Tag Archives: Christopher Lloyd

PIRANHAS 3D **

22 Jan

2sur5 Il fait chaud, les spring-breakers, tous jeunes et beaux, prennent d’assaut le lac Victoria et s’exhibent sans la moindre pudeur et surtout sans la moindre conscience de la menace pesant sur eux. Les piranhas sont là et pas n’importe lesquels. Docteur Llyod, l’expert enthousiaste de service, en atteste : c’est une découverte majeure ; des survivants d’une lointaine époque, dont la constitution en fait des prédateurs dignes de l’ère des dinosaures. La petite farce étant consommée, on omettra de développer.

Car Piranhas 3D est un film d’exploitation totale, d’une générosité imparable au rayon gore & boobs. Il est même plutôt extrême dans ces deux registres : bien trop sauvage pour passer sans dommages, le film vire à la catastrophe dionysiaque. Sa dernière demi-heure, c’est L’Aventure du Poséidon à ciel ouvert et en barbarque. C’est quelquefois hilarant mais surtout particulièrement énervé. Rayon nudité, Aja jouit manifestement d’une immense liberté. Une  »cultissime » scène de sirènes va faire irruption au son de Flower Duet (Lakmé), fausse rupture avec le mauvais goût général et vrai cadeau pour le public.

En-dehors de ces caractéristiques, Piranhas 3D pêche par ses outrances de produit grindhouse militant. L’intrigue relève de la sitcom minable et criarde des 1990s sous le soleil de Miami ou de la côte Ouest. Les fautes logiques et comportements adéquats sont légion, une amourette s’inscruste, insipide même dans une optique  »second degré ». C’est que les repères demeurent ultra conventionnels, pas juste ceux dont on s’amuse. Le personnage principal aurait pu être sympathique : dans l’univers d’Alerte à Malibu et de Alpha Dog, il a le rôle du moraliste plombant. Pour autant, dans le registre presque toujours débridé et décérébré de l’horreur animalière, Piranhas 3D s’en tire honnêtement, sans atteindre le niveau d’Arac Attack mais sans sombrer dans la confusion comme Horribilis.

Alexandre Aja a revendiqué l’autonomie totale de son film par rapport au Piranhas de 1978, bisserie fameuse signée Joe Dante. Il s’agit toutefois bien, sinon d’un remake, d’un nouvel opus dans ce qui est de fait la franchise  »Piranhas » (deux voir trois opus auparavant). L’affiliation s’arrête effectivement là, car le Piranhas sorti 32 ans avant n’était pas un pastiche sarcastique avec une ribambelle de personnages clownesques (ici, Adam Scott en géologue badass, Jerry O’Connell en pervers survolté). Par contre, La Colline a des Yeux (remake) et Haute Tension étaient de grands films de genre, des modèles pour leur époque : Piranhas 3D, un encart ludique et la possible annonce d’un début de déchéance pour le cinéaste Aja, juste après le laborieux Mirrors.

Note globale 54

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Avatar + Le dernier pub avant la fin du monde

Voir le film sur YouTube

 Voir l’index cinéma de Zogarok

.
.

TRILOGIE RETOUR VERS LE FUTUR ***

11 Déc

RETOUR VERS LE FUTUR ***

4sur5  C‘est l’un des films de référence des années 1980 et l’un des plus vus par les enfants de l’époque et même ceux de la décennie suivante dans le monde Occidental. Sans être un chef-d’oeuvre, il le mérite amplement, en tant que divertissement des plus délectables, concurrençant sinon dépassant le meilleur de la saga Indiana Jones. Retour vers le Futur reçoit justement le soutien de la même maison, celle de Steven Spielberg, produisant ce film co-écrit avec Bob Gale et Robert Zemeckis. Ce dernier, révélé par A la poursuite du diamant vert (film d’aventures soigné mais agaçant), sera également le directeur des deux opus suivants.

Il a suffit de ce film pour propulser Zemeckis au premier rang des entertainers de masse américains. Mise en scène hystérique, richesse de l’écriture, personnages outranciers (le Doc par Christopher Lloyd en tête), lot de non-dits (d’où vient l’amitié entre Doc et Marty?) sur lesquels spéculent les nombreux fans : voilà le style Zemeckis, fabricant de feel-good movie déjantés et expérimentateur visuel. Retour vers le futur profite d’effets spéciaux assez innovants et sans fausses notes contrairement à ceux d’un autre phénomène de l’époque, SOS Fantômes (où Reitman revendique sa préférence pour l’ironie, acide paraît-il). Le budget est conséquent mais pas monumental (18 millions de $, comme pour le premier Indy, loin des 30 millions de SOS Fantômes).

Il suffit en tout cas à soigner des gimmicks cultes, dont le plus fameux est la Delorean, la voiture permettant de voyager dans le temps. À toutes ces qualités s’ajoutent la balade dans les fifties. Qu’elle soit nostalgique, révisioniste ou les deux, elle permet surtout de confronter ses héros à des fantasmes que tout individu a pu nourrir : Marty McFly explore un temps sur lequel il a une longueur d’avance qui en ferait facilement un prophète, découvre ses parents à son âge, est aux premières loges pour assister à leurs émules de jeunesse et surtout à leur rencontre. Avec Retour vers le futur, comme dans La Mort vous va si bien et la plupart de ses réalisations, Zemeckis est dans un pur travail de surface ; cela ne l’empêche pas de toucher des points sensibles.

