LE SECRET DERRIÈRE LA PORTE ***

24 Sep

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4sur5  Dans les années 1940, la psychanalyse se vulgarise et inspire les créateurs. En 1948, Fritz Lang, l’auteur de M le Maudit exilé aux États-Unis depuis 1933, s’engage sur ce terrain avec une variation du conte Barbe Bleue. Le Secret derrière la Porte évoque aussi largement Rebecca de Hitchcock, sorti huit ans plus tôt. Fritz Lang a pu s’en inspirer largement. Son film ne démérite pas face à celui du réalisateur de Psychose et s’en distingue dans les orientations. Rebecca était très old school, Le secret est plutôt dans l’exploration ; ses drames sont plus pernicieux et adultes, Rebecca était à un niveau d’analyse proche du merveilleux corrompu.

Ludique et raffiné, Secret beyond the door n’est cependant pas un film de génie. Ses idées sont assez sommaires ou académiques, son issue est d’une légèreté critique. Le film vaut surtout pour le talent formel de Fritz Lang et sa faculté à jouer avec des motifs attrayants. Il a un autre atout, la magnétique Joan Bennett, alors que son étrange époux est un personnage plutôt creux. Leur relation commence par une idylle très romanesque, où ils sont juste eux deux, loin du monde. Puis le petit ilot de paradis devient un cloaque labyrinthique où Celia se perd dans un amalgame de vérités sur elle, sur lui et sur sa première femme.

Une malédiction pèse sur les personnages et Celia est entrée dans l’espace où celle-ci s’exerce. Cela offre à Fritz Lang l’opportunité d’illustrer ces traumatismes toujours remis en scène, dans un climat onirique réjouissant. Le simplisme de son point de vue finit cependant par l’emporter : il aurait mieux valu que le spectacle reste tellement charmant et ne se justifie pas. Les procédés assez brutaux comme les monologues intérieurs fonctionnent, mais Fritz Lang voit le psychisme comme une recette en trois équations. À l’arrivée : superbe mise en scène, personnages solides, climat ensorcelant, visions inspirées (au tribunal, le mari face à lui-même ; la maison comme jungle de luxe pour Celia), petites idées et résignation à un canevas narratif étriqué.

Note globale 72

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

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