CAPTIVITY *

8 Juil

2sur5  Avant d’être un naufrage, Captivity est surtout une anomalie. Son existence interroge. Que vient faire sur les plate-bandes de Saw le cinéaste Roland Joffé, lui qui délivrait dans les années 1980 la Palme d’Or Mission ou encore La Déchirure ? Pourquoi s’acoquines-t-il avec Larry Cohen (producteur des Maniac Cop) pour fabriquer cet étrange objet ? À quoi bon si c’était pour un tel produit, si maladroit, rappelant les derniers crus de Argento ?

 

Soit on estime que Roland Joffé, pour revenir, a simplement surfé sur la vague du torture porn, alors à son zénith (2007). Soit on préfère le croire moins bassement cynique et suppose qu’il a tenté sa lecture propre de ce sous-genre ; une relecture de cinéaste expérimenté et autrement évolué que les faiseurs hasardeux et goreux peu vigilants qui sont les fournisseurs habituels de ce genre de produit.

 

Tous les détours utilisés pour allez vers le torture porn soulignent l’inadaptation de Joffé. La violence est là, outrancière, mais sinon la pluie d’acide elle est quelconque et n’a guère d’impact. Entre les références fondamentales, à savoir Cube et Saw, Captivity n’est pas grand chose, sinon un catalogue d’esthétisme glauque forain et nouveau riche. L’ensemble n’est pas tant banal que carrément pauvre.

 

Peu crédible, Captivity l’est autant par manque de moyens que de calcul. La séquence du bar est un sommet de ridicule. Que penser de ce mannequin taciturne se baladant avec son chien ; et au milieu des nightclubbers adaptés, s’amener en semi-créature de giallo pour glisser sa dose de GHB, est-ce bien raisonnable ?

 

Et puis Captivity renvoie à une autre référence, Nip/Tuck, en présentant comme dans la saison 3 de cette série un tueur moraliste écoeuré par le culte de la beauté plastique qui irait à l’encontre de la nature féminine. Ce n’est qu’un os à ronger pour le spectateur car Captivity n’en fera rien et a même été chercher cette posture pour meubler.

 

En vérité, Joffé se démène jusqu’au changement de perspective. Il nous réserve un beau rebondissement 25 minutes avant la fin et il valait bien cette inconstance. Voilà une vrai idée, de pur romantique. À défaut d’être exploité pour lui-même à bon escient, le syndrôme de Stockholm est un bon prétexte. Au moins dans l’idée, car naturellement tout cela tourne à la bouffonnerie involontaire (le réveil du frère).

Il y a néanmoins dans Captivity un charme zeddard indéniable, quelques promesses, mais dois-t-on excuser un film aussi brouillon sous ce prétexte ? Le spectateur a trop à faire pour réparer ce produit et allez au bout de ce qu’il engage, remplir les cases, imaginer à sa place. C’est plutôt une berezina modèle.

Note globale 39

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Bug + Saw 3 + Saw 5

 Voir l’index cinéma de Zogarok

 

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