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PAT GARRETT ET BILLY LE KID ****

15 Déc

pat garrett peckinpah

4sur5  Peckinpah a commencé à remuer le western dès 1962 avec ses Coups de feu dans la Sierra assez décalés. Il va ensuite réformer le genre et amener la domination du western crépusculaire dans les années 1970, après celle du western spaghetti dans les années 1960, laquelle balayait déjà les westerns classiques et optimistes de l’ancien Hollywood. Par sa violence omniprésente et sa noirceure sans nuances, La Horde Sauvage (1969) marque l’embaumement de tout un genre en même temps que celui d’un monde. Patt Garrett et Billy le Kid s’inscrit dans la même mouvance sans être si sombre.

Dans La Horde sauvage, il n’y a plus de cadre de référence, tout s’effondre ; c’est tout le contraire dans Pat Garrett, également loin de l’horreur de Chiens de paille (1971). Il y a un équilibre, parfois cruel mais harmonieux ; cet équilibre tellement fort et saillant commence à s’effriter. Les cycles traditionnels s’érodent et Pat Garrett comme Billy le Kid leur appartiennent. Ils ne s’effacent pas, mais sont mis en concurrence avec un progrès galopant. Pour autant la violence demeure, avec sa présence naturelle, fatale : pas de haine ni de rage chez les protagonistes de ce film. Leur violence est inéluctable, indépassable, elle accompagne la vie et l’encadre.

L’absence de suspense quand à l’issue du duel reflète cette fatalité. En effet le film se base sur des personnages réels, bandits ou aventuriers déjà traités dans le cinéma, en 1930 par King Vidor (Billy the Kid) par exemple ou même quatre ans plus tôt par George Roy Hill (Butch Cassidy et le Kid). La conquête est toujours possible dans Pat Garrett, mais elle est sans illusions, sans surprises ou rêves démocratiques. Ce monde reflète ce qu’est une mélancolie sans tristesse ni chute de tension ; la mélancolie d’une vieille âme sans espoirs de renouveau mais néanmoins vive et fondamentalement satisfaite par l’état des choses.

Tonalité acide mais sereine ; et cette fois Peckinpah laisse passer des éclairs de beauté foudroyants. Il livre une balade cynique et par moments enchanteresses, appuyée par la BO de Bob Dylan, comprenant son fameux Knocking on Heaven’s door. C’est toujours un film rude, mais l’odeur de mort est secondaire et le contentement domine. La vie au Far West n’est jamais totalement sûre ni très morale, mais les avantages qu’elle offre valent le coup ; c’est presque une sinécure, sauf qu’on peut mourir à tout instant. Toutefois le progrès arrive pour imposer des compromis sans grâce et sa corruption, en ne laissant plus de place aux libertés naturelles, aux codes de l’honneur et à une certaine justice.

Note globale 79

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