Archive | janvier, 2018

MINI-CRITIQUES 7

31 Jan

Seuls les 9 et 10/10 feront l’objet d’une critique systématique. Les 8 intègrent donc les Mini-critiques via cette septième édition (grâce au Reptile de Mankiewicz).

Cemetery of Splendour ** (Thaïlande 2015) : Et si tout ça n’était pas adapté pour le cinéma, ou seulement entre parenthèses ? J’avais aimé Tropical Malady, mais cet opus-là est trop lent, les dialogues et même une bonne part des pourtant rares mouvements sont plombants, l’action comme les individus sont dépersonnalisés. Filmer l’irrationnel reste méritoire mais ‘l’abandon’ même encadré mène à une reconstitution du réel qui a-priori vaut autant qu’une impulsive, racoleuse, ou une pure illustration qu’auraient signés des amateurs. Ce qui relève le film outre sa jolie plastique, c’est son charme, rapidement diffusé ; pour le reste, il se distingue en allant sur une pente sûrement jolie et défendable mais qui peu enrichissante à cause de sa passivité volontaire. (44)

Les Nuits avec mon ennemi / Sleeping with the enemy ** (USA 1991) : Film empreint de manichéisme sur la violence conjugale, mais pertinent dans le détail et dans la description d’une relation toxique et ses effets. Au sens strict cette partie n’occupe qu’un cinquième du film (en entrée), le reste montrant la lutte à distance, jusqu’aux retrouvailles.

Ce film (à la jolie photo, au style 100% nineties) est donc en contradiction avec le romantisme de Pretty Woman (plus proche de Cinquante nuances de grey avec sa conception du ‘gros lot’ pour femmes) ; il est partiellement en contradiction avec l’image de Julia Roberts à l’époque et participe à développer sa facette combative (Erin Brockovich arrivera en 2000).

Le style est théâtral et lourd, notamment dans l’usage de la Symphonie fantastique de Berlioz pour souligner l’oppression et la morbidité des situations. Une autre ambiguïté atténue le propos : le moustachu autoritaire est-il un vrai psychopathe ou un homme prédateur ? Enfin tous les hommes semblent être des menaces ou des propriétaires condescendants en germe (l’autre mec voit la relation plus forte qu’elle ne l’est, s’impose) – à moins que ce ne soit que le prisme déformant d’une victime et que nous savons tous, auteurs et contrôleurs du film y compris, que ces biais en sont et font leur office. Enfin l’approche se veut positive pour les femmes, la victime s’avérant débrouillarde (elle a prémédité, de loin, sa fuite) et résiliente malgré les coups qu’elle a pris et sa diminution passée. (48) 

Oblivion *** (USA 2014) : Film de SF à énorme budget avec Tom Cruise, à l’époque où il devient commun de s’en moquer. Plane sur le genre, reprend des souvenirs glorieux ou des références originales à défaut d’être entrées au panthéon (classiques mineurs des 70s, références incontournables pour cinéphiles comme La jetée et Solaris, Postman peut-être -ou car c’est lui-même un pot-pourri- ?). Les spectateurs rodés ne vont rien découvrir fondamentalement, mais le spectacle est de haute tenue, en tout cas irréprochable et agréable techniquement. Reste des aspects trop sucrés ou ringards, catalysés par Morgan Freeman et tirant la dernière partie vers l’insipide. (66)

Ressources humaines *** (France 2000) : Débuts de Laurent Cantet (Vers le sud, Entre les murs), avec Jalil Lespert. Digne d’un documentaire et souvent brillant dans les dialogues, la direction d’acteurs et l’écriture (‘photographique’) des personnages. Malgré l’engagement flagrant et implicitement assumé, ne verse pas dans le fantasme ou le procès, préfère les tons gris et la morosité du réel. (72)

Dans la chaleur de la nuit *** (USA 1967) : Survenu au moment des luttes des droits civiques et des émeutes/tensions raciales. Assez fin dans ses profils sauf peut-être lorsqu’il s’agit des brutes armées et traquant le policier noir. Loin du moralisme et de la haine (générale mais surtout géographique ou ‘de classe’) de productions antiracistes ou antibeaufs de l’arrière-pays comme Un homme est passé. Vu en VF. Serait le premier détenteur du grand Oscar interdit aux enfants (aux moins de 13 ans). J’ai aimé l’ambiance et certains plans ou détails m’ont paru remarquables ; à revoir et rehausser, peut-être. (70)

La part des anges ** (UK 2012) : Septième Loach vu et premier sans critique. Meilleur que Daniel Blake et drôle contrairement à lui. Sait faire apprécier l’aventure à défaut de rendre les petites frappes sympathiques. Davantage une comédie complaisante et tranquille qu’une œuvre ‘sociale’. (62)

