Archive | janvier, 2020

SCANDALE / BOMBSHELL *

28 Jan

2sur5  Une séance très abordable et même divertissante grâce à sa tournure de mockumentary racoleur, simpliste et déterminé tout en dégoulinant de partout, l’absence de rigueur et la préférence pour la satire aidant. Les bons mots pleuvent, souvent de la bouche du méchant, généralement pleins d’une vulgarité et d’une médiocrité rendant le spectacle comique pour n’importe qui n’est pas crispé (soit par l’importance d’un si noble combat, soit par son ignominie) et pas exigeant. Malgré toute sa vertu et son engagement le film commet des lapsus étranges, spécialement via le personnage lamentable de Nicole Kidman [troisième et dernier stade pour la blonde archétype de Fox News] – qui effectivement se paye une revanche et cherche à faire fructifier son malheur et se défausser de sa décrépitude. Quand elle signe un contrat qu’elle bafoue d’avance et que le film choisit de se terminer là-dessus, on s’explique mieux la présence (probablement aussi à mettre sur le compte de la maladresse et de l’incompétence) d’ouvertures et d’ambiguïtés ; et on sait ce qu’il faut attendre.

Le film semble mettre de l’eau dans son vin revendicatif [victimaire], spécialement via Megyn, de loin la plus intéressante des trois femmes ; Kayla n’est qu’une friandise pour les deux sexes, sauf peut-être pour les envieuses flétries. Probablement sa relation saphique sert à retourner les clichés et les attentes machistes.. ou bien c’est l’ordre patriarcal qui continue d’imprégner jusqu’à ses honnêtes pourfendeurs – plaignons donc le film pour ses fautes et prenons-les comme témoins ! Aussi quand Gretchen déborde de jalousie entre autres mauvaises passions, le film semble le présenter positivement, comme l’expression d’une grande et forte femme humiliée mais sur la voie du triomphe. Pourtant on la voit introjecter le puissant Roger avide de loyauté – les demandes libidineuses en moins, le carriérisme et l’orgueil en plus. Et quand des arguments atténuant la monstruosité de la cible, ou même son ascendant, sont apportés, ils se noient immédiatement dans le flot d’une narration excitée mais pas vive à tous les degrés.

La cause est loin d’être flattée. Les cibles faciles ou à l’ordre du jour sont chargées, les victimes ‘safe’ sont montrées acculées puis applaudies ; heureusement le film n’est pas aussi sommairement con et grotesque que son ouverture le laisse présager – la présentation des locaux par Charlize/Megyn est un sommet de cette potentielle ironie qui pourrait n’en être aucunement – peut-être que les Barbies aiment trop leur rôle malgré tout. À quelle vague doit se rattacher ce féminisme ? Féminisme corporatiste ? Féminisme pour post-bimbos nanties ? Féminisme des collaboratrices ingrates une fois le pactole ramassé ? Même le courage et l’authenticité sont relatifs, il vient un temps où ils ne sont plus que de façade.

À défaut de prises de positions claires concernant les questions sérieuses, relatives au pouvoir et aux hiérarchies, on à droit à des scènes curieuses et des répartitions des points pour le moins clivées. Climax du dégueulasse vomi dans un canevas convenu : l’opposition entre le collaborateur indirect soutenant les poursuites contre Ailes, avec sa kippa lors d’une réception ; à l’autre bout du fil un proche de Roger sortant d’une église catholique/protestante [prononcez ‘slash’]. Pourtant cette maison-là a bien produit Weinstein et Eppstein mais peu importe ; à la limite il manquait un enfant au bout de la bite de l’aspirant sosie assurément dégradant de Rudy Giuliani. Mais ce serait aborder trop de fronts à la fois et minorer la saine, juteuse et paisible cause des femmes [célèbres lésées et affamées]. Bombshell n’est pas totalement pusillanime, il sait même donner le nom des Murdoch, indiquer leur emprise et le népotisme ; mais il est comme figé face à eux. Peut-être ce cas reflète trop celui des grandes filles du film ; à tous les étages c’est une bataille entre ouvriers de l’establishment et gros décideurs apparemment indéboulonnables.

C’est quand le temps vient de verser dans le sentimentalisme ou de prendre des grandes poses de combattantes que la gaudriole vire au malsain. Les plans pleins de commisération sur la fille de Kidman restent le plus pathétique dans le premier registre ; dans le second, la déclaration de Carlson d’après laquelle Roger (et par extension les hommes de pouvoir) sèment la discorde entre les femmes est bien gratinée aussi. C’est balayer deux possibilités : induire en compétition, voilà ce que font les patrons ou les supérieurs à leurs inférieurs ; voilà ce que savent s’infliger les employés, ou simplement les gens, y compris les femmes même [surtout] en vase-clos. Enfin ce rejet de toutes sortes de vices et spécialement ceux qui nous habitent sur un épouvantail est le propre de toutes les idéologies, de tous les groupes sociaux en surchauffe, puis de probablement tout ce qui se consolide dès qu’on est plus de deux désocialisés sans intérêts pressants et particuliers. Décidément rien d’original.

