Archive | 00:48

L’HOMME DE LONDRES **

11 Avr

2sur5  C‘est à l’origine un roman policier de Georges Simenon paru en 1934, adapté plusieurs fois, dès 1943 par Henri Decoin puis pour la télévision dans le cadre d’une anthologie sur l’auteur français en 1988. Bela Tarr s’en saisit pour y projeter son univers, avec sa panoplie de plans-séquences et son rythme hypnotique. L’Homme de Londres est son opus le plus critiqué, même ses adeptes, ceux prompts à défendre le voyage de sept heures que constitue Le Tango de Satan, admettant assez souvent que Bela Tarr assure ici un service minimum.

Il suffit cependant de savoir à quoi s’en tenir pour suivre le film sans émotions ni difficultés. On ne s’ennuie pas : on détourne le regard, revient contempler la bobine et ses beaux échantillons, accepte que tout ça ait si peu de sens, un contenu humain si proche du nul. La vision propre au cinéaste est là, avec son pessimisme atrophié exprimé dans Damnation, imposé sans nuance ; si Damnation était un opéra, L’Homme de Londres serait sa note la plus atone étirée sur 2h12, résolument dépressive mais sans plus à ajouter.

Le spectacle laisse un peu pantois, suscitant le respect et l’indifférence mêlées. La post-synchro en français est ridicule, les acteurs (dont Tilda Swinton) sous-exploités, mais le talent de Bela Tarr pour l’invention de lieux-fantômes marquants ou somptueux est intact. C’est vain, mais c’est Bela Tarr, fidèle à sa signature ; et puis contrairement à un Miroir de Tarkovski, ça ne cherche pas à nous mystifier, c’est beau et propre. Il y a une humilité dans cette attitude, à reconnaître sa subjectivité maladive à la limite du régressif, sans prendre son égocentrisme pour un point de vue complexe.

Note globale 46

Page Cinemagora  + Zoga sur SC

Suggestions… Sin City   

 Voir l’index cinéma de Zogarok

.

Publicités