Tag Archives: adaptation de roman

JACKIE BROWN ***

8 Déc


3sur5 L‘intrus dans la collection Tarantino. C’est le plus posé, délicat et aussi le plus drôle des Tarantino (pour les dialogues, les pathétiques exploits de De Niro et Lee Jackson, le business de ce dernier). Couvert d’éloges après Reservoir Dogs puis Pulp Fiction, le cinéaste s’autorise un écart stylistique jamais ré-édité. Jackie Brown est son unique adaptation de roman : Punch creole, qu’il détourne largement pour en faire le support d’un hommage à la blaxploitation (son film renvoie précisément à Foxy Brown, une histoire de vengeance). Son emprunte est toujours là, reconnaissable et lisse comme elle l’était à ses débuts.

Les bavardages abondants sont au rendez-vous, notamment grâce à Samuel Lee Jackson, baratineur virtuose. En rupture avec les deux opus précédents, la narration est linéaire ; cependant on adopte, notamment lors du dernier acte, des points de vue multiples. Mais les effets, la violence sont moindres et Tarantino ne cherche pas l’uppercut ni l’alignement de morceaux de bravoures – c’est d’ailleurs pour cette raison que ce Jackie Brown a décontenancé les fans et continue de le faire. Tarantino aspire manifestement à livrer un produit plus classique et profond ; il se comporte donc comme un chef-d’orchestre soigneux, pas comme le chef opérateur trash et borné qu’il est pour l’ensemble de son œuvre.

Jackie Brown se suit donc de façon égale, sans grandes échappées, comme une symphonie confortable (avec une BO ravissante) et un peu vaine dont les héros s’imposent peu à peu. Le casting du film est son meilleur atout : Robert De Niro est inoubliable en Louis Gara simple, pote passif et légèrement anesthésié aux réactions ponctuellement ahurissantes ; et puis Tarantino a accompli un rêve de gamin et de cinéphile en faisant jouer dans son film Pam Grier, hôtesse de l’air tentant une opération à hauts risques pour sortir de l’impasse, tout en s’égarant dans son triple jeu. Néanmoins le spectacle peut sembler plus méthodique qu’habité, en raison d’enjeux et de scénario minimalistes.

Note globale 66

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Suggestions… Mars Attacks

MBTI-Ennea = Robert de Niro en total ISTP 9w8 sp, en particulièrement simple et accommodant.

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SILENCE (Scorsese) ***

13 Mar

4sur5  Scorsese souhaitait depuis ses débuts faire un film chrétien mettant en lumière l’âme et la dynamique de la religion catholique. La dernière tentation du Christ et A tombeau ouvert étaient des tentatives en ce sens, inaccomplie à son goût dans la mesure où Bad Lieutenant de Ferrara correspondrait à son projet idéal. En 2016-17 Scorsese corrige peut-être cet échec grâce à l’adaptation de Chinmoku (1967), roman le plus célèbre de Shūsaku Endō, déjà adapté par Shinoda (Fleur pâle) au Japon en 1971.

Comme ses deux prédécesseurs, Silence de Scorsese suit un prêtre jésuite en expédition pour retrouver son mentor Ferreira (basé sur le personnage réel Cristóvão Ferreira). Traqué par les autorités anti-chrétiennes sur une terre où sa religion a médiocrement percé (dans ce « marécage », quelques communautés paysannes ont rejoint les légions pour dénaturer la foi), il est travaillé par de nombreuses interrogations. À terme ces dissertations intérieures, les poussées de désespoir et les crises de douleur face à l’absurdité manifeste de l’ordre du monde (pourquoi Dieu envoie-t-il tous ces tourments?) le conduisent à douter et l’affaiblisse face aux réclamations de ses adversaires. En plus de se maintenir tendu vers l’état de grâce il doit convaincre ses ouailles opprimées que leurs souffrances ne seront pas vaines, même lorsqu’elles atteignent des niveaux insupportables.

La voix-off est récurrente, non-linéaire, utile pour un film orienté vers l’intérieur sans chercher à fuir le spectateur ou se moquer de l’oublier. Par rapport au livre, surtout focalisé sur l’usure et les doutes, le film met l’accent sur les transformations et la combativité (souvent inepte ou décalée) du protagoniste. Il souligne ses accès de démence de surface (les crises pendant les grosses fatigues, certains éclats sous la pression) sans fausser l’ambiance – austérité et anxiété généralisées. Silence ne donne pas à suivre des va-et-vient, mais invite dans une antichambre où la foi perd son éclat. Rodrigues s’accroche, essaie de garder la tête froide, délibérer, réfléchir, sans choisir les illusions ou la ré-assurance immédiate ; dans l’ensemble son courage paie, en interne, mais l’impact autour de lui est quasi nul et le poison s’infiltre de manières détournées (le dégoût pour son prochain, le mépris pour les chrétiens en demande) quand il n’est pas carrément ingéré de force.

