THERE WILL BE BLOOD ***

6 Juin

3sur5  Autour de la découverte d’un gisement de pétroles et ses fastes retombées, Paul Thomas Anderson raconte la trajectoire de Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis), incluant son entourage et ses collaborateurs, dont un jeune guérisseur et prédicateur (Paul Dano). Adaptation très libre du roman Pétrole ! de Upton Sinclair (1927), ce cinquième long de Thomas Anderson a été porté aux nues par la critique.

 

Dans un espace entre Herzog (Fitzcarraldo) et les frères Coen (A Serious Man, Big Lebowski), There Will Be Blood impose une grande intensité dramatique pour un propos convenu, sublimé par la richesse des personnages, la finesse du trait, la superbe photographie. Et surtout la mise en scène, fluide, implacable, sans le moindre flou. Sensation claire d’assister à un film formellement remarquable, qui en fera une séance importante, même dans le cas où manquerait le déclic.

 

C’est précisément ce qui fait défaut. L’émotion est un peu étouffée mais ce n’est pas tant le problème que la deuxième sensation, celle qui passe avant toute chose quand bien même on est cinéphile : à quoi bon ce spectacle ? There Will Be Blood a exactement le même défaut que No Country for Old Men, nous offrant un monstre magnifique, ne se justifiant jamais, mais en arrivant à n’avoir aucun fondement, sinon de laisser déambuler sa créature avec élégance, sans raconter grand chose, en plaçant de jolis meubles et deux ou trois petites saillies opaques (ici, le « I’m finished »).

 

La performance de Daniel Day-Lewis reste en effet ; il rappelle (a posteriori) le héros de Malveillance (sorti 3 ans après), en étant plus appliqué cependant et surtout, un entrepreneur puissant au lieu d’un concierge invisible. Porté par de seules compulsions égoïstes, il met le feu à toutes les valeurs établies, ravage tous les gens qui l’entourent, manipule ou pratique l’intimidation. There Will Be Blood est un roman-photo, pas une chronique, sur cet homme aux manettes, libre de suivre sa déchéance. La révélation de la 100e minute est à l’image des autres prétentions que peut mettre en avant l’oeuvre, comme les joutes philosophiques lâchées ça et là (sur la religion et la nature humaine, allégorie du capitalisme) : dans le fond elle ne change rien. Juste à nommer cette nature morte brutale et sophistiquée s’étendant sur 158 minutes.

Note globale 68

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Aguirre + Le Village + Dead Man

Voir le film sur Full-Stream

 

Voir l’index cinéma de Zogarok

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