Tag Archives: Clive Barker

MIDNIGHT MEAT TRAIN ***

24 Jan

midnight meat train

4sur5  Avec le Candyman de Bernard Rose en 1992, Midnight Meat Train est à ce jour la seule réussite importante parmi les adaptations de Clive Barker. Celles que l’auteur britannique a exécutées lui-même sont naturellement à situer en-dehors, mais il n’y a eu que Hellraiser pour sortir du lot, Lord of Illusions et Cabal étant des produits charcutés et inaccomplis. Cet opus-là est dirigé par Ryuhei Kitamura, réalisateur très populaire au Japon (Godzilla: final war, Versus, Azumi), pour le compte de la maison de production Lionsgate.

Kitamura respecte la nouvelle éponyme et reprend son intrigue torturée, quitte à dérouter le spectateur dans des proportions équivalentes à celles induites par un zombie-movie de Fulci (L’Au-delà, Frayeurs, La maison près du cimetière), quoiqu’il y ait ici un peu de lumière pour avancer dans la nuit. Nous suivons un photographe en quête d’images sensationnelles, marchant dans les pas d’un boucher sophistiqué, qui massacrerait quotidiennement les passagers du métro de minuit. Proche du torture-porn, Midnight Meat Train rappelle l’énergie féroce et la frontalité des films gore du bis des années 1980 et notamment ceux (parfois ludiques) avec psycho-killer urbain (comme Maniac Cop). L’enveloppe est assez luxueuse, avec une photo chic, une atmosphère feutrée et grave.

Le spectacle est grand-guignol et résolument sombre, doté d’un gore clinquant, cartoonesque mais sans humour. Même si les chemins du récit peuvent frustrer par leur complexité ou parfois leur facilité, l’ensemble est assez jouissif. Midnight Meat Train est un de ces ‘petits’ films étincelants. Il a connu un gros échec commercial et des critiques mitigées, mais honore son genre en plongeant le spectateur dans un trip cauchemardesque à la lisière du fantastique. Lorsqu’un produit si intransigeant dans l’Horreur se paie de telles qualités techniques et esthétiques, c’est mieux que stimulant, c’est un début de félicité. Enfin Midnight jouit d’un casting excellent, avec Bradley Cooper en héros borderline, Leslie Bibb et Brooke Shields plutôt magnétiques et Vinnie Jones parfait en boogeyman à l’allure de vigile froid.

Note globale 73

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Suggestions… Maniac/2013 + End of the Line + Saw + Haute Tension + Hostel I & II

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BOOK OF BLOOD **

23 Juil

book of blood

2sur5  Le cinéphile n’est jamais à court d’adaptations sans intérêt de l’oeuvre de Clive Barker. En-dehors des deux tragiques accidents que constituent Rawhead Rex et Transmutations, les différentes livraisons sont des films d’épouvante ou d’horreur honorables ou faiblards, dans tous les cas peu marquants. En-dehors des films tournés par Barker lui-même, il n’y a que deux exceptions : Candyman et Midnight Meat Train. Mais sinon Hellraiser, Barker a accouché de deux films malades, amputés par la censure, entravés pendant le tournage (Cabal et Lord of Illusions).

Septième sur la liste, Book of Blood fait partie de ces piètres adaptations. Comme son nom l’indique, il s’attaque directement aux Livres de sang, une série de livres (six volumes, 1984-1985) particulièrement appréciée et connue de Clive Barker. Il s’en réfère au premier opus et à sa nouvelle-phare, mais également à Jerusalem Streets issu du dernier volume. John Harrison, réalisateur de Darkside et musicien sur plusieurs films (Creepshow, Le Jour des morts-vivants de Romero) se charge de l’écriture et de la réalisation. Le résultat est mitigé et malgré la présence de Barker à la production, la grande adaptation n’est toujours pas arrivée.

L’intelligence du récit et l’ambiance adulte plaident en la faveur de Book of Blood, toutefois il s’enlise dans son affaire de parapsychologie et la première partie dans la maison est plombante. Le ton est loin du cinéma d’horreur US standard et bruyant, mais pas tout à fait original puisqu’il se raccroche passablement aux haunted house assez courants dans le bis de qualité. Les spéculations sur « les intersections » entre notre réalité et celles des morts aboutissent finalement à un aperçu de la zone des morts rappelant Silent Hill, ainsi qu’à un dernier tiers très torturé. Néanmoins la réalisation et l’histoire manquent de panache, tandis que le résultat se laisse apprécier mollement. C’est un travail honnête mais esquivant la richesse potentielle de son sujet, sans divertir autant que Dread. Certaines scènes sont très violentes, l’actrice principale est excellente.

