait exploser le chômage. Et qu’en outre, elle plomberait la France… mais ça, la France, Poutou s’en fout, c’est juste la cantine des ouvriers, d’ailleurs il peut pactiser avec ceux qui la considère comme « un hôtel ». Ainsi, le représentant PS a le droit à la poignée de mains (au-delà, tout est fini) et le candidat du même parti est tolérable en tant que balais et, sans doute, comme voie de la raison. Je m’interroge : un militant du NPA ne méprise-t-il pas ses propres motifs de combat, puisqu’il en accorde la défense à un parti creux, isolationniste (d’un point de vue politicien) et qui, toujours, renvoie par défaut vers les socialistes d’étiquette.

Le parti 0/5  Avec Besancenot, devenue une formation d’extrême gauche et de gauche radicale totalement inoffensive et à la gouaille hasardeuse. L’enjeu pour le NPA est de donner une conscience politique à des étudiants, des jeunes et des paumés en mal de révolution douillettes avec garantie sur l’avenir ; les quelques-uns qui s’y sont essayés avec un peu d’estime et de courage en sont revenus, notamment dans les milieux populaires et immigrés. Le NPA n’est qu’une confédération d’ignares paresseux incapables d’être conséquents, ne s’engageant que pour s’affubler de labels et de slogan, dans un esprit « 100% à gauche ». Il faut noter cependant que le NPA est l’héritier direct de la LCR, reformaté tel quel après le succès de Besancenot aux Présidentielles de 2002 : une opération qui permettait aux rebellocrates voisins des bobos de s’approprier une plateforme occupée par des gauchistes souvent ridicules, extravagants, sectaires ou isolés, mais sans doute plus authentiques.

FRANÇOIS HOLLANDE °

Le personnage 0/5   Qui est François Hollande ? Quels sont les faits marquants de sa carrière ? Quelles sont ses actions ? Quelles sont ses analyses ? Quel est son idéal ? François Hollande est l’archétype du petit technocrate planqué, valet depuis son entrée dans le Monde d’hommes et de femmes plus forts que lui et qui ont tracé la route dont jamais il ne s’est écarté. La promotion d’un âne à la tête de l’une des deux formations immédiatement susceptibles de remporter une élection Présidentielle en France est un aveu d’échec national et la preuve, soit que le Parti Socialiste est infiltré par des taupes de Sarkozy ou des trop lâches pour s’en aller sur le devant de la scène, soit que ce même Parti Socialiste a démissionné et ne consiste plus qu’en un tremplin pour carriéristes bedonnants ou viennent s’échouer encore trop d’idéalistes et de braves décidés à changer les choses, à réformer le Monde, ou même parfois, simplement, à faire de la politique, quand bien même elle daterait de l’époque de papa.

La nullité de Hollande, en tant qu’homme, est si flagrante que même sa façon d’être n’est pas la sienne ; le PS a tenté d’en faire un produit mais échoue. Résultat, Hollande est en pleine balladurisation, c’est-à-dire que s’il remporte l’élection, les Français auront déjà le sentiment de se le coltiner depuis l’avènement de la République.

Reconnaissons néanmoins que Hollande assimile très bien les tics de Manuel Valls, qui consistent à cligner des yeux avec un air outré, fier et supérieur, tout en proférant « mais enfin… mais voyons… mais qu’est-ce que c’est que ça » avant de se lancer dans une fausse colère qui se traduit par un phrasé syncopé penaud quoique censément offensif, puisque le locuteur accompagne sa posture d’une sorte de suffisance très travaillée mais surtout, un peu plus arbitraire à chaque nouveau borborygme ou « mais alors » ou « hein ».

La vision du Monde 0/5   Un système malade se reconnaît aussi à cela ; cette façon d’accepter qu’une espèce d’édredon mal démoulé puisse se porter devant les suffrages d’un peuple tout en partant comme favori introduit une sorte de malaise. Hollande n’est porteur de rien d’autre que de lui-même, ce qui est à peu près moins que rien. L’étiquette Parti Socialiste, en reposant sur ces flasques épaules, humilie intrinsèquement le client socialiste ou social-démocrate, puisqu’elle affiche clairement sa condescendance envers des électeurs-otages. Hollande n’a guère que ce qu’on lui offre pour étoffer sa vision du Monde, de la France et de l’avenir ; il en est ainsi réduit à ergoter sur des détails techniques dérisoires voir absolument vains, proposer des réformes brutales et idiotes pour réveiller ses troupes et répéter « Le changement c’est maintenant » avec un sourire gamin lorsqu’on l’invite à réagir ou à prendre position.

