SIX FEMMES POUR L’ASSASSIN ****

19 Juil

6 femmes pr

4sur5  Mario Bava a signé le premier gialli avec La Fille qui en savait trop en 1963, mais c’est son Six femmes pour l’assassin en 1964 qui va véritablement installer le genre et ses repères. Il introduit le meurtrier ganté brandissant son arme scintillante et l’orne même d’un masque, comme dans L’Homme Invisible de James Whale. Les meurtres sont très violents, l’érotisme abondant.

 

Six femmes est une révolution dans la représentation du crime au cinéma. Mario Bava impose une combinaison unique d’abstraction et d’explicite.Paradoxale et puissante, sa mise en scène est en tout cas pleinement baroque. Son travail sur les couleurs est aussi impressionnant que sur celui du noir et blanc dans Le Masque du Démon, film monstre qui l’a révélé. Bava subverti les formes classiques du policier par l’extravagance et la virulence de son style.

 

Il dope les principes fondateurs comme le whodunit et les enrichit voir les supplante avec ses propres éléments. Il joue avec les identités et pas seulement celle de l’assassin ; les individus comme les lieux deviennent des objets sacrés, la traduction matérielle de forces invisibles mais implacables. Cette dimension animiste a toujours alimenté le suspense chez Bavo et donne un sens profond, instinctif et grave, à ce fétichisme généralisé. Elle sera poussée à son point de rupture avec La Baie Sanglante, hybride de giallo et de slasher incroyablement éthéré et pourtant d’une agressivité redoutable.

 

Sei donne per l’assassino n’est pas de ces vieilles  »références » que chacun vient adouber comme de pures reliques, tout en n’éprouvant rien à leur contemplation, sinon un grand effort. Il est clivant, comme tout Bava, mais si on y cède un peu, ce n’est qu’un plaisir inlassable. Ce que les moins réceptifs prendront comme des défauts les plus gros (liés à son ancienneté) sont des qualités miraculeuses. Six femmes est une véritable matrice, pour le genre du giallo mais aussi comme source d’inspiration de nombreux cinéastes s’employant à illustrer le crime.

 

Les scènes d’interrogatoires ou d’enquête sont certainement désuètes, mais jamais elles ne posent problème. Même au plus kitsch, tout est très vif :un demi-siècle n’a pas entamé sa puissance. La vocation de Six femmes est double : elle est esthétique (c’est un chef-d’oeuvre de maniérisme) et divertissante au sens noble (c’est une aventure où est corrompue la fade réalité). Voilà une romance tragique pleine de faux-semblants, de jeunes filles ambitieuses ou mystérieuses, avec certainement une drama queen et un sadique machiavélique à la source de toute cette agitation.

Note globale 80

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Suspiria + Bloody Bird

Voir le film sur LibertyLand

 Voir l’index cinéma de Zogarok

 

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