Note globale 43

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Suggestions… Halloween Resurrection + Conjuring + Chromosome 3

Clive Barker au Cinéma >> Transmutations + Candyman + Midnight Meat Train + Cabal + Hellraiser + Le Maître des Illusions + Terreur/Dread + La Muse (Masters of Horror) + Rawhead Rex

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CABAL ***

12 Déc

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3sur5  Cabal est un film très contrarié, à la genèse infernale, dont la copie connue par le public est l’ombre du film tel qu’il aurait du être. Produit par la 20th Century Fox, le film a été remanié, au terme d’un parcours où le scénario et le budget ont déjà été malmenés. Cette adaptation de Barker par lui-même reste dans la moyenne haute de ses incursions au cinéma, mais son cas est donc ambigu. Cependant en dépit des rushes égarées laissant les débats ouverts sur la vraie nature de Cabal, ce qui est donné à voir n’est pas nécessairement brillant.

D’abord, il y a ce héros saoulant, charismatique comme celui du Blob dont il est une version juste plus solennelle. Autour du blouson noir sensible, des acteurs souvent faibles, des maquillages et effets spéciaux aux qualités plastiques très aléatoires, mais aussi un scénario et des idées brutales, voir simplistes. Avec le renversement entre les monstres et les humains, Barker se lance dans un contre-manichéisme enfantin. Le monde de Barker apparaît aussi torturé qu’orienté par des ornières sentimentales d’un rose criard.

Cabal a néanmoins tous les bénéfices de la vision candide, c’est-à-dire la force de la sincérité. Malgré la violence éludée, l’univers des Midian (les monstres et leur société) est généreusement brandi et arpenté. L’hymne à l’amour avec les monstres, ces êtres tordus et différents, donne l’impression d’assister à un Labyrinthe adulte et déviant, mais néanmoins d’un romantisme absolu. La vision bienveillante à contre-courant est explicitée de cette manière : nous les humains, nous envions les monstres et leurs aptitudes infinies. Incapables d’obtenir leurs pouvoirs et leur liberté, voir leur innocence, nous détruisons ce que nous envions et le diffamons en le tenant pour une dégénérescence.

Voilà pour le fond du propos. Ce petit poing levé contre l’intolérance (envers la différence pourtant si suave et pittoresque) n’est pas une tragédie puisqu’il permet d’insérer un gros gimmick : Cronenberg lui-même est présent pour incarner cette vile humanité à son stade terminal de sadisme et de destructivité. Les monstres ne sont pas moins égoïstes, mais eux au moins sont pacifistes. Il y a du génie dans Cabal, à foison, mais accouché de manière grossière. Toutes ces braves bêtes fantasmagoriques au look de cobayes SM ou de faune mystique sont d’un exotisme ravageur, même si peu des membres se démarquent. Cet univers si fort propre à Cabal en fait une anecdote mémorable quoiqu’il arrive ; mais pas un film passionnant pour autant, bien au contraire.

En justifiant sa dimension inaboutie, les coupes sont autant un fardeau qu’un cadeau. Cabal est une expérience hallucinée et hors-norme, imbibée de mièvrerie. Il ne vaut pas Candyman et est évidemment à des années-lumières du degré de réussite d’Hellraiser. Le niveau est plutôt à proximité du Maître des Illusions (1995, par Barker également), lui aussi projet chamboulé et très intriguant, sans dépasser par contre la limite du film maudit. À l’arrivée, Cabal est un grand projet foireux mais sympathique, regorgeant de créativité, avec un propos géant et niais à la fois (dans ses prémisses comme dans son expression). Il rejoint la galaxie où règne La Forteresse Noire. Il apporte une contribution intéressante à l’édifice splatterpunk, notamment lors de la dernière partie recélant quelques moments sensuels excentriques et petites pépites difformes.

Note globale 68

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DREAD (TERREUR) **

6 Jan

3sur5 Anthony DiBlasi gravitait déjà dans l’univers de Clive Barker ; c’est le producteur exécutif de Midnight Meat Train (qui a eu les honneurs du grand écran) et de Livres de Sang (sorti en direct-to-video). Avec Dread, il propose une nouvelle adaptation contemporaine de l’auteur de Hellraiser (participant à son retour en grâce de la fin des 2000s), ajoutant à la nouvelle, véritablement retranscrite dans la dernière partie, des personnages et intrigues occupant toute la première heure et ajoutant du sens à l’implosion finale.

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Le sujet est assez abstrait puisqu’il s’agit de la peur. Deux étudiants, un paumé nonchalant et un ténébreux impulsif, s’attellent, dans le cadre de leurs études de philosophie, à une thèse sur la peur, sa nature et sa diversité. Ils lancent un appel à témoignage et cherchent à collecter les expériences émotionnelles les plus intenses, éventuellement leurs mécanismes et les angoisses profondes communes aux traumas révélés. Mais pour Quaid, ce sujet est bien plus qu’une simple thèse ; c’est une occasion d’accéder à l’omniscience.

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Son obsession pour les zones d’ombres alimente le film : manipulateur et perturbé, assailli par des visions toxiques de son passé, il se comporte avec sa propre souffrance comme avec le reste du monde ; il veux tout savoir, tout voir, allez direct au climax, quitte à tout incendier. C’est lui qui entraîne les autres dans son aventure, lui qui creuse et refuse les confessions galvaudées et les serments formels. Finalement, il suscitera et filmera de près la peur, en provoquant la désintégration de tous ceux qu’il côtoie.

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La révélation par la destruction des défenses et l’atomisation des personnalités : cette thérapie de choc justifie une série B iconoclaste et gratuite. Le schéma est prévisible et le casting inégal, toutefois la performance sombre et exaltée de Shaun Evans, ainsi que le climat général et l’emphase suscitée pour les personnages gomment les réserves ; au demeurant, le visionnage est efficace et DiBlasi exploite habilement (et sans le moindre écart) la richesse de son sujet. Cet attachement aux drames personnels et à leurs conséquences psychologiques, de surcroît avec une approche simultanément viscérale et spéculative évoque vaguement Necromentia. Concernant DiBlasi, il a réalisé plus tard Cassadaga , avec Louise Fletcher (la méchante infirmière de Vol au-dessus d’un nid de coucou) et travaille sur des projets comme Missionary ou Paymon.

Note globale 56

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HELLRAISER II : HELLBOUND, LES ÉCORCHÉS *****

29 Nov

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5sur5   Hellraiser II n’est pas parfait, juste miraculeux. Il flirte avec la perfection, l’embrasse à plusieurs reprises, commet quelques fautes de goûts aussi délectables que ses exploits les plus éclatants. C’est une merveille à l’état brut. Hellbound est la suite du film-culte Hellraiser le Pacte où Frank revenait dans le monde commun et apportait avec lui une boîte mystérieuse, portail vers un monde de plaisirs et de souffrances. Il ne s’agit plus de drame familial ou du portrait de personnages borderline (au-delà de tous les avatars, le film tournait autour de Julia, sorte de femdom dépressive redécouvrant l’exaltation) mais d’une incursion dans cet univers d’où émanent les Cénobites. Dans Hellraiser II, nous entrons dans la boîte. 

Le Ying et le Yang, indissociables

Enchaînant directement après le final de Hellraiser, ce second opus a bénéficié d’un budget conséquent, bien que retaillé par la New World Pictures. Il a en revanche subit la censure dans le monde anglo-saxon en raison de son ultra-violence (la chair éprouvée, les rangs de dépouilles féminines offertes à Julia), comparable à celle exhibée dans Martyrs. Réalisé par Tony Randel, Hellraiser II connaît un honnête succès commercial mais perturbe la critique et le public. On lui reproche notamment ses fulgurances, voir ses incohérences (pendant longtemps, le film n’était accessible que dans des versions bancales – le montage approprié et complet est récent, mais somme toute il ne change rien à l’essence du programme). Son absence de lien à toutes les conventions et aux repères connus dérange, sa virulence et ses  »exploits » font halluciner. Tout le monde n’est pas près à accepter ce Nirvana sado-masochiste.

S’il y a un film dantesque dans l’Histoire de l’horreur ou du fantastique, c’est lui. Dans le pire des cas, il est sur le podium. Basculement total dans l’antre des monstres (les Cénobites, créatures de la boîte, sont au cœur des réjouissances), Hellraiser II invente un labyrinthe aux confins de l’enfer et du mystère. Il insinue des symboliques profondes, souvent inédites, parfois enfantines, avec une part de grotesque, toujours jusqu’au-boutistes. Le monde mis en scène est absolu, d’ordre démesuré, d’animalité sublimée ; là où la civilisation est dépouillée, où les décors les plus fantasmagoriques et grandioses restent, au service d’une course sans fin dans un espace où tout est possible et abondant.

Hellraiser 1 et 2 se complémentent et forme un tandem parfait, définitif. Hellbound marque le passage de l’autre côté, donnant l’accès à tout ce que ce dernier suggérait ou contenait, fondant le mythe et enrichissant son imaginaire. Par contraste avec la gravité du premier opus, d’un sérieux terrible, celui-ci marque le temps du déchaînement, où la psychologie devient une affaire seconde, les caractères se définissent d’abord par leur rapport au monde sensuel. Macabre au possible, mais beaucoup plus outrancier, il confond grotesque et sublime, onirique et trash. Explicite et spiritualité malade. Les deux films, chacun à leur manière, montrent tout ce qu’un enfant trop averti ou angoissé rêve de transfigurer. C’est encore le grand saut dans l’indicible, avec ici une proximité envers la sensation d’immortalité, de dissidence à la réalité et à la condition humaine. Une ivresse qui se solde par un chaos en trompe-l’œil, un folklore mystique croissant sous nos yeux, notamment dans une seconde moitié parfois délicieusement absurde, toujours tournant le dos au réel.

hell2 ishotNouvel ordre sous le joug de l’outrance et de la jouissance

Les attitudes du film stimuleront, heurteront ou laisseront sceptiques, catégoriquement : Hellraiser II refuse la demi-mesure et suscite la même intensité, ou génère rejet et distance. Le film a le goût du grotesque de la manière la plus littérale qui soit, tout en jouissant d’une mise en scène de qualité. Le raffinement tonitruant est à chaque endroit, par la BO de Christopher Young devenue épique, par les décors flamboyants, par les choix scénaristiques audacieux. À certains égards, Hellraiser II réinvente les totems du fantastique, en plus d’innover avec les siens propres et ceux de la franchise. Le retour de Julia est très significatif en ce sens : véritable maîtresse des enfers, d’une élégance  »glam-kitsch » (et 80s) absolue, elle est aussi au cœur d’une relecture du mythe de Frankenstein. Avec Channard, qui lui a permis de remettre le pied dans le monde commun, elle réalise un tandem maléfique, tourné vers les forces occultes (le Léviathan, nouvel avatar et pilier des Enfers sur-mesure) et la satisfaction suprême. Ce même docteur Channard, à la tête d’un asile, s’avère un pervers complet derrière une façade conformiste et légale. Lorsque, dans la toute dernière partie où le film se perd en rebondissements et flirt avec le jeu de rôles (dimension sympathique au demeurant, assez fascinante même), Channard amène le film vers la farce gore par ses excentricités. À la fois spectateur-voyeur et participant odieux, ce personnage apporte beaucoup avec ses multiples facettes, tout en immisçant une sorte de neutralité, d’extériorité au mythe, permettant de prendre du recul et le voir avec plus de sagesse et de neutralité, sans rien en démythifier.

Multipliant les démonstrations dans une sorte de parade cauchemardesque, Hellraiser II s’avère aussi radical et à l’aise dans le thriller, le fantastique, le thriller puis finalement l’heroic-fantasy. Un ensemble d’une originalité prodigieuse, aussi déconcertant que subjuguant par son style, sa faculté d’associer lyrisme et farce premier degré avec naturel, précision et fureur. Les visions les plus inouïes s’enchaînent avec grâce et cohérence. Le cadre de l’hôpital psychiatrique est intégré dans l’ivresse et apparaît comme une antichambre de la boîte, un endroit où les pulsions et les passions auraient libre court, dans leur parcelle réservée. Les apparences sont ambiguës et une visite auprès des grands malades se transforme en passage à l’abattoir (avec Channard derrière la lucarne, comme un prêtre auscultant ses patients à bout), ou dans une usine ordonnée pour la dépravation. Les auteurs ont été d’une générosité inouïe et d’une imagination sans limite.

Rapport à la saga

Après l’orgasme aussi, il y a la descente. Hellraiser va se poursuivre avec de nombreux opus, neuf à ce jour, dont un supplément improbable en forme de documentaire. Clive Barker, scénariste de la nouvelle originelle qu’il adaptait via le film inaugural, sera lié aux quatre premiers opus. Pour les trois suites de son chef-d’œuvre, il collabore avec Peter Atkins pour le scénario. Ensuite, les direct-to-video seront improvisés par des réalisateurs détachés, avec des équipes différentes, seul Doug Bradley rejoignant les troupes.

Concernant Hellraiser II, il a été réalisé par Tony Randel. Avec ce premier film (si on omet l’anonyme Def-Con 4), il annonçait son style graphique inimitable, coloré et tranchant, qui cependant ne trouvera et de très loin, jamais une expression un tant soit peu comparable à celle d’Hellraiser II. C’est qu’il faut aussi une équipe, de la matière, une inspiration. Une manne et des génies pour stimuler le sien, en d’autres termes.

Tous les autres opus de la saga Hellraiser s’écarteront de l’intrigue originelle du Pacte, avec des personnages différents, voir un point de vue très éloigné, dénaturant le lien aux sources (notamment les direct-to-video de Rick Bota).

Note globale 99

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Suggestions… Phantasm + Cannibal Holocaust + Hollow Man + Frankenstein + Killer Klowns

La Saga >> Hellraiser le Pacte + Hellraiser II Hellbound : les Ecorchés + Hellraiser III : Hell On Earth + Hellraiser IV Bloodline + Hellraiser V Inferno

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