Le Jour de la fin du monde * (1980) : Ou ‘When Time Ran Out’ en VO. Film catastrophe banal, pas dégoûtant ni stimulant, avec Paul Newman en brave et Bornigne en vieux chien. Je l’ai vu surtout pour Bisset (remarquée dans La cérémonie). Un ‘film de vacances’ à tous points de vue – et pas des vacances de prolos bien que les effets soient cheaps. Musique balourde. Malheureusement avec la fuite le film perd de son semblant d’intensité. De plus les moments spectaculaires sont très insuffisants et dignes d’une série B de studio B. (38)

The Impossible ** (2012) : Vu sur France 2. Les grands studios n’osent ce genre de films (comme 127 heures) qu’avec le label ‘based on a true story’ – des versions ‘ad hoc’ pour les mêmes résultats ne demanderaient pas beaucoup d’imagination. Efficace, plutôt équitable a-priori mais longuet sur la fin et assez pauvre au fond. (48)

Ex-lady ** (USA 1933) : Vu sur France 3 via ‘Cinéma de minuit’, n’avait que deux notes sur SC (est passé à neuf). Montre une tentative, forcément ratée, d’union libre, avec Bette Davis en femme indépendante rattrapée par la jalousie. Un peu grivois dans les dialogues. Bette Davis joue mal la pleureuse. Plaisant et facile, moins de 70 minutes. (62)

Le jour du fléau ** (USA 1975) : De Schlesinger, le responsable de Marathon Man et Pacific Heights. Tendances mélo et grandiloquentes, semble viser la grande chronique voire la petite fresque. Tiré d’un roman ou d’une nouvelle homonyme paru en 1939. Le physique étrange de Karen Black retient l’attention et son personnage assure le ‘show’ constamment. Malheureusement il y a un fossé entre ce que le film montre (qui est finalement innocent ou banal) et sa dépréciation affichée par rapport aux mœurs, certes basses, pourries ou ‘hors-sol’ des gens de cinéma – ou des business s’y rapportant. Le ton se fait franchement cinglant sur le tard seulement. En revanche Day of the Locust a bien le mérite, si c’en est un, de montrer la réalité par le bout laid, refuser toute complaisance et presque toute magie – presque car il se fait poétique voire lyrique par endroits, quand ses gens sont trop affectés et qu’il n’y a plus de quoi tourner ça à la dérision. La fin (à partir du déchaînement de la foule) relève du cauchemar et de la ‘fantaisie’. À essayer pour ceux qui ont aimé Le Dahlia Noir. (58)

Le bonheur ** (France 1934) : De Marcel L’Herbier, avec Gaby Morlay et Charles Boyer. Tiré d’une pièce d’Henri Bernstein, connu comme auteur de théâtre de boulevard. Michel Simon en homosexuel peut surprendre, mais il l’aurait été dans sa vie réelle – sûrement pas sous ce format. Bien que ce film en soit un, au lieu de se contenter d’un espace de théâtre (il utilise des astuces montage pour les enchaînements), il manque d’intensité. La direction est plutôt claire jusqu’au milieu, mais l’épaisseur manque, probablement par suite de l’absence d’engagement. La critique est donc superficielle, hors de quelques mots plaqués elle est des plus faibles ; le romanesque reste théorique, même le luxe et les moments de passion semblent morts et lointains. Ce film est tout de même précoce, dans la mesure où il introduit dans les coulisses du cinéma et la machinerie de l’illusion amoureuse – avec l’idée qu’il vaut mieux savourer sans toucher, se faire ‘avoir’ de loin sans se faire prendre par les artifices. (48)

Brèves de comptoirs * (France 2014) : Pour la mise en bouche cette adaptation recrute les beaufs présentables type RTL/ FranceInter/ programmes courts du 20h – les FranceInter se mouillent moins, quand même, quoique François Morel déboule avec un costume d’homme-sandwich. Le film se contente de relier les phrases (il est rarement plus long, sauf une scène sur Brigitte Bardot) à l’intérieur de pseudo-saynettes très flottantes. Le premier quart-d’heure est passable, il faut surmonter la centaine de minutes. Une mini-séries avec de mini-épisodes aurait déjà été sans intérêt, puisque ce film n’a aucune vertu et ses acteurs eux-mêmes perdent leur temps. Beaucoup de vannes hyper triviales, déjà vues ou entendues : les champignons pas balancés aux allemands contrairement aux juifs (déjà dans Groland), les remarques sur le racisme, etc. C’est un peu du Mocky en lymphatique et ronflant avec casting populaire et gros blancs. Un petit côté poétique et morbide sensible essaie de se greffer mais tout manque pour décoller. Ribes fait un cameo pour nous dire que les humains c’est si décevant – les gens mesquins se sentent légitimes pour sortir ce genre de conneries. (22)

Le Bossu * (France 1960) : Très raide, pas de souffle – encore moins épique. Les acteurs n’ont pas la place et ne sont pas en cohésion – Marais et Bourvil livrent des versions aseptisées d’eux-mêmes. Pour les fétichistes des ‘beaux costumes’. (36)