Les heurts face au monde sont plus présents que dans le livre, support oblige mais pas seulement, car la mise en scène a recours à plusieurs artifices et perceptions accolées – jamais en opposition mais volontiers en divergence. Silence capte ces cohabitations de forces et d’intérêts qui ne sont pas là pour se convaincre de leur légitimité cosmique ou intellectuelle, ou seulement à une échelle seconde, non-vitale. Les japonais eux-mêmes ne sont que peu dans la déconstruction de leur ennemi. La paresse, l’ignorance, la brutalité ne sont jamais en cause ; des camps et des hommes sont simplement porteurs de vérités – ou de nécessités commuées en lois (souvent effectivement insurmontables, jusqu’à révolution). L’Inquisiteur et ses sbires sont attachés à se préserver de cette fausse vérité pernicieuse défendue par l’Église.Les Japonais et leur culte sont impitoyables, engagent dans une cruauté plus manifeste et tiennent leurs promesses sur Terre ; le catholique doit être prêt à s’humilier, mais en dernière instance, même lorsqu’il s’abîme, ce n’est pas les seigneurs qu’il doit craindre et qui sont les maîtres de sa personne.

La vanité de vouloir christianiser le Japon, de partir en croisade même si c’en est une de conversion avant tout (pacifique au fond et normalement aussi pour la forme), n’était pas abordée de front dans le livre. Le film se repose sur des joutes théologiques inscrites en lui (face à Inoue et à l’interprète) pour les traiter, apportant une certaine valeur ajoutée, faisant des turpitudes de Rodrigues le cœur du concert mais pas son mètre-étalon. Son orgueil, sa jeunesse d’esprit et ses relatives foucades n’empêchent pas sa foi d’être profonde et pure, ni de vibrer quelque soit les apparences ou les compromissions. Silence est bien un film catholique réussi et honnête, où un croyant traverse un désert à sa taille, subit des épreuves finalement trop fortes pour lui, mais dont le parcours et la peine ne sont pas vains. L’échec et l’apostasie sont là, sans être unilatéraux – ils deviennent même dans son cas une façon d’abjurer certains égarements terrestres ou élans immatures. Il reste toujours de la place pour maintenir son engagement et le renouveler quelque soit les nouvelles difficultés ou les fautes à racheter.

Note globale 75

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Suggestions… Mission + La Passion du Christ + Casino 

Scénario/Écriture (3), Casting/Personnages (4), Dialogues (4), Son/Musique-BO (4), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (2), Ambition (4), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (4)

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LA ROUTE ****

25 Fév

4sur5 John Hillcoat est l’auteur d’un cinéma classiciste, incisif et limpide, envisageant avec simplicité l’essence de l’homme (de la rudesse mainstream de La Proposition à la simplicité flamboyante de Lawless), ostensiblement acquis à l’idée que la nature et en particulier la sienne le rattrape et le précède toujours. Un cinéma organique, philosophiquement essentialiste et conservateur dans la pratique, dont le fatalisme est nuancé par une certaine joie, une sérénité. La Route n’affiche pas, dans son ensemble, la même confiance ; au contraire, cette adaptation d’un roman de Cormac McCarthy plonge le spectateur dans un contexte post-apocalyptique où un père et son fils garantissent leur survie sans autre but, simultanément en proie à une morosité interne et à l’angoisse liée à un environnement terne et assassin. La candeur, l’élan à faire le bien de l’enfant sont un contraste lumineux par rapport aux paysages ravagés d’où surgissent des prédateurs affamés et victimes égoïstes ; mais il n’est qu’un leurre délétère et comme tout désir fraternel s’introduisant là où n’est question que de survie, il ne fait que précipiter vers un plus grand vertige face à son dépouillement global. Pour autant, cette aspiration au dépassement s’avère la meilleure des vertus et la condition de la croissance.

La préoccupation fondamentale dans La Route, c’est la condition humaine réelle ; la dévastation, le chaos ne font que la mettre en relief. En l’absence de civilisation, l’homme n’est plus qu’un animal errant – quand bien même il jouit de facultés mentales optimales. Sans culture ni lien social, il est simplement fonctionnel ; si le troupeau ne l’aliène plus, c’est la nature furieuse et indifférente qui le harcèle et l’emporte dans ses tourments. Cette vision, relativisant les valeurs et les croyances de société, tout en assimilant leur imprégnation, mais aussi en leur accordant des intentions lumineuses, concilie deux prises de conscience. Celle, d’abord, d’une certaine virginité, voir d’une vacuité originelle et viscérale ; avec la reconnaissance que la construction d’une identité sur la base d’intérêts et de perspectives communes permet la mise en forme de l’individu, l’arrachant à la confusion mais aussi au parasitisme.

