PIRANHAS 3D **

22 Jan

2sur5 Il fait chaud, les spring-breakers, tous jeunes et beaux, prennent d’assaut le lac Victoria et s’exhibent sans la moindre pudeur et surtout sans la moindre conscience de la menace pesant sur eux. Les piranhas sont là et pas n’importe lesquels. Docteur Llyod, l’expert enthousiaste de service, en atteste : c’est une découverte majeure ; des survivants d’une lointaine époque, dont la constitution en fait des prédateurs dignes de l’ère des dinosaures. La petite farce étant consommée, on omettra de développer.

Car Piranhas 3D est un film d’exploitation totale, d’une générosité imparable au rayon gore & boobs. Il est même plutôt extrême dans ces deux registres : bien trop sauvage pour passer sans dommages, le film vire à la catastrophe dionysiaque. Sa dernière demi-heure, c’est L’Aventure du Poséidon à ciel ouvert et en barbarque. C’est quelquefois hilarant mais surtout particulièrement énervé. Rayon nudité, Aja jouit manifestement d’une immense liberté. Une  »cultissime » scène de sirènes va faire irruption au son de Flower Duet (Lakmé), fausse rupture avec le mauvais goût général et vrai cadeau pour le public.

En-dehors de ces caractéristiques, Piranhas 3D pêche par ses outrances de produit grindhouse militant. L’intrigue relève de la sitcom minable et criarde des 1990s sous le soleil de Miami ou de la côte Ouest. Les fautes logiques et comportements adéquats sont légion, une amourette s’inscruste, insipide même dans une optique  »second degré ». C’est que les repères demeurent ultra conventionnels, pas juste ceux dont on s’amuse. Le personnage principal aurait pu être sympathique : dans l’univers d’Alerte à Malibu et de Alpha Dog, il a le rôle du moraliste plombant. Pour autant, dans le registre presque toujours débridé et décérébré de l’horreur animalière, Piranhas 3D s’en tire honnêtement, sans atteindre le niveau d’Arac Attack mais sans sombrer dans la confusion comme Horribilis.

Alexandre Aja a revendiqué l’autonomie totale de son film par rapport au Piranhas de 1978, bisserie fameuse signée Joe Dante. Il s’agit toutefois bien, sinon d’un remake, d’un nouvel opus dans ce qui est de fait la franchise  »Piranhas » (deux voir trois opus auparavant). L’affiliation s’arrête effectivement là, car le Piranhas sorti 32 ans avant n’était pas un pastiche sarcastique avec une ribambelle de personnages clownesques (ici, Adam Scott en géologue badass, Jerry O’Connell en pervers survolté). Par contre, La Colline a des Yeux (remake) et Haute Tension étaient de grands films de genre, des modèles pour leur époque : Piranhas 3D, un encart ludique et la possible annonce d’un début de déchéance pour le cinéaste Aja, juste après le laborieux Mirrors.

Note globale 54

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Avatar 

Voir le film sur YouTube

 Voir l’index cinéma de Zogarok

.
.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :