LA MÉLODIE DU BONHEUR ***

12 Sep

4sur5  « Tout va bien madame la Marquise » illustré. Avant d’être l’un des plus gros succès de l’Histoire du cinéma américain, d’une ampleur égale à celle d’Autant en emporte le vent, La Mélodie du Bonheur était une comédie musicale. Elle-même s’inspirait d’un livre, l’autobiographie de Maria Van Trapp. Tout commence lorsque Maria est envoyée par le couvent chez le capitaine Georg Ritter von Trapp. La religieuse y sera gouvernante pour ses sept enfants.

Maria se prend alors une claque. Arrivée comme une fleur, chantant sa confiance, sa joie, sa bonne volonté, la voilà confrontée à un monde sec et même, méchant ! Une discipline de fer règne ici, avec des rituels aussi ridicules que ses propres chorégraphies. Et surtout le père et les enfants sont des gens cyniques, sans rêves, un peu mesquins. Maria va changer tout cela. Elle va réagir de façon sereine et emporter tout le monde à sa cause. Elle apprend le chant aux enfants et finalement intègre la famille, chassant l’aigreur et faisant triompher l’optimisme.

En marge de tout ce combat sans violence, Maria est aussi une jeune fille plus dépendante qu’il n’y paraît. Elle a intégré certaines contraintes, n’est pas armée pour certains aspects de la vie. Robert Wise (convoqué par les producteurs en raison de sa direction de West Side Story), d’abord réticent pour réaliser ce film à cause d’un scénario mielleux, nous montre une jeune fille secrètement inhibée, fuyant la solitude et la souffrance, mais aussi sa propre nature. Cet aspect-là contraste et évidemment il sera surmonté : l’amour, individuel, lui aussi est une part de la vocation de Maria ! La prophète de l’optimisme est réparée, sa petite zone grise vaincue.

Face à cette combativité, même les nazis ne seront pas un obstacle assez fort. On l’oubliait entre-temps, mais La Mélodie du Bonheur est l’histoire d’une petite mais puissante victoire contre l’occupant nazi, avec une famille de musiciens ayant réussi à fuir l’oppression, sans taire sa mélodie. L’action se situe pendant et après l’Anchluss, où l’Allemagne hitlérienne annexe l’Autriche. Cela n’a pas suffit aux critiques de l’époque, assassines. En revanche, à l’immense succès populaire s’ajoute le triomphe aux Oscars. Les nombreuses chansons sont passées à la postérité aux USA et Julia Andrews, un an après sa performance dans Mary Poppins (1964), devient définitivement une sorte d’icône. De Mary à Maria, c’est l’héroine absolue, modèle d’exubérance chaste et sans aspérité, par laquelle arrive le triomphe sans partage du Bien et de la joie.

Car La Mélodie du Bonheur exprime à la fois un optimisme compulsif et victorieux, des valeurs bourgeoises et un déni sinon du Mal, au moins de sa capacité à l’emporter et à corrompre. Un tel programme peut laisser un peu patraque, il peut aussi frustrer car il semble s’employer à occulter toutes les parties déplaisantes du réel. En même temps, ce triomphe de la bienveillance se situe au-delà de la naiveté ou de la posture, c’est le fruit d’une attitude exaltée et mieux : subversive. Maria est une ravie de la crèche et son existence même est subversive. Elle n’agresse pas l’ordre établi ni les traditions séculaires, ni le capitalisme paisible, bien au contraire, mais elle est une arme de dissuasion massive contre les mauvaises passions, une arme pacifiste mais non moins implacable.

Note globale 72

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Un Jour sans fin + Blanche-Neige + La Maison du Diable 

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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