Le cas échéant, c’est la guerre de tous contre tous. Sans ordre commun ni concessions réciproques permettant un équilibre structurel, il n’y a qu’une humanité paranoïaque, remplie de faibles gonflant le torse, attaquant pour ne pas être décimé, avec au milieu la re-formation de quelques hordes primitives. La Route envisage le monde comme un territoire menacé ; la constitution d’une société comme une exigence, qu’elle soit un mal ou bien ; la morale non strictement comme une construction mais comme l’émanation d’un épanchement sincère de l’âme.

Pour l’auteur du roman et pour le cinéaste, il ne s’agit pas d’évoquer comme le poids d’une société peut causer du tort (elle n’existe pas là où nous atterrissons) ; il s’agit d’aller à la source, là où tout est déconstruit et il ne reste qu’à explorer, mais sans aucun moyen ni de s’approprier ni de forger les éléments du monde. Le regard est profondément individualiste tout en réfutant l’idée d’une  »liberté » innée, dévoilant comme ce postulat est évanescent. Sitôt qu’il se heurte à la pratique du réel, une seule chose compte : que puis-je maîtriser ?

Matérialiste et métaphysique, La Route est comme navré de ne pouvoir se fixer aucun idéal, mais dans le même temps, un vœu de transcendance, ainsi que l’intuition de régularités universelles, habitent le film et ses personnages. Une conception du monde se joue, par-delà la stimulation de l’instinct de survie et la confrontation aux impératifs primaires, ceux qui précèdent et modulent l’action de chacun.

Il y a aussi un constat absurde, entre optimisme et raison anxiogène : d’une part, le regard est rationnel et instinctif, percevant la sécheresse d’un monde indompté avec éclat. D’une autre, l’acte de fonder, un groupe, une unité sociale, à terme une civilisation, est perçu comme un triomphe de la volonté et de la chaleur humaine ; l’éveil de la passion est chéri parce qu’il apparaît comme la solution permettant la trahison de la misère d’être venu au monde sans passé et sans avenir. Intrinsèquement, l’œuvre envisage qu’un mélange d’idéalisme spontané et de résignation bienveillante (d’un angle négatif, on parlera d’hypocrisie ou d’opportunisme) est nécessaire à l’accouchement d’une structure par laquelle l’homme est sécurisé, valide et prompt à s’épanouir.

Note globale 82

Page Allocine

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Aspects défavorables

Aspects favorables

* ceux qui croient que l’homme n’est pas pré-déterminé seront heurtés à leur pire cauchemar

* joyau brut et chef-d’œuvre métaphysique et essentialiste

* une conception de l’homme, de la nature, de la société, qui n’est  »pessimiste » que dans l’œil de ceux qui choisissent de le percevoir ainsi

* invite dans un monde nu, vierge et horizontal, où le désir d’édifier est un idéal doublé d’une exigence

* solennité, entre fable spirituelle et rude action-movie

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QUELQUES MINUTES APRES MINUIT *

9 Fév

2sur5  Cette adaptation d’un roman de l’américain Patrick Ness, auteur ciblant les enfants, prétend confronter ces derniers aux aléas de la vie que les adultes eux-mêmes ne savent affronter – ou en tout cas, justifier. A Monsters Calls suit donc le jeune Conor dans son existence difficile, car sa mère est cancéreuse et son père les a délaissés. Pour couronner le tout et comme c’est à la mode, il se fait brutaliser à l’école.

Au bout du chemin et du long-métrage il trouvera sa résilience grâce à quelques prises de consciences. Ce processus joue entièrement sur le retournement des apparences : le méchant à l’école faibli vite, l’arbre massif et menaçant est un allié. Ce camarade inespéré permet à Conor de doper sa combativité et de s’évader, dans tous les cas de mûrir. C’est un transmetteur et non un guide, autorisant Conor à rêver, à répondre dans la réalité et à accepter cette dernière telle qu’elle est, au-delà des déformations induites par la peur ou la honte.

Ce tableau une fois posé, le réservoir est vite à sec. En plus des quelques aveux (la part égoïste ou sombre) ou retournements (bagarre, retour de papa, accélérations de la maladie), il y a bien quelques ébauches de réflexions, sous forme de sentences, de la part du compagnon sur la fin. Mais ce ne sont que les oripeaux d’une mélopée crétine bien décorée, jouant le décryptage de l’ambivalence pour les retardataires profonds. Les enfants pourront être plus sensibles à ce langage et aux seules intentions.