Attaquer un patriarche et un tyran, La llorona vient de le faire, avec d’autres lourdeurs typiques mais toujours d’une plus grande valeur. Dans celui-là aussi le casting, resserré, est essentiellement féminin, mais ces femmes, également d’un milieu d’élite, n’avaient pas besoin de se déguiser en pouffes de compétition, ni adopter jusque dans leur chair les codes, idéaux et compulsions de la potiche en taillons aiguilles et au discours redondant de brailleuse conservatrice/réactionnaire (un postillon d’Élisabeth Lévy les écrase toutes !). Mais il y a là un examen de conscience trop lourd ; idem pour leur rôle strictement politique, car elles ont été ces égéries droitières bien trop intensément et bien trop longtemps pour rester crédibles en jouant les victimes du système. Mais peut-être que les légions anti-socialistes contiennent plus de femmes perroquets, de cruches vaniteuses et embourgeoisées jusqu’au trognon ? Dans l’avant comme dans l’après, ce sont des guerrières en porcelaine [quoique cette matière soit un peu trop noble et traditionnelle].

Note globale 38

Page IMDB   + Zoga sur SC

Suggestions… Prête à tout + Lion + Society + Showtime + Killing Fields/La déchirure + Spring Breakers

Les+

  • je me suis beaucoup amusé
  • encore un Gros Roger
  • du dialogue con mais bon
  • perspicacité fugitive mais constante

Les-

  • mise en scène des plus grasses
  • écriture pauvre
  • garnitures vilaines, esthétique ‘gâtée’
  • casting paumé (ce qui n’est pas sans charme !)
  • discours maladroit voire confus
  • salement opportuniste

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MINI CRITIQUES SDM 2020 (1 : Janvier)

27 Jan

Désormais les critiques seront rares. Au départ je pensais à un modèle fixe pour les séances de l’année en cours – tous les trois mois, pour autant d’éditions que de saisons ; exceptionnellement tous les six ou neuf mois si je manque les sorties en salles ou n’en vois qu’une ou deux certains trimestres. Finalement je m’en tiendrais à un mois minimum et une année maximum. Je n’inclus que les films vus dans et de l’année, pas les récentes sorties en salles qui appartiendraient à celle écoulée (comme A couteaux tirés le deuxième jour de l’année). Le prochain SDM sera probablement en Mars ou Avril.

Pour cette première vague :

  • Les vétos ** (comédie dramatique, France)
  • L’Adieu/Farewell ** (comédie dramatique, USA)
  • Les enfants du temps ** (animation, Japon)
  • Selfie ** (comédie, France)
  • La llorona *** (drame/thriller fantastique, Guatemala)
  • Marche avec les loups ** (documentaire, France)
  • Adoration *** (drame/thriller/aventure, Belgique – Du Welz)
  • 1917 *** (guerre, UK – Sam Mendes)
  • Underwater ** (fantastique, USA) 
  • Scandale * (comédie dramatique, USA – Nicole Kidman) : critique à venir

LES VÉTOS ** : Sympathique et vaguement séduisant, mais paresseux et tendance à ‘forcer’ : direction d’acteurs souvent lourde, traits appuyés plutôt qu’étayés, humour évident et précipité. Tendance aussi à aligner élégamment les clichés. Le regard est assez plat même si pas sans subtilité, parfois limite crétins comme dans le cas des contrastes entre la vie de chercheur et l’aisance urbaine versus l’engagement et l’affection pour le low-tech en province. Sur la désertification des campagnes avec focus sur une profession typique, Petit paysan est plus complet sur tous les points (et sa platitude musicale vaut mieux que les tentatives d’ici). (56)

Suggestions : Perdrix, La Ritournelle. Au nom de la terre.

L’ADIEU / THE FAREWELL ** : Fin et doux, pas original. Se regarde sans ennui malgré le ressenti d’une séance assez longue. Des rotations un peu désagréables à l’œil, ralentis et recours musicaux lourdingues, petits effets éculés. N’en fait pas trop concernant la conscience des fossés culturels, les positions diverses face aux traditions, aux responsabilités et au principe de réalité. Se place loin des fautes, loin de toutes révélations aussi. Garde une distance, par pudeur peut-être, qui amène à survoler le comique comme le tragique. Des instants croustillants ou révélateurs mais généralement stériles (ce qui concerne l’amant de grand-maman – une relation bien stérile aussi et tellement typique) ; pas d’évolution tout le long du film, même sur les points clés du scénario. Voilà un film raisonnablement compatissant et résolument modéré recommandable uniquement à ceux qui aiment jeter un œil sur les coutumes et les ambiances chinoises, en gardant un pied et des références bien de chez eux. (56)

LES ENFANTS DU TEMPS ** : Japanim décente et ennuyeuse, du kikoo-kawai propre. Quelques beaux plans sous la neige. Identité propre faible malgré les initiatives autour des ‘filles-soleil’. Ampleur importante sur le plan sonore en terme de qualité comme d’originalité, en gardant le sommet toujours très éloigné, mais aussi en évitant l’irritant trop prononcé. (46)

