CLEOPATRA (1970 – TEZUKA) ***

25 Fév

3sur5  Cleopatra est le second opus de la trilogie des Animerama, produite par Osamu Tezuka et réalisée par Yamamoto. Pour Cleopatra, Tezuka partage la réalisation avec Eiichi Yamamoto, seul sur les deux autres films (Les Mille et une Nuits puis Belladonna). Alors que Les Mille et une Nuits était le premier film d’animation pour adultes au Japon (1969), celui-ci, sorti un an plus tard au Japon et en 1972 aux USA, deviendra le premier du genre à être classé X aux Etats-Unis. Il s’agit du résultat d’une négligence, contrairement à Fritz the Cat sorti trois jours plus tard, qui aurait davantage mérité le titre.

Il est généralement reconnu que ce titre n’était pas mérité ; pour autant, Cleopatra est plus ouvertement érotisant que son prédécesseur. Le sexe est toujours plutôt figuratif, mais les allusions sont outrées, parfois vulgaires. Dans l’ensemble, l’emprunte de Tezuka est assez offensive et explicite, même si sa manière de raconter, elle, demeure déroutante, avec des liens parfois très opportunistes dans la narration. Le film jouit d’une facture technique élaborée, à laquelle s’ajoute le style de cartoon improbable à la Tezuka. La conception de Cleopatra a impliqué énormément de talents et d’interventions. Des tentatives entre l’astucieux et l’hasardeux parsèment le film. Avec ses prises de vue réelle ajoutées à l’animation, l’introduction dans l’espace apparaîtra éventuellement désuette, décalée certainement.

S’inspirant de la pharaonne d’Egypte Cléôpatre, Tezuka et Yamamoto ne mettent aucune emphase particulière pour la vraisemblance historique ou le respect des faits : ils l’annoncent même dans un panneau d’ouverture. Certaines allégories historiques sont très anachroniques. Le film amalgame l’humour et la tragédie, le romantique et l’ubuesque. Au centre, Cléopâtre se donne à César pour protéger son peuple. La profusion observable a pour effet pervers d’étouffer la puissance dramatique, voir aussi l’unité et finalement l’intérêt porté au film. Il reste objectivement remarquable et très inventif. Un côté western spaghetti peut-être non-délibéré s’en dégage, tandis que les références à des mangas populaires de l’époque se multiplient (Kamui Garden, Astro Boy, Gegege no Kitaro, etc).

Enfin le film peut être comparé avec Astérix et Cléôpatre (sorti peu avant – 1968), où quelques gadgets se rejoignent : notamment concernant le lion, Rupa, tendant vers le Calimero dans cette version. Le petit cameo d’une sorte de gaulois gueulard laisse supposer que les Tezuka s’est intéressé aux créations de Goscinny. Pour le reste, Cleopatra est un film d’animation en avance sur ses contemporains, énergique, un peu décousu et d’une grande beauté plastique. La version occidentale, venant des Etats-Unis, a longtemps souffert d’une large censure où 30 des 115 minutes étaient amputées, comprenant les scènes les plus suggestives et celles encadrant la séance avec virée dans l’espace et le futur.

Note globale 68

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Le Saut + Hellraiser 4 Bloodline

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 .

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