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L’EMMURÉE VIVANTE ***

31 Août

l'emmurée viv

 

l'emmurée vivante

3sur5  Ce quatrième giallo de Lucio Fulci marque un tournant dans sa carrière. C’est avec L’Emmurée Vivante que le cinéaste italien impose cette poésie macabre et onirique, à la lisière du gore et parfois de l’abstraction la plus totale (L’Au-delà, son chef-d’oeuvre attitré). Ce n’est qu’un pan de la carrière de Fulci auquel il est aujourd’hui assimilé. L’Emmurée Vivante est moins connu que la trilogie voir la tétralogie des zombies, mais fait partie des films secondaires importants de Fulci encadrant cette période – avec L’éventreur de New York qui la referme.

Dans Sette Note in Nero, Virginia, une riche architecte (Jennifer O’Neill, héroïne à la Antonioni, juste plus individualiste et old school), est assaillie de visions d’une emmurée puis de prémonitions plus précises, qui reviendront souvent : un magazine, un homme qui boîte.. Elle se rend dans une maison achetée trois mois plus tôt et qu’elle n’a jamais visitée depuis et y trouve dans les murs le cadavre d’une jeune femme. Les flashs continuent et s’avèrent les fragments d’une scène de crime. Virginia est contactée par la police et se fait aider par un ami para-psychologue, forcée de venir à bout de ces visions et de leur secret.

C’est un spectacle d’une étrange clarté, à la réalisation très soignée surtout grâce à des décors brillamment choisis et mis en valeur, que ce soit pour le monde urbain, les intérieurs, l’autoroute, l’église. L’enquête occupe de plus en plus de terrain et apparaît comme la bouée rationnelle permettant de ne pas suffoquer, car Virginia est au cœur d’un drame qu’elle ne comprend et maîtrise pas. C’est le temps d’une délicieuse errance, mais tout le long du film le flottement apparent est soumis à une logique secrète.

Insidieusement, L’emmurée vivante installe une sensation d’ubiquité et avec elle, une omniscience qui serait gênée par le déni ou la peur d’un choc trop grand, peut-être fatal. Avec son langage très « mécanique » comme il le décrivait, Fulci exécute une balade psychanalytique habitée de symboles. L’histoire de L’Emmurée vivante repose sur une interaction entre la réalité et les perceptions intérieures, celles romancées par la conscience comme celles imperceptibles à cette dernière, diffusant leur emprise sans se déclarer. Si Fulci s’est montré sous l’influence de Lovecraft, ici Poe aurait pu trouver un bon disciple également.

Note globale 69

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