SELFIE ** : Efficace et assez juste, pas téméraire. L’humour est évident, les quatre sketches ont tous un certain niveau de pertinence et balaie l’essentiel ‘superficiel’ sans entrer dans le glauque ou les marges. Le sketch avec Blanche Gardin sert de liant et est le plus proche par son style de Black Mirror grâce à son ton d’une platitude sournoise et son humour résolument blasé. Les personnages sont mêlés, les secondaires appelés à prendre une plus grande place dans un suivant, ce qui permet notamment au protagoniste du quatrième de s’octroyer une espèce de tenue alors qu’il reste méchamment insignifiant. Le premier sketche est très typé romcom et montre le mieux une bêtise absolument pas propre aux médias sociaux : celle des profs. Le second est le plus typiquement relié à l’époque et repose sur un jeune assez débile, au point où on pourrait (à tort) demeurer sceptique quant à sa transformation. Le troisième sketche a des côtés Dupieux et le pathétique l’emporte plus violemment, car le type est aliéné et crétinisé au maximum. Le quatrième s’achève en faisant retomber la pression et suggérant à raison qu’un peu de responsabilisation et de dédain pour l’opinion des autres dégonflerait une large part des angoisses liées au numérique – en même temps c’est une façon de s’accommoder de la captation de la vie privée, donc en tant que fatalisme une sorte de sagesse et de renoncement odieux. (58)

LA LLORONA / THE WEEPING WOMAN *** : Plutôt calibré pour me convaincre, par de nombreux éléments de sa mise en scène (style froid rigide et intimiste, empathique sans tendresse, le réalisateur a parlé de « réalisme magique » en interview), par les thèmes et sensations qu’il illustre (déni et culpabilité, mélange de honte et de loyauté, héritage malsain dont on est tributaire, superstition omniprésente et jouant un rôle propre dans des milieux différents). Pourtant le film traîne beaucoup de lourdeurs (explicitations futiles, probablement pédagogiques, par exemple pour clore la scène entre papa et « princesse ») ou d’auto-indulgence, avec ses lenteurs faciles (y compris pour soit surligner, soit faire planer le doute sur la nature de l’invitée), son symbolisme redondant de la montée des eaux – quand même le truc élémentaire dans le genre. Mais l’immixtion de l’inconscient dans cette réalité crépusculaire et sinistre fonctionne. Elle favorise l’empathie via la projection dans l’autre, pour un ressenti à vif, au-delà des valeurs ou de l’intellect – et donc au-delà de la simple ‘bonne conscience’. C’est une excellente façon de ré-humaniser des personnes trop éloignées – doublées de victimes dans le cas présent.

Entre dans la catégorie des « +85% féminin », beaucoup moins fournie que son pendant masculin. Il aurait pu tomber également dans l’escarcelle du « Cosmopolitiquement correct » et a un fort potentiel de séduction chez les clients du genre, puisque la cible est droitière sur tous les plans et que l’ex-général génocidaire évoque lors de son procès la nécessité de bâtir une ‘identité nationale’ ; en même temps la sympathie pour les Mayas, comme tout ce qui se rapproche du souci des droits et de la réhabilitation des autochtones, a une proximité avec les luttes de libération nationale – par définition cosmopolitiquement compatibles pour un temps. (68)

Suggestions : Le jardin des délices/Saura, La déchirure/Killing Fields, Ne nous jugez pas, La maison du diable, Mama.

MARCHE AVEC LES LOUPS ** : Si on retirait le seul membre de l’Humanité retenu, ce serait excellent. Le milieu du film est ravagé par les laïus incessants de l’écolo militant. Bertrand ne rate jamais une occasion de plaider pour « l’ouverture » d’esprit et accuse « nôtre civilisation » de ne pas avoir le goût du partage. Nous sommes d’affreux territorialistes et Yann Artus-Bertrand le disait déjà, avec plus d’ambition et de visées sociales dans Home. Ici la conclusion est la décroissance et l’éco-centrisme, plutôt que le cosmopolitisme expansif. Au moins la Nature et ses habitants sont omniprésents et pas tenus en laisse ; l’intégrité est là. La pertinence et jusqu’à la bonne foi pas tellement. En-dehors de l’observation de la vie des loups et opportunément des autres animaux, Bertrand ne se préoccupe que de son catéchisme (et de se mettre en valeur en temps qu’insouciant résilient, sans peurs ni reproches – la séquence d’ouverture contient toutes les contradictions et la part d’arnaque du projet ; le montage et les drones anéantissent les postures, ce dont le réalisateur se moque ou qui reste dans son angle mort). C’est au point où il nous prend un peu pour ses ombres consentantes – la scène du berger allié en esprit restant le summum (et l’évocation des brebis galeuses hostiles au loup un autre, dans la caricature du déni et du simplisme gauchiste) ; les niaiseries de la cabane nous rapprochent des errances maîtrisées d’Agnès Varda (et soulignent l’égocentrisme prosaïque et ennuyeux des personnages engagés dans ce type d’aventures – effectivement, Into the Wild est d’un romantisme et d’un idéalisme ridicules comparés à ces récurrences vraies). (62)

Suggestions : Cliffangher, Captain Fantastic.

ADORATION *** : Troisième film dans les Ardennes après deux policiers qui sentaient la commande – surtout par contraste (avec l’Alléluia furieux flanqué au milieu). Toujours cette grande capacité d’imprégnation.La présentation est excellente, les péripéties moins, la tournure prévisible. Heureusement les événements comptent moins que le climat – environnemental, sensitif, psychologique. Le gamin est certes un peu benêt mais aussi handicapé par ses ‘références’ : sa mère en plus d’être une demandeuse agressive et malsaine ne le prépare ni à la maturité ni au monde ; ‘forcément’ l’individu passe d’une tordue à une autre. Ce film n’aidera pas à ‘banaliser’ la figure du schizophrène, le cas local est trop violent ; mais d’autres fous dangereux déjà vus au cinéma, spécialement chez les belges, ont peut-être simplement eu le bonheur de ne pas être étiquetés. C’était un des films, sinon le seul, que j’attendais cette année. (72)

Suggestions : Kes/Loach, La balade sauvage, La nuit du chasseur, Jeux interdits, Les yeux sans visage, L’enfance d’Ivan, La première nuit/Franju, Journal d’un curé de campagne.