Le projet 0/5  Allons… Allons…

Le parti 1/5  Le Parti Socialiste est une formation de grabataires décadents, dont l’heure de gloire est passée, qui se diverti en exposant un comique de fin de meeting choisi à la dernière minute ; mais, on le sait au Parti Socialiste, c’est le meilleur dans sa catégorie. Pas sûr que l’humour soit le remède ultime à la crise dont les Français connaissent aujourd’hui les effets, mais après tout…

Depuis les années Chirac, le PS est devenu une écurie, un peu comme le Front National, sauf qu’ici c’est la tendance néo-libérale et sociale-traître qui domine, pendant que les authentiques défenseurs du peuple sont invisibles voir fantasmés & pendant que des gardiens du temple ou autres adeptes du dogme font de la figuration pour les vieux clients.

Pour cette raison et à cause de son héritage historique, de la volonté de certains de ses cadres devenus inaudibles ou supplantés par mieux placés qu’eux dans l’organigramme, on peut continuer, pas à croire, mais à espérer que le PS puisse être le vecteur d’un certain réformisme, de quelques progrès sociaux arrachés avec les dents. L’espoir fait vivre, dit-on ; il épuise s’il n’abouti à aucun résultat, aussi. Toutefois, le PS sera plus propice que l’UMP à réagir plutôt qu’à s’adapter à la violence que feront subir les puissances actuelles lors des années à venir ; plus disposé aussi à appliquer une démocratie directe (même si elle n’est que suggérée) via consultations populaires. Et puis le PS a Montebourg ; l’UMP a des « nationaux-républicains » aussi, des Guaino même pour ajuster les discours…

Hollande sur Zogarok…

> Pauvres petits François sans causes

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!! Le principe de notation doit être pris avec légèreté (c’est l’esprit dans lequel il s’applique), il n’est usé qu’à titre indicatif et pour donner un repère immédiat.

MADAME JOLY, JE COMPATIS

6 Fév

Une figure élitiste inappropriée

Madame Joly, vous m’avez fait pitié à plusieurs reprises récemment et notamment lors de votre passage dans Dimanche+ face à Anne-Sophie Lapix, ou quelques sondages venaient rappeler l’absence de crédibilité et le rejet qui sont les seules réponses qui aient fait écho à votre candidature. Votre problème peut se résumer de façon lapidaire ou en quelques axes, aussi je ne raterais pas une telle occasion.

Madame Joly, vous assumez depuis le début le rôle de la candidate dite « de témoignage », dès lors la faille est double. D’abord, vous n’agissez et ne vous exprimez pas comme quelqu’un se proposant aux suffrages des Français, mais se portant devant eux pour exécuter une performance pré-rédigée par d’autres (et dans cette perspective, les Français peuvent venir tamponner, chaque voix est un bonus – bonus de témoignage). Vous vous permettez de nombreux écarts, mais vous ne pouvez vous émanciper ; aussi, vos « exploits » idéologiques déroutent et chacun en reste là, puisqu’il n’est pas question de persévérer ; donc, vous suscitez des polémiques en vain et elles ne servent qu’à vous plomber (au lieu de conforter vos atouts, vos dogmes).  Vous êtes alors, simplement, une candidate originale remplissant une fonction moribonde.

Mais surtout, cette « originalité » justement, se nourrit davantage des excès d’une vision « politiquement correcte » que de la synthèse de pensées contraires ou voisines, ou d’innovations quelconques. Ainsi, vous incarnez avec brio la gauche autoritaire, l’idéalisme punitif, prônant des valeurs moribondes et toxiques, sous l’apparat de la liberté et de l’ouverture (d’esprit – certainement pas politique) ultime. Le personnage contrasté mais aux traits saillants et caricaturaux que vous campez tient un peu de la méchante infirmière de Vol au-dessus d’un nid de coucou (même si vous avez une perception du monde « miroir » de la sienne) et de la mamie un peu destroy, progressiste et sans tabous, c’est-à-dire celle qu’on voudrait tous avoir, mais dont on n’est pas sûr qu’il serait avisé de la soutenir dans une compétition politique plus décisive qu’un scrutin local.

Il n’y a sans doute pas chez vous de mépris (en tout cas délibéré) du peuple, mais ce que vous dégagez sera forcément qualifié ainsi, parce que vous êtes dissuasive, castratrice (c’est aussi cette droiture et ce goût de la vérité tranchant qui ont séduit dans un premier temps) et coupée des peuples.   Le problème, c’est votre amour d’une vision du Monde abstraite, fantasmée et presque adolescente ; vous vous y complaisez en faisant mine de croire que chacun peut s’y confondre ; en attendant, vous êtes le laquais de la gauche « démocrate » (alors que vous savez bien qu’elle-même n’existe que parce qu’elle fait écho à l’UMP), l’acolyte excentrique, sensible et facétieux, mais toujours dispensable en fin de compte. Oui, le plus grave pour vous est là : vous êtes sous contrôle de personnalités qui vous méprise et vous utilise, vous poussant à exhiber vos défauts les plus gênants et à proférer les réformes les plus inappropriées.

Vous êtes l’outil permettant à EELV d’assumer sa proéminence sur l’échiquier politique sans que les leaders, officiels et officieux, de ce mouvement n’ait à se salir les mains. En d’autres termes, vous avez été sacrifiée par un jouisseur et une arriviste.

EELV comme tremplin (personnel) & instrument de paralysie (global)

C’est sans doute votre ambition d’entrer dans l’univers politique et d’en devenir un avatar (vous avez voulu percer en Norvège, au MoDem) qui vous a amenée à réprimer votre acuité, à nier la réalité avec laquelle vous alliez devoir composer. Cette volonté et cette ténacité à porter un projet personnel quelqu’en soit le prix ne sont pas seulement louables, ils sont admirables et montrent bien à quel point vous avez le cuir épais. Pourtant vous avez perdu.

Ce dont vous n’avez pas voulu prendre conscience, ou avec lequel vous avez estimé pouvoir jouer, c’est à quel point un programme fourni et un goût du combat se heurtaient, voir entravaient les stratégies internes de EELV et notamment des deux personnages piliers de cette plateforme, c’est-à-dire Duflot & Cohn-Bendit. Cette espèce de fédération électorale se borne à prôner le statut-quo, tout en donnant l’illusion d’une modernité audacieuse ; ce progressisme laborieux s’affirme par le biais de promesses de réformes sociétales mineures ou admises par l’écrasante majorité de la population civile et de la sphère politique (mariage homo, dépénalisation des drogues douces…).

Il faut voir aussi la logique et les intérêts des deux grands protagonistes ; les raisons de Duflot sont moins transparentes, mais aussi moins sournoises, sinon pathologiques et cruelles. La Présidente du parti s’est implantée et le temps du « Mme Souflot » est loin. Mais elle est encore trop récente, trop neuve sur les plateaux et il lui faut consolider son potentiel, afin d’être mûre pour l’avenir et pour envisager 2017 sous le statut de figure essentielle de la compétition. La limite de Duflot, c’est sa vacuité aberrante, son absence de projet, de vision et même de déduction flagrants. Pourtant, le personnage pourrait devenir l’un des plus plébiscités par sa génération, grâce à des prestations certes poussives, mais jouant toujours avec habileté sur la fibre émotionnelle. Mme Duflot se confond parfaitement dans les clichés du courant dans lequel elle s’est inscrit. Ses réparties pauvres et démagogues et ses démonstrations intellectuelles limitées (sens du raccourcis intellectuel d’une monstrueuse efficacité en tout cas) en font la parfaite candidate des nouveaux convertis aux urnes et à la citoyenneté participative. En d’autres termes, le côté petite conne savante de Duflot peut séduire les 18-25 ans (voir 18-34) désintéressés qui voteront par principe, mais peut-être aussi par nécessité (pression implicite du milieu) car il s’agit de se donner une conscience politique sans prendre le risque d’être exclu ou raillé par qui que ce soit.

Pour Cohn-Bendit, c’est très différent. Lui ne vise pas les hautes institutions, il se satisfait très bien de l’exercice d’un pouvoir plus concret : briller lui importe davantage que contrôler. Les présidentielles : il n’ira pas, jamais, il l’a promis et chacun veut bien croire que la fonction est incompatible avec ce qu’il est. Parce que Cohn-Bendit refuse toute affiliation, ne veut pas être encarté ; c’est qu’il lui faut jouir, il lui faut savourer sa liberté et même si elle n’était qu’un leurre (ce n’est pas le cas), il agirait de même.

