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SUR LES CRITIQUES À VENIR + RÉDUCTION DES NOTES POSSIBLES

16 Jan

Après avoir abandonné les critiques systématiques, le dégraissage s’est poursuivi, par étapes (le ‘Top Hebdo‘ a fini par perdre de son importance). Voici les règles que je retiens finalement (elles étaient déjà en cours le long de l’année 2017).

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Systématique (‘obligatoire’) :

  • sortis cette année (sauf courts-métrages)
  • 9 et 10 (sauf pour les courts-métrages, notamment relevant de séries/collections, type Tex Avery)
  • sortis avant 1910 (même si le film est ‘insignifiant’ ou très court)

Privilégiés (‘autres’) :

  • notés 8 (devaient être inclus dans les systématiques, abandon en novembre)
  • notes basses ou très basses
  • avis divergents (notes et considérations)
  • sortis récemment
  • réalisateur/auteur/personnalité importante-remarquable
  • insolite/underground
  • sortis avant les années 1940
  • inconnus/méconnus/pas ou peu de critiques et d’information
  • polémique (engagé, audacieux ou provocateur)

Mécaniquement, l’abandon concerne également :

  • le Top Hebdo (installé, comme les mini-critiques, lors de l’abandon du ‘systématique’ ; j’ai pensé m’en remettre à un Top Mensuel où les deux premiers seraient retenus, le 3e pourrait être inclus s’il atteignait 8 ; cette option se serait appliquée dès 2018. Finalement, je préfère garder le Top Hebdo sans me soucier de critiquer chacun)
  • les courts-métrages (même les 9 et 10 ne seront pas systématiquement traités, sauf s’ils sont ‘uniques’ – soit non-reliés, que ce soit à un film, une série, un ‘paquet’. Je me contenterais de critiques plus fréquentes pour les 8+ ou les auteurs qui auront davantage suscité mon attention – comme Svankmajer en 2013)

Si une ‘Mini-critique‘ dépasse les 300 mots, j’en fait une critique.

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La seule nouveauté au moment de cette publication est celle-ci :

  • Les chiffres impairs ne serviront plus pour les notes. Seuls des chiffres pairs seront employés.
  • Les notes pleines comme 3/10 ou 8/10 restent trop contraignantes, mais il n’y a pas besoin de tant de subtilités – et la différence entre 46, 47, 45, est sans importance, quand elle existe bien.
  • J’applique des notes en -/+ sur les nouveaux univers, où je ne voulais pas descendre dans le détail mais où là aussi la note ‘pleine’ empêche de faire le tri. Je pourrais donc appliquer, sur les autres univers, la même échelle désormais dévolue aux films.
  • Concrètement, pour un 6/10, il y aura 58, 60 et 62 pour un cas normal ; 56 pour un 6-, 64 pour un 6+. Pour les 10/10 et les 1/10 (cas exceptionnels), extrêmes où les nuances ont une valeur plus symbolique et cruciale que jamais, il y aura trois échelles seulement : 10, 12, 14 ou 96, 98, 100 (le 1 ou 10 standard, le 1 ou 10 ambigu ou ‘light’, le 1 ou 10 absolu).
  • Les notes en -3, notamment les 43-53-73, étaient très employées ; pour tous ces cas il faudra trancher. Les films avec une note en -5, donc notés de façon ambiguë, vont pouvoir sortir de ce flou suspect (en principe, par le haut). Cela permettra aussi d’alléger les tags.
  • Ces notes paires sont ‘exportables’. Il n’y a pas de doute sur la ‘valeur’ attribuée à une œuvre si je rapporte sur 5 ou sur une autre échelle. D’une certaine façon je note maintenant de 0,5 à 5/5 (indépendamment de la note ‘d’intro’ qui ne suit pas toujours une logique arithmétique – au niveau des 5/10 avec 2sur5 et du 7/10 avec 4sur5 – 52sur100 me semble faible pour quelque chose d’aussi positif que ‘3sur5’).
  • Je donne ces notes depuis début janvier et les appliquerais donc pour tout à partir de 2018. Je vais progressivement ajuster les notes anciennes. Je ne ré-ajusterais pas forcément pour les univers autres que le cinéma.
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LE PROBLÈME DES MOYENS-MÉTRAGES & LE DOUBLE CLASSEMENT INTÉGRAL

1 Oct

La distinction entre courts et longs-métrages est compliquée avec tous les cas flottant entre la quarantaine et la soixantaine de minutes. Officiellement, les courts font moins de 30 minutes et il suffit de 60 pour devenir un long. Les moyens-métrages occupent la zone-tampon.