Réalisateur : Quand on est amoureux c’est merveilleux, Calvaire, Vinyan, Colt 45, Alleluia, Message from the King.

1917 *** : Spectacle prenant, techniquement formidable, avec des décors excellents ; il n’y a rien à dire contre l’interprétation et très peu contre le casting ; le reste, qui pèse peu, est moyen. Les invraisemblances et facilités jalonnent le parcours, heureusement nous avons l’esprit ailleurs – et Schofield à sa mission. Malheureusement ces bizarreries concernant le levé du jour ou d’autres progressions temporelles nuisent à la garantie plan-séquence ; de même que le splendide passage au village nécessite des artifices voyants – rien qui ne nuise à l’immersion et encore moins à la beauté du geste. Une pointe d’absurde nuance le caractère épique. Une telle virée est probablement plus efficace que de nombreux discours ou exposés sur la guerre ou même sur celle-ci ; pourtant, même si la mort et les cadavres s’empilent, même si le danger et la précarité couvrent tout, les représentations sont encore aseptisées. On anticipe les gueules cassées seulement en survolant les rangées de blessés dans l’une des dernières scènes. Les dégueulasseries de ces conditions de vie ne sont pas assez visibles ou encore trop lisses. Et surtout l’héroïsme reste préservé, la crise de foi est tempérée par le lyrisme et l’immédiateté. Enfin les gens ne se trompent pas : 1917 ressemble énormément à un jeu vidéo, si sa narration n’est pas carrément calquée dessus : le passage du milieu où il perd conscience (comme dans Half Life) et se réveille dans un univers transformé, les objets à emmener aux PNJ, puis bien sûr la succession de niveaux et les combats pour en sortir. (68)

UNDERWATER ** : Pas à la hauteur d’Alien Covenant à mes yeux (l’univers est loin d’être aussi vaste, impressionnant et développé) ni de Crawl (le rythme est beaucoup plus relâché et la narration plus confuse). C’est plutôt du niveau d’Un cri sous l’océan, mais d’un ton beaucoup plus grave. Les acteurs ont des partitions sympa et crédibles, mais rien de fort ne s’en dégage. Crédibilité médiocre (ouvertement lorsqu’il est question de ‘séisme’ ou d’oxygène). On gardera difficilement de ce film des impressions durables, même si celles du début et de la fin sont bonnes. Des passages obscurs à tous points de vue – il y aura peut-être des détails à redécouvrir grâce aux sorties vidéo. La créature a le mérite de ne pas être tout à fait convenue (malgré la quasi citation de la prise de contact dans l’Alien d’il y a 41 ans). Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus criard mais aussi d’un peu plus malin ou intelligent. Les exhibitions malheureuses des parties grasses du sidekick TJ Miller servent-elles à justifier l’exposition récurrente de Kristen Stewart en deux pièces ? (58)

Suggestions : Humanoids from the Deep/Les monstres de la mer, Leviathan, Battleship, Le chant du loup, Pacific Rim, Tremors, Le choc des titans, The Host, Dagon, Necronomicon, Alien 4.

LA CITADELLE ASSIÉGÉE ***

25 Jan

4sur5  Aussi appelé Micropolis, ce docu-fiction de Philippe Calderon met en scène la lutte de fourmis magnan contre des termites, insectes aveugles formant des sociétés de caste selon leur morphologie. Ébranlée par une pluie tropicale, la tour des termites est assiégée par la colonie voisine, faite d’une race de carnassières. La guerre se déroule dans la savane au Burkina Faso, où le tournage a effectivement eu lieu, sauf pour quelques artifices narratifs et macro-plans. Par sa proximité avec les insectes (utilisation du boroscope, technique neuve en 2006), La Citadelle Assiégée rappelle Microcosmos, « conte naturel » très ambitieux tourné en 1996.

La différence essentielle est dans le récit : La Citadelle est à la fois un documentaire accompli, assorti de commentaires (voix-off assurée par le doubleur de Morgan Freeman, Benoît Allemane) et une fiction resserrée, avec trame unique. Le style est vif, fait de balayages rapides mais soigneux, entrecoupés de points de vue dramatiques, montrant la sévérité des enjeux ou des lois de ce monde intra-terrestre. Le parti-pris est ouvertement en faveur des assiégés, bâtisseurs à la puissance tranquille dont l’ordre spontané est souligné avec emphase. Les créatures ne sont toutefois pas humanisées, leurs contributions sont organiques et inconscientes ; il n’y a que des « automates » à l’association triomphante. Calderon respecte la spécificité animale en ce sens, en forçant des événements calqués sur la réalité.

