VIOLENT COP *

20 Mai

2sur5  Plus on recule dans la filmographie de Kitano réalisateur (Hana-Bi, Sonatine), plus l’impression de rater une richesse bien déguisée se dégonfle. À la source, même l’originalité est plus que relative (notamment quand la face ‘sensible’ se découvre, par exemple avec Kizzu ritân). Ce qu’on retrouve dans tous les cas, c’est un traitement radical, tout en langueurs sans fins et en sarcasmes laconiques. Le premier film tourné à son initiative est Jugatsu (1990) ; le coup-d’essai, Violent Cop, est le résultat d’une récupération, le réalisateur Fukasaku (Le Cimetière de la morale, Battle Royale) perdant la main à cause de sa santé. Kitano remanie alors le scénario et retravaille son personnage. Il apparaîtra sous les traits d’un mafieux précocement vieux, taiseux, efficace mais traînant un côté lunaire sans doute quasiment révolu.

Il attire les femmes malgré lui, pratique la violence et l’intimidation à ses heures, c’est un bulldozer tranquille. Rétrospectivement, le jeu de Kitano apparaît très expressif, la personnalité enfilée semble déborder d’intensité ; pris pour lui-même, c’est du badass apathique avec une étincelle d’agressivité viscérale. Pour le reste Violent Cop est d’une banalité complète croulant sous la distanciation sans but et l’humour pince-sans-rire. La mise en scène est soignée, les trivialités emballées par un certain raffinement, de la photo à la BO. Il n’en restera que les multiples scènes grotesques, comme celle de la fille au cri de souris. Le polar est dépouillé, l’histoire s’en tient sur le service minimum, les petits thèmes bonus habituels (amitié masculine, nostalgie, conflits de loyauté, etc) insufflés par les hong-kongais (John Woo, Wai keung-Lau, etc) ne sont pas au rendez-vous.

Même la corruption n’est qu’une toile de fond. Et sur le tableau, des personnages aux agitations courtes. Gérants d’argent sale et investis dans d’autres combines douteuses, ils n’ont in fine qu’une vocation : se dézinguer, quelque soit le niveau dans la hiérarchie ou les engagements particuliers. À la fin ce sera une orgie de gnons et de balles, après l’exposition de libidos navrées en réunion. Goûte la soupe absurde. On se tire dessus, on agresse puis baisse sa garde, on est exposé mais réagit pas ou mal, etc. La guerre est lasse dès le départ. Finalement Takeshi n’est pas loin d’un Vincent Lagaff d’arts et essai qui aurait réussi sa transition, en ayant le goût et l’aptitude à viser que l’animateur du Bigdil et Baltringue revendiquée n’aura jamais.

Note globale 41

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions…

Scénario/Écriture (1), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (4), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (2), Ambition (3), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (1)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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