J’ai laissé un certain flottement sur ce sujet, avec une petite poignée de films remarquables posant problème. Aujourd’hui pour départager mon Classement intégral ‘normal’ de celui des courts, je me fixe à cette règle ; et j’inclus les moyens-métrages, même de 59 minutes, dans la masse des courts.

Déjà présents dans le classement personnel des courts sur SC (à distinguer de leur ‘top’ que j’ai laissé de côté) : Prologue (D.Buck 2003, 53′) ; Genesis (N.Cerda 1998, 30′) ; Aftermath (N.Cerda 1994, 30′) ; Notre-dame des hormones (Mandico 2015, 30′) ; La grande extase du sculpteur sur bois Steiner (Herzog 1974, 45′) ; Description d’un combat (C.Marer 1960) ; Cendres (Febo Mari 1916, 30′) ; L’Usine/Fabrika (S.Loznitsa 2004, 30′) ; Le château de Pointilly (A.Arrieta 1972, 37′) ; How Much Wood.. (Herzog 1976, 45′) ; Zéro de conduite (Vigo 1933, 42′) ; Brute Force (Griffith 1914, 30′) ; Le livre de Marie (Miéville 1985, 35′) ; Le mot de Cambronne (Guitry 1936, 36′) ; Inauguration of the pleasure dome (Kenneth Anger 1954, 38′ – pas noté).

Prologue était en tête du Classement intégral des courts.

Dans le classement intégral : Krysar (Jiri Barta 1986, 53′ – pas noté) ; The Unknown (Tod Browning 1927, 50′). Peut-être d’autres. Ces films sont dans le Panthéon/top100 (pas mis à jour depuis octobre 2015), où ils peuvent rester.

Les films, même avant 1920, de moins de 60 minutes doivent être inclus dans les courts. Je me suis posé la question pour les équivalents de ‘longs-métrages’ des premières années, mais finalement leur meilleure place reste parmi les courts, car le point de vue d’un moment, même charnière, ne peut prévaloir.

Les Masters of Horror, avec leurs 55 minutes environ, sont des courts plutôt que des films normaux.

FIN DES CRITIQUES SYSTÉMATIQUES

3 Avr

J’abandonne mon but 1 séance = 1 critique. Je l’ai acté en mettant une note à En présence d’un clown (3211e film recensé sur SC, à 1318 critiques dont 1285 films) et le reliant à des listes, sans que ce soit en livrant une critique (ce que je faisait depuis au moins deux ans).

 

Je continuerais à faire des critiques systématiques pour les films :

Je serais plutôt enclin à passer à la critique dans les cas :

  • avec ou par une personnalité qui m’intéresse particulièrement
  • où mon opinion/point de vue est en dissonance
  • les courts-métrages (presque tous dans ma liste ont une critique actuellement)
  • les notés 8/10
  • les raretés ou les films insolites

Il y aura d’autres critiques en bonus, sans plus aucune obligation de ma part. L’univers ‘Films’ aura toujours un statut spécifique pour moi, mais l’univers ‘Livres’ pourrait devenir aussi important. J’y ai encore beaucoup à rattraper (ma bibliothèque SC compte actuellement 219 livres).

Les films vus en 2017 avant ce changement et qui ne sont pas encore notés/critiqués le seront (Affreux sales et méchants, Cartel Land, etc). La dernière critique avant la fin de cet engagement était pour Les intrigues de Sylvia Couski (vu sur MUBI). Voir le Journal de mars.

Ce principe 1 film = 1 critique était en vigueur depuis 2013-2014 et dans l’ensemble j’ai tenu. Certains des meilleurs films, appelés à être revus, sont restés sans critiques, car je donne généralement la priorité aux cas où je suis plus ‘froid’ et ceux sur lesquels je ne veux pas avoir à revenir. Cela va donc changer, ces derniers seront simplement noyés dans la BDD sur SC.

ADIEU AU ZERO & NOUVELLES NORMES

31 Déc

À l’aube de la nouvelle année, c’est le moment d’officialiser quelques changements. Il y en a deux importants :

  • plus de zéro dans les notes

  • un article par jour sur le blog

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ADIEU AU ZÉRO

La suppression du zéro s’impose car :

  • je n’en ai pas mis depuis trois ans – même si certains en étaient proches, de les tenais plutôt dans les nuances de l’ultra-médiocrité (6,8,11 sur 100 par exemple)

  • un zéro doit être un pur zéro : le cas des 1 à 4 sur 100 est donc problématique. Il n’y en a pas eu depuis que j’ai ouvert le blog. Ils imposent une nuance dans le zéro qui n’est pas défendable et donc un 0.1 à 0.4/10 est ramené arbitrairement à 1/10.

  • Le 0 est absolu or la plupart des 5sur5 et des 10/10 ne sont pas des absolus.

Je préfère désormais tout noter officiellement (car c’est déjà le cas dans la pratique) à un minimum de 1. 1sur5 donc dans mes en-têtes ; sur 10 comme SC et IMDB le pratiquent.

Les notes iront donc de 10 à 100. Le 10sur100 prenant la place du zéro. Uniformité pour les damnés.

Par conséquent :

  • Les anciens articles à zéro passent donc à 1 sur 5. Mais ils restent à la note minimale : le 10/100, indice du rejet absolu. Il s’agit donc seulement de V pour Vendetta et de Guinea Pig, deux films vus et chroniqués bien avant la création de ce blog (vous pouvez consulter le tag « Chroniques pré-Zogarok » pour retrouver de tels articles).
  • Les films dont les notes étaient en-dessous de 10 vont passer à 10/100 (le ‘nouveau zéro’). Pour ceux-là, j’avais justement hésité avec le 0 absolu, ce qu’ils valent, peu importe les comparaisons (voilà un élément inhibant le jugement implacable : il y aura toujours plus nul ou indigne).
  • Passent à 10sur100 : Les Garçons et Guillaume (qui était à 4), Canine (à 6) et les deux zéros enregistrés à ce jour.
  • Montent plus haut : Les damnés à tort faisant les frais de ce concept mesquin qu’est le zéro. Certains films avaient moins de 10sur100 parce qu’ils sont particulièrement médiocres ou détestables, appelant donc une mauvaise note spectaculaire, sans pour autant mériter la condamnation ultime. Ainsi T’aime (à 9) passe à 11.

Mes notes sont modérées

Je note rarement de façon radicale : les 1sur5 et 5sur5 sont rares. Il y a aussi très peu de films mal notés. Ce n’était pas le cas au début de ma cinéphilie, avant la création de Zogarok. Aujourd’hui je suis pourtant plus éclectique encore, mais je laisse davantage de côté les films mineurs ouvertement mal conçus et destinés à se perdre dans les poubelles, qu’il s’agisse de produits  »de masse » ou plus confidentiels : je fais référence à des choses comme Les Tuche ou Boule & Bill dans le premier cas, ou tels Atrocious dans le second.

Mais face à ce genre de produits sans style ni ambition, je crois délivrer des jugements modérés : Les Profs par exemple reste dans la catégorie intermédiaire avec un 2sur5 et ** (de justesse), tandis que sa note sur 100 est juste modérément en-dessous de la moyenne (43). De même, des films me contrariant profondément ou ne stimulant rien chez moi peuvent avoir ce genre de notes intermédiaires ou modérées, voir monter vers un petit 3sur5 si je leur trouve une richesse  »objective » par-delà mon sentiment général.

 

UN ARTICLE PAR JOUR

Règles du blog maintenues :

=> Toujours publier juste après minuit, sinon dans les premières heures de la journée. Préciser pour les cas particuliers.

=> Un seul article par jour. À casser en cas d’extrême urgence (lien brûlant avec une actualité immédiate par exemple), en précisant l’heure également.

