CHOSES SECRÈTES ***

4 Mai

Choses-secretes-843160

3sur5  Malgré son absence de budget, Jean-Claude Brisseau arrive toujours à insuffler des accents tragiques à ses films, même lorsqu’il flirte avec le nanar. Ici il est encore question du « plaisir violent » dont il nous reparlera notamment dans Les Anges Exterminateurs.

Survival of the fiftest : the fiftest c’est, surtout, le plus malin et machiavélique. Deux jeunes filles pauvres tachent de se hisser dans l’échelle sociale. Il y a Sandrine la blonde (Sabrina Seyvecou), personnage central du film ; et Nathalie la brune (Coralie Revel), apparemment sûre d’elle, très calculatrice. Sandrine se laisse initier par la pro, qui ose tout et lui fait part de ses conceptions de la nature humaine, des rôles sexués, envoie des phrases définitives sur les prolos ou les femmes fatales. Elle a son idée pour choper les hommes.

Mais Sabrina va éviter la case prostitution pour travailler directement son ascension dans l’entreprise Delacroix, où la prédatrice et son apprentie jettent leur dévolu. En marchant dans les pas de Nathalie d’abord, Sandrine se retrouve rapidement la plus favorisée. Derrière la candeur, peu de pensées parasites, peu de troubles aussi et toutes les bonnes dispositions pour avancer sans s’égarer, sans espérer faire de la réalité le reflet de ses fantasmes. Tout pour gagner sans se rendre vulnérable ou s’immoler d’une façon ou d’une autre.

Brisseau joue sur les renversements et comme ses héroïnes, il a faim. Faim d’allez chercher l’envers du décor, faim de transcender les acquis toujours trop maigre. Son excellente mise en scène et son attitude d’analyste expérimental lui permet de transcender toutes les faiblesses potentielles. La naïveté et les angles morts sont balayés par la rigueur des idées. Au fil de ses métamorphoses, Choses Secrètes arrive vers l’épreuve de vérité.

La séance tourne au conte cruel et à la purge. Maintenant Sabrina et Nathalie sont tombées sur plus fort qu’elles. Barney, ce fils de riche présentant tous les symptômes de la psychopathie. Il est la fourberie en col blanc incarnée et lorsqu’il prétend se jouer de l’ordre social, en vérité il tire profit du système tel qu’il s’offre à lui, égoïstement et inconditionnellement. Il prescrit l’ordre social.

Brisseau nous convie alors auprès de ce Marquis décadent et sans entraves, libertin contemporain. Avec drôlerie, Brisseau livre une réflexion sur le pouvoir de l’ordre du jeu interactif : Sabrina et Nathalie doivent-elles ramper et/ou transgresser, seront-elles les héritières de Sade ou les garantes de leur intégrité ? Surtout se pose la question terrible de la difficile satisfaction à long-terme, comme si la puissance était impropre au bonheur en plus de compromettre sur le plan moral et, surtout, légal. Une fois qu’on peux choisir et qu’on s’est découvert comme pervers ou manipulateur de pacotille, que prendre : l’extase, la sérénité ou le pouvoir ? La victoire n’est pas si tendre.

Note globale 68

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Sombre + Nathalie… + Confession d’un dragueur + Passion

 

 

Voir l’index cinéma de Zogarok

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :