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102 DALMATIENS *

20 Sep

102 dalma

1sur5   Porcherie ! Abomination ! Les 102 Dalmatiens est parvenu à tirer vers la médiocrité deux entités géniales : Cruella et Gérard Depardieu. Si ces deux phénomènes ont eu le tort de se prêter au jeu, le coupable est Disney. Après le succès au box-office des 101 Dalmatiens, les studios improvisent cette suite, sortie cinq ans plus tard en 2001. Cette fois ils sont 102 et sont montés de toutes pièces, car il n’y a aucune filiation avec une quelconque œuvre antérieure.

Après le conservatisme, le jeunisme et la coolitude, associés bien sûr à une dose pachydermique de mièvrerie et de moralisme de mégère sans âme. Les 102 dalmatiens pousse la niaiserie à un degré écoeurant et donnera des crampes d’estomacs à n’importe quel enfant un temps soit peu éveillé. Tout est minable, jusqu’au moindre détail. L’histoire est tellement imbécile qu’un réalisateur Z alcoolique se sentirait honteux d’avoir à ce point manqué de cohérence ! Comprenez tout de même que la femme dans le couple à dalmatiens est la fille d’Anita et de Roger, les propriétaires de Perdita et Pongo dans le précédent film.

Elle est leur fille et Cruella vient de sortir de trois ans de prison. Ce n’est pas totalement incohérent : de toutes évidences, Cruella n’est pas beaucoup plus vieille que dans Les 101. Oui mais la fille d’Anita et Roger a déjà une vingtaine d’années ? Que tous les auteurs de ce film soit brûlés vifs pour leur insondable connerie ! Qu’ils se complaisent à mettre au point un tel dégueulis est tout à fait concevable après tout, mais qu’ils manquent à ce point de rigueur logique, à ce niveau là qu’un trip surréaliste aurait du mal à justifier, c’est d’une connerie criminelle. Planquez-vous à tout jamais !

Ce couple d’ailleurs est absolument imbuvable. Celui des 101 était assez élégant, poli, parfois même drôle, celui-ci est à vomir. Deux braves petits blaireaux angéliques, elle très responsable et très très mature, lui chaotique c’est vrai mais enfantin et si pur. Mais qu’ils crèvent, que Cruella débarque pour les crucifier et les ébouillanter vivants ! Entre Cruella, dernier rempart avant l’apocalypse artistique et spirituel ! La voici, avec une Glenn Close qui s’amuse manifestement, assure le minimum avec dérision. La nouvelle Cruella n’est pas à la hauteur de celle éprouvée, mais elle a une certaine valeur et sera, effectivement, le seul atout de cette purge infâme.

Mais attention : Cruella 2, ça donne Ella, le versant lumineux et charitable de Miss Devil, activiste pro-canin. Comme les auteurs sont stupides ou incroyablement négligents, mais ont quand même été en mesure de percevoir l’intérêt suscité par la Cruella de chair et d’os, ils lui accordent quelques moments de triomphe. Ainsi Ella se voit adulée pendant ses bonnes œuvres, lors d’un clip accompagné d’une chanson ignoble à sa gloire. Mais la nullité crasse ne suffit pas, il fallait aussi faire la leçon et porter un bon message à destination des petits esprits à formater ! Et dans le Disney gâteux (sauvé par Pixar vers 2005 alors qu’il sombrait vers la ruine, qualitativement parlant), les méchants restent méchants, doivent être détestables et inhumains, sans nuance.

Les enfants, regardez ce que ces autres vont devenir, voyons comme ils sont horribles et unilatéraux ! Quand à vous soyez sages, attardés et sensibles comme ce connard de Kevin Shepherd, qui est un peu votre alter-ego, lorsque vous aurez vingt ans de plus et pourrez mener une vie d’adulte sans sacrifier votre bonne petite âme tiède et insouciante. Il ne faut pas se braquer cependant, car Les 101 Dalmatiens aussi était manichéen à ce point et surtout n’a pas fait exprès de rendre Cruella si pleine et valide.

Les 101 Dalmatiens fonctionnait parce qu’il honorait les formes classiques, gardait un certain bon goût malgré son aspect dépressif voir oppressant ; et surtout parce que c’était un film conservateur façonnant un monstre sur-mesure, prêt à susciter la peur et à se faire hair. Le petit juge surdoué de la fin le spécifiait : comme les auteurs du film, il ne comprenait pas un quart de seconde en quoi le spectacle allait pouvoir être fascinant. Cette manne là est liquidée, tout comme l’élégance adoptée peut-être par défaut dans Les 101. Au lieu de ça il n’y a plus qu’un film vulgaire et navrant, condamnant toute forme de  »déviance » et exultant à la fois la candeur et la soumission.

La seule continuité un peu consistante est du côté de Jean-Pierre (français, donc Jean-Pierre) Le Pelt, le nouvel associé de Cruella. Capitaliste exubérant comme elle, c’est aussi un exploiteur sans cœur : Disney et Kevin Lima n’ont pas peur de nous montrer les ateliers où l’oppression se joue, pas plus que d’affronter le salaud en achevant le tout sur la libération de ces classes laborieuses. Allez, c’est au moins une bonne intention : c’est simplement dommage que le niveau d’entendement et la mise en scène soient là encore ceux de primates.

« En ce qui me concerne c’est du gâteau » se substitue à « Pour excès de maquillage ? » et c’est très douloureux. Au goût du jour, un appel d’une grande bêtise à l’inanité, à la passivité et la docilité. À réserver aux enfants déjà demeurés qu’il ne sert à rien d’espérer sauver. Et aux trolls de mauvais goût.

Note globale 12

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