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IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION ****

25 Déc

il était une fois la révolution

5sur5  Après avoir définit le western spaghetti et atteint un sommet avec Il était une fois dans l’Ouest, Sergio Leone se permet Il était une fois la Révolution. Avec cet objet improbable, un géant désormais reconnu et respecté met le feu à tout un genre, à sa carrière, laissant les producteurs et les observateurs perplexes. Alors que les variations parodiques du western spaghetti émergent tout juste, les Trinita avec Rod Spieger venant de démarrer, Sergio Leone semble rejoindre cet univers, tout en réalisant un film valorisant plus que jamais son génie, soutenu par des décors gigantesques, une mise en scène sophistiquée, des morceaux de bravoure électrisants.

Il était une fois dans l’Ouest subjugue, certaines séquences en arrivent à rendre obsolète une approche critique. Il était une fois la Révolution n’a pas ce lyrisme exacerbé, ni cette fibre romantique ; il est même grossier a-priori, ne craint pas de se souiller avec le trivial. Et pourtant, il sidère par sa splendeur, son unité, sa beauté de chaque instants, même dans les recoins les plus gras. Il met KO et montre au cinéphile blasé que la surprise et la fascination sont encore possibles. Mêlant gaudriole et gravité, badass et nihilisme, Il était une fois la Révolution est un produit bien trop acrimonieux, hirsute et incorrect pour devenir un classique.

Il est loué mais néanmoins camouflé derrière les deux autres opus de la trilogie américaine de Leone, or il les vaut largement, car lui aussi est un climax. Leone y exprime une sensibilité autre, énorme et généreuse. Il affiche son point de vue fataliste sur la Révolution, notamment via une fameuse sortie de Steiner (77e minute), ce genre de considérations sanguine vous pétant à la gueule, valant mille fois ce qu’un Tarkovski (Andrei Roublev, Le Sacrifice) met trois heures à toucher du bout des doigts. Langage grossier à foison, ajouts pittoresques, flirt avec le pastiche, ralentis sentimentaux dont la part d’ironie et de premier degré est indistincte : Il était une fois la Révolution est aussi bourrin que passionnant. Une sorte de pré-Mad Max obscène et grand.

Note globale 86

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

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