EELV lui permet cela. Il peut ainsi avoir une place politique importante, satisfaire son désir de domination – dans le sens ou il a toutes les cartes en main et peut se moquer du jeu des autres, lui qui a assumé d’être le Gargantua poli de la scène politique hexagonale. Notre ogre libéral-libertaire s’en trouve ainsi marqué à gauche, son foyer naturel, en étant un agent indépendant mais actif : il peut tout faire chavirer alors même qu’il n’a qu’un pied dans le vaisseau.

Cohn-Bendit récupère donc tous les bénéfices de la puissance effective, sans même se mouiller, sans mettre les mains dans le cambouis, sans être engagé comme il le serait s’il était au PS. Il y a donc, chez lui, un refus de faire face, esquivé avec virtuosité. Accessoirement c’est sans doute ce qui le rend si détestable au regard de certaines populations « de droite » (celle du travail, celle patriote et celle des valeurs, de la morale et des traditions).

Dès lors, il apparaît évident que ces deux-là se soit ligués et camouflés derrière la candidature « Joly ». Sans doute la situation amuse-t-elle Cohn-Bendit, qui est l’importateur d’Eva Joly ; il lui a donné son ticket pour la gloire et la regarde se débattre. Ce sacrifice écoeurant, roublard et peut-être malsain n’est pas que l’oeuvre d’un hédoniste, c’est aussi le fruit de la philosophie libertaire, espace idéologique romantique par son goût du chaos, du consumérisme qu’on imagine forcément flamboyant. Mais ce n’est pas celle qui peut être en charge du Monde, sinon celui-ci devient une fête, mais une fête pour si peu.

Ce tandem, mais aussi l’ensemble des cadres de EELV, ont alors fait savoir qu’ils se rappelaient à leurs engagements d’alliés supposés. Mais le résultat est terrible, puisqu’ils ont fait de Madame Joly une assistée, donnant l’impression qu’il était nécessaire d’interpeller les personnages proéminents pour assumer la campagne, voir la faire exister. Pire, cette assistance n’est qu’un faux-semblant grotesque, puisqu’en vérité ces associés dénigrent toujours ce que leur championne présumée fait, dit, mais aussi est (« la république irréprochable, moi je sais pas ce que ça veut dire »). Les hypocrites y verront un modèle de démocratie interne ; les adversaires, une aubaine et un cadeau.

La stratégie du sabordage & des concessions confortables

Avant de tuer Joly, les figures de EELV ont démolit tout ce qui était susceptible de remettre en question, relancer, diversifier ou préciser les positions du parti. L’échec de Hulot aux primaires de 2011 est la stigmate de ce phénomène, de cette industrie de planqués. Une victoire de Hulot menaçait EELV d’une intervention, voir d’une prise extérieure sur le parti. Il y avait le risque d’une clarification, d’une unité et surtout, ô cauchemar, d’une vague populaire.

Deux chamboulements inadmissibles auraient alors secoué le mouvement ; d’abord, séduire un électorat « populaire », moins orienté sur la gauche et plutôt sensible au charisme (contestable sans doute, mais effectif) de Hulot ; voilà qui aurait entâchée l’image d’EELV (qui se veut élitiste et éclairé), aussitôt en position déceptive pour ses maîtres. Ensuite, bien sûr, un succès précipiterait le parti aux responsabilités, stabiliserait le mouvement et son action et obligerait ses membres à rendre des comptes. Car les écolos, ce n’est dans le fond qu’un petit club ; on s’y chamaille, mais c’est un tremplin au service de carrières, rien d’autre, sauf lorsqu’on a décidé, justement, de capitaliser sur un leader important, parce qu’il y a une occasion et que le ciel est clair pour la gauche (Mamère en 2002).

Au-delà des turpitudes minables du parti étiqueté « écologiste », cette stratégie du sabordage réduit encore la possibilité d’alternatives aux deux blocs « mainstream » et à la logique d’affrontement stérile de deux mastodontes gravitant autour de modèles similaires mais se disputant sur les axes et l’esthétique des postures. Par conséquent, ceux qui reprochent au FN d’être un recours toxique n’ont pas d’ « alternative républicaine ».

