DANGEREUSE ALLIANCE **

24 Août

dangereuse alliance

2sur5  En 1996, Dangereuse Alliance connaît un certain succès. Il est modeste à la sortie, puis boosté par le phénomène Scream, dont le personnage principal est l’une des quatre héroïnes. Histoire de sorcières et de pouvoirs occultes, The Craft devient une référence dans les lycées et inspire largement la série Charmed, lancée en 1998 avec un générique issu du film. Si le film est facile à attaquer sur ses aspects kitschs ou son scénario assez faible, il garde une assez bonne réputation grâce à ses tribus de fans – fangirls essentiellement.

The Craft se livre comme une espèce de rêve pour ados emo-goths. Un groupe de quatre filles y a recours à la magie noire pour soigner ses blessures, se venger des salauds et se permettre quelques satisfactions impossibles dans la réalité. Mouchés les pétasses racistes, les mecs grivois et ceux se jouant de votre sincérité voir de votre cœur ! Mais il y a un contre-coup : les pouvoirs poussent au cynisme (voir au meurtre indirect) et se retournent contre elles (l’amoureux ensorcelé devient envahissant). Pire, il y aura les rivalités entre ces filles dotées d’une puissance surnaturelle.

Lorsque Sarah tente de se détacher du Cercle, elle se retrouve dans une position très dangereuse, les autres lui rendant la vie impossible, allant jusqu’à faire se crasher l’avion où se trouvent ses parents. Sarah est l’agent vertueux dans cette histoire, contrairement à Nancy, leader du groupe, la plus exaltée et surtout le personnage le plus torturé. Le film fonctionne parce qu’il joue sur les fantasmes mais aussi sur certains ressentis adolescents dont il se sert habilement pour soigner l’ambiance de fond : les parents casos, le cadre autoritaire de l’école et de la religion, les petites hontes ou souffrances à ravaler ou dissimuler.

À son échelle, kitsch et teen, le récit décrit très bien la dynamique de secte, délaissant celle d’aspirant illuminé. Le spectacle manque indéniablement de profondeur mais pas d’habileté. Les pièges des sorcières et les effets spéciaux sont ludiques et relativement monstrueux. Robin Tunney (Sarah) est assez magnétique et Fairuza Balks (Nancy) très charismatique en ado haineuse et maniaque, paraissant toujours au bord du delirium tremens. Les deux autres sont plus évanescentes, en tant que personnages comme en tant qu’interprètes, surtout celle bientôt à l’affiche dans Scream, Neve Campbell (Bonnie).

Note globale 46

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Tamara + The Woods + Suspiria

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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