Le ton est assez grandiloquent mais les commentaires respectent la vérité de leurs sujets. Certains parallèles avec les règles des hommes ou leurs organisations sociales sont suggérés, mais moins porteurs que le montage d’un thriller animalier. Il faut toutefois attendre l’assaut pour accéder à une franche intensité, les deux premiers tiers tenant plutôt de la balade aux justifications hybrides et harmonieuses, au milieu des termites dont nous sommes les hôtes invisibles. Cette façon de montrer aux spectateurs un peuple et ses habitudes apporte un souffle épique et une contenance solide aux événements, comme si une petite civilisation, éclairée et productive de surcroît, était en péril. La Vallée des fourmis perdues, adaptation de la série Minuscule, rejouera en 2014 un face-à-face du même ordre (fourmis rouges vs fourmis noires), dans un registre ouvertement fantaisiste cette fois.

Note globale 73

Page IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Eden Log + Phase IV (1975) + Félins (2012) + Un jour sur Terre (2007) + District 9 (2009)

Scénario & Ecriture (4), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (4), Ambition (4), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (4)

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LIVRES 2019 (Bilan)

18 Jan

Année moins riche que les précédentes en quantité comme en qualité, où pourtant s’est maintenu le nombre de critiques (pour Cosmos et Arino) alors que je venais d’abandonner les systématiques pour le cinéma.

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Céline Mea culpa **** (France 1936) : C’est donc la découverte sérieuse de l’œuvre de Céline qui sauve cette année littéraire (j’ai entamé un autre de ses pamphlets). Texte court et limpide. Les démonstrations ne sont pas nécessairement le meilleur ni le plus pertinent : en quelques exclamations ou sentences amères tout un filon sur la nature et la condition humaines est déjà épuisé. Les perversions de l’unanimisme, des revendicateurs et des flatteurs, du populisme sont parfaitement senties. (78)

Betsy Haynes – Panique à la cantine * (USA 1998) : De la collection ‘Froid dans le dos’, concurrente de ‘Chair de Poule’. L’idée est bonne mais le plan médiocre et le développement misérable. Pour une adaptation à l’écran il semble impossible de dépasser le très-court métrage sans donner un résultat ennuyeux et copieusement débile. En l’état c’est déjà gentiment crétin à force d’étirer des révélations qui n’en ont jamais été et de donner des réponses plates – même la fin grotesque est expéditive et décevante. (42)

HG Wells – Le pays des aveugles *** (UK 1904) : Édition Folio de 1984. Contient, dans l’ordre : Le pays des aveugles (1904), La porte dans le mur (1906), Un rêve d’Armageddon (1901), La vérité concernant Pyecraft (1903), L’œuf de cristal (1897), L’étoile (1897), La pomme (1896). La nouvelle éponyme approche le niveau des autres grands titres de Wells, comme La machine à explorer le temps. La suivante annonce déjà moins d’ambition, pose des enjeux plus moraux et égocentrés que scientifiques. Les autres sont anodines et ne font qu’évoquer des idées, sauf Pyecraft qui est plus joueuse et frontale, mais assez stérile à cause de son narrateur un brin terre-à-terre. Le fantastique ou la spéculation mystérieuse sont plus fréquents que la véritable SF ; seule La porte dans le mur est un peu marquante grâce à l’émotion de son narrateur, tandis que les autres reposent davantage sur les pures intrigues (interminable dans le cas d’Un rêve, sous-développées faute de temps accordé dans les autres). Notes : Le pays 8.5, La porte 7.5, Un rêve 6, Pyecraft 6.5, L’œuf 6, L’étoile 6.5, La pomme 6. (68)

Guillaume Apollinaire – Les onze mille verges *** (France 1907) : Au départ j’avais surtout du dédain pour ces grossièretés dignes d’un Bigard des heures un peu trash, dans un style correct et déjà un peu fleuri. On y trouve de quoi s’amuser mais c’est quand même bien pauvre. Puis dès le chapitre 2 on décolle et au chapitre 3 on s’envole avec une succession de séquences sauvages et bouffonnes. À partir de là ce n’est plus qu’une excellente farce, qui n’a de surréaliste que la surenchère, la foule d’heureuses coïncidences et la fluidité des interactions vicieuses. La facilité devient un atout, c’est comme dans un conte, mais gras et méchant. (68)

Brigitte Lahaie – Moi la scandaleuse ** (France 1988) : Biographie de l’ancienne actrice de « pornérotisme ». devenue animatrice radio. Je l’ai appréciée en tant qu’actrice ‘traditionnelle’ et dans sa séquence face à une pitoyable enragée. De quoi m’arrêter sur ce témoignage construit bizarrement mais globalement sans fioritures. (62)

Une théorie économique d’après les propos de Soros (le carré ‘équilibre+statique’ est sous-envisagé)

George Soros – Le défi de l’argent ** (1996) : Entretien, en plusieurs parties qui m’ont semblées trompeuses, sans doute plaquées là pour meubler. (62)

Vladimir Nabokov – Natacha ** (Russie 192-193/2012) : Recueil de nouvelles lapidaires, paru en 2012. Amoral et doux. Des choses significatives ou pittoresques. (58)

Gabriel Tallent – My absolute darling ** (Californie 2018) : Beaucoup trop long avec une emphase et une dureté de chialeux. Sauve sa crédibilité en relevant régulièrement les ambivalences de la gamine, comme elle peut être cassée tout en ayant des ressources, comme elle peut être attachée à son père tout en le détestant ; puis son évolution vers le mépris. Malheureusement trop de tartines mielleuses, une gravité et des élans ‘action-movie’ tous les deux surfaits. (42)

Jean Cocteau – La machine infernale ** (France 1932) : Vulgaire et futile. L’intérêt du projet m’échappe. Les publics rétifs aux tragédies classiques vont trouver une version plus plate, pataude et désacralisée de ce qu’ils se représentent. (52)

Michel Houellebecq – La carte et le territoire *** (France 2010) : Un opus souvent drôle comme toujours, plus sèchement désenchanté et ouvertement misanthrope, où Houellebecq se donne un des rôles principaux. En tant qu’auteur, il s’engage dans des fixettes bizarres autour de quelques idées ou personnes (notamment Beigbeder qui a dû faire partie [à quel degré?] de ses ‘amis’ personnels) ; certaines surprises n’ont malheureusement aucun sens, comme cette supposée homosexualité de Jean-Pierre Pernaut et l’ensemble de ce qui est dit à propos de lui. Houellebecq m’a semblé moins pertinent que d’habitude. Le style est de meilleure tenue que dans Soumission, mais les longues annotations ou compte-rendu (ou copies avérées de notices Wikipedia) annoncent les lourdeurs démonstratives du roman à suivre. Plusieurs éléments cruciaux restent négligés, comme tout ce qui concerne les révélations suite à la mort violente d’un des protagonistes. (64)

Gabriel Garcia Marquez – L’automne du patriarche ** (Colombie 1968-1975) : Atypique dans la forme, car écrit avec un minimum de points (aucun dans le chapitre final de 40 pages). L’expérimentation et quelques descriptions cinglantes le long de cette satire vaguement délirante sont les points forts du livre ; pour le reste il ne vaut pas le coup, devient facilement saoulant (pas forcément agaçant) et demande trop de temps. Vous n’y apprendriez rien, en faits, en pensées spéciales comme en nature humaine – mais vous aurez une illustration bien nourrie du quotidien médiocre des tyrans dans les pays pauvres (l’Amérique Latine ne fait office que de spécificité dans celui-là). (46)

 

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Mise à jour de premières notes (2016) :

  • Le livre noir d’Evola → 7, -2. J’avais crée sa fiche sur SC. Dégoulinant de violence, d’ambition et de grandiloquence. Lyrique plutôt que critique. Pas à cultiver et même peut-être pas bon pour influencer car manque de nuance, mais pertinent souvent et divertissant – d’une façon bouillante. À lire si vous aimez les débordements de fanatisme et de mépris, que vous soyez enthousiaste pour les idées et l’univers d’Evola, ou simplement amateur d’ivresses bien construites et jusqu’au-boutistes (tant qu’elles sont mortes ou impuissantes à bouleverser le monde, mais assez ‘fortes’ pour exister et rayonner par et pour elles-mêmes).
  • Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (Dagerman 1952) → 8, -1. Peu aimé au départ, avant d’admettre que ce n’est pas parce que c’était si élégamment banal et triste que ce n’était pas juste et plutôt remarquable. Je formais mon top10 et comme il devait y être pour un court temps, car ne me remuait pas (je peux trouver géniales et noter très haut des œuvres brillantes me laissant froid), je l’y ai inscris – c’est le genre de livre qui a le mérite de mettre haut la barre.
  • Des souris et des hommes → 6, +1. Note un peu sèche pour ce roman.
  • La conjuration primitive → 8, -1. Évidemment surnoté en lui collant une note maximale, surtout que la fin gâchait largement le programme. Sauf que je n’en renie rien et maintiens que c’est, en terme de littérature vulgaire, sûrement une sorte de sommet – au sens de chef-d’œuvre, pas de ‘super-daube’. La lecture est jubilatoire, la mienne s’est faite en une nuit et des poussières. Néanmoins, laissez-le de côté si le polar/thriller, ou toutes sortes de littérature actuelle et sans noblesse, vous rebutent.

J’avais prévu de mettre à jour plusieurs premières notes ; j’ai réglé les cas a-priori et attendais de les relire pour confirmer, mais comme je n’ai toujours pas pris le temps d’y revenir et que nous sommes plus d’un an après (près de trois ans ?), j’assume maintenant les changements. Des modifications sont donc encore possibles et les bilans annuels seront les occasions d’y procéder.

ALBUMS 2019 (Bilan)

11 Jan

En-dehors des films je préfère revenir à un faible éventail de notes possibles ; donc à côté de chaque note ‘pleine’ (70 pour un 7), il y aura un ‘borderline’ 7- et un 7+ (régime appliqué aux séries, albums, BD, jeux). Seul le cinéma et les Livres requièrent un maximum de différenciations.

Une note en -6 signifie hésitation, indulgence, ‘note molle’ ou bien que des points/morceaux ont été gênants. Une note en -4 signifie souvent que l’album mériterait d’être relevé ‘en dépit de’.

 

84

  • This Mortal Coil – Filigree & Shadow (UK 1986) dream pop
  • Ash Ra Tempel/Manuel Gottsching – New Age of Earth (Allemagne 1976) : Trois premiers morceaux merveilleux, un dernier long et plus rude.