Las, la stratégie d’EELV consiste à empiler les succès aux élections intermédiaires pour glorifier quelques personnalités, leur donner un créneau ou ils excellent et une machine qui leur permet une certaine autonomie. Ceci, tout en étant affilié à une majorité évidente, qui assume pour eux le principe du réel (ou se dérobe, mais c’est à sa charge). Pendant ce temps là, la star montante (ou stagnante) a tout loisir d’animer les débats sans jamais trop s’investir et récupérer tous les thèmes que les autres ménagent, par prudence, raison, stratégie (électorale ou de gouvernement) ou pragmatisme. En somme, le modèle individuel de Cohn-Bendit s’est généralisé à EELV (mais l’action politicienne de Jack Lang ou Rachida Dati, voir Rama Yade ou Luc Ferry, est du même acabit).

—-

Voilà, madame Joly – je suis obligé de revenir vers vous pour conclure, parce que ceux qui devraient être vos sbires, vos bras droits et vos promoteurs occupent davantage le terrain que vous et ont pris l’ascendant sur le petit bloc vert dont vous êtes la porte-parole bizutée. Vous serez probablement zappée en vitesse, surtout que vous ne touchez aucun public particulier : vous ne captivez pas un profil spécifique, en dépit de votre allure et de votre style pourtant assez hors-normes. C’est dommage, mais c’est aussi de votre faute, car vous êtes, peut-être malgré vous, le prototype d’une forme de dérive du progressisme (le « fascisme » de gauche) qui s’avère être le cheval de Troie du Mondialisme.

C’est cet excès qui, par-delà les calculs politiciens, les performances et les parures rhétoriques ou stylistiques, est la raison profonde de votre inévitable échec.  Vous incarnez la ramification extrême d’une branche de la pensée mondialiste et c’est pour ce motif que vos partenaires vous renieront, prenant des distances avec tant de déviances multiculturalistes et procédurières – et même liberticides (ou quand le paradoxe émerge et menace de flanquer par terre toute une cohérence ténue). En quelque sorte, vous pourriez, si vous demeurez telle que vous vous présentez aujourd’hui, être la facette « extrême » gênante de ce que seront vos collègues dominants ; comme l’homme de gauche se justifie de sa position de gauche en mettant en avant, sans avoir l’air, qu’il est une version atténuée de son homologue radical (Mélenchon aujourd’hui par exemple – que Hollande commence à faire semblant de prendre pour un interlocuteur possible, vraisemblablement pour installer l’idée qu’ils sont tous les deux liés mais séparés par des nuances – façon de maintenir l’illusion d’une cohérence du bloc de gauche & même de la validité d’une « gauche »). Vous êtes un peu la Le Pen du centre-gauche ; une position enviable, mais… Bon courage !

SCENE POLITIQUE OCCIDENTALE : LES ACTEURS LÂCHENT L’AFFAIRE

30 Jan

Il n’a même pas la décence d’être latent, pourtant il ne semble pas l’inhiber. Le ridicule de Hollande et la promotion de ce ridicule à la tête de l’Etat scellent en quelque sorte le potentiel destin de la France pour les décennies à venir : n’élire à sa tête plus des pantins les années ou, de dépit, elle se déplace pour voter – ce truc bientôt tellement archaique et vain, presque une posture de poète maudit de cour de récré au début du XXIe siècle.

Le ridicule de Hollande est la marque et le symbole d’un abandon global. Abandon des français, qu’aucun prophète ne viendra sauver (autant éviter les contes pour enfants – y croire nuit au jugement à long-terme) ; abandon du politique surtout, parce qu’aucune élite ne fait plus l’effort d’innover ou de s’enquérir des besoins de ceux qu’elle prétend incarner, guider, ou même carrément dominer (en échange d’une protection – ça équilibre).

