Archive | janvier, 2019

LIVRES 2018 (BILAN)

29 Jan

Premier bilan du genre pour les Livres. Du plus récent au début de l’année. Diffusé tardivement (Jeux, BD, Albums et Cinéma les premiers jours de janvier) car je devais finir le texte de trois d’entre eux, dont deux copieux qui sont devenus des critiques, ce que j’aurais préféré éviter.

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Jean Teulé – Mangez-le si vous voulez * (France 2009) : Un roman abject ouvertement basé sur le lynchage survenu à Hautefaye pendant la guerre franco-prusienne (1870). Pourquoi les gens en sont arrivés là, quelles sont leurs motivations ? Peu importe, Teulé veut simplement s’en tenir aux faits ; n’a pas la prétention de nourrir fantasmes, conjectures, fait pas de l’idéologie ou de la sociologie. Dans ce cas, pourquoi n’est-il pas fidèle aux faits de l’affaire – une véritable affaire ? Si sa réalité est sans importance, pourquoi l’avoir choisie ? Cet auteur veut éviter les accusations de gratuité concernant la récupération de ce fait scabreux, tout en s’en servant comme d’un tremplin – et d’un aimant. Il cite René Girard et la Psychologie des foules dans ses inspirations, mais que dit-il de leurs thèmes ? Même pour du symptomatique, son livre n’apporte rien. Même chose concernant la violence et le gore ; que d’insignifiances ; tout ce qu’il y a de physique est très généraliste voire abstrait ; ne sert qu’à souligner l’horreur collective, introduire une ambiance – le fait avec les restes de son humour noir et une gravité qui font communément échec. Voilà le pire livre que j’ai lu et achevé (Trop intelligent parcouru seulement). (20)

Maurice Leblanc – L’aiguille creuse (France 1909) : Un opus plus ‘traditionnel’ et réputé d’Arsène Lupin (par rapport à L’île aux trente cercueils paru dix ans après). Moins psychologiste, toujours lourd. L’abondance de dialogues déguise de manière ‘divertissante’ (dont je ne suis pas client) une espèce de didactique criminologue. Elle enrobe une investigation laborieuse dont on doit toujours tout savoir, après avoir bien été mis au courant de tous les points insolites ou simplement mystérieux. La tendance à résumer de façon affectée plutôt que faire vivre directement empêche ce récit de devenir passionnant et gâche son dernier acte tragique (plein de facilités et d’emportements digne d’une œuvre pour enfants). La contribution de l’Histoire reste superficielle, une autre des pièces rapportées au menu. (44)

Alain Minc – Ce monde qui vient (2004) : Prospectiviste dans les deux premières parties ; les derniers des six chapitres collent davantage au présent. Minc s’y montre lucide sur l’état de la France, même si ses prescriptions sont floues, bien trop lourdes et/ou irrecevables (pour moi – qui suis contraint [ça ne m’est pas si difficile] de reconnaître sa justesse sur le ‘système social’ ou le nombrilisme français par exemple). Peut saouler avec sa manie de construire des hommes de paille ridicules auxquels il vient répondre « vous croyez que c’est ainsi ; c’est exactement l’inverse ! ». (50)

Stefan Zweig – Le voyage dans le passé (1929) : Cinquième et de loin moins bonne lecture de Zweig. J’ai accroché pour la situation du garçon davantage que pour la relation, tandis que la femme m’est apparue sans intérêt. Elle est presque abstraite, sûrement trop respectée, d’où l’impossibilité de ce livre de décoller, quand l’histoire est si triviale à côté. Zweig n’est pas totalement mielleux ou ‘planant’ et la fin m’a convaincu. (68)

Maurice Leblanc – L’île aux trente cercueils (France 1919) : Un Arsène Lupin où l’inspecteur n’apparaît qu’à la toute fin. Trop d’emphase, engendrant des longueurs superflues (sans devenir aberrantes) et surtout des redondances. 300e livre retenu sur SC (même si Alice au pays des merveilles a fait atteindre cette barre en premier, L’île étant initialement au 7 octobre sur l’agenda – départ de la lecture, qui a pris un mois et demi). (58)

Lewis Caroll – Les aventures d’Alice au pays des merveilles (UK 1865) : Tentative de reconstruire un rêve ; humour relatif à la ‘logique’ – application et détournements du sens littéral, jeux de mots ; souligne la force de démence au profit des conventions sociales, des normes aberrantes (conjuguée naturellement à la force d’inertie). La Reine et le Roi soutiennent péniblement leurs ordres avec des justifications absurdes, mais auxquelles chacun se plie. La résignation des adultes est intériorisée au point d’altérer le respect de la cohérence – ce qui règne en réalité, même si fou, est la norme ; voilà ce qu’est l’état adulte, semble nous dire ou bien ‘sentir’ ce roman. (80)

David Foenkinos – La délicatesse (France 2009) : Cumule beaucoup de ce que je réprouve, sans être une franche Némésis car sait rester pudique et son niveau n’est pas désastreux. Les manières le demeurent mais l’auteur arrive à placer des remarques valables, ou même faire rire (pour de bonnes en plus des mauvaises raisons). Certaines de ses appréciations sont tout de même curieuses, ce qui se dit à propos du suédois en particulier. Le pire reste cette manie de collecter les bouts de réel façon grand album (les extraits de chanson, du dossier en cours ou du dernier article lu par un protagoniste, les horaires de la radio, la playlist) – hormis allonger le roman et faire plaisir aux niaiseux pompeux à fibre artistique vouant un culte un collage, ça ne sert à rien et c’est moche. Au moins ça se lit facilement et n’est pas si déplaisant. Je pourrais retenter un Foenkinos si sa cote est excellente ou le sujet m’intéresse. (40)

Jules Amédée Barbey d’Aurevilly – Le rideau cramoisi (France 1874) : Première des six nouvelles composant Les Diaboliques. Il faut sauter le premier tiers pour arriver à l’histoire qui nous intéresse (et est illustrée dans le moyen-métrage d’Astruc de 1953). (60)

Pierre Drieu de La Rochelle – État civil (France 1921) : Biographie rapide, par thèmes (surtout en fonction des ressentis et des idéaux) et par bouts d’histoires. Malgré quelques scènes où il se brûle un peu, c’est trop propre et superficiel, ou bien trop abstrait. Le dandy engagé n’a pas encore posé ses bagages, ses précisions en deviennent futiles – sa volatilité est compensée par des assertions finalement stériles, ou des mises en scène de soi faussement compromettantes. Néanmoins le récit fourmille de petites phrases, de bouts d’atmosphère (avec sa grand-mère notamment) ou de pensées stimulantes. Paru avant ses romans, aux débuts de ses publications. (62)

Turold – La chanson de Roland (France 1170) : Serait le plus ancien texte littéraire français conservé. À lire au moins dans deux versions dont une traduction du début XXe maximum. Assommant à cause d’une répétitivité et d’une étroitesse délirantes. Aussi romantique que le Chrétien de Troyes sans en avoir la poésie. A dû plaire sur le fond et pour son appel plutôt que sur la forme. (52)

Michel Delpech – J’ai osé Dieu (France 2013) : S’assume comme un témoignage porteur d’une parole spontanée, de sentiments et de préférences irrationnelles ; tant mieux car ses appréciations et sa lecture de la volonté du Christ et de l’Église sont parfois légères. Les aspects répressifs de la religion sont bien là et resteront tant qu’elles en seront – ou juste tant qu’elles seront intègres. La naïveté revendiquée mais éclairée du chanteur ne m’ont pas empêché d’être un peu déçu et surtout blasé. (48)

Edmond Rostand – Cyrano de Bergerac (France 1897) : Hystérique surtout au début. Naïf voire invraisemblable par négligence. (54)

Friedrich Hayek – La route de la servitude (1944) : Généralise et pousse les principes à leur terme pour l’ennemi mais pas pour ses propres idéaux ou préférences. (68)

Guy de Maupassant – Bel-Ami (France 1885) : De quoi faire redescendre les réacs romantiques. Rabroue cette vieille sensation collective d’une Légion d’Honneur bradée seulement depuis quelques mandats. (76)

Vercors – Le silence de la mer (France 1942) : Le recueil ‘Livre de Poche’ avec les principales nouvelles de Vercors : Le silence de la mer, etc. Trop idéaliste et maniéré pour moi. (58)

François Mauriac – Thérèse Desqueyroux (France 1925) : Déception venant de Mauriac, après la découverte heureuse via Les chants de la mer puis la confirmation par Le nœud de vipères. Le style est plus simple et émotif, les phrases courtes, certaines restent ouvertes. Quelques phrases ou intuitions remarquables pour un ensemble plutôt pris au piège par son ‘cas’ Thérèse. (60)

Dean Koontz – Night Chills / La peste grise (USA 1979) : Ambitieux par son thème mais finalement se fond dans le trivial. Première partie (La conspiration) très supérieure à la seconde (Terreur), pour le fond comme pour le plaisir. Se lit vite mais pas en une fois. Quelques moments de sombre drôlerie. 360 pages. (62)

Louis Millet – Caractérologie (France 1994) : Voir critique. (62)

Mazarin – Bréviaire des politiciens (France XVIIe / 2007) : Le défaut de cet ouvrage est son manque d’organisation. Il contient des répétitions, ou plutôt des redites sous formes atténuées. Les aphorismes s’accumulent, se répondent ou s’enchaînent rarement. (64)