Le frisson des vampires ** (France 1971) : Troisième long-métrage achevé de Jean Rollin qui persévérait dans le vampirisme. Fort en style et en initiatives graphiques, mais desservi par sa direction d’acteurs et son indifférence aux rythmes. Ces deux défauts servent toutefois la pente ‘stoner-movie’ de cette production absorbant à son compte (vicieux) les atours hippies et reprenant du paganisme. Parfois très bavard. Agréable à voir quand la lenteur est occultée. Dans le même registre et tourné la même année : La rose écorchée de Claude Mulot. (48)

Quai des orfèvres *** (France 1947) : Marquait le retour de Clouzot après son interdiction d’exercer à la Libération, suite aux polémiques générées par son Corbeau de 1943. Excellents acteurs, brillante mise en scène, scénario ou du moins histoire d’un moindre niveau. Bernard Blier est très intense et tourmenté par rapport à sa moyenne finale. Le commissaire et le catalogage des (mauvaises) passions souillent les vanités du show-business. Louis Jouvet me semble exagérément applaudi pour son personnage de bon et brave cynique, les deux femmes étant largement plus intéressantes et captivantes. Le titre fait référence à l’adresse d’une unité de police judiciaire rattachée à la préfecture de Paris – il sera repris par Olivier Marchal en 2004. (72)

Le trou normand * (France 1952) : Marqué par la première apparition à l’écran de Bardot, qui vient donner la réplique à Bourvil (lequel joue un benêt reprenant ses études pour apprendre à être intelligent – à l’époque ça se conçoit). Les deux sont à la peine. La direction d’acteurs manque de dynamisme, certains essaient de compenser avec de hauts cris, sans succès. Comédie ‘bon enfant’ mais un peu grivoise et à peu près nulle. (20)

Paradis perdu ** (France 1940) : Opus très dispensable mais sans défauts de conception de la fin de carrière d’Abel Gance. Suit un homme perdant sa femme pendant qu’il est poilu, puis évoluant en tant que père de son retour du front jusqu’à la fin de son existence. (52)

Portrait de femme *** (1996) : Par la réalisatrice de La Leçon de piano, Jane Campion. Nicole Kidman y est manipulée par un Malkovich ‘loser’, raffiné, blasé et malveillant, auquel l’a livrée une ambitieuse déçue. Entrecoupé par des séquences d’imagination (simple fantasme la première fois, puis fantaisie en noir et blanc). Le vieux, fumant sur son lit de mort : « Les choses ne sont jamais ce qu’elles pourraient être ». S’essouffle après le milieu. (74)

Moi, moche et méchant * (USA 2010) : Film d’animation franco-américain extrêmement connu (30K de notes sur SensCritique – à la 235e place selon cette liste) et première production d’Illumination Entertainment qui signera ensuite Le Lorax et Comme des bêtes. Responsable des Minions, petites créatures jaunes en salopette, dont les facéties manquent d’inspiration et de ‘jusqu’au-boutisme’. En terme d’humour et d’aventures, le film devient insipide dès que le Gru a adopté les gamines. Les caractérisations restent médiocres mais les différences entre personnages sont assez importantes pour compenser. Musique ‘funk’ de Pharrell Williams. (32)

Le petit dinosaure et la vallée des merveilles ** (1989) : Le début est relativement exigeant, puis les enfants dinosaures sont réunis. (60)

Le Reptile *** (USA 1970) : Une réalisation Mankiewicz (son avant-dernière) avec des audaces et des vulgarités, proche du western italien de l’époque et loin des hauts canons hollywoodiens. Relève de la satire avant l’entrée en prison et garde ensuite des côtés grotesques, sarcastiques. Autour d’un groupe partageant la même cellule d’une prison du XX (parmi eux un vieux couple). Le seul point important sur lequel le film risquait de rester faux était son directeur, mais cet idéaliste est moins niais qu’il en l’air (et c’est encore sans tenir compte de la contagion du cynisme). Dans le même registre, en plus trash (l’époque et le peu de comptes à rendre aidant), il existe Vice Squad. Plus récemment est sorti une version péquenaude avec Rodney Dangerfield en bon papa : De retour pour minuit. (76)

Circus World / Le plus grand cirque du monde ** (1964) : Dans la première phase, John Wayne ne déroge pas à ses habitudes et si on considère le film avec rigueur, lui et son apparence, voire sa prestation, sont hors-sujets dans le contexte du cirque ; auprès des européens il aura moins l’air emprunté. Très bon casting, sans doute plus remarquable que les personnages (en particulier pour Claudia Cardinale). Gagne en intérêt progressivement : le début en Amérique est un peu fouillis, l’arrivée en Europe divertissante, les retrouvailles apportent une dimension plus romanesque. Reste une moitié du film autour de cette affaire de famille compliquée, émaillée par quelques incidents (la vraisemblance ‘physique’ sera parfois mitigée). Enchaînements mélos bourrins (ni flottements ni profondeur dans ces moments-là). VF de la gamine fort décalée. De jolis moments de cirque malgré des répétitions. (56)

