RENCONTRES DU 3e TYPE **

6 Mai

2sur5 Troisième film de Spielberg, après Duel et Les Dents de la Mer, où Spielberg ajoute à son statut naissant d’entertainer de masse ce qui sera sa thématique fétiche, toujours en arrière-plan (la famille dysfonctionnelle) et fait la démonstration d’une sensibilité, voir d’un profond idéalisme.

Le spectateur est ballotté entre angoisse et merveilleux, partageant les mésaventures de Roy (Richard Dreyfuss), bon papa cinéphile pétant les plombs depuis qu’il a frôlées des formes de vie insoupçonnées et alors que les autorités étouffent l’affaire. Bon papa cinéphile, car Spielberg cherche à produire de l’art noble. Il a convié François Truffaut qu’il admire pour l’occasion.

L’ensemble est décalé, syncrétique. Rencontres du 3e type est conforme à la tradition du grand-spectacle mainstream, du blockbuster, mais il aussi très grave. C’est la seule fois où Spielberg prend des accents si sombres, tant dans le domaine de la menace extraterrestre, du point de vue de l’agitation sociale et des manipulations des foules, qu’au niveau personnel (avec en première ligne la famille à la dérive). Avec son armada dont une dizaine de directeurs photos (un record), Spielberg veux un résultat magique.

Son œuvre flirte donc avec le film catastrophe pour déboucher sur un optimisme radical. Voici le grand film du soulagement progressiste : l’Histoire va continuer, les menaces vont se dissiper, un avenir radieux nous attend sitôt que nous aurons passé le cap de la peur de l’inconnu. Et nous sommes les témoins de ce progrès, avec l’occasion de lui fournir le matériau de son succès, c’est-à-dire notre confiance ouverte. Cela se traduit par la longue réception des extraterrestres d’un lyrisme absolu (du Abyss en plus massif et gentil) ; là, c’est la contemplation qui s’invite dans le spectacle familial.

D’une prodigieuse lenteur, Close Encounters of the Third Kind jouit d’une capacité d’envoûtement considérable. Il est devenu culte et très respecté, tenu comme le climax du Spielberg  »auteur », par opposition au simple mais prestigieux amuseur de foules. C’est également un modèle de fausse tragédie mielleuse et de spectacle où se répand une spiritualité de pure surface. Close Encounters est ample et parfaitement vide, mais c’est un film qui vous sourie.

La présence de François Truffaut illustre de manière très démonstrative cette nature. Il apparaît dans la seconde partie en spécialiste averti, parmi les militaires. En le voyant jouer l’expert visionnaire, au milieu des forces de l’ordre peu réceptives (mais influencées par son diagnostic), on a l’impression d’observer un BHL avant l’heure (voir en direct, celui-ci entamant ses croisades à l’époque). Truffaut poursuit sa décadence de pute vaniteuse vendue aux américains, dans le rôle du français raffiné, intellectuel narcissique au grand cœur. Si on avait pas compris que Spielberg signait la grande fusion de la Nouvelle Vague et du blockbuster US, dans tout ce que ces deux mondes ont de vigueur et de vulgarité, là nous sommes fixés.

Note globale 52

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Stargate + L’Exorciste

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