Fernand Braudel – La dynamique du capitalisme (France 1985) : Conférence rapportée à l’écrit. Bien pour une porte d’entrée et pour sauter aux conclusions – mais des conclusions circonstanciées, incomplètes. (70)

Jean-Claude Michéa – Les Mystères de la gauche (France 2013) : Nomme mal les choses ou néglige leur définition, pour préférer plaquer ce qu’il désapprouve. Comme son « libéralisme Moebius », ne fait que dérouler sa pelote identifiable de A à Z dès la première approche. On apprend rien en le lisant, sauf des détails bibliographiques et quelquefois historiques, qu’on a pu trouver ailleurs, ou qui de toutes manières ne justifient pas de pondre un tel livre.
C’est juste un socialiste/homme de gauche s’en prenant à ses concurrents, prêtant au libéralisme et/ou à une droite l’invention du Mal, puis faisant de l’adversaire un bloc, dont tous les autres seraient l’idiot utile. Le truc habituel, avec moins de ressentiment et pas de délire manifeste (mais beaucoup de sarcasmes).
Autant s’en remettre :

  • pour l’antilibéralisme et le potentiel ‘rouge-brun’ : à Soral (son Comprendre l’empire a le mérite de donner des dates, noms, chiffres et même -!- de ne pas considérer l’ennemi comme une unité, encore moins formée par les seules idées)
  • pour le populisme égalitaire : à Chouard (dont le souci des gens me semble plus profond et même héroïque)
  • pour le communisme critique des modernes : à Francis Cousin. (46)

Carl von Clausewitz – Principes fondamentaux de stratégie militaire (1812 / France 2006) : Direct, équilibré entre le factuel et le théorique, avec une part de ‘management’ plus idéaliste ou délicat. Rédigé en 1812 pour la formation militaire du prince de Prusse. La thèse de la ‘fraction’ et d’autres éléments étayés dans Vom Kriege / De la guerre (publié à titre posthume en 1832, rédaction entamée en 1818) sont déjà ici, dans ce rapport de 70 pages pour un ouvrage allongé par un épilogue de Grégoire Chamayou, les notes et une biographie. (68)

Extraits : « L’état dans lequel se trouve l’ennemi, on ne le voit pas ; notre propre état, on l’a sous les yeux ; c’est pourquoi ce dernier agit plus fortement sur les hommes ordinaires que le premier parce que, chez les hommes ordinaires, les impressions sensibles sont plus grandes que le langage de l’entendement. » (pp.70-71). « Il faut que quelque grand sentiment vivifie les grandes forces du commandant en chef. Que ce soit l’ambition, comme pour César, la haine de l’ennemi, comme pour Hannibal, ou la fierté d’une fin glorieuse, comme pour Frédéric le Grand. » (p.74)

Alain Soral – Comprendre l’Empire (France 2010) : Je connaissais évidemment Soral depuis 2011, ait vu de nombreuses éditions de ses Entretien du mois et lu plus tard son manuel sur la drague. Rien de nouveau sur l’orientation, mais des détails et subtilités absentes à l’oral. Quelques fautes d’orthographe ou de présentation, excusables dans la mesure où Soral se passe quasiment d’intermédiaires. (64)

Patrick Suskind – Le Parfum (Allemagne 1985) : D’un cynisme et d’une sensibilité remarquables. Quelques courts capotages de traduction sur la fin.J’avais été sensible aux charmes de l’adaptation cinéma même si elle semblait manquer d’action et de justifications autres qu’esthétiques. (86)

Michel Onfray – Cosmos (France 2015) : Voir critique. (38)

Alain Minc – La machine égalitaire ** (France 1987) : Extraordinairement répétitif. (50)

Fernando Pessoa – Le banquier anarchiste ** (1922) : Fameuse nouvelle, ignorée à l’époque, ressortie et adulée par certains ensuite.

Denis Diderot – La religieuse ** (1796) : D’une continuité et d’un style laissant à désirer, peut-être pour donner l’illusion d’une narratrice authentique. Trop clairement et simplement téléguidé au service d’une charge par le ‘bas’. (52)

Philippe Arino – L’homosexualité en vérité ** (France 2012) : Voir la critique. (52)

François Place – Les derniers géants (France 1992) : Album jeunesse, ouvert aux autres, avec une page texte pour une illustrée (sur soixante-dix-huit). Un peu laborieux avant la rencontre avec les géants, vers le milieu. Conclusion : les hommes détruisent tout – là-dessus, partage des points communs avec les Chroniques martiennes de Bradbury ; dans l’ensemble, très proche du Monde Perdu. (66)

Lovecraft – Celui qui chuchotait dans les ténèbres (1931) : Nouvelle de taille et d’ampleur importante : 70 pages et la meilleure, de loin, du recueil mentionné en-dessous. (76)