Le scénario est brinquebalant, n’a rien à envoyer ; les univers alternatifs sont des banalités de princes, rois et princesses, sans continuité ni grande recherche. Ces mondes de fantaisies produisent leur petit effet et s’effacent, la forme animée bien pittoresque ne suffit pas à couvrir ce manque. Triste ou lyrique, la musique est platement ‘sublime’. Les déversements émotionnels n’ont rien à envier aux heures grotesques de Dolan (Mommy, Juste la fin du monde). Ce spectacle c’est la vacuité du fantastique espagnol conjuguée à une niaiserie américaine, un pachyderme emballé avec le misérabilisme au goût du jour.

Note globale 38

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Suggestions… Insensibles

Scénario/Écriture (3), Casting/Personnages (1), Dialogues (2), Son/Musique-BO (2), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (2), Ambition (4), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (2)

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LA PETITE PRINCESSE / LITTLE PRINCESS (Pickford 1917) ***

14 Sep

3sur5  Le roman Sara Crew or What Happened at Miss Minchin’s (1888) est la pièce maîtresse de l’œuvre de Frances Hodgson Burnett, figure majeure du roman d’apprentissage pour enfants. Sara Crew sera souvent diffusé et en tout cas identifié sous le titre ‘Little princess’ à partir de la pièce adaptée pour Broadway en 1903. En 1917 cette histoire est portée sur grand-écran avec « la petite fiancée de l’Amérique » Mary Pickford pour le rôle-titre (elle joue la petite fille à 25 ans : ces incongruités bien déguisées n’ont pas attendu Disney Channel ou les séries télés pour ados). Cette première adaptation est très fidèle, contrairement à la version de 1939 avec Shirley Temple ou plus encore celle de Cuaron en 1995.

Le film (signé Marshall Neillan – réalisateur et acteur dans de nombreux courts d’Allan Dwan) met en valeur les bienfaits d’une éducation classique et exigeante, avec le contrôle, l’affection et la reconnaissance du père au cœur du processus. Transformée en souillon lorsqu’elle est envoyée à l’école de Miss Minchin (jouée par Katherine Griffith), Sara reste forte, c’est même elle qui réconforte. À l’issue s’annonce un retour à son niveau d’aisance et par suite de respectabilité sociale, sans qu’elle ait perdu sa grâce entre-temps : la méritocratie salue les princesses intégrales, princesses de la besogne jusqu’à l’os. Le ton est extrêmement positif et l’horreur, la perspective de la solitude, les ombres sont vigoureusement démentis voire refoulés.

Sombrer est donc en partie une affaire de laisser-aller, en tout cas pour une petite princesse si gâtée à la racine comme l’a été Sara. Cette force lui permet de sauver sa camarade Becky, petite Cendrillon sans soutien ni destinée. Le duo est le principal atout du film, Zasu Pitts s’avérant à la hauteur de la star et offre un complément de plus en plus convaincant. Becky est naïve et stable, charmante et faible, quand l’autre s’alourdit en vieillissant, passe de la soumission active à l’activisme de cheftaine, en étant toujours lisse au maximum ; mais aussi en étant doté d’un charisme monstre, quand Pitts est ‘simplement’ attendrissante ou appétissante. Pitts a alors 23 ans et sera qualifiée de meilleure actrice en exercice par Stroheim lorsqu’il la dirigera, en 1924, dans Les Rapaces (puis Symphonie nuptiale).

Le spectacle est simple, les enfants pourront comprendre et les petites filles prendre commande. Mais c’est que le film est limpide en tout. Visuellement et techniquement, il est d’une grande qualité, avec des séquences longues, une caméra ne perdant pas de détails en se rapprochant ou s’éloignant. En négatif il n’y a qu’une minuscule poignée de raccords douteux, mais ils servent une volonté ‘expressive’ et sont les résidus d’une attitude courante à l’époque. L’imagination a sa place et autorise quelques audaces, comme les mouvements de marionnettes ‘magiques’ ou les rêveries orientales en milieu de séance (faisant écho aux contes racontés par Sara). À l’heure où Cabiria (1914) et Naissance d’une Nation (1915) sont encore frais, ce film ravissant rejoint le haut du panier.

Note globale 67

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Suggestions… Mary Poppins

Scénario & Écriture (3), Casting/Personnages (3), Dialogues (2), Son/Musique-BO (-), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (3), Ambition (4), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (2)

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