WEST SIDE STORY **

3 Mai

2sur5  Adapté de la comédie musicale éponyme de Broadway (1957), West Side est un des modèles de l’histoire du genre au cinéma. Il se présente sous la forme d’un grand drame social, orienté par des commentaires gauchistes récurrents sur la délinquance, l’exclusion sociale, l’immigration, la situation des portoricains.

 

Tout en dénonçant le racisme et la haine qui génère les tragédies, West Side Story arrive avec une vision offensante et infantile. Largement calqué sur Romeo & Juliette, West Side Story nous montre des tribus échouant leur intégration parce que justement, ses membres s’avèrent incapables d’autonomie et d’individualité, ce qui les rend incompatibles avec l’idéal américain, aux vigiles si vigoureux par ailleurs.

 

West Side Story oscille entre ironie sur ces illusions déçues et hymne à la faveur des immigrations. Elle montre leur frustration, la nostalgie d’une terre d’origine fantasmée, mais aussi la plus grande satisfaction des femmes dans leurs rangs, émancipées ici bien plus que dans les sociétés traditionnelles (la chanson America). Cette manière de rejoindre la réalité distingue WST de nombreuses comédies musicales, toutefois la vraisemblance sur le plan formel est tout aussi compromise que le langage de vérité dans le registre social.

 

Les séquences dansées (abondantes) conservent leur éclat et leur dynamisme un demi-siècle plus tard. Le travail à ce sujet est considérable et il y a là un vrai tour de force. Les acteurs (peu magnétiques voir peu convaincants pour une bonne part) rapportent que le tournage fut un cauchemar et cette souffrance a payé, car la mise en scène des numéros musicaux (sur une bande-son de Leonard Bernstein) est remarquable. Il faut donc saluer le perfectionnisme en coulisses, notamment du chorégraphe Jeremy Robbins.

 

Pour autant, l’intrigue demeure prodigieusement sirupeuse, désintégrant ses thèmes dans le loukoum et la démagogie. Ensuite West Side Story, à défaut de trouver des responsables précis, a tendance à mettre tout le monde dans le même sac : tous fautifs dans cette société mesquine et hypocrite au pire, indifférente et auto-absorbée au mieux.

 

Mais est-ce la faute des américains installés s’il n’y a pas d’adultes dans le rang des immigrants ? Est-ce la faute des autorités s’ils se comportent en casseurs ? Est-ce la faute du système si en face les nouveaux venus ne sont prêts à aucun compromis, aucune adaptation ? N’est-il pas légitime, en face, de défendre ses repères, l’identité collective et la liberté individuelle ?

 

Enfin, certains aspects techniques font tiquer. Le plan sur la ville en introduction apparaît désuet en dépit de ce qu’il implique, mais est hautement estimable dans le contexte de son époque (1961 – et puis, tout le monde est aveugle à certains détails indéfendables de Sueurs Froides sorti deux ans plus tard). C’est différent pour la scène de rencontre lors du bal. Le flou sur l’ensemble du champ pour isoler les deux amoureux est d’une laideur déconcertante. C’est aussi une de ces manières sauvages contrastant brutalement avec le soin général de la réalisation. Atténuer les sons de l’environnement, filtrer discrètement les objets et gens en second plan, serait plus subtil et se pratique en général, à raison.

Note globale 50

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions…

Voir le film sur FilmsVF.Net ou LibertyLand 

Voir l’index cinéma de Zogarok

 

 

 

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