Lovecraft – Le mythe de Cthulhu (1928/1996) : Recueil de nouvelles fondamentales concernant Cthulhu, la fameuse créature. La plupart des traductions sont de Jacques Papy. C’est mon second franc plongeon dans l’œuvre de l’auteur, longtemps après le recueil Je suis d’ailleurs et le niveau me paraît très inférieur ; cette édition pourrait en être partiellement responsable. Les autres traductions que j’ai survolées étaient bien plus fluides et même colorées ; ici elles sont scrupuleuses, précises, mais sacrifient la dynamique et probablement du style. (64)

Lovecraft – L’appel de Cthulhu (1926) : Lu à l’intérieur du recueil ‘Le Mythe de Cthulhu ‘. L’introduction est remarquable, la suite trop besogneuse – c’est évidemment un bon texte mais il ne retiendrait peut-être pas tant l’attention s’il n’était le pilier de ce ‘mythe’. (68)

Jonas Jonasson – Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Suède 2009) : Des chapitres portant sur la vie du centenaire rattrapent le présent, devenant les plus longs et surtout les plus intéressants. La lecture est facile, rapide, parfois amusée, mais sur 500 pages le développement aura manqué. Les personnages sont peu approfondis (Mabelle reste une ‘femme de caractère’ et surtout une charretière archétypale, totalement en surface). Les recours ludiques aux répétitions signent une volonté de faire malin et vaguement profond, avec une apparence faussement idiote : pourtant ce livre est par bien des côtés authentiquement con. Ses caractères négativistes, placides ou paumés embarqués dans de grandes aventures peuvent plaire – et m’ont fait penser aux films Le Tambour (pour la traversée du siècle d’un homme refusant l’engagement) et Saint-Amour (ce livre, adapté sur grand écran, est proche de ce dernier par ce qui lui sert d’éthique). (56)

Cizia Zyke – Paranoïa (1989) : Excellente comédie sinistre où Zyke semble écrire pour le compte de son ombre, ou d’un opposé/reflet quelconque. La naïveté et dans une moindre mesure la rigidité du narrateur rendent hilarantes ses situations. C’est un fou au milieu de médiocres, ne trouvant pas le feedback nécessaire pour le tirer de sa pente. Par le contexte et le postulat a des parentés avec Barton Fink et Le Locataire. La relative candeur voire la vulgarité occasionnelle m’ont légèrement rebuté au départ, puis le livre s’avale très vite et avec joie (moins vers la fin, une fois l’essentiel de la purge accomplie). (82)

Daniel Pennac – Des chrétiens et des maures (France 1996) : Un opus ‘de côté’, type préquel, dans la saga Malaussène de Pennac (initiée via Au bonheur des ogres). Très court, 80 pages de texte, semble inclure les enfants mais parfois cru et dans un esprit logicien. M’a semblé écrit suite à une décision d’écrire voire de remplir, plutôt que pour exprimer quoique ce soit et plutôt que par élan/compulsion. (38)

James Herbert – Fog (UK 1975) : Très bonne ‘série B’ à l’écrit, carpenterienne au passage, se permettant quelques fantaisies bonus via des portraits de victimes ou autres ‘héros’ confrontés à ce brouillard toxique. L’un des premiers pourrait s’appeler ‘Dark Fag, les fantasmes secrets de Mason Verger’. L’écriture est parfois légère, jamais radoteuse ou versant dans l’insignifiant. J’avais lu et peu aimé ses Rats, maintenant James Herbert m’intéresse car il n’est pas un niais. (72)

Jean Giono – Que ma joie demeure (1930) : Je ne repasserais probablement pas chez Giono. (36)

Arthur Schopenhauer – L’Art d’avoir toujours raison (Allemagne) : J’avais déjà lu la table des stratagèmes et quelques extraits finaux. Drôle mais avec des redondances. En avant-propos renvoie à Aristote et ses Topiques. (72)

Ray Bradbury – Chroniques martiennes (1950) : Recueil de nouvelles. Initiation à Bradbury dont j’ai encore deux autres livres. Je n’ai pas aimé l’indifférence à toute rigueur technologique, scientifique et le peu d’intérêts pour les implications sociales, (géo)politiques, stratégiques. (60)

Arthur Schopenhauer – Essai sur les femmes (Allemagne 1851) : Le texte est drôle, les mises en garde l’accompagnant achèvent. À la fois brillant et régressif, tient du cri du cœur ou du vieux coup de gueule plutôt que du compte-rendu d’un grand esprit. (70)

Desmond Morris – Le chat révélé (1995) : 150 pages de questions-réponses, avec une à quatre pages pour chaque cas. Tient ses promesses. Quelques détails sont douteux (à rebours de mes observations) mais l’approche est prudente et scientiste. Il peut donc y avoir des hypothèses depuis infirmées, mais qu’un minimum d’erreurs. J’y ai appris des anecdotes (les chats drogués, les épines du pénis..), été éclairé sur d’autres. Dommage que le ton soit parfois faussement mielleux ou vraiment sentencieux. (72)

Voltaire – Candide (1759) : A les défauts et une relative efficacité qu’on peut attendre d’une démonstration. Semble plein de rage masquée parfois au début avant que l’ironie ne se développe. Elle reste systématique mais ses manifestations se font plus légères. (62)

Jack London – Martin Eden (1909) : Roman plein de lucidité et de remarques percutantes. Il commet pourtant quelques fautes majeures : il est répétitif, l’action stagne, il est trop élogieux et unilatéral envers le protagoniste. Heureusement l’énergie du style et de la pensée, l’habilité de l’auteur qui met beaucoup de sa personne, comblent totalement ces fautes pendant la lecture et les relativisent en général. (80)

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INTO THE WILD ***

28 Jan

into the wild 2

3sur5  Phénomène à la fin de la décennie 2000, Into the Wild était avant tout ce qu’on en a fait la confirmation du talent de metteur en scène de Sean Penn, après The Indian Runner et le troublant The Pledge. Derrière les allures de film de hippie, vendu, soutenu et défendable comme tel, se trouve un produit plus ambivalent. Le héros tient autant d’un héritage vulgaire de Thoreau que d’une espèce de nihilisme commençant à ensorceler sa génération et un Occident fatigué de lui-même. Cette aventure de Christopher McCandless a bien existé et était déjà rapportée par Voyage au bout de la solitude, biographie rédigée en 1996, quatre ans après les faits.

Le Christopher à l’écran est probablement un petit con comme l’ont souligné abondamment ses détracteurs, aux provenances et arguments parfois ironiques ; mais lui agit, pour son idéal certes chimérique ou aberrant, en cherchant une alternative souveraine, quoique sa positivité apparaisse étriquée – et existant essentiellement dans le chemin vers la solution. Il est respectable parce que conséquent ; il ne se contente pas de parler, il est consistant. Par ailleurs sa démarche est cohérente, au point qu’il en crève et que ses vices et vertus sont données à voir avec précision. De plus ce jeune homme n’est pas dans un élan totalitaire : il est critique mais laisse vivre les autres. Ses perspectives demeurent immatures (cette inanité permet justement de ne pas entamer ce qui le précède et l’entoure), ses dénigrements sont aveugles et sans nuance (la charge contre ses parents est absurde, en plus de poser son caractère déloyal).

Le regard porté par Penn semble accaparé par une empathie sans restriction pour le héros. Il épouse globalement son point de vue, tend à sanctifier la démarche ou du moins le personnage, par exemple par la voix off de la sœur de Christopher. Néanmoins cette emphase opère à distance (Christopher ne participe pas au contact avec le spectateur, est introduit) et est compromise par les développements et finalement même par tous les éléments venant se greffer à la poursuite de Christopher. Bien avant l’issue tragique, l’échec est mis en évidence et notamment sur le plan humain. Les leçons de morale et les incitations du petit con lumineux sont en contradiction non avec son système mais bien avec son attitude. La faille du film est là, où Penn semble couvrir son héros, admettant son échec mais défendant son charisme et les effets bénéfiques de sa volonté futile (au vieux qu’il booste et pousse au voyage, à cette fille de 16 ans dont la proposition trouve pour réponse « prends ce que tu veux » pendant qu’il esquive).

Pendant qu’il parle de son projet en Alaska, Christopher accumule les rencontres, souvent heureuses ; l’important, c’était ça, nous glisse-t-on. Illuminé par son dessein, Christopher estime, peut-être à raison dans une large mesure, que les rapports sociaux sont des pièges ou plutôt des mensonges. Or il a été échaudé par bien peu de choses (quand bien même Penn cherche à émouvoir avec ces flash back) et il se ferme à des démentis cinglants mais surtout régénérateurs. La scène la plus bouleversante est de cet ordre, où Christopher ne réalise pas sa dureté et l’iniquité de son comportement face à Ron, qui voudrait l’adopter. Tout au long du film, il dénie la richesse émotionnelle sous ses yeux, refuse l’authenticité présente, au profit de sa quête définie. Caprice réfléchi et se donnant les moyens (sa famille est toujours vivante, il était bon élève, intégré et avec des opportunités sociales puissantes et larges), son idéal pur est voisin de la tentation du néant, en tout cas il y conduit.