80

  • Cluster – Qua (Allemagne 2009) ambient >78
  • Popol Vuh –Hosiannah Mantra (Allemagne 1972) ambient >78
  • Windows 96 – Gradient Horizon (Brésil 2017) vaporwave >82
  • Windows 96 – Enchanted instrumentals and whispers (Brésil 2019) vaporwave >82
  • Tangerine Dream – Phaedra (Allemagne 1974) ambient
  • Anna von Hausswolff – Ceremony (Suède 2012)

76

  • [Live] Casiopea – Crosspoint (Japon 1981) jazz fusion
  • Casiopea – Mint Jams  (Japon 1982) jazz fusion
  • Cluster – Sowiesoso (Allemagne 1976) ambient/krautrock : Sensibilité particulière à « Zum Wohl », puis au titre homonyme en ouverture et à celui de fermeture « In Ewigkeit ».
  • Tangerine Dream – Cyclone (Allemagne 1978) rock progressif/krautrock
  • [EP] Woob – Planet Woob (UK 1993) : Demo, deux morceaux d’environ 12min chacun.

74

  • Cluster – Cluster (Allemagne 1971) ambient-drone/krautrock
  • Windows 96 – Pale meditations (Brésil 2017) vaporwave : Plus raffiné.
  • Casiopea – Make Up City (Japon 1980) jazz fusion : Un peu moins dégrossi, le sucre s’alourdit.
  • Asura – Radio Universe (France 2014) ambient/psybient
  • Anna von Hausswolff – Dead Magic (Danemark 2018)
  • Corpo-Mente – Corpo-Mente (France 2015)

70

  • Lost in Kiev – Nuit noire (France 2016) post-rock/post-metal >68
  • Thundercat – Drunk (Californie 2017) soul psychédélique/funk >72
  • Childish Gambino – Awaken My Love (Californie 2016) soul >72
  • Candy Claws – Ceres and Calypso in the deep time (Colorado 2013) dream pop >68
  • Cat System Corp – OASYS (Pays-Bas 2015) vaporwave >68
  • The Claypool Lennon Delirium – South of Reality (Californie 2019) rock psychédélique >68
  • The Comet Is Coming – Trust in the Lifeforce of the Deep Mystery (UK 2019) jazz >72
  • Windows 96 – Plume Valley (Brésil 2017) vaporwave >72 : Mélancolique, sans envolées. Des accents ‘technologeeks’ au démarrage comme on en trouve régulièrement chez l’artiste.
  • FM Skyline – Advanced Memory Suite (USA 2019) vaporwave >68 : Des moments paresseux (tout « 1998 ») et d’autres splendides dans le genre.
  • Windows 96 – Optmized (Brésil 2017) vaporwave >68 : Plus éthéré, tendance lugubre.
  • Genesis – Foxtrot (UK 1972) rock progressif >68 : Musique captivante et voix irritante.
  • The Who – A Quick One (UK 1966) rock >68 
  • Tim Hecker – An Imaginary Country (2009) ambient >72
  • Solid Space – Space Museum (UK 1982) post-punk >68
  • [Compilation] Trisomie 21 – Side by Side (France 1991) coldwave/post-punk
  • Vargrav – Netherstom (Finlande 2018) black metal
  • Depths Above – Ex Nihilo (République Tchèque 2018) black metal
  • Ricinn – Lian (France 2016) néo-classique/darkwave/gothique >68
  • Osi and the Jupiter – Uthuling Hyl (USA 2017) nordic folk >72
  • Jarboe – Sacrificial Cake (USA 1995) industrial/darwave
  • High Tone – High Damage (France 2012) dub

66

  • Neurosis / Tribes of Neurot – Times of Grace / Grace (Californie 1999) sludge metal : L’album double.
  • Eloy – Ocean (Allemagne 1977) rock progressif : Naïf et globalement aimable, sorte de ‘trip’ fonctionnel voire gentiment envoûtant.
  • Windows 96 – Nematophy (Brésil 2016) vaporwave : Plus ordinaire, vraiment taillé pour la détente ou l’été.
  • [OST] Benoit Charest – Les triplettes de Belleville (France 2003) : vers le bas à cause de deux musiques chantées, dont le theme repris par M.
  • Popol Vuh – In Den Garten Pharaos (Allemagne 1971) ambient/krautrock
  • Connan Mockassin – Jassbusters (UK 2018)
  • Asura – 360 (France 2010)
  • The Stranglers – Aural Sculpture (UK 1984) new wave/pop

64

  • Oysterhead – The grand pecking order (Californie 2001) : Commence très fort, perd à partir de « Radon Balloon ».
  • telepath + Cat Corp System – Building a Better World (2019) ambient
  • Weyes Blood – Wild Time / Titanic Rising (USA 2019) pop
  • Extreme – Extrem II Pornograffitti (USA 1990) hard rock
  • Bonobo – Animal Magic (UK 2000) downtempo
  • Anna von Hausswolff – Singing from the Grave (Suède 2010)
  • Asura – Code Eternity (France 2000) ambient
  • Fleet Foxes – Crack-Up (USA 2017) indie folk
  • [EP] Igorrr & Ruby My Dear – Maigre (France 2014) breakcore