Mais le plus impayable de tous, c’est l’abandon de l’illusion. En effet, le spectacle est devenu grossier, de plus en plus transparent. Il y a eu un basculement total depuis quelques années, accéléré par la sortie de piste de JM Le Pen (peut-être bientôt amplifié par la sortie d’une biographie de l’ancien monstre de la scène politique française). La cohérence du show est ténue, les débats y sont absurdes ; des hippies capitalistes et des conservateurs new look ergotent pour éviter de se serrer la main en public. Il n’y a plus que des parasites sur les ondes et même Sarkozy, frustré d’être si tôt parvenu au sommet de son plan de carrière, peine à maîtriser son propre personnage, trébuchant entre toutes ses vestes. Noyé dans des costumes trop grand pour lui, il patauge avec un sérieux plombant, joue aux gros bras tout en assénant qu’il est posé et disposé pour les siens, il se pose en patriarche solide et fiable tout en soulignant combien la France est tributaire de son courage. Détail à ne pas omettre ; le premier des Français, leur président-roi dégénéré, a suivi les plans d’un milliardaire-philosophe pour rétablir son aura et inscrire une ou deux lignes positives à son propos dans les livres d’Histoire. Mais ce sujet là n’est déjà plus passionnant depuis longtemps ; il évoque si lourdement ses improbables mutations profondes (ah! cette pause faussement pénétrante, ce regard perdu, tendre et rieur taillé pour apparaître en héros blessé et inspirer l’admiration), que même les plus patients soupirent d’aise. Et c’est pour cela que nous sommes tant à avoir la sensation qu’il est perdu d’avance pour 2012 : or il est encore au poste et gare aux ustensiles, certains sont appropriés pour le ménage mais d’autres n’auront pour effet que de faire reculer la poussière sous le tapis.

Ce moyen superflu, c’est la grogne et le ressassement de constats négatifs ; la façon d’arriver à ses fins, c’est d’aller dire « Non » et plus « Non, mais », puis assumer jusqu’au bout sa rupture, l’intégrer intimement et surtout l’appliquer au réel, sans plus désormais se rappeler  lorsque ce réel est devenu trop dur, que le fameux ustensile est à disposition. Votre défiance, en elle-même, n’est pas une arme dissuasive ; elle vous mine et elle amuse vos maîtres. Parenthèse « chiffons » close.

Parce que l’art du politique c’est aussi, quand il n’y a plus de politique, de savoir donner le change, faire illusion. Mamère, le décroissant à la petite semaine, est très bon à ce jeu-là (pris en flagrant délit, tapez « noel mamère » et « vélo » sur votre moteur de recherche) ; Dany lui est encore plus brillant, parce qu’il refuse de se soustraire à ses ornières depuis 40 ans et que ça lui permet de rester cool ( »je vous ressert un peu d’Europe ? volontiers, je croit que mes coliques s’intensifient depuis quelques temps mais je suis si gourmand »).

La farce ne s’arrête pas aux faux-semblants quant aux postures et aux élans de  »courage politique » factices (pourquoi pense-t-on encore aux écologistes français ?) ; la farce est globale et a été portée à son terme sous Sarkozy. Les prestations de Frédéric Lefebvre, la bêtise crasse, les déclarations péremptoires et la morale de classes odieuse de ce personnage étrange, sur lequel rien ne semble avoir de prise, démontrent aux Français qu’ils sont si peu de choses qu’on peut charger des ignares de les superviser. Lefebvre, cette caricature de paillasson consentant, cette insulte définitive aux convictions et aux efforts idéologiques de l’électeur de droite lambda, est probablement l’avatar le plus hallucinant de la galaxie Sarkozy, devenu, au moins, l’égal d’un Gremetz, son équivalent dépressif et nauséeux. Mais les Français pourront continuer à voter pour ce petit groupe d’arrivistes indécents, d’ailleurs les électeurs parisiens ont toutes les peines du monde à abandonner ces chers Balkany…

Mais Hollande, lui, fait tout juste semblant ; ou est l’effort, l’esprit de sacrifice nécessaire à tout leader-caution pour inspirer la confiance des masses ? Cet esprit de sacrifice se traduit d’habitude par l’adoption de tics d’homme sérieux, une rigueur, une sécheresse paternelle dans la voie, ou au contraire une attitude pédagogue faussement débonnaire (ou posture DSK) ; qu’il y ait au moins un drame shakeasperien (quoique Ségolène ait déjà fait tout le boulot et écrit une histoire pour son ex-tendre et cher), un traumatisme à exorciser, avec une connotation idéologique grotesque à l’occasion (comme les attaques de communiste subies par l’enfant Silvio Berlusconi ; ou le père fouettard de Mme Royal – décidément !).