La terre des pharaons *** (USA 1955) : Appuie sur l’escroquerie religieuse et notamment le concept de ‘seconde vie’ pour forcer au travail et justifier la dureté et les privations ici-bas. Signé Hawks (Scarface, Rio Bravo), n’a pas l’ampleur de son Cléopâtre, mais reste un péplum bien achalandé, un AAA de routine – avec ses autres qualités. La concurrence entre efforts de réalisme et démonstrations donne un résultat agréable. Le casting masculin manque parfois d’intensité et par suite de crédibilité. (66)

Autres Mini-critiques : 9, 8, 7654321 + Mubi 4, 3, 21 + Courts 2, 1 + Mubi courts 2, 1

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IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE ****

30 Jan

il était une fois en amérique

4sur5  Troisième et dernier volet de la trilogie sur l’histoire américaine de Sergio Leone (les Il était une fois), Once Upon a Time in America est aussi l’ultime film du réalisateur italien. Objet massif, chef-d’oeuvre terminal, fresque d’une durée (3h49) voir d’une ampleur équivalentes à Autant en emporte le vent, Il était une fois en Amérique fait l’unanimité et érige Sergio Leone au rang des fournisseurs de classiques absolus, tant pour le public que la critique, parfois réticente face à ses œuvres. Il aura fallu le premier opus des Il était une fois, celui dans l’Ouest, pour que celle-ci accepte de réviser son jugement.

Il était une fois en Amérique est cependant en-dessous de ses deux prédécesseurs. En participant à la nouvelle vague d’évocations épiques du gangstérisme, entamée avec Le Parrain de Coppola en 1974, Sergio Leone apporte son style propre mais semble parfois légèrement cadenassé par cet univers dont l’aura mythique ne lui est pas tant redevable, contrairement au western spaghetti où il règne sans partage. Le résultat de ces 30 semaines de tournage et d’un budget assez pharaonique de 30 millions de $ oscille entre génie formel pur et classicisme chahuté par l’ultra-violence, avec cette touche sombre et bonhomme inimitable de toute création signée Leone.

Il y a paradoxalement un certain dépouillement dans Il était une fois en Amérique, lié à sa conception du temps et à la destinée cocasse de Noodles. Ce personnage interprété par Robert DeNiro est un gangster redoutable dont la carrière et la vocation sont finalement avortées. Au début du film, Noodles est absent de chez lui et d’autres meurent à sa place ; à la fin, il est à nouveau dans la fumerie d’opium, rêvassant à défaut de prendre toute sa part. La construction des films de Leone a toujours été irréprochable, comparable à celles d’un Kubrick, la différence majeure étant dans l’objet : Kubrick fabrique des systèmes, Leone des épopées humaines.

Ici cette construction s’avère particulièrement complexe, à la limite du sinueux alors que le résultat semble étonnamment limpide et synthétique. Les fabuleux enchaînements marquant ce film ne sont pas seulement des prouesses techniques brutes : ils renforcent cette sensation d’allez-et-venir sans que le temps n’ait de prise, sans que le vrai et la logique ne puissent atteindre cette histoire. L’ascension et l’exclusion de Noodles sont remplies de choses triviales et pourtant sont magnifiques. La dernière clé du film sur cette vie volée fait prendre conscience de l’envoûtement exercé et de l’échappée qui s’est produit.

L’imagination personnelle du spectateur peut s’approprier l’objet sans le dénaturer. Ce destin gigantesque plombé par les remords et la souffrance, ces 35 ans de vide que nous avons traversés la tête dans les flash-backs, constituent une prouesse remarquable de la part de Leone. La faille du film, ce n’est absolument pas d’être un film obèse, mais plutôt d’empêcher certains personnages de prendre tout à fait prise, certains d’entre eux et d’entre elles apparaissant comme des formes à la présence et aux caractères marqués, mais dont la personnalité est somme toute fantômatique, elle aussi. Ce genre d’angle mort n’est ni sans charme, ni incohérent.

Note globale 79

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Suggestions… Il était une fois dans le Bronx

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NOUS NE SOMMES PAS DES ANGES **

29 Jan

3sur5  Avant The Crying Game et Entretien avec un vampire, Neil Jordan était connu pour La Compagnie des loups, une adaptation ingénieuse du conte du Petit Chaperon Rouge. Cinq années et un échec retentissant plus tard (High Spirits, dont il est dépossédé), il tourne Nous ne sommes pas des anges (1989), dont on ne se rappelle généralement que pour conforter sa piètre réputation. Dans cette comédie sensible inspirée de pièces de théâtre, il y a pourtant deux motifs de tomber sous le charme : le casting et les décors naturels.

