L’ÉVENTREUR DE NEW YORK **

25 Mai

2sur5 On trouve difficilement plus malsain qu’un tel film, difficilement plus loufoque aussi. C’est kitsch mais maniéré, ça s’annonce un peu comme du Sadique à la tronçonneuse amélioré. Le mariage du giallo et du slasher (comme l’a fait un peu plus tard Bloody Bird, avec élégance et fureur) fonctionne, les deux cahiers des charge sont fusionnés avec brio. C’est l’apparence du rejeton qui pue, fidèlement à son destin et même au-delà.

Dans une salle de cinéma, un théâtre porno. Parmi les spectateurs de la représentation, sous l’impair gris, c’est une femme qu’on retrouve et c’est certainement celle qui se délecte de la façon la plus ouverte. La transcendance des déviants italiens est un peu là, dans cette exposition brutale de motifs féminins impossibles traduisant quelques gros problèmes et fixations à l’égard du genre. Fulci, connu pour une trilogie gore (L’enfer des zombies, Frayeurs, L’au-delà) se rapproche ici effectivement de Argento qu’on a souvent, à tort, rangé dans la même case. Mais la proximité n’est encore que dans les thèmes et a plus de sens sur le papier.

Justement L’Eventreur de New York est un film outrageusement stylé et fait de Fulci le cinéaste qui a osé, pas tant allez si loin (invasion du sexe – sale, souvent), mais allez là, dans ce torrent d’absurdités et d’immondices qu’il nous balance comme personne. Avec la liberté d’un zeddard mais une certaine précision, une cohérence, que d’autres n’auraient pas manifestées.

Mais pourquoi ce tueur… aux cris de canard… Quel est le projet, le délire, l’ambition ? Fulci se sent coupable de délivrer un travail (relativement) de qualité et doit alors le saboter avec un élément nanardesque irrécupérable ? Le fétichisme total ne saurait se passer d’une louche de comédie beauf ?

Ces bizarreries sans grâce plombent rapidement le film et le rabaisse à un produit d’exploitation avec ses qualités mais pas moins aberrant. Fulci reste l’esclave de ses tourments d’enfant glauque et de son incroyable mauvais goût, restant sur l’estomac plus qu’il ne suscite de trouble consenti ou d’attraction.

Autre point à la décharge de ce parangon de déviance vintage, L’éventreur de New York est largement tributaire de Maniac, sorti deux ans plus tôt. Au final, c’est un produit décalé, un maelstrom confus pouvant susciter une certaine sympathie voir pour les amateurs d’épanchements scabreux, quelques extases. On peut trouver du charme n’importe où. Le bis dégénéré est là pour ça.

Note globale 46

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions…

 

 

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