En ce sens McCandless est l’ultime maillon d’une chaîne de saboteurs accablant la société hypocrite (avec ses règles, blabla) qu’il ne cite que pour la condamner en sentences éclairs, où en fait elle existe à peine (peut-être comme mot couvrant ce qu’il croyait être un jouet et ne tient pas ses promesses). Sa cohérence est morbide. Il est logique qu’elle irrite les planqués de ce monde, tous les excentriques adaptés, les bougons mondains, les gauchistes intempestifs sérieux ou encore les anarcho-mystiques de salon. Mais l’émancipation de Christopher tourne à vide, son élan remarquable est rapidement corrompu ; il est même destiné à la nullité dès la racine puisqu’inspiré par aucune nécessité, poussé par l’ennui et une passion vaine de liberté, alimenté par aucune intuition constructive. Cet individualisme absolutiste rétrécit l’objet sur lequel il se greffe, finalement l’ignore tout à fait : c’est une fuite réelle mais droit dans l’extinction. Autonomisation biaisée ; à chacun d’apprécier la beauté du geste, celle des paysages ou encore de toutes ces mains tendant des alternatives concrètes et vivantes.

Note globale 66

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Suggestions… Avatar + Carnets de Voyage + Minuscule + L’armée des 12 singes

Scénario & Ecriture (3), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (4), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (3), Ambition (4), Audace (3), Discours/Morale (2-3), Intensité/Implication (4), Pertinence/Cohérence (3)

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MIDNIGHT MEAT TRAIN ***

24 Jan

midnight meat train

4sur5  Avec le Candyman de Bernard Rose en 1992, Midnight Meat Train est à ce jour la seule réussite importante parmi les adaptations de Clive Barker. Celles que l’auteur britannique a exécutées lui-même sont naturellement à situer en-dehors, mais il n’y a eu que Hellraiser pour sortir du lot, Lord of Illusions et Cabal étant des produits charcutés et inaccomplis. Cet opus-là est dirigé par Ryuhei Kitamura, réalisateur très populaire au Japon (Godzilla: final war, Versus, Azumi), pour le compte de la maison de production Lionsgate.

Kitamura respecte la nouvelle éponyme et reprend son intrigue torturée, quitte à dérouter le spectateur dans des proportions équivalentes à celles induites par un zombie-movie de Fulci (L’Au-delà, Frayeurs, La maison près du cimetière), quoiqu’il y ait ici un peu de lumière pour avancer dans la nuit. Nous suivons un photographe en quête d’images sensationnelles, marchant dans les pas d’un boucher sophistiqué, qui massacrerait quotidiennement les passagers du métro de minuit. Proche du torture-porn, Midnight Meat Train rappelle l’énergie féroce et la frontalité des films gore du bis des années 1980 et notamment ceux (parfois ludiques) avec psycho-killer urbain (comme Maniac Cop). L’enveloppe est assez luxueuse, avec une photo chic, une atmosphère feutrée et grave.

Le spectacle est grand-guignol et résolument sombre, doté d’un gore clinquant, cartoonesque mais sans humour. Même si les chemins du récit peuvent frustrer par leur complexité ou parfois leur facilité, l’ensemble est assez jouissif. Midnight Meat Train est un de ces ‘petits’ films étincelants. Il a connu un gros échec commercial et des critiques mitigées, mais honore son genre en plongeant le spectateur dans un trip cauchemardesque à la lisière du fantastique. Lorsqu’un produit si intransigeant dans l’Horreur se paie de telles qualités techniques et esthétiques, c’est mieux que stimulant, c’est un début de félicité. Enfin Midnight jouit d’un casting excellent, avec Bradley Cooper en héros borderline, Leslie Bibb et Brooke Shields plutôt magnétiques et Vinnie Jones parfait en boogeyman à l’allure de vigile froid.

Note globale 73

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Suggestions… Maniac/2013 + End of the Line + Saw + Haute Tension + Hostel I & II

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PARIS VU PAR **

20 Jan

3sur5 La capitale en six épisodes – les grosses têtes de la ‘Nouvelle vague’ prennent chacun un arrondissement. Il faut se coltiner des débuts décourageants. Jean du premier film (‘Saint-Germain des Prés‘ par Douchet) se parle ‘à lui-même’ : voilà toute cette fausseté et cette balourdise de cinéma français ‘jeune et dynamique’ de l’époque. L’introduction architecturale pour touristes est bien aimable mais ce Paris est repoussant (il le sera encore un peu dans les suivants).

Gare du Nord‘ de Jean Rouch, avec Gilles Quéant en tombeur et « roi de la jungle » déprimé, est une bonne petite leçon existentielle – agaçant à bon escient avec ses deux idiots du départ (le mari est un ‘trop bon trop con’ surnaturel en théorie et courant en réalité), elle étant la pire (une hypocrite mesquine et une geignarde) et ça se confirmera. Le troisième, ‘Rue Saint-Denis‘ de Pollet, fait se rencontrer Melki dans son rôle de timide (quasiment le même que pour L’amour c’est gai) et Micheline Dax en prostituée présentable mais au langage sans ambiguïté – une Froide Primaire exemplaire dans la Caractérologie de Le Senne (Amorphe bien entendu, face à un Sentimental timoré). Une bonne comédie.