Au début du film, Ned et Jim, deux petits malfrats incarcérés dans un pénitencier américain dans les années 1930, doivent assister à une condamnation à mort. Mais le condamné Bobby était armé et s’évade, les emportant avec lui. Ned (Robert De Niro) et Jim (Sean Penn) se retrouvent dans une petite ville où ils sont pris pour deux théologiens. Ils sont donc hébergés par le groupe de religieux présents pour une commémoration annuelle autour de la Sainte Vierge. Leur but : éviter les patrouilles de Warden (Ray McAnally) et passer la frontière toute proche pour le Canada. Il suffit de passer le pont !

Le ton est léger mais loufoque, bienveillant et l’humeur du metteur en scène philosophe. We’re no Angels prend le parti des deux bandits, dont on ne connait pas le motif de l’incarcération, toutefois vraisemblablement mineur, au contraire de celui de Bobby. Le spectacle est plaisant, surtout pour la délectable performance de De Niro, écartelé entre quiproquos et exigences paradoxales. Son idylle musclée avec Demi Moore est charmante. Mais il y a aussi Sean Penn, son complice de galère, un jeune homme étonné de tout, suggestible, assez faible.

Juvénile mais pur. Patatras. C’est là qu’est tout le problème de We’re no angels. Jordan fait dans l’idéologie facile et le consensus mielleux, à un degré nécessitant une attitude de ravi de la crèche trop avancée. Les éléments de la gentillesse outrée prête à monter sur une petite estrade pour s’écrier « ça suffit maintenant » sont bien là : les autorités cruelles (le commissaire de la prison), prêt à semer le trouble dans la population pour retrouver deux criminels ; la religion organisée, où le dogmatisme revêt plus d’importance que la morale, la justice ou même les valeurs de pardon dont elle se revendique.

Oui, mais il y a néanmoins des gens plus éclairés, des gens modérés et bienveillants. Car il y a partout de bonnes personnes et la religion elle-même peut porter de belles aspirations (symboles appuyés jusqu’à la Vierge en free style sur un toboggan improvisé). C’est charmant, ça passerait sans mal somme toute, mais Jordan fait l’erreur de mettre une emphase totale sur ces moments où la candeur de Jim l’emporte. Faire croire que les aberrations oratoires de ce dernier aient la moindre validité est ridicule.

Lorsque le brave garçon fait son discours public sur la liberté de pensée, sur Dieu auquel il faut croire mais tant qu’on en a envie, sur les malheurs qu’on a tous, il ressemble à une mascotte à la botte de Wesh se mettant à philosopher ; qu’une foule trop abrutie ou enivrée de loukoums de Noël acclame pourtant, sabotant bêtement tant d’énergie.

Heureusement ces élans-là sont rares, même si les éléments sont omniprésents. Quoiqu’il en soit, le film a une véritable beauté, dans ce qu’il exprime à un niveau plus instinctif, au niveau des rencontres de DeNiro et ses réactions ; de Demi Moore et sa situation ; et bien sûr en se contentant d’absorber ces paysages. Sur ce dernier point, Neil Jordan a toujours eu un talent particulier, rarement relevé.

Note globale 62

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LA PIANISTE ***

28 Jan

4sur5  C‘est parce que Haneke avait vocation à présenter ce genre de monstre qu’il est un auteur remarquable, en dépit de son infâme Funny Games ; et malgré tout le reste, Caché la baudruche comme ce petit rien même pas vaniteux qu’est Le Temps du Loup. Sorti en 2001 au début de la période française de Haneke, la plus crue, La Pianiste est un film intégralement laid, repoussant. Et c’est un film habité, par des individus qui n’ont jamais su qu’esquiver la vie ou la toiser avec une condescendance bancale.

Erika est une professeure de piano réputée et très qualifiée, officiant au conservatoire de Vienne. C’est une femme dure, faisant autorité, mais laissant néanmoins transparaître une insécurité et surtout une tension, un manque à combler. Ce manque sera la clé de la liberté. Il apportera un soulagement confinant à la vacuité, qui peut être tout aussi dangereux, comme l’occasion de se re-découvrir et de partir ailleurs, simplement, ou de mourir, au pire. Mais tout cela est loin. En attendant Erika est en prison et elle y est pour toujours puisque rien ne saurait se réaliser.

Ce que les élèves, collègues et toutes autres fréquentations tenues à distance d’Erika ne voient pas, c’est une fille sèche n’en pouvant plus, une femme rêvant de pouvoir s’échouer sous quelqu’un, devenir sa chose. Erika est une autorité mais elle délivre une prestation totalement artificielle dans le monde extérieur. Elle n’est pas passive cependant et lorsqu’elle se tend vers lui, son perfectionisme l’accompagne, comme une manie devenue fin en soi – et arme, aussi. La passivité, elle la connaît dans son antre, où elle est seule.

