SUEURS FROIDES / VERTIGO ***

19 Avr

3sur5  Ce serait l’un des plus grands films de Hitchcock et par extension du cinéma tout entier. Naturellement tout le monde confirme. Pourtant l’impression d’assister à la préhistoire du cinéma s’impose, sensation absente devant Psychose ou Fenêtre sur cour. Même La Mort aux Trousses, malgré une désuétude certaine (et logique) conserve une vigueur qui manque ici. Sueurs Froides est lui aussi vraisemblablement un film s’étant illustré par quelques virtuosités passablement visionnaires à son époque. Mais il n’est pas brillant (ou surtout  »parfait ») pour autant et ne l’était probablement pas non plus dans son temps, en 1958.

La faille de Sueurs froides c’est de ne tenir que sur quelques mystères ou promesses et de surenchérir pour toujours les déguiser ou repousser des résultats toujours anticipés. La science est trop patente. L’écriture et les techniques sont trop mises en avant. Si bien mené soit-il, le film se suit d’un œil distrait. Il est habile mais trop bavard. C’est néanmoins un spectacle notable en raison de ses constructions esthétiques, avec les variations autour des formes en hélicoïdes ou les lignes fuyantes reflétant le vertige. Hitchcock se lance même dans des expérimentations (deux séquences de rêve) dignes du cinéma psychédélique qui émergera dans les années suivantes. Malgré ses failles, ce film présente une richesse évidente qui lui a valu d’inspirer nombre d’auteurs et de chefs-d’œuvre ultérieurs.

Sueurs froides devient passionnant dans son dernier tiers, quand les mystères sont révélés et que nous assistions à cette situation asymétrique entre les personnages. La romance impossible dope le thriller malin. Ce n’est pas un paradoxe puisque Hitchcock a souvent démontré qu’il savait susciter l’intérêt ailleurs que dans le script essentiel. Il a le talent d’inventer des clés et un sens tout autres. Néanmoins là encore, les intentions sont trop flagrantes et les effets, les personnages comme le récit se plient de façon presque obscène aux exigences de l’idée de cinéma. Le final dans le moulin est très contrariant à ce niveau, puisqu’il est rationnellement indéfendable. La situation n’a émotionnellement et concrètement aucune congruence.

Note globale 63

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions…

 

 

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