SPLIT ***

16 Avr

3sur5  Sur le fond Split tient de la bisserie gratinée, d’ailleurs ses faiblesses restent évidentes et ne sont pas corrigées au fil du développement. L’incongruité du ‘based on a true story’ (Kevin est inspiré par Billy Milligan) reflète bien le produit à l’arrivée : c’est improbable, on a déjà fait le coup, mais on trouve du vrai là-dedans sans nécessairement y croire. Split est recevable grâce à deux piliers : la qualité de l’exécution, l’amabilité des trois protagonistes. Un troisième vacille davantage : cette notion de surpassement de la conscience grâce à la souffrance, traitée de façon plus crue et absolutiste dans Martyrs.

Shyamalan reprend ses fondamentaux, au point de finir dans le cameo ludique (ressuscitant Incassable) ; tous les éléments forts sont déjà présents dans les précédents films – et les bases psycho sont assez courantes. Mais il fait un bon usage des clichés. La performance de McAvoy, ses présences, sont naturellement le clou du spectacle. Le jeu est minimaliste, l’essentiel tient au visage et à la voie, le recours aux accessoires est minimal et même nul sur certains aspects (ni perruques ni maquillages). La pente naturelle semblait la gaudriole ou le plantage gênant, amateur, mais l’acteur, avec une lourdeur appropriée, un engagement net, arrive à éviter cette chausse-trappe.

La mise en scène premier degré, même lorsque le fil menace de craquer, lui apporte du crédit, jusque dans sa mutation lente vers le grotesque. Le traumatisme infantile, avec mère abusive, c’est-à-dire le coup classique, est embarqué par nécessité autant que par facilité ou loyauté (cette carte psycho concernait justement Billy Milligan et sa défense) ; l’auteur de Signes et Sixième Sens entretient également la piste surnaturelle, de façon souterraine la plupart du temps. La 24e personnalité rappelle la bête de Dragon Rouge (le prequel du Silence des Agneaux) puis les traits d’un démon se confirment. Tant qu’elle est redoutée la possession semble relever d’une schizophrénie ou d’un cache-misère inconscient. L’idée d’une source interne prend du plomb lorsqu’on s’en rapproche. Le tour est plaisant, insidieusement effrayant et comme d’habitude avec Shyamalan la mystification d’un grand secours.

Cette fois elle n’est pas instrumentalisée ou vénérée (comme dans Le Village), mais pratiquée pour donner dans plusieurs registres, ébaucher diverses réponses. Tout ce qui est acquis ici c’est que Kevin/Milligan n’est pas un faussaire – il pourrait encore jouer, encourager ou rechercher ses délires, mais au moins son expérience est sincère. D’où un assez large éventail de nuances de glauque : au début la captivité rappelle Saw et Old Boy, la souffrance psychique et les conflits convoquent d’autres références (Psychose, Identity), alors que la dissociation en elle-même ouvre des voies plus SF, emmenant vers du post-Lucy. Enfin l’obstination de la clinicienne apporte un peu d’air et d’émotions normales (psychiatre émouvante avec sa foi et ses sacrifices).

Note globale 64

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Postcards from the Zoo + The Visit/Shyamalan + Phénomènes/Shyamalan

Scénario/Écriture (3), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (2), Ambition (4), Audace (3), Discours/Morale (3), Intensité/Implication (4), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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