Elle injecte dans cet antre ses fantasmes pour omettre que personne n’y entre ; situation logique pour quelqu’un qui n’a pas su renaître alors que c’était vital. Haneke n’avait jamais trouvé de personnage si fort et le doit peut-être au roman dont il signe l’adaptation. En tout cas Erika balaie la femme de Funny Games, car si sympathique fut-elle, le portrait restait superficiel. Avec La Pianiste Haneke montre comme l’aristocratie fin de race peut abriter des malaises et déviances de miséreux : Erika est aussi l’otage d’une mère perverse (Annie Girardot), à côté de laquelle elle dort chaque soir. Pour ceux qui auront de la sympathie voir une connivence avec Erika, ce détail sera probablement le morceau de trop à avaler.

Si cette situation convient par défaut à Erika, c’est qu’elle la maintient dans une aliénation constituant le brouillon de l’impuissance tant désirée. Sa mère en profite pour être assistée voir légèrement l’opprimer ; au pied du mur, lorsque sa fille laisse sa libido gagner, elle la gronde ou lui glisse qu’elle doit rester ouverte aux opportunités. Mais ce n’est que la défense consciente de cette maman satisfaite d’avoir ainsi une vie à prendre, à malaxer et à torturer, pour échapper à la solitude et la détresse. Ce spectacle est extrêmement dur et passée une première moitié où Haneke respecte l’équilibre entretenu depuis des années par Erika, la seconde voit son implosion radicale.

Les tentatives, ruptures et échecs de Erika sont très inconfortables. Le dégoût et l’empathie interviennent, l’agacement éventuellement, en revanche aucune haine n’est possible pour cette maso pathétique. Le besoin paradoxal de triomphe et de contrôle d’Erika la rend charmante, géniale, presque surhumaine : qu’il s’accompagne de vices francs comme les passages aux peeop-show et les consultations de porno est un fait quelconque, mais qu’il se traduise de manière si laide et indigne est perturbant. Le désir est pur, son interaction avec un objet extérieur sordide. Jusqu’au-bout Erika reste écoeurée et intimidée par le sexe en soi : il est trop tard pour passer les étapes primaires les plus élémentaires, trop tard pour découvrir la sexualité normale.

La gamine a trop longtemps médité sans pour autant rentrer dans la cour des grands, parce que leurs plaisirs étaient trop simples, trop frustes. Or finalement à son tour elle expérimente quelque chose de dégueulasse et cherche une trop grande satisfaction, trop vite, trop brutalement. Ce décalage est un gâchis et au lieu de l’avènement d’un monumental exutoire, Anne ne fait que rendre définitive la désolation et la mesquinerie de son existence. Il fallait cette objectivation pour avancer ; il fallait frapper les objets réels avec ses enthousiasmes les plus crades, tout salir une bonne fois pour toute, pour réaliser sa propre puissance et se résigner à être une pauvre unité avec sa monstruosité sur les bras. Abominable destin.

Note globale 77

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Suggestions… Année bissextile + Le Conformiste

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THE ABCs OF DEATH *

27 Jan

abc of death

2sur5  Cousin des V/H/S et de The Theatre Bizarre, ABCs of Death est un film à sketches horrifiques sorti en 2012. Composé de 26 segments pour 26 lettres de l’alphabet, il est donc forcément un recueil de courts, plus qu’un film à sketches. Les concepteurs du projet font savoir qu’ils ont laissé une totale liberté aux auteurs : encore heureux, compte tenu de l’absence quasi totale de moyens (5.000 $ pour chacun).

1) A for Apocalypse – Nacho Vigalondo (2) = Effets sanguinolents et stupides (la main), avec twist rouge sang tout pourri. Vigalondo rester l’homme d’un film (Los Cronocrimines), finalement, son Extraterrestre étant un hybride pénible et ce truc étant juste une baudruche vide.

2) B for Bigfoot – Adrian Garcia Bogliano (6+) = Des parents inventent une histoire pour contraindre leur fille à s’endormir ou au moins, rester au lit en paix. Mission réussie pour eux et pour le réalisateur : c’est implacable, un peu simpliste.

3) C for Cycle – Ernesto Diaz Espinoza (2+) = un type se découvre dépassé par son double, bien décidé à le rayer de la carte. Bonne idée emmenée nulle part, le résultat n’a aucun intérêt.

4) D for Dogfight – Marcel Sariento (6) = combat entre un chien et un homme aux gants de boxe ; tout est au ralenti et en musique, c’est impeccable techniquement. Voilà clip valable, éblouissant dans le contexte de cette collection, juste vaguement intéressant en soi.

5) E for Exterminate – Angela Bettis (3+) = un mec poursuivi par une araignée, sans savoir à quel point. Sorte de gag légèrement sinistre, avec de très moches effets, E s’arrête quand il pourrait devenir intéressant. Intriguant malgré tout, mais évitant soigneusement tout ce qui fait son intérêt, un court signé par l’interprète de May, qui a également joué dans l’opus des Masters of Horror dirigé par le même réalisateur, Lucky McKee.

6) F for Fart – Noburo Iguchi (4+) = rêve d’un au-delà où nous serions dégueulasses sans gêne ; c’est hideux mais ingénieux et tellement atterrant. Comme Shyness Machine Girl, ce mauvais goût définitif mordant sur la SF est une démonstration de ce que les V-Videos (japonais) font de plus déjanté et inassumable.

7) G for Gravity – Andrew Traucki (2-) = un surfeur part en vadrouille et se fait vraisemblablement capturer et absorber par quelque chose. Voilà. Ok. Superbe plan final sur la solitude d’une planche légèrement rouillée par le sang.

8) H for Hydro-Electric Diffusion – Thomas Malling (3-) = un homme-chien assiste à un spectacle sexy ; mais la belle femme-chienne est en fait une nazie qui lui veut mal. Salut les attardés ! Laid et stupide, mais fort en gadgets, la chose a cette identité visuelle cartoonesque pour (et contre) elle.

9) I for Ingrown – Jorge Michel Grau (6) = bonne carte de visite pour un éventuel castin du thriller glauque ; garde le mystère et ça lui va bien. Réalisateur stylé, attire l’attention, mais une fois le moment passé, ne laisse rien.

10) J for Jidai-geki – Yûdai Yamaguchi (2) = histoire de samourai à l’humour slapstick : des effets spéciaux, c’est tout – d’une bêtise assez irritante.

11) K for Klutz – Anders Morgenthaler (2+) = une femme se rend aux toilettes pendant une fête ; mais sa crotte rebondit et la poursuit. Qu’est-ce qu’on se marre. Style BD, un truc proche des sketches pour beaufs sur les petites gênes et fixations du quotidien, entre la belle-mère et un obscur délire sur la façon de marcher des gens, sauf qu’ici c’est trash et ça finit dans le sang. Pittoresque et infect.

12) L for Libido – Timo Tjahjanto (7) = enfin un vrai film, d’horreur, extrêmement malsain, barré et recherché. Une abomination, mais une inventive et soignée, touchant fondamentalement ; c’est ce que nous désespérons de trouver, non ? La sauvagerie sadienne avec les avantages d’un équipement contemporain, dans un cadre élitiste : voilà une hallucination pour paranoiaques, pessimistes et pervers torturés. Tjahjanto se met à l’ombre d’oeuvres comme Salo, Eyes Wide Shut ou Hostel ; il n’en a pas nécessairement l’intelligence ni la profondeur, c’est aux œuvres ultérieures de ce cinéaste indonésien d’éclairer le spectateur. Les fans de l’épisode La Maison des sévices de Miike pour Masters of Horror pourront aimer.

13) M for Miscarriage – Ti West (2-) = encore une histoire de caca et de toilettes ; très étrange, une femme en difficulté avec sa chasse, sa cuve pleine de sang ; une minute ; ok, et donc ? Co-réalisateur de V/H/S, Ti West pourrait être un génie, son one shot reste une arnaque et il faudrait encore les pires des gogos pour y prêter des intentions pertinentes.

14) N for Nuptials – Banjong Pisanthanakun (3) = une mignonne histoire de mariage et de perroquet, tournant mal à cause de quelques révélations. N nous prend par les sentiments, mais il faut aussi voir le contenu et le lien avec une anthologie de l’horreur : et là, c’est tout petit et quelconque, forcément. Les trois points pour toi petit oiseau chéri, mais à condition de ne pas les partager.

15) O for Orgasm – Bruno Forzani & Héléne Cattet (7+) = métaphore clippesque du cunnilingus. Le tandem Cattet/Forzani avait déjà frappé fort avec Amer et confirme : c’est reconnaissable entre mille, c’est beau, c’est un rêve de cinéphiles et s’il doit y en avoir un, ce sera le nouveau giallo. Le seul regret : que les auteurs se salissent en confiant leur petite merveille à cette sombre merde.

16) P for Pressure – Simon Rumley (6+) = Film sans dialogue et en musique, avec un petit côté Drive/Only god ; dans une banlieue latino, une mère avance au jour le jour et doit gagner de l’argent, choix bizarre pour la démonstration finale, bizarre mais pas aberrant. Point de vue valable.

17) Q for Quack – Adam Wingard & Simon Barrett (2) = les deux réalisateurs, chargés de réaliser Q profitent de l’opportunité pour faire une petite mise en abyme. C’est lourdaud dans l’idée comme dans l’humour, ça se veut cynique mais finalement humble, ça débouche sur un canard dans le désert que nos deux génies contrariés n’arrivent pas à décimer.

18) R for Removed – Srdjan Spasojevic (7-) = les expériences en laboratoire sur le corps d’un homme ; ou plutôt les restes de son dos. Segment sale en général, boucher en particulier. Mystérieux, raffiné et aux portes du surréalisme, R est une réussite de la part du réalisateur de A Serbian Film, un de ces « film le plus horrible de tous les temps », raté probablement mais peut-être pas si cynique qu’on l’a prétendu.

19) S for Speed – Jake West (5+) = du Robert Rodriguez pimpant cachant une sombre réalité. Pas mal, sur le plan graphique au moins et avec un bon twist, mais tout de même léger voir simpliste. Par le réalisateur de Evil Aliens et Razor Blade Smile.

20) T for Toilet – Lee Hardcastle (7+) = un garçon apprend à allez aux toilettes ; en pâte à modeler, excellent et très inventif. Le début, rassure pas, mais très vite, le court s’avère passionnant et est l’une des quelques réussites notables de la collection.

21) U for Unerthead – Ben Wheatley (3-) = caméra subjective, nous sommes à la place d’un démon/vampire agressé et poursuivi par des hommes. Initiative percutante, sauf que le réalisateur n’en fait rien ; la violence sauvage masque l’ennui et le vide de ce triste objet. L’emprunte du mystificateur pompeux et sans sujet de Kill List se ressent.

22) V for Vagitus – Kaare Andrews (5+) = valable techniquement, avec sa petite idée dystopique, son mysticisme bactériologique, cet opus vire au n’importe quoi, mais avec style – proche jeu vidéo.

23) W for WTF ! – Jon Schnepp (4+) = au début, un film d’animation rappelant Hôpital Brut, en version violente et MTV ; en fait, deux auteurs sont chargés de réaliser le segment « W » et tatonnant entre les termes (woman, warts, werewolf?). On explore les possibilités de façon ultra rapide puis le WTF s’abat sur la réalité. La prophétie s’éternise pour rien et le mec à la casquette au début joue mal. Sinon, c’est hystérique et WTF comme prévu, le pari est donc tenu même s’il y a des redondances.

24) X for XXL – Xavier Gens (6+) = court de Gens (The Divide) avec toujours ce côté engagé, ultra-naif mais tellement accompli dans son idée que ça fonctionne et prend sens. La seconde partie, sanglante, difficile à voir : heureusement que l’apparition finale est évidemment unautre modèle ; ce qui malheureusement, se devine un peu. La démonstration sur la dictature de la minceur et son effet mesquin et ostracisant sur certaines femmes est très ruéssie. Gens sait mettre en valeur ses idées, même quand elles sont ultra candides – Frontière(s). La ’cause’ qu’il sert ici peut être méprisée ou sans intérêt à nos yeux, le charme opère tout de même. Gens est un artisan généreux avec une espèce d’intégrité, en termes de cinéma comme à un niveau plus terre-à-terre, humain.

25) Y for Youngbuck – Jason Eisener (6) = un pédophile avec une tête d’inquisiteur d’obscur donjon et des jeunes jouant au basket. Fluorescent et rigolo au départ, parfois gênant, mais pittoresque avec une bonne vengeance à la clé.

26) Z for Zetsumetsu [extinction] – Yoshihiro Nishimura (5+) = le début est minable, avec la dénonciation misérable de l’Amérique sur un pauvre motif obscur. Puis c’est le festival WTF scabreux, avec érotico-gore : le film s’épanouit dans cette grossièreté là (le combat des deux femmes), le reste est trop débile. Pas tellement dans la lignée de Tokyo Gore Police, l’ensemble se rapproche du second degré nippon conventionnel, avec les décors enfantins, la SF improbable et les effets psychédéliques. Peu de créatures, peu d’invention véritable, c’est assez décevant lorsqu’on se rappelle que l’auteur est celui d’un Tokyo Gore si génial, meilleur opus des V-Video gores et excentriques de très loin.

Info aux réalisateurs : le spectateur n’est pas nécessairement ivre mort ; et si vous l’êtes, sachez que le spectateur n’est pas votre cobaye servile. C’était de la merde, de la sombre merde, avec même deux courts d’à peine une minute n’ayant strictement aucune validité ; et il y avait tout de même quelques bonnes choses. La qualification de film à sketches, formule déjà parfois pénible et amenée à son degré le plus inepte ici, est limite : s’il n’y a par bonheur pas de transitions, cette entorse était une nécessité.

Merci aux quelques réalisateurs capables de faire preuve de sérieux (comme Welz, Jorge Michel Grau sur I). Globalement, ce fut extrêmement désagréable, bien plus que V/H/S 2 et d’une laideur redoutable. ABCs of Death est le pire des films à sketches horrifiques des années 2010-2013. S’il ne s’enfonce pas dans les poubelles du cinéma, c’est grâce à une poignée de contributeurs remarquables, au milieu desquels s’invitent les malins, les créateurs précieux snobant l’exercice, les performers fatigués (Nishimura pour Z) et d’autres totalement cyniques ou puérils.

Note globale 36

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