Voici les règles ne s’appliquant plus depuis Septembre :

=> Publier deux jours d’affilée au maximum. Le stock d’articles à venir est trop grand -et cela depuis le début- pour retenir encore autant les publications ; car à ce stade, des centaines d’anciens articles vont s’endormir pour réapparaître dans des années ou s’oublier.

=> Jamais plus de 4 jours entre deux articles. Obsolète, par conséquent.

J’ai commencé par publier 2/3 jours en Septembre, où le blog a cumulés 20 articles, juste après son record absolu en Aout (déjà seize!). Et depuis Octobre 2014, il y a désormais un article chaque jour, à deux-trois exceptions par mois. Il y a donc eu 28 articles en Novembre et 31 en Décembre, premier mois comptant 1 article par jour.

SENS CRITIQUE

Améliorer la lecture des articles :

Pour ceux qui aimeraient un format plus ‘lisse’ que celui du Blog et les ennemis du jaune, vous pouvez me lire sur Sens Critique. À la fin de chaque article, en plus des liens vers Allocine et IMDB, vous en avez un vers mes chroniques sur SC (généralement « Zoga sur SC »).

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Bonne année 2015.

Dès demain, tout le bilan de 2014 au cinéma ; puis les « Dernières Séances » de l’année.

BILAN ANNÉE 2013 – CINÉMA

1 Jan

C’est une excellente année qui se referme à l’instant. A l’image de l’ensemble de mes découvertes, pour 2013 : une majorité de films moyens-bons ou mitigés, peu d’épaves, beaucoup de films notables et un lot conséquent de grosses notes. Si c’est une nouvelle année sans 5sur5, les 4 ont été nombreux et les deux premiers du Top resteront des références capitales. 

Pour atteindre l’article concernant chaque film classé ici, cliquez simplement sur son titre.

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1 – MANIAC **** (82)

Ça ressemble à un conte où la génitrice aurait désertée et les bonnes fées arriveraient trop tard – trop tard pour réparer cet enfant basculant tranquillement dans la monstruosité. 

 

2 – ONLY GOD FORGIVES **** (81)

Avec férocité, il manifeste dans Only God cette volonté d’ancrer les émotions et les situations au travers des symboles (renforcée par la collaboration avec le chef opérateur de Eyes Wide Shut) ; tout est en place pour la convergence vers la représentation parfaite. Les scènes paroxystiques se succèdent ; on peut y voir du vide, il n’y a pourtant qu’à sentir tout ce qu’elles exultent. Les personnages sont précipités sur le ring et à chaque instant nous partageons leurs vertiges ou cédons à leurs caprices.

3 – WORLD WAR Z *** (76)

Il faut attendre la fin du métrage, assez recueillie après de poignantes aventures, pour relativiser son ampleur. On se sent manipulé de la meilleure des façons.

4 – PACIFIC RIM *** (74)

On est tenté de résumer Transformers meet Inception, mais Pacific Rim est encore au-delà puisque Guillermo del Toro y invente tous les repères, pour un spectacle titanesque, auto-référencé, à la fois mature, généreux et ingénieux. En parfait geek revendiqué, le cinéaste mexicain accomplit un rêve d’enfant en rendant hommage aux kaijueiga, ces films de monstres japonais ayant donné lieu à plusieurs franchises dans les 50s et dont Godzilla est la figure la plus représentative.

4 – THE INCIDENT *** (74)

Les seuls ténèbres chatoyants des couloirs de l’asile justifient la vision de The Incident et imposent l’emprunte graphique raffinée de son auteur. Si ce survival en hôpital psychiatrique évoque les Carpenter (L’Antre de la Folie et Halloween notamment) les plus physiques et impactants, il se démarque aussi par le travail opéré sur ses ambiances et jeux de lumière. Courtès exploite à fond le caractère lugubre des lieux, appuyé par Baxter, monteur d’Aja (et pour Livide).