60

  • Alt-J – An Amesome Wave (UK 2012) pop >58
  • Tyler the creator – IGOR (Californie 2019) funk >58
  • [EP] Blank Banshee – Metamorphosis (Canada 2019) vaporwave >62
  • Glaciaere – Water Slide (Suède 2017) vaporwave >62 : Ni l’album ni l’artiste ne sont enregistrés sur SC.
  • Windows 96 – One Hundred Morning (Brésil 2018) vaporwave >58 : Décevant de la part de cet auteur, manque cette facilité à emporter caractérisant le commun de ses albums.
  • Windows 96 – Vibes (Brésil 2017) vaporwave >62 : Bon évidemment, mais c’est le versant brutal et ensoleillé, avec en plus des répétitions. Des effets criards et des façons qu’on peut trouver ailleurs (se rapproche de la synthwave). Toujours des détails exquis.
  • HAL – Hal (Irlande 2005) indie pop >58
  • Yves Tumor – Serpent Music (USA 2016) >62 : Percutant et à peine classable pour un néophyte, mais aussi antipathique et affecté.
  • Boredoms – Super ae (Japon 1998) rock expérimental >58 : Original mais lourdingue, parfois douloureux.
  • Boredoms – Vision Creation Newsun (Japon 1999) space rock >62
  • Beach House – Teen Dreams (USA 2010) indie pop >58
  • Sleep – The Sciences (Californie 2018) doom metal >62
  • Bell Witch – Longing (USA 2012) doom metal >58
  • Emika – Emika (UK 2011) >62
  • Web of Life – Man of no Ego (Bulgarie 2015) psybient >58 : Suis bizarrement sceptique sur cet album ambitieux armé de son ‘432hz’ et de ses samples enthousiastes ou mystiques.
  • [Compilation] Bonobo – Sweetness (UK 2002) downtempo
  • [Live] Sun O))) – Domkirke (Norvège 2008) drone/ dark ambient
  • Tangerine Dream – Zeit (Allemagne 1972) krautrock
  • Easily Embarrassed – Planet Discovery (Pays-Bas 2009) psybient/downtempo
  • Asura – Life² (France 2007)
  • Ruby My Dear – Remains of Shapes to Come (France 2012) breakcore
  • Serge Gainsbourg – You’re Under Arrest (France 1987) pop
  • Igorrr – Savage Sinusoid (France 2017) breakcore

56

  • Alt-J – Relaxer (UK 2017) pop
  • Freddie Gibbs + Madlib – Bandana (Californie 2019) rap
  • Bonobo – Dial ‘M’ for Monkey (UK 2003) downtempo
  • Ford Theatre – Trilogy for the Masses (USA 1968) rock psychédélique
  • Tangerine Dream – Alpha Centauri (Allemagne 1971) krautrock
  • Easily Embarrassed – Idyllic Life (Pays-Bas 2008) psybient
  • Townes Van Zandt – The Late Great (USA 1972) country
  • Deerhunter – Monomania (USA 2013) indie rock
  • Yppah – You are Beautiful at all Times (2006) IDM

54

  • Sun O))) – Monoliths & Dimensions (Californie 2009) drone
  • Tangerine Dream – Electronic Meditation (Allemagne 1970) krautrock

50

  • MGMT – Congratulations (USA 2010) pop psychédélique >52 : De l’agréable, du désuet et du débile (souvent en litanies). Contient le vilain morceau « Brian Eno ».
  • Einsturzende Neubauten – Kollaps (Allemagne 1988) noise >52 : Ennuyeux exercice de déconstruction avec ses braves morceaux et son intégrité attardée.
  • Zs – New Slaves (USA 2010) noise >48 : Parfois ‘efficace’ mais assez confus (même en tenant compte du registre et de ‘l’art formel avant tout’). Certains passages restent inécoutables à moins de s’aimer en ‘new slave’.
  • Obtained Enslavement – Witchraft (Norvège 1997) black metal [symphonique]

46

  • King Gizzard & The Lizzard Wizard – Infest the Rats’ Nest (2019) metal
  • [Compilation] Demdike Stares – Elemental (UK 2012) drone
  • Sortilège – Larmes de héros (France 1986) heavy metal
  • Grannie – Grannie (UK 1971) rock

44

  • Harumi – Harumi (Japon 1968) rock psychédélique / pop baroque. Première face ‘très américaine’ et relativement agréable sur la fin après un démarrage aux ustensiles légèrement crispants ; seconde plus longue faite de blablas, où le souci de la pose écrase définitivement les aspects potables.

40

  • Chrome – Half machine lip moves (Californie 1979) post-punk/noise >42 : musique de junkie se donnant à fond, sauf que cuit à ce point ça sert à rien. Reste ‘l’inspiration’ d’avant-garde pour gluer les morceaux.
  • VOVK – LAIR (Ukraine 2019) rock >38
  • [EP] The Midnight – Days of thunder (Californie 2014) synthwave >42

30

  • 1000 gecs – 100 gecs (USA 2019) electro >26 : Post-ironic retro-shitty industrial. Écœurant mais amusant. Quelques extravagances élèvent vaguement le niveau, sinon c’est simplement du décalque de nullités mêlé à de l’electro agressive d’il y a dix ans.
  • Fallujah – Undying Light (Californie 2019) metal >28 : Insignifiant. Rien ne se détache en bien, les effets vocaux sont diversement mauvais ou régressifs. Des échos dégueulasses.

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Ré-écoutés et pas notés à l’époque :

74 : Comus – First Utterance (UK 1971) folk

66 : Arditi – Omne Ensis Impera (Suède 2008) industrielle : suis beaucoup moins réceptif et patient aujourd’hui, j’aurais pu mettre moins si c’était une découverte.

64 : FM-84 – Atlas (Californie 2016) synthwave : Excellent par rapport à son genre (en ‘happy’ comme en ‘horror’). Reste trop long, sucré et insipide, tout en sachant ‘inspirer’ ou récupérer rapidement du sentiment. La vaporwave a de très loin ma préférence.

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Bilans albums : 2018, 2017