Place de l’étoile‘ de Rohmer est très bavard et en fait des tonnes en toutes circonstances, mais tout en penauderie – avec une once de burlesque pour relever la sauce. La mise en scène y est plus propre et ambitieuse. Godard à ‘Montparnasse et Levalois‘ joue des petits tours insensés avec sa bande-son (introduire des silences, baisser discrètement le volume des discussions) – ses bidouillages cryptiques et déliés sont aussi plats que cette première séquence pourrie à la forgerie. Le sursaut la concluant et le passage chez le second mécano rendent la chose caustique. Tout ça reste balourd dans l’élocution comme dans l’organisation, franchement bête et trivial une fois qu’on a franchi les barrières du bordel.

‘La muette’ nommé ailleurs ‘Pharmacie La Muette‘ clôt la séance sur une crise familiale bien banale et grotesque. Comme celui de Pollet il se passe en intérieur – bourgeois évidemment, Chabrol trouve encore l’occasion de les moquer, pas en province cette fois et en se mouillant personnellement. La future Femme infidèle est clairement la malheureuse du lot – son cas est même triste car on l’imagine difficilement pouvoir se relever, elle n’a ni l’avenir ni les moyens de son côté, seulement le confort et les médicaments pour s’engluer. À l’arrivée cette anthologie est réussie, grâce à son unité presque garantie et bien que les styles des réalisateurs ne se ressemblent pas.

Notes spécifiques : St-Germain 4, Gare 7, St-Denis 6, Place 5, Montparnasse 4, Muette 6.

Note globale 58

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…

Scénario/Écriture (5), Casting/Personnages (6), Dialogues (6), Son/Musique-BO (6), Esthétique/Mise en scène (-), Visuel/Photo-technique (7), Originalité (4), Ambition (7), Audace (-), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (6), Pertinence/Cohérence (6)

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HALLOWEEN ***

17 Jan

3sur5  Suite directe du Halloween originel, cet Halloween 2018 enjambe toute la saga – sans livrer quelque chose de foncièrement différent. Quarante ans après [la sortie de son modèle phare] le domaine a été écumé et probablement épuisé – il faut le tordre pour l’amener ailleurs (quitte à le décomposer comme l’ont fait Wes Craven ou l’Angustia de Luna), de l’excellence et sans doute un génie à raffiner la sauvagerie pour le hisser à des hauteurs respectables (les Maniac, Bloody Bird ont su relever le défi).

L’équipe historique garantissait une certaine continuité pour ce déjà onzième opus (la saga est définitivement une des plus prolifiques), tandis que du sang neuf joliment labellisé assurait de se raccorder [aux attentes ou habitudes du présent]. D’un côté donc : Carpenter a participé en tant que conseiller (il n’était pas impliqué pour les précédents essais), Malek Akkad, fils de Moustapha qu’il a relayé à la (co-)production de l’ensemble de la saga à partir d’Halloween 6 est toujours là ; puis surtout Jamie Lee Curtis retrouve la peau à laquelle elle reste identifiée en priorité, malgré plusieurs succès retentissants ou performances marquantes (True Lies, Trading Places, Wanda, Freaky Friday). De l’autre, l’entreprise en phase très ascendante Blumhouse a mis la main sur la franchise, tirée du chapeautage des frères Weinstein (sur l’affaire depuis cinq épisodes) et le réalisateur est un touche-à-tout prometteur avec encore beaucoup à prouver. Le résultat est concluant mais pas mirobolant : les surprises sont minces, le drame sans profondeur, le tour de piste efficace et bien charpenté. En degré, c’est un slasher conventionnel, pourvu d’une dizaine de morts brutales (servies par les excellents effets gores de Christopher Nelson) ; en qualité, c’est tout de même le haut du panier. Il manque d’intensité par rapport à ceux (fous) de Zombie – il est bon par rapport à ce qui se fait de notable dans le registre.

