SÉANCES EXPRESS n°27

25 Fév

> Aux frontières de l’aube** (57)  fantastique

> The Outsiders** (51)  drame/sentimental US

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AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE **

3sur5 Film de poursuite avec vampires aux trousses, Aux frontières de l’aube est ancré dans son époque jusque dans ce qu’il s’acharne à ne pas être. Les 80s marquent une rupture pour les vampires, subitement orphelins de l’esthétique gothique. Le film de Katherine Bigelow (Point BreakDémineurs) ne compense pas par un substitut glam trash (façon Les Prédateurs de Tony Scott) ou un style apocalyptique urbain, mais en intégrant une dualité nette entre l’Amérique des ranchs paisibles et la horde de vagabonds immortels. Pas de princes ni de voyageur fantaisiste, les créatures ici sont un paysan athlétique et des bohémiens pâlots en jeans.

S’il jouit d’une bonne réputation et d’un statut d’œuvre-phare auprès des amateurs du genre, le film n’est pas tellement original, se contentant de juxtaposer deux univers parallèles, les avatars du vampire et le contexte du western docile et civilisé. Cette combinaison est pourtant une innovation au cinéma ; mais la synthèse est aussi sophistiquée que le climat faible. Bigelow compense habilement la violence et la sécheresse de l’ensemble par une tension romantique (charmant tandem amoureux avec ses attitudes entre inhibition et intrépidité), mais son emphase est plus limité que sa maîtrise. Le spectacle demeure balisé voir consensuel en son genre (sinon en tant que thriller horrifique) : la charge lascive des goules et de leurs homologues est méprisée, le récit trop fermé, figé sur les bases de départ et même le héros est un personnage assez réduit et effacé. Puissant tout en sobriété, divertissant mais relativement fade, Near Dark (titre VO) décolle lors de tournées sanguinolentes et autres démonstrations explosives du clan, mais là encore l’inhibition créatrice est criante.

Après les morceaux de bravoure, Aux frontières de l’aube s’achemine vers un conflit entre famille originelle et réseau d’adoption, élu lors d’une dérive et à cause de désirs ou d’étincelles amoureuses. Sans surprise, Near Dark tirera vers une conclusion assez  »prude », condamnant l’élan de passion, la sortie du route, tout en s’en servant opportunément pour être attractif. Sans ce type de lecture ou de biais (auquel Bigelow se sacrifie excessivement), il s’agit encore d’un Roméo & Juliette dont les parties sont irréconciliables mais liées par l’affect et le combat ; l’heureuse originalité, c’est de permettre aux protagonistes principaux d’éviter la tragédie (happy end new wave). C’est ce genre de procédés poussifs, de structures  »morales » et séquentielles très communes, qui rendent le film, si raffiné soit-il (très joli aller pour l’Enfer), terriblement linéaire et formel. Sa subtilité est diluée par trop de renoncements ou de manies conventionnelles et une approche cosmétique des sentiments qui par ailleurs sont censés être exacerbés.

Note globale 57

Interface Cinemagora

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THE OUTSIDERS **

2sur5  La grande et véritable raison de la notoriété de Outsiders est son casting, parsemé de futures stars (Tom Cruise trois ans avant Top Gun, Patrick Swayze, Matt Dillon). Déjà anachronique en son temps, The Outsiders se calque sur les grands classiques du cinéma adolescent des 50s-60s, façon American Graffiti ou La Fureur de Vivre (beaucoup ont parlé d’hommage presque explicite à ce dernier). Réalisé par Coppola dans la foulée d’un