Le personnel politique est constitué essentiellement de fantômes déguisés en champions et tâchant de déguiser le Néant. Les aspirants pourraient, par défaut, dégager une aura, un charisme, bref être leur propre programme, mais même à ce niveau ils faillissent (Berlusconi ou Bush, au moins, incarnent quelque chose de leur nation, une de ses facettes). Les candidats sont comme détenus par des partis, alors que ceux-ci devraient les propulser et être leur tremplin ; Hollande et Joly défient toute concurrence à ce titre. Ils cherchent à se glisser dans la peau de chefs, mais sont étrangers à ce qu’ils font et presque étrangers à ce qu’ils provoquent ; ce sont les ouvriers de mécaniques qui les dépassent, les partis n’étant plus que des plateformes pour carriéristes, EELV en l’occurrence se déchirant -en interne- entre deux grands actionnaires (Duflot contre Cohn-Bendit). Notons que l’aptitude de Cécile Duflot à se mettre en scène émotionnellement tout en adoptant une posture d’indignée et des tournures d’esprit de lycéenne exaltée mais responsable risque de tarir encore un peu la qualité du débat public.

Une anecdote récente atteste de cet étrange fossé entre le représentant du parti, c’est-à-dire celui qu’on présume être sa synthèse (idéalement un hybride cohérent de ses courants majeurs) et les pratiques des cadres du même mouvement ; c’est le vote PS en faveur du récent projet de loi incriminant la Turquie  (à propos du génocide arménien – officiellement, de tous les génocides du monde entier en général ; et cela sans haine, véhémence ou discrimination). Une initiative outrancière destinée à déclencher le bruit et la fureur ; elle permet de créer une agitation axée autour d’un corps étranger aux domaines de préoccupations des Français. La majorité du camp PS a voté pour, les députés ont donc suivis le gouvernement dans les faits (tout en susurrant, tête basse mais l’air affecté, leur réserve devant les micros) alors que pendant ce temps, Hollande regrettait cette loi.

Comme de circonstance, après tout (c’était  »ce qu’il fallait dire ») ; sauf que ça n’a aucune cohérence – et que, fidèle à lui-même, Hollande récite, l’air contraint et pressé d’en découdre pour aller vaquer vers d’autres expériences plus joyeuses, la ligne officielle du Parti Socialiste, cad celle d’un parti d’opposition n°1 se justifiant de lui-même par cette simple donnée présumée inamovible – le contre-pied automatique (alors même que dans les faits, il se comporte comme son camarade – simplement, les formes ne sont pas les mêmes ; les réflexes sont différents, mais l’héritage et la vision qui devrait faire l’identité de ces blocs sont dilués de la même façon).

Le politique est mort, les partis-machines suivent des plans qui les surpassent et les gouvernements invitent à la démission des peuples. Au-delà de toute perspective partisane, réalisons que parmi les candidats en mesure d’être présent au second tour en 2012 (ils sont, dans une perspective  »raisonnable », en écartant les hypothèses trop lointaines voir fantaisistes, quatre), seule Marine Le Pen  »fait » de la politique, produit un discours, dessine une voie. Bayrou en parle, avec acuité, mais il n’est pas un acteur, alors comment pourrait-il être un moteur ? Il apparaît d’abord comme un commentateur obstiné et contenant son aigreur ; au mieux c’est un vieux sage, un gourou sans légionnaires plutôt, mais il n’est plus vraiment respectable et bien qu’il soit décidé, il semble lui-même ignorer ce qu’est son but. De quoi est fait ce qui l’anime ?

L’élection de 2012 s’annonce ainsi plutôt sombre, dans la mesure ou nous avançons vers une échéance, avec la nécessité d’en tirer le meilleur parti, et alors qu’aucun prétendants ne séduit ni ne convainc une proportion nette de l’électorat potentiel (15% de décidés pour Marine, 15% de décidés pour une alternative au PS, 15% de « pragmatiques » se tournant vers la gauche mainstream ou le centre-gauche, 15% de sarkophiles devant l’éternel…). De toutes les manières, la France sera prise en otage par de petits groupes farfelus, déconnectés du réel, trop radicaux ou aux points de vue iconoclastes, complexes et peu fédérateurs. Se poser au milieu du champ de bataille en observant ou le traverser en courbant l’échine n’est pas très propice à créer l’unité, mais plutôt à jouer le consensus mou en repoussant les problèmes.