6 – THE CONSPIRACY *** (72)

En résulte une séance paranoïaque assez exaltante, où on se perd soi-même en spéculations, tout en restant captif du film. Il parvient à faire vivre cette sensation d’être au seuil d’une omniscience terrifiante, dans une vision où nous serions piétinés, mais où pire encore, tout ce qui existe, a été et sera jamais est dérisoire. Et c’est justement l’intérêt des constructions complotistes : elles montrent la réalité telle qu’elle est naturellement, mais avec des protagonistes agissant comme des esprits malfaisants et occultes. 

7 – EVIL DEAD *** (68)

La version 2013 n’est pas dans le jeu comme l’était le premier Evil Dead : elle fait dans le premier degré et le cauchemar pur, perdant progressivement toutes ses nuances (légèreté, banalité, réalisme). L’héritage de L’Exorciste, avec la Mia possédée, se fait également sentir, tandis que le livre de sang s’inscrit dans la filiation du Necronomicon de Lovecraft, ce grand totem. L’ensemble est sans surprise sur le fond, mais incroyablement explicite et volontaire, soignant jusqu’au fétichisme son bestiaire macabre, pour se muer à l’occasion en conte barbaque et déviant.

8 – LA REINE DES NEIGES *** (67)

Le pur spectacle de Noel emprunte ainsi la voix du thriller pour enfants, de la romance et de l’aventure initiatique. C’est par la prise de conscience de ses héroïnes que ce monde devient parfaitement merveilleux. La Reine des Neiges est un Disney moral équilibré comme rarement.

9 – THE CONJURING *** (66)

Conjuring est une nouvelle démonstration de la capacité de James Wan à transformer et transfigurer des enjeux simples ; lorsqu’il touche à un genre, même si c’est pour embarquer des repères déjà éprouvés, on a l’impression d’emprunter des sentiers jamais battus ; et effectivement, on explore le monde d’un maître en action, donc quelque chose de singulier, qui ne transgresse pourtant pas nécessairement de vieilles coutumes, mais les ressuscite plutôt. 

9 – ALABAMA MONROE *** (66)

Alabama Monroe est un mélodrame voué à séduire en masse et rester dans de nombreuses mémoires. Par son thème touchant et universel (le cancer et la perte d’un enfant), aussi pour ce père pétant les plombs, dont les envolées furieuses et pathétiques suscitent l’empathie, éventuellement l’adhésion (ce sera le cas pour les athées revendicatifs et plus généralement, les défenseurs de points de vues empiriques et rationalistes sur la race humaine).

9 – CLOUD ATLAS *** (66)

La perspective holistique de Cloud Atlas sert un dessein optimiste et héroïque, arguant que le bien accompli par un être ne s’évanouit pas, mais génère des conséquences favorables au-delà de lui et de son temps. C’est aussi le principe des « gouttes d’eau » réunies, déjà à l’œuvre dans V pour VendettaSur le fond, Cloud Atlas est un concentré des totems de la SF (Soleil Vert notamment) ; tandis que les thématiques récurrentes des Wachowsky servent de boussole socio-politique. Il s’agit toujours de luttes contre l’oppression : dans un hôpital, dans un monde du totalitarisme industriel et fun, dans un autre corrompu ou une société gangrenée par la haine de la non-conformité. 

12 – DARK SKIES *** (64)

La réussite notable du film, c’est justement d’exploiter ces phobies ou sensations récurrentes, mais mal identifiées, qui aujourd’hui opèrent une véritable contagion : crainte des conspirations, peur de l’exclusion et du déclassement, solitude des individus face aux systèmes invisibles et donc inqualifiables (puis aussi, par extension, la phobie de l’État et des organismes officiels si typiquement américaine). 

12 – FIN-THE END *** (64)

Allégorique et mystique, le Prix du Jury de Gerardmer 2013 offre une belle balade dans un hypothétique espace sans écho, avec un final lyrique en prime et une dimension humaine marquée. Les limites du métrage concernent sa réticence à déflorer quelques révélations et à adopter un ton coriace, dispensant par ailleurs la mise en scène d’épreuves vraiment redoutables de façon homéopathique. C’est peu de choses compte tenu de l’intelligence du style et du récit, dont l’épure et la sophistication tendent à la virtuosité intégrale.

