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L’EXTRATERRESTRE **

29 Déc

l'extraterrestre inconnus

2sur5  Les Inconnus au cinéma, globalement ? Ce n’est pas une franche réussite. Deux films se distinguent : Le Pari et Les Trois frères. Tout le reste oscille entre sympathique divertissement de second rang (Madame Irma) ou navet limite (Les rois mages). Et puis il y a L’Extraterrestre, sorti au début de l’année 2000, considéré comme l’une des pires comédies françaises de son époque, reléguée encore plus loin que les films de Michael Youn (comme sa Beuze). Si L’Extraterrestre est bien le plus mauvais film des Inconnus, encore que Les rois mages soit d’un faible niveau, il ne mérite pas une telle réputation.

Beaucoup de choses sont catastrophiques ou d’un mauvais goût redoutable dans L’Extraterrestre. Le jeu de Pascale Arbillot, en tout cas dans la séquence d’ouverture, est assez inquiétant (ce « oh shit » annonciateur du pire). Le scénario vise bas, les notions liées à l’extraterrestre ou ses différences avec les humains sont enfantines et la connexion à la SF est trop ignare pour avoir valeur de parodie. Au rayon du rire, les bons mots sont assez rares ou communs, le film ne laissant tout au plus qu’un « va chier Bouzouk » inséré dans un contexte propice (le discours du maire sur la France comme terre d’accueil). Enfin il y a cette trance incertaine, pour signaler en ouverture que ça va être énorme, puis pour refermer cette délicate séance sur un machin hallucinant de laideur sonore, sorte de Lavabo de Lagaff rétro-futuriste.

Entre les farces taciturnes serpente un sérieux relatif. Didier Bourdon et Bernard Campan (comme pour Le Pari, Légitimus ne peut rejoindre ses compères) cèdent à la tentation de la sincérité et de la gentillesse, prenant le risque du ridicule et de l’effet new age pour repentis du Bigdil. Le résultat y souscrit sans problème. Mais cette sentimentalité improbable et la romance nanardesques entre Bourdon et Arbillot, au lieu de tout à fait rejoindre le gouffre de T’aime dont elle n’a pas la dimension démagogique, laisse aussi gêné qu’indulgent. Il y a de quoi rire mais pas suffisamment pour nourrir une moquerie profonde. Cette innocence bonhomme laisse plutôt égal et simplement étonné par le flirt avec le conte de fées, si on est pas braqué par la mollesse de l’ensemble.

Quand l’innocence atteint une telle intensité, on est désarmé. Le film peut agacer un enfant mûr fatigué d’être pris pour un débile en subissant des histoires mielleuses et inconsistantes ; il peut aussi donner le sentiment d’avoir assisté aux confessions d’un dépressif ordinaire donnant à voir son petit monde de fantaisies. Pour le reste, tout n’est pas si mauvais, il y a même de petites idées de mises en scène (le fondu sur la maison pittoresque), certes très vulgaires. Le casting est inégal mais Daniele Lebrun est irréprochable et les fans de South Park auront l’occasion de découvrir le visage du doubleur de Mr Garrison (Henri Courseaux, dont le timbre est exceptionnel). Le gamin des Trois frères sait maintenant aligner des punchline piquantes et Campan, le chasseur déréglé devenu aimable, livre une performance pittoresque. Il enfonce le film vers l’absurdité, sa vocation mal digérée.

Note globale 45

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…  Extraterrestre (2010) 

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