LES MIAULEMENTS D’EVA

9 Jan

Lorsqu’elle s’est immiscée en politique, Eva Joly a attiré l’attention autant pour son style et son accent décalés que parce que sa performance dans l’affaire Elf la consacrait en battante téméraire pour la Justice et la vérité. Aujourd’hui, l’effet Joly est retombé et les quelques idées radicales exposées (l’abolition des grandes écoles pouvait légitimement décontenancer) ont suscités des doutes quant à la crédibilité de la candidate, voir à sa validité. Les nombreuses polémiques de fin 2011 ne l’ont pas relancée et la candidate attire le rejet et la défiance alors qu’elle tentait de lancer des nouveaux thèmes dans la sphère publique.

Aujourd’hui, Eva vise ailleurs ; visionnaire, elle a compris que le média Internet était porteur : bravo Mamie Joly ! Mamie Gâteau/Fouettard (sorte de dualité amusante – navrante, bien sûr, mais plus rigolote qu’inquiétante, parce que 3%) essaie donc de se fabriquer une image à la cool tout en apparaissant cré-a-tive.

Son équipe de campagne a donc récupéré quelques vidéos “lol-cats”, c’est-à-dire des fragments de l’un des phénomènes de masse les plus insipides et désespérants de ce début de siècle, pour y ajouter une bande-son militante. Le principe est un peu piteux, mais tous les résultats sont possibles…

« L’abstention fait peur aux chatons » (video)

Ni surprise ni suspense : ces vidéos sont mal faites, laborieuses, voix et mouvements ne sont pas synchros, mais qui plus est, le propos est grotesque et les couplets sont navrants.

Les chatons ont peur de l’abstention, dit-on ; l’un est tenté par l’abandon (principe “élection piège à cons”) l’autre reste un citoyen alerte qui va inciter son camarade à retourner vers les urnes. L’argument qui tue ; Marine & Sarko ont pris la France en otage… !

Au-delà de l’inanité et de la bêtise crasse du rapprochement (c’est qu’on commence à se rendre compte qu’un mouvement labellisé “extrême-gauche” ou “extrême-droite” n’est pas forcément une option extrême de la gauche ou de la droite..), ces paroles projettent sur des adversaires incompatibles le procédé à l’oeuvre dans son propre “camp”.

Car n’est-ce pas Eva Joly qui prendra la France en otage lorsqu’elle s’imposera, avec son parti, comme un allié indispensable au Parti Socialiste victorieux du référendum anti-Sarkozy, anti/pro-mondialiste (ou national/global),  et réformiste social/conservateur social de 2012 ? Alors même que François Hollande pourrait être élu par dépit ou grâce à une majorité de “faute de mieux”, cette femme, qui cherchait à intégrer le MoDem il y a deux ans, découvre l’écologie depuis les européennes de 2009 et méprise jusqu’aux fondamentaux les plus élémentaires d’une nation (défilé du 14 juillet – quel Etat s’en prive ?), a des chances de figurer parmi les fortes personnalités d’une majorité (qu’elle ait un poste ou pas) et peut-être d’y exercer une influence considérable, quitte à faire pression pour avaliser certaines de ses lubies abracadabrantesques.

Accordons toute notre confiance aux sondages actuels et tenons-les pour des faits ; n’est-ce pas alors la Gauche qui prend de force le pouvoir en 2012, pour des raisons, légitimes et naturelles, d’alternance (après une décennie de droite élue sans avoir été forcément voulue, toujours en ayant été largement contestée -le second mandat de Chirac, les législatives de 2002 sont des victoires de circonstance ; la sarkophobie et les prouesses du personnage ont toujours entachées son mandat, jusqu’à le submerger) & parce qu’elle est la seule alternative posée comme “crédible” et réalisable au Président le plus mal-aimé de la Ve République. Est-ce que cette Gauche, qui va l’emporter parce qu’on nous l’accorde, peut pavoiser alors qu’elle va, avec cynisme, profiter d’un régime de “démocrature” (le terme n’est pas zogarokéen).

Alors, après tous ces errements, une bonne option pour Eva Joly serait de revenir sur le thème de l’anti-corruption et de la lutte contre les arnaques au sein des élites. En d’autres termes, retourner vers un populisme abstrait mais moins hors-sujet  ; c’est peut-être une vraie chance pour elle de se donner un peu de consistance. Une posture de rigueur et de courage la rendrait même dangereuse pour Marine Le Pen & Eva Joly deviendrait subitement un maillon fort de l’éventuelle future majorité de gauche, au lieu d’en être une simple figurante-clé.