L’ARMÉE DES MORTS **

30 Avr

3sur5   Evidemment les gardiens du bon mauvais goût ont répété que le propos politique avait été liquidé. Or c’est une saine décision : il serait temps d’avouer que le substrat idéologique des premiers Romero est d’une grande platititude, quelque soit son orientation et ses intentions.

 

Donc, voici L’Armée des Morts, remake déloyal du Zombie de 1978, film-phare du genre éponyme et critique de la société de consommation. Ce second Dawn of the Dead a permis à Romero de se re-lancer, ce dernier ayant pu revenir avec Land of the Dead avant de retourner en terres zombies en gênant ses fans, un peu comme l’Argento post-Stendhal.

 

En ce qui concerne L’Armée des Morts, la supervision par Zack Snyder lui permet de transcender sa nature très étriquée et une écriture douteuse. C’est un film d’action gracieux et puissant, où s’exprime cette façon de s’approprier l’espace assez géniale propre à l’auteur de Watchmen et Man of Steel. La rançon, c’est un catalogue de petits plans inutiles, juste pour la beauté du mouvement. Plus rude à apprécier : les scènes additionnelles ultra beauf – du Very Bad Trip soft au nihilisme extrême toujours lancinant, souvent révélé dans une dernière pirrouette, chez Snyder. Et comme toujours avec lui, cette attraction pour des idées fondamentalistes, cette obsession d’une élite lumineuse et punitive, d’un moralisme impitoyable pour les humbles.

 

Contrairement aux autres grands survival zombies, les personnages sont réduits à un lieu et pataugent à cause de leur incroyable manque de stratégie et de discipline ; on ne les verra qu’arpenter la même courte zone, entre apathie, conneries appliquées puis conneries à réparer. Exemple : allons sauver ce chien qui s’en sort très bien ! Allons sauver cette fille perdue, qui nous annonce une rafale d’emmerdes car « il faut faire quelque chose »

 

Snyder nous dresse des personnages de plus en plus cartonnesque, s’exprimant de façon très définitive alors que si on prend un peu de recul, on constate l’inanité de leurs décisions et de leurs actions : la palme va bien sûr à Ana (Sarah Polley), la leader charismatique inattendue qui nous fait la démonstration de son sang-froid de guerrière, même si, déformation professionnelle oblige, elle aura besoin de se prendre pour un chevalier blanc : de préférence, évidemment, lorsque ça ne sert à rien.

 

Ce mélange de pompiérisme et de connerie chez les membres, d’abord très discret, finit par devenir la boussole du film et par caractériser ses protagonistes. Autant dire que leur mort est une bagatelle, ce qui pose problème dans de telles circonstances. Par ailleurs on remarque que la petite troupe est un peu lente à comprendre la nature de la situation dans laquelle elle est plongée.

 

Eh, tas de demeurés grandiloquents, évitez de vous mettre dans la gueule du loup ! Idem, comater alors que quelqu’un vient de mourir n’est pas particulièrement visionnaire ! Ce n’est qu’à la moitié du film qu’ils agissent de façon logique et dès lors, en étant systématiques (tuer les infectés, donc). Mais la légèreté opposée à la menace gâche en profondeur ce spectacle pourtant intense, sans temps mort et si bien pourvu. À ranger auprès de The Crazies, remake sans fatras social ou métaphysique également, plus carré et cohérent humainement.

Note globale 61

 

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Rec + V/H/S 2 + Le Projet Blair Witch

 


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Voir l’index cinéma de Zogarok

 

 

 

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