LES MANIAC COP **

26 Sep

Les Maniac Cop forment une trilogie mêlant policier et horreur. Ces films de 1988-1993 sont des produits typiques du bis de l’époque et de son rayon épouvante/fantastique en particulier. Le premier film avait une certaine identité mais pas le potentiel d’une franchise, si resserrée soit-elle.

Nicolas Winding Refn préparerait en ce moment un remake/reboot.

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MANIAC COP **

2sur5  Produit et écrit par Larry Cohen, mis en scène par le réalisateur de Maniac (William Lustig), Maniac Cop est un film culte mineur, ou film grindhouse (d’exploitation) majeur. Il mêle action, policier et épouvante. Dans les rues de New York, un mystérieux flic sème la mort. Jack Forrest est accusé à tort pour ses meurtres ; avec son amante et un collaborateur bienveillant, il va tâcher de réunir des preuves contre Matt Cordell et l’arrêter dans ses massacres. Matt Cordell, leur coupable présumé, était un homme vertueux : aujourd’hui, c’est un fantôme aveuglé par la colère.

La séance est sympathique mais le mythe balayé. Découvrir Maniac Cop trente ans après sa sortie et en connaissance du bis amène à s’interroger sur le destin de ce produit. Sa réputation est probablement dû à la présence de Tom Atkins et Bruce Campbell, le héros de Evil Dead adulé par certains fans du gore et de l’épouvante. Malgré le charme de certaines prises de vue, de la capture de ce New York mal fâmé des années 1980, Maniac Cop reste un film au développement laborieux. Les auteurs y enfilent les lieux communs avec une candeur déconcertante, lorgnant vers le Z notamment au début du métrage.

Globalement, c’est un mélange d’énergie et de fabrication poussive : la gestion du suspense est réfléchie et relativement percutante, l’intrigue est pauvre et bâclée à un point limite. Les personnages sont très mal écrits mais le casting est inspiré, sauf pour les seconds rôles tirant vers le nanar. Par exemple, l’inspecteur Frank MacCrae est un protagoniste agaçant et l’handicapée assez improbable, mais leurs interprètes savent le dissimuler. Le film aura deux suites et les flash-back oniriques en prison (avec le filtre bleu nuit typique) servent de choc matriciel à la petite saga. Notons le cameo de Sam Raimi.

Note globale 53

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Street Trash + Der Todesking + Le Dentiste + Wolfen

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MANIAC COP 2 *

2sur5  Maniac Cop 2 reprend les choses à zéro, avec de nouveaux personnages (seul Campbell est encore là) et en semblant ignorer les événements du premier opus. Cette impression est peut-être la résultante de la confusion du scénario. Quoiqu’il en soit, peu d’éléments en font une suite et Maniac Cop 2 apparaît presque comme un reboot de son prédécesseur. Lustig et ses producteurs essaient de prendre le chemin des sagas fétiches de l’époque, Vendredi 13 notamment.

Leur bébé a le côté random et fauché de cette dernière, avec cette même rigueur bizarre donnant la sensation d’assister à des rushes abondamment retouchées et reliées à l’arrache. D’un point de vue technique, Maniac Cop 2 est supérieur, avec quelques mouvements de caméras ambitieux. Il est plus soigné et haut-en-couleur, plus lisse dans son visuel comme dans l’intrigue, resserrée. Celle-ci demeure remplie d’incohérences, mais exclue tout flottements ou dérives bizarres ; on progresse au ras-du-bitume avec des propos insensés, mais la ligne est droite.

L’œuvre est plus spectaculaire, avec cette séquence enflammée en fin de métrage. L’anxiété a laissé la place au ludique. C’est toutefois peu divertissant. Il est temps de s’en tenir là : Lustig a tenté d’ouvrir un mythe, il s’est rétamé en douceur, la manne est trop vaine. Vendredi 13 n’est pas supérieur, mais se poser comme son concurrent direct n’a rien de glorieux. En gonflant l’histoire de Matt Cordell (avec ses traumatismes et son masque), Lustig ne fait que s’installer dans le nanar pompeux. Il est regrettable que l’auteur du brillant Maniac se soit fourvoyé dans ce truc digne d’un Universal Soldier sans la profusion.

Note globale 41

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…  Birdy 

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MANIAC COP 3 *

2sur5  Le troisième opus des Maniac Cop amène la petite saga sur les terres de la série B policière quelconque, mais fantaisiste. Tenu comme très inférieur aux deux premiers opus, Badge of Silence confirme l’inanité du label Maniac Cop et présente peu d’intérêt, sans sombrer pour autant dans la médiocrité. William Lustig est toujours aux commandes et partage son poste avec Joel Soisson, réalisateur qui réapparaîtra en 2005 pour s’illustrer dans les suites de sagas horrifiques bien plus mineures que celle-ci : Pulse et The Prophecy.

Avec Maniac Cop 3, le spectateur se retrouve face à un policier très sérieux. La BO est grave, quelquefois sensuelle et constitue l’atout majeur du produit. Loin de la  »flamboyance » du 2 comme du côté grouillant, un peu punk, du 1, Maniac Cop 3 déroule un programme propre et ennuyeux, où un vaudou rejoint la galerie. Les efforts pour noircir le tableau sont omniprésents mais le regard est peu convainquant, qu’il s’agisse des journalistes totalement cyniques ou des avocats dans le même registre.

C’est Bad Lieutenant via une poignée de one-line et de belles gueules de connards arrogants : et c’est faible. Une poignée de séquences à la lisière du psychédélique vient ponctuer l’enquête au climat très lourd et la double romance de circonstance. Lustig emploie toujours cette séquence bleutée en prison, y ajout l’incendie de la fin du second opus. La franchise voulait se hisser auprès des sagas de l’époque et cette fois c’est plutôt Freddy qu’elle cherche à tutoyer, par exemple avec ce cauchemar nuptial. Sans destin mais pas mal-aimable.

Note globale 39

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Massacre à la tronçonneuse 3   

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 Voir l’index cinéma de Zogarok

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