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FOUS D’IRÈNE **

30 Déc

2sur5  En 1994 leur premier film, Dumb & Dumber, était un triomphe notamment grâce à la performance de Jim Carrey. Six ans plus tard les frères Farelly retrouvent l’acteur, consacré par une série de succès et des Golden Globes pour Menteur menteur et Man on the Moon. Cette nouvelle collaboration engendre Fous d’Irène, un film profondément vicié dont le postulat n’apporte que de mauvaises choses. Il est néanmoins rempli de saillies (« vous êtes très réaliste comme femme ») et de performances excellentes, de la part de Jim Carrey mais aussi de ses partenaires.

 

Comme souvent Jim Carrey est soumis à des expérimentations improbables mais aussi mal armées. Fous d’Irène le met dans la peau d’un flic laborieux atteint de schizophrénie et cédant régulièrement la place à Hank, individu ténébreux, dominateur et légèrement dangereux. Ce personnage est le versant enfoui de sa psyché et pour s’en prémunir, le bon Charlie doit prendre quotidiennement sa dose de médicaments. Mais lorsqu’il est chargé d’escorter Irene Waters (Renée Zellweger) à l’autre bout du pays, Hank s’incruste plus que de raison.

 

Paradoxalement c’est Charlie le plus drôle et surtout, surtout, le plus réussi. L’existence de ce petit bonhomme est une humiliation permanente. Il n’est respecté par personne, exploité par tous, il n’a aucune autorité en dépit de sa fonction de policier. La vraisemblance limitée des deux personnages permet de les manœuvrer assez largement, mais les rend aussi passablement inexistants. Et si Charlie est pathétique, Hank, lui, ne perce jamais et demeure un invité inconvenant. C’est embêtant dans un contexte où il devait être le grand atout, or il n’aligne que de faibles éclats (dont le moment de la transformation).

 

Le procédé fonctionne quand la confusion est accrue et que les deux personnages évoluent. Malheureusement il faut passer une première moitié de métrage où les ambitions demeurent malgré leur petitesse et bloquent les démonstrations du casting. Quoiqu’il en soit, de A à Z, les Farelly ne maîtrisent rien de leur sujet. Fous d’Irène se confond donc en happening minables (la lutte entre Hank et Charlie dans le centre commercial) et grosses farces grasses ou trash mais tellement drôles (surtout autour des trois frères et de leurs exploits). Pendant que Carrey repousse les limites de la morphologie (faciale, notamment), le film se justifie mal, évolue à l’aveugle ; on attend les performances, le long de ces deux heures déstructurées. Elles sont là, engluées dans la gélatine.

Note globale 54

 

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