14 – AFTER EARTH ** (60)

Le contexte réduit et la bulle survivaliste de cette Terre post-apocalyptique amplifient les confidences et la proximité émotionnelle ; le rythme est lent, l’atmosphère intimiste ; c’est un chemin vers la réconciliation et la maturité pour cet adolescent et c’est bien sous cet angle que le film touche au plus juste. 

14 – THE PURGE / AMERICAN NIGHTMARE ** (60)

Si le film est presque démuni face à ses propres idées, en se rangeant aux 
solutions de ses protagonistes, il sait aller au bout de ce qu’il propose et en 
tire les leçons et le sens politique (la sauvagerie des plus propres d’abord, 
puis les nantis eux-mêmes pris au piège du darwinisme social dont ils 
s’accommodaient à l’instar de Mary – voir dont il vivait, comme c’est le cas 
de James). Et à ce jeu monstrueux, The Purge est d’une habileté remarquable, 
transformant un programme basique de survie en métaphore vivace. 

16 – THE CROODS ** (60)

Pour les enfants, The Croods évoque les limitations et la gêne posées par la 
famille et le film pourra donc cimenter certaines de leurs prises de 
conscience et générer un attachement dont ils seront redevables ; autrement 
dit, The Croods peut s'infuser dans l'esprit d'une génération de cinéphages 
encore impressionnables, là où la plupart de ses concurrents ne dépassent 
pas le fast-food et la grimace inconséquente.

17 – PRISONERS ** (59)

Quelque chose est profondément décevant dans ce spectacle de deux heures et demi. Ce n’est pas au rayon thriller qu’il se trouve ; l’ensemble est sombre, raisonnablement tendu, avec son quota de mystères, de fausses pistes. En revanche, pourquoi le film n’assume pas les points de vue qu’il légitime ( »la fin justifie les moyens », fatalité pénible mais logique et nécessaire ; la sanction pour les monstres, si faibles ou malheureux soient-ils), pourquoi n’accepte-t-il pas de confronter avec la violence et ses implications définitives ? C’est la rançon du refus de la tragédie au profit du réalisme sinistre, avec sa pureté présumée. 

18 – LONE RANGERS ** (58)

Parfait divertissement estival, sorti en cet honneur, Lone Ranger cumule un rythme frénétique et une démarche esthétisante de chaque instant. Importé au Far West, Johnny Depp se montre plus mesuré et adulte. Tous les personnages dégagent un franc charisme. L’ensemble est impeccable, étonnamment mélancolique. La sensation d’un raffinement un peu vain est présente elle aussi. 

18 – HUNGER GAMES : L’EMBRASEMENT  ** (58)

Le film est en mouvement perpétuel et répond bien aux impératifs plus strictement sensoriels, sachant trouver la place pour chaque exigence. Le commentaire politique et les élans émotionnels semblent presque coordonnés selon un calcul très précis, comme si tout avait été pesé pour atteindre un juste temps mais aussi degré de présence. Sur toute sa conséquente longueur (2h26), on trouve satisfaction sans se sentir jamais gavé ni ennuyé.

20 – MAN OF STEEL ** (52)

Or si le propos de Snyder invite subtilement à une distanciation par rapport à ces principes historicistes, il n’évoque la « liberté » que pour mieux justifier son indifférence à l’égard des masses, sinon en tant qu’instrument (et obstacle éventuel, voir parasite) de la société de ses désirs : celle du règne de maîtres se tenant pour auto-engendrés à la différence du commun des mortels, entité dont ils se servent par ailleurs de support pour matérialiser leurs projets.

C’est une seconde fois le discours élitiste d’aspirant-illuminé qui travaille le film et lui confère un sens particulier. Cette fois l’œuvre tient plus de la projection idéaliste que de la métaphore souterraine ; et elle ajoute au double-niveau de lecture (affaibli) un double-niveau de langage. Ainsi, avec Man of Steel, le cinéma de Syner revendique ses chimères grandiloquentes (avec une facette altruiste) tout en étayant sans relâche sa misanthropie et son dégoût des masses ; qu’elle tend à confondre en même temps qu’il fait l’éloge de l’individu.