D’abord pénible à cause de son insouciance et de ses petites remarques insipides toutes les quinze secondes, Marty lui-même (interprété par Michael J.Fox) devient un élément agréable. Sa situation surtout suscite l’empathie, car l’expérience exceptionnelle à laquelle il est confronté est une occasion de résoudre des blessures intenses, qui ne sont pas liées à des drames précis, mais à la structure d’une vie. La première scène en famille montre une smala pathétique, avec un père partisan du moindre effort, se complaisant dans une vie médiocre et incitant ses enfants à s’en tenir là ; une mère épuisée et précocément vieillie ; des frères et sœurs ingrats à la conscience quasi nulle. Rien de méchant, juste l’allez-simple pour une existence lymphatique.

Ainsi l’aventure de Marty et Emmett Brown se donne comme l’occasion de ré-écrire l’histoire ou à défaut de sauver celle que nous connaissons. Il y a cette scène très cruelle venant clôre la séquence plus haut : la mère de Marty rencontre sa rencontre avec papa et y met du romantisme ; et lui, le crétin bienheureux, répond en s’esclaffant sur une émission puérile. Il n’est pas méchant, d’ailleurs il incite sincèrement à rire de l’objet. Naturellement il y aura un happy-end, la question est : allons-nous retrouver notre présent, avec ses défauts mais rassurant car il vaut mieux faire avec le Diable que l’on connait ; ou allons-nous améliorer ce présent qui est leur futur ; et dans ce cas, comment va s’exercer cette influence, quel rôle va jouer l’enfant pour réparer rétrospectivement la condition de ses parents ?

Note globale 72

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…  Casper + Beetlejuice 

.

.


RETOUR VERS LE FUTUR 2 ***

3sur5  L‘immense succès de Retour vers le futur force une suite. Pour Zemeckis et ses collaborateurs, il faut composer avec ce final dans le futur (2015), où Jennifer (la fiancée de Marty) est aussi impliquée désormais. Bob Gale s’en charge, réussit à tout raccomoder et apporte tellement de pistes qu’il y a la matière pour deux opus : une trilogie n’était pas à l’ordre du jour, mais les financeurs sont présents cette fois, alors Universal validera finalement.

Entre-temps, Zemeckis réalise Qui veut la peau de Roger Rabbit, date-clé dans la rencontre entre prise de vues réelles et animation. Un film  »culte » au sens populaire lui aussi, mais également assez contesté, voir raillé, surtout au fil des ans. Malgré tout Zemeckis s’épanouit dans la recherche d’effets innovants et Retour vers le futur 2 en profite. C’est l’opus le plus riche de la trilogie sur le plan graphique. Les auteurs ont imaginés des dizaines de gadgets faisant partie du quotidien de leur futur situé en 2015 (soit 26 ans après le film), dont le plus connu est l’hoverboard.

L’intérêt de ce second opus est de profiter à fond des possibilités spatio-temporelles et décupler les implications. C’est donc un méli-mélo réjouissant, rempli d’allez-retours entre les différents passés et futurs. Doc et Marty retournent notamment en 1955, où Marty doit agir en coulisse à son degré. Les différents doubles se croisent ou s’esquivent et menacent à tout moment de rompre l’équilibre, d’annuler des existences ou des destinées, voir de compromettre l’Univers tout entier. Les séquences du premier film sont ainsi revisitées et la complexité est au service de l’action.

Note globale 69

Page Allocine & IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions…  Les Sorcières d’Eastwick 

.

.


RETOUR VERS LE FUTUR 3 ***

3sur5  Dernier opus de la trilogie, sorti peu après le second. Doc et Marty poursuivent leurs péripéties spatio-temporelles, cette fois en allant vers le passé. L’essentiel se déroule dans l’Ouest américain en 1885, chez les cow-boys. Marty se retrouve dans le ranch d’un arrière-arrière-grand-père, emprunte le pseudo de Clint Eastwood et s’intègre à la population locale. Il doit faire face à un autre ancêtre, celui de Tannen, toujours aussi agressif et dominateur. De son côté, le Doc de 1955 fait une rencontre amoureuse !

Retour vers le futur 3 est un très bon divertissement, avec des moments poussifs. Il est peut-être plus bancal dans la première moitié et surtout comporte plus d’erreurs que ses prédécesseurs. Il vire même à l’arbre de Noël exalté, avec son trop-plein de costumes burlesques et de barbes factices, comme celle du McFly d’antan. Dans l’ensemble, cet opus s’avère profondément différent des deux autres. Il est le moins apprécié de loin et leur est en effet plutôt inférieur. Il conserve cependant la même fureur créatrice et cette pseudo-nostalgie dépaysante.

Ce dernier acte a aussi une tendance à se permettre des références culturelles et anachronismes. Quand au traitement des personnages, il est à la fois plus chaotique et dramatique. La version Far West de Tannen est une véritable humiliation de son égo. Ses apparitions ubuesques inspirent une certaine tristesse, voir un profond désespoir, car sous les effets de manche il n’y a qu’un damné. De toutes façons, l’optimisme l’emporte globalement et la philosophie conséquentialiste est appliquée jusqu’à être signée dans un laius du Doc.

Note globale 64

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Gremlins

  Voir l’index cinéma de Zogarok

.