LA MAISON DES 1000 MORTS *

10 Mai

2sur5  Récréation outrée au pays de Rob Zombie. Avec La Maison des 1000 Morts, le chanteur et leader du groupe de metal éponyme livre son premier film. Il sera un cinéaste innovant, notamment dans sa reprise en main de la franchise Halloween dont il crée une troisième version. Rob Zombie est d’abord un performer et dans un premier temps, son cinéma reste dans la lignée du shock rock bien purulent exprimé sur scène ou au travers des clips, généralement avec une grande créativité.

 

Ce premier essai est très beauf, autant qu’on peut l’anticiper. C’est également un gigantesque foutoir où Rob repousse les limites du mauvais goût et s’amuse avec le montage et la mise en scène comme un monstre découvrant un jouet tout neuf. Split screen, flashbacks, corrections lumineuses, filtres rouges, se baladent sans trop de raison.

 

Dans la lignée du cinéma d’exploitation des 70s que Rob adule et qu’il commémore à sa façon, la liberté de ton est totale, avec de surcroît le goût de l’explicite qui s’est imposé depuis dans l’horreur. Violence extrême, perversions affichées (petit coup de nécropholie par-çi, galerie de psychopathes les plus dégénérés par-là), vulgarité épanouie au programme. Le spectateur est immiscé dans le monde de cette famille (pas la tribu du clown, qui n’apparaît qu’à la marge), en totale complaisance avec le pire, mais sans gravité, comme un jeu. La farce est morbide et bien crade, tout en se préservant d’allez trop loin.

 

Soit. Est-ce que tout ça est amusant ? Y a-t-il un  »délire » auquel adhérer ? Oui pour beaucoup de monde, le film est devenu culte, quoique dans l’ombre de sa suite The Devil’s Rejects. Mais le barbaque rigolard est un registre paradoxalement plus sordide qu’un A Serbian Film. Autant allez au drame glauque directement, ou vers Braindead. Le niveau présent est autrement dérangeant. C’est une curieuse poilade et franchement malsain.

 

L’hilarité de Sheri Moon quand sa famille s’en prend à une victime, c’est l’éclate ? La musique country alors que la sauvagerie se profile ; cette scène où on coupe le son et attend le tir sur un sheriff : c’est quoi le délire, au juste ? L’affreux cynisme final c’est cool ? Lolilol le Mal gagne et on va mettre une louche de disco là-dessus parce que c’est fun et so ironical ? Ce n’est pas que le film présente ces déviances le problème (d’ailleurs le montage dévitalise tout ce qui devrait être d’une noirceur infinie), c’est qu’il en fasse une gaudriole en célébrant ces anti-valeurs de façon grasse et puérile.

 

Il ne faut pas mentir : on est pas choqués. C’est juste qu’on est face à un genre d’univers et de passions regrettables. Un exutoire qui craint. Il y a là une fièvre d’adolescent anti-tout, envoyant au bûcher la moindre petite once de morale et de cohérence. Le satanisme des ploucs, en quelque sorte. Le but du film est d’être divertissant : un gros divertissement bourrin et WTF. C’est un échec à moins de s’extasier sur La Colline a des Yeux (spectacle laborieux de Wes Craven) et sa suite en mode trollolo trash.

 

Pour autant, Rob Zombie fait déjà ici la démonstration de son style et de son talent de créateur d’ambiances. Quand elles sont purement fantastiques ou horrifiques, c’est tout à fait stimulant, comme lors du final dans les galeries. Là, pas de tarantineries, un véritable tour de manège !

Note globale 41

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions…  L’Antisémite 

Voir le film sur LibertyLand

 

Voir l’index cinéma de Zogarok

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