21 – MAMA ** (50)

Cette rencontre du spectre vengeur de l’horreur japonaise et des fantômes pleureurs de l’horreur espagnole s’ajoute au lot commun de la confection de ghost-movie. Mamá abuse des effets traditionnels ; elle va même plus loin en calquant son synopsis sur les techniques, sacrifiant le suspense et une grande part d’identité. Jump-scares récurrents, personnages mutiques le dos tourné, symphonies alarmistes…

22 – DIE HARD 5, BELLE JOURNÉE POUR MOURIR ** (49)

C’est donc un retour aux principes des trois premiers Die Hard, pas pour 
l’extase mais pour une honnête séance : c’est de l’entertainment débridé, 
un surf avec une jungle urbaine où rien n’est jamais si grave, aux côtés de 
personnages sympathiques (façon Michael Bay, mais avec des humains).

23 – L’INCONNU DU LAC ** (46)

Si vous aimez les défilés de bites molles, allez-y. Votre degré d’affinité avec l’existentialisme absurde déterminera votre appréciation du film. A noter l’apparition d’un troll mystique à la 10e minute : « t’as pas vu des femmes ». Dommage qu’il parte si vite.

23 – ELYSIUM ** (46)

Il n’y a certainement pas ici l’essence d’un grand film qui se serait raté, c’est 
un blockbuster modeste, avec cachet humanitaire et belle inspiration esthéti-
que, manifeste en toutes situations, elle-même rapidement à bout de ses
potentialités. Tout de même, des repères solides sur un futur réaliste, mais 
pour quel dénouement crétin (le bonheur pour tous, c’est si facile) et 
impulsif : c’est qu’il s’agirait de préméditer l’avenir avant de laisser 
triompher ses braves émotions.

25 – LA STRATÉGIE DE LA POUSSETTE ** (45)

La Stratégie de la Poussette repose fondamentalement sur son casting, intro-
duisant par exemple des sketchs sur-mesure pour Jérôme Commandeur ; c’est 
bien cette équipe fonctionnelle qui débride, avec sa fougue un peu morne (si 
caractéristique d’une génération de trentenaire ancrés et faussement 
enthousiastes), car on ne remarquera dans l’exploitation du sujet que 
l’ascension de l’intro. 

25 – HITCHCOCK ** (45)

Agréable et léger, mais exagérément traditionaliste (dans ses avatars mais 
aussi dans chacun de ses tics de fabrique), Hitchcock rappelle l’Albert Nobbs 
de Glenn Close et s’inscrit dans les tristes et strictes mœurs du genre. C’est 
une biographie ronflante, avec un thème et un personnage hors-norme, 
engoncé dans une approche du cinéma scolaire et pompière. Les petites 
saillies du film, les You know ; I don’t care & cie, ne font que révéler son 
conformisme exubérant ; Hitchcock, le long-métrage et le personnage, est 
exactement comme un bourgeois prenant de la distance avec les siens tout 
en restant organiquement et perpétuellement encadré par ces ornières 
chagrines. Un univers bien pépère et désuet simulant l’audace, voilà qui trahit 
la véritable nature du grand Hollywood du début de l’après-guerre.

27 – WARM BODIES ** (44)

(bientôt)

27 – LE DERNIER PUB AVANT LA FIN DU MONDE / THE WORLD’S END ** (44)

Toutefois l’escapade a beau virer à la SF, après la découverte des humanoïdes et de l’anecdote du liquide bleu (inspiration prise chezReal Humans ?), c’en est globalement fini des surprises. Petit mais, c’est vrai, pas si déplaisant en définitive avec une intéressante vision des « infiltrés » de l’esprit de sérieux et du conformisme post-adolescent.

29 – THE MULE – BORDER RUN ** (43)

Ce n’est pas si catastrophique, loin de là ; bien des direct-to-video n’attei-
gnent pas ce niveau. Le fil conducteur est net, le film a beaucoup à démontrer 
plutôt qu’à dire ; sur le plan du divertissement, il est à la hauteur, plutôt 
comme production audiovisuelle dynamique que comme film de cinéma 
compétitif. Par ailleurs, si la vision est un peu brouillonne et tourne en rond, 
The Mule a le mérite de prendre son sujet à bras-le-corps.

30 – LES PROFS  ** (42)

Actuellement film français le plus vu sur les sites de streaming, gros succès en salles, Les Profs est un spectacle laborieux et recycle de vielles farces. Mais alors que King Guillaume se noyait sous le bric-à-brac, le nouveau film de Pierre-François Martin-Laval (réalisateur et interprète de Mr.Polochon), si nanardesque ou naveteux soit-il, n’ennuie jamais. Cette essence des Robins des Bois est bien là pourtant, qui renforce la ringardise. Mais elle est nuancée par les performances d’acteurs en grande forme.

31 – V/H/S 2 * (41)

V/H/S 2 est une baudruche gore et morbide au possible, un truc d’ados et de légers tarés obsédés par le barbaque et l’absurde. Ne pas le dire ce serait simplement ignorer son caractère. On s’ennuie légèrement et finit par pester contre autant de brutalité sommaire ; en même temps, il y a de vraies démonstrations d’horreur, une pureté dans le trash et le happening underground (l’attaque d’un anniversaire d’enfants par les zombies). Pas de nuance, pas de double sens, toujours un premier degré parfait, y compris dans l’aberrant. Ça en fait une curiosité. Certains y voit déjà un futur classique ; peut-être certains de ses exploits peuvent sembler anthologiques (les visions démoniaques du troisième opus peuvent plaider en ce sens).

 

32 – UPSIDE DOWN * (40)

Upside Down pourrait ressembler au film SF tout-terrain du futur : fonction-
nel, opulent, insipide, il mérite d’être diffusé dans toutes les zones de transit, 
les seuls contextes où chacun peut se repaître d’une daube pyrotechnique et 
dégoulinante, sans faire grief de la sécheresse à l’œuvre parce que cette furie 
placide accompagne le mouvement. Bref, c’est un film à voir entre deux portes, 
dans un couloir métaphorique, là il prendra tout son sens et aura sa place.

33 – PAULETTE * (38)

(bientôt)

34 – YOU’RE NEXT * (33)

You’re Next est un strict film de genre, parcouru de références cinéphiles… on compte ses pouces, on en a vu mille de cet acabit. Ce n’est pas spectaculairement mauvais, juste banal et terne (la présentation est effroyablement lourde et pâteuse). Pourquoi tellement de bruit pour… rien de plus que d’habitude !? Une forte minorité de cinéphages a soudain découvert le home invasion ?

35 – LINCOLN * (29)

C'est le parfait film pour l'humble homme lissé du quotidien, au racisme 
inconscient et à l'anti-racisme inconséquent, qui pourra célébrer son libéra-
lisme vertueux tout en tenant un brave égalitariste sur sa gauche, histoire 
de posséder une bonne et teigneuse conscience à disposition et se flatter 
de ses idées, sans non plus s'y sacrifier au cas où on irait trop loin. 
Pathétique bouffonnerie lustrée et boursouflée, par une industrie de 
conservateurs masqués prêt à s'engager dans la défense du petit 
personnel, tant qu'il est et reste invisible.

36 – BOULE & BILL * (24)

Les auteurs n’ont pas pensé un instant à ménager un effet dramatique, ou à insuffler un simple regard spécifique à leur mascotte présumée. Dans ses minutes les plus intenses, le film s’illustre par des séquences hautement rock’n’roll, avec Bill faisant courir son maître Dubosc ; ou la poursuite du camion-poubelle avec Sardou à fond les ballons. Wouhou ! Le plus consternant se concentre autour de la tortue, de sa romance aberrante avec le chien en passant par ses numéros chantés ou encore son entrée sur « Harley Davidson ».

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Moyenne des 36 films vus en 2013 : 56sur100 
(1987/36)
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Bilan Cinéma 2012 
Bilan Cinéma 2011


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Films de 2012 vus après > Excision, De rouille & d'os, 
L'amour dure trois ans, Killer Joe, Le Territoire des 
Loups, The Grey, Ted, Les Nouveaux Chiens de Garde, 
Les Kaira, The Secret, Le Hobbit: un voyage inattendu

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