SMALL SOLDIERS *

29 Juin

1sur5 Dans les années 1990 et suite à l’échec commercial de trop, celui de Gremlins 2, Joe Dante est un cinéaste recalé, qui peine à trouver des financements. Et voilà qu’en 1998 Spielberg, son véritable tuteur puisqu’il a boosté sa carrière et apporté son soutien dès Hurlements, lui propose un nouveau projet. Il s’agit de Small Soldiers, film promotionnel pour la société de jouets Hasbro prévoyant le lancement d’une nouvelle gamme. La compagnie DreamWorks, qui vient juste de naître, est de la partie.

Surfant sur la vague Toy Story (1995), Small Soldiers en est la version  »rebelle ». Souvent en conflit avec ses producteurs et l’industrie hollywoodienne, Joe Dante s’identifie dans les créatifs du film, travaillant dans une entreprise méprisant leurs talents et l’exploitant tant que possible. Alors il règle ses comptes, à sa manière, c’est-à-dire en faisant ce qu’il veut sans trop se remettre en question.

Forcément, comme ça ressemble à du sabotage, le film se traîne sa petite réputation de brûlot. Mais dans ce cas, qui ou quoi est la cible ? Dante n’attaque rien en particulier et se contente de mettre en scène cette guerre poussive entre les jouets et le monde extérieur, avec un petit garçon jouant les Cassandre.

Oh bien sûr des jouets subissent la violence ou la pratique contre les hommes, se trouvent décapités ou déchargés (plus de pile). Oui mais en-dehors du pic aux multinationales cyniques et aux lois militaires, on se situe à ce point d’audace. Stop ! Recueillons-nous un instant. Par-delà ces effets là et ces  »critiques », quel est le contenu de Small Soldiers ? Mince : à côté de ce fameux usage des jouets, il n’y a qu’un film brouillon et pire, sans la moindre invention.

L’humour est rase-motte, le rythme ne semble soucier personne (l’hystérie est là, soit). Les agissements des jouets sont passablement amusants, quelques répliques autour de l’expérience scientifique également. Mais le plus dramatique c’est qu’il y a dans Small Soldiers toute la niaiserie propre aux spectacles les plus mainstream d’Hollywood : le plus las de la saga Transformers est au-rendez-vous.

Si les gens souhaitent tellement un dessin animé légèrement politisé, assez libre et franchement divertissant, qu’ils se tournent vers Monstres contre Alien par exemple. Bien sûr, Dante a toujours tenu à imposer son style et s’est battu contre les studios pour y parvenir, sur ce Small Soldiers peut-être plus que jamais. Parce qu’il est un mauvais promoteur il devrait être tenu pour un petit génie ? La dissidence n’est pas la clairvoyance : voilà la leçon à tirer de l’ensemble de l’œuvre de Joe Dante.

Note globale 32

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