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BOOK OF BLOOD **

23 Juil

book of blood

2sur5  Le cinéphile n’est jamais à court d’adaptations sans intérêt de l’œuvre de Clive Barker. En-dehors des deux tragiques accidents que constituent Rawhead Rex et Transmutations, les différentes livraisons sont des films d’épouvante ou d’horreur honorables ou faiblards, dans tous les cas peu marquants. En-dehors des films tournés par Barker lui-même, il n’y a que deux exceptions : Candyman et Midnight Meat Train. Mais sinon Hellraiser, Barker a accouché de deux films malades, amputés par la censure, entravés pendant le tournage (Cabal et Lord of Illusions).

Septième sur la liste, Book of Blood fait partie de ces piètres adaptations. Comme son nom l’indique, il s’attaque directement aux Livres de sang, une série de livres (six volumes, 1984-1985) particulièrement appréciée et connue de Clive Barker. Il s’en réfère au premier opus et à sa nouvelle-phare, mais également à Jerusalem Streets issu du dernier volume. John Harrison, réalisateur de Darkside et musicien sur plusieurs films (Creepshow, Le Jour des morts-vivants de Romero) se charge de l’écriture et de la réalisation. Le résultat est mitigé et malgré la présence de Barker à la production, la grande adaptation n’est toujours pas arrivée.

L’intelligence du récit et l’ambiance adulte plaident en la faveur de Book of Blood, toutefois il s’enlise dans son affaire de parapsychologie et la première partie dans la maison est plombante. Le ton est loin du cinéma d’horreur US standard et bruyant, mais pas tout à fait original puisqu’il se raccroche passablement aux haunted house assez courants dans le bis de qualité. Les spéculations sur « les intersections » entre notre réalité et celles des morts aboutissent finalement à un aperçu de la zone des morts rappelant Silent Hill, ainsi qu’à un dernier tiers très torturé. Néanmoins la réalisation et l’histoire manquent de panache, tandis que le résultat se laisse apprécier mollement. C’est un travail honnête mais esquivant la richesse potentielle de son sujet, sans divertir autant que Dread. Certaines scènes sont très violentes, l’actrice principale est excellente.

Note globale 43

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Halloween Resurrection + Conjuring + Chromosome 3

Clive Barker au Cinéma >> Transmutations + Candyman + Midnight Meat Train + Cabal + Hellraiser + Le Maître des Illusions + Terreur/Dread + La Muse (Masters of Horror) + Rawhead Rex

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CABAL ***

12 Déc

cabal 1

3sur5  Cabal est un film très contrarié, à la genèse infernale, dont la copie connue par le public est l’ombre du film tel qu’il aurait du être. Produit par la 20th Century Fox, le film a été remanié, au terme d’un parcours où le scénario et le budget ont déjà été malmenés. Cette adaptation de Barker par lui-même reste dans la moyenne haute de ses incursions au cinéma, mais son cas est donc ambigu. Cependant en dépit des rushes égarées laissant les débats ouverts sur la vraie nature de Cabal, ce qui est donné à voir n’est pas nécessairement brillant.

D’abord, il y a ce héros saoulant, charismatique comme celui du Blob dont il est une version juste plus solennelle. Autour du blouson noir sensible, des acteurs souvent faibles, des maquillages et effets spéciaux aux qualités plastiques très aléatoires, mais aussi un scénario et des idées brutales, voir simplistes. Avec le renversement entre les monstres et les humains, Barker se lance dans un contre-manichéisme enfantin. Le monde de Barker apparaît aussi torturé qu’orienté par des ornières sentimentales d’un rose criard.

Cabal a néanmoins tous les bénéfices de la vision candide, c’est-à-dire la force de la sincérité. Malgré la violence éludée, l’univers des Midian (les monstres et leur société) est généreusement brandi et arpenté. L’hymne à l’amour avec les monstres, ces êtres tordus et différents, donne l’impression d’assister à un Labyrinthe adulte et déviant, mais néanmoins d’un romantisme absolu. La vision bienveillante à contre-courant est explicitée de cette manière : nous les humains, nous envions les monstres et leurs aptitudes infinies. Incapables d’obtenir leurs pouvoirs et leur liberté, voir leur innocence, nous détruisons ce que nous envions et le diffamons en le tenant pour une dégénérescence.

Voilà pour le fond du propos. Ce petit poing levé contre l’intolérance (envers la différence pourtant si suave et pittoresque) n’est pas une tragédie puisqu’il permet d’insérer un gros gimmick : Cronenberg lui-même est présent pour incarner cette vile humanité à son stade terminal de sadisme et de destructivité. Les monstres ne sont pas moins égoïstes, mais eux au moins sont pacifistes. Il y a du génie dans Cabal, à foison, mais accouché de manière grossière. Toutes ces braves bêtes fantasmagoriques au look de cobayes SM ou de faune mystique sont d’un exotisme ravageur, même si peu des membres se démarquent. Cet univers si fort propre à Cabal en fait une anecdote mémorable quoiqu’il arrive ; mais pas un film passionnant pour autant, bien au contraire.

En justifiant sa dimension inaboutie, les coupes sont autant un fardeau qu’un cadeau. Cabal est une expérience hallucinée et hors-norme, imbibée de mièvrerie. Il ne vaut pas Candyman et est évidemment à des années-lumières du degré de réussite d’Hellraiser. Le niveau est plutôt à proximité du Maître des Illusions (1995, par Barker également), lui aussi projet chamboulé et très intriguant, sans dépasser par contre la limite du film maudit. À l’arrivée, Cabal est un grand projet foireux mais sympathique, regorgeant de créativité, avec un propos géant et niais à la fois (dans ses prémisses comme dans son expression). Il rejoint la galaxie où règne La Forteresse Noire. Il apporte une contribution intéressante à l’édifice splatterpunk, notamment lors de la dernière partie recélant quelques moments sensuels excentriques et petites pépites difformes.

Note globale 68

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