L’essentiel du travail relève du fétichisme et de la ré-actualisation d’un univers et de sa marque. Ce n’est pas une reconstitution, mais une reconstruction. Les éléments cultes sont discrètement omniprésents, comme cette respiration de Nick Castle, l’homme sous le masque en 1978. Le theme mythique est de retour, via un remix (encore un) composé par le trio impliquant Carpenter John et Cody avec leur parent Daniel Davies (ces fils et filleul étaient déjà ses collaborateurs pour les excellents Lost Themes – série d’album au titre trompeur). Michael reste mutique et sans réaction – sans même volonté soupçonnable d’être fermé. Les ados lourds et épanouis prêtent à sourire, sans affectation – le dégoût perceptible envers la médiocrité en 1978 n’est de la partie qu’à un niveau résiduel, fonction du spectateur. L’Amérique trumpienne (ou provinciale) occupe le décors et le style, les vêtements surtout, sont un peu datés (des seventies, l’espace où a démarré l’an précédent la série Mindhunter). Or on parle des tests ADN, voit un couple en Bonnie & Clyde inversés. Halloween 2018 sait mettre à profit l’arrière-pays (l’ordinaire par opposition au folklorique) où présent et passé sont mélangés, où les vestiges vintage et la culture profonde disputent des parts de visibilité aux tendances gouvernant sans nuances dans les capitales.

Malheureusement les aspects positifs sont trop froids ou superficiels pour recouvrir durablement les défauts, même si la plupart sont modérés eux aussi. Si l’histoire générale et spécialement celle de Laurie a été habilement réinventée, c’est en largeur plutôt que dans le détail ou en intensité. La façade des personnages est étoffée, ils traînent une histoire définie, mais comme dans les romans de Simenon il faut surtout compter sur l’imagination pour compléter entre les lignes (ou bien ils tournent au grotesque pas tout à fait maîtrisé comme ce nouveau Loomis, responsable d’un moment de débilité à vertu pédagogique quand il rencontre Laurie). Cela conduit à un dernier acte où la cohérence souffre, pas à cause de graves négligences ou d’audaces incontrôlées, mais parce qu’une faute insignifiante suffit à broyer toute illusion. Ainsi Laurie a de mauvais comportements, une ou deux légèretés critiques pour une survivaliste – alors qu’elle approche la pureté le reste du temps. Sa réplique radicale versus Michael sera du plus bel effet, mais pour une fin irrecevable – la survie du monstre est très probable (c’est à peine spoiler). Et cette réponse est frustrante de toutes manières, à cause du gâchis des ressources (à quoi bon remplir si fort cette cave ?) et dans une moindre mesure du scénario.

Des limites plus contrariantes sont atteintes du côté du croquemitaine. H2018 évite les occasions de montrer un Michael trop diabolique ou consistant dans son indifférence à l’acceptable (pour le monde et pour le cinéma). Qu’il passe à côté d’un bébé braillard n’est pas conforme au personnage. Il peut être indolent ou ignorer certains détails/humains, mais sauf urgence il doit saccager ce qui traîne sur son chemin, surtout si la chose est turbulente. Cette erreur intervient dans le cadre d’un film d’horreur sévère puisqu’un mineur peut y mourir (suite à un accident de voiture) – sévère mais pas encore réaliste ni troublant. Il aurait mieux valu que le petit enfant soit absent, ou couper – ce qui impliquait renoncer au semblant de plan-séquence – dispensable sauf pour l’hommage.

Par conséquent et même s’il les porte à un beau niveau grâce aux qualités d’exécution, H2018 rebondit souvent sur les clichés. Son script lui-même en est cousu – seuls des nouveaux venus entendront évoquer sans broncher un transfert de la Bête le lendemain [de la réception de ces journalistes ambitieux mais stériles]. La sobriété a ses contreparties (donne une séance assez irréprochable de loin et dans les grandes lignes) – et des exigences surtout négatives : les ouvertures et excentricités de la saga sont refoulées. Ainsi le lien filial entre Michael et Laurie (annoncé dès la première suite) devient une légende urbaine d’après un dialogue. Pas de magie au programme bien entendu et pas de fille Strode venue distraire Michael de son long sommeil (c’était le cas avec Jamie Lloyd dans les épisodes 4 à 6). L’hypothétique série Haddonfield devra accepter des risques de cette nature, avec ou sans regard dans le rétro – car en même temps qu’il prouve la solidité du filon, Halloween 2018 souille les espoirs de seconde jeunesse cachée du côté des Strode.

Note globale 64

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Les griffes de la nuit/2010, Get Out, American Nightmare, Alien Covenant, La Maison du diable, La Malédiction, You’re next, Pas un bruit

Scénario/Écriture (6), Casting/Personnages (6), Dialogues (5), Son/Musique-BO (7), Esthétique/Mise en scène (7), Visuel/Photo-technique (7), Originalité (5), Ambition (7), Audace (6), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (6), Pertinence/Cohérence (4)

Les +

  • très bon comme slasher ou film d’horreur indistinct
  • relève honorable pour la franchise (qu’il resitue proprement, sans emphase et presque sans explications niaiseuses)
  • la réinvention de Laurie Strode
  • aspects techniques au sens large

Les –

  • assez mou concernant Michael
  • drame superficiel, maintient l’ensemble dans la tiédeur
  • mauvaise fin
  • personnages qui ne décollent pas (après la bonne première impression)

 

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