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LES CONQUERANTS ***

19 Déc

les conquérants

3sur5  Au cinéma, l’année 1939 est marquée par le renouveau du western grâce à plusieurs grosses productions ambitieuses, dont la première et plus emblématique est La chevauchée fantastique de John Ford. Cette année-là également sort Femme ou démon avec Dietrich, tendant vers l’opérette et la comédie ; et surtout Les Conquérants, second western de la période classique (1939-1952) à être une référence importante. Il reste toutefois assez peu connu par les cinéphiles et dans l’ombre de classiques plus évidents comme ceux de John Ford ou comme La rivière rouge.

Les Conquérants se distingue du lot commun grâce aux moyens qu’il déploie. Michael Curtiz, réalisateur encore plus productif qu’Hitchcock (cinq autres films en 1939, les années 1930 étant les plus fastes), est un metteur en scène d’une grande efficacité. Un an plus tôt il s’illustrait par Les Aventures de Robin des bois et les producteurs ont voulu un western dans la même lignée que ce film d’aventures euphorique. Le cow-boy de service est d’ailleurs le Robin du précédent, Errol Flynn.

Son personnage contraste avec le cow-boy grave et paternaliste, à la virilité sèche, tel que John Wayne l’a immortalisé. Wade Hatton est assez délicat et charmeur, à l’écoute de celle qu’il convoite, tout en étant un vrai macho. Voir un personnage si gai et expansif à cette place est déroutant, au point qu’on peut avoir l’impression de contempler un western datant des années 1950. Il préfère également l’affirmation de la loi à la brutalité et se montre sur ce terrain très offensif. Là encore cependant la dissonance est forte puisque le shériff est apte à se prendre une gamelle, chose inimaginable de la part d’une force tranquille plus traditionnelle.

Assez flamboyant dans la première moitié, Dodge City se montre plus laborieux ensuite, plus aligné sur les standards du genre. Il demeure dans l’ensemble un spectacle énergique et assez réjouissant, profitant d’un Technicolor lumineux. Sa sensibilité et sont intensité sont supérieures à la moyenne du western classique, les personnages comme l’action étant parfois assez libérés, légèrement politiques par endroits. En dépit de cette fougue le ton reste très superficiel, mais Les Conquérants gagnera à sortir de l’oubli et enchantera plus facilement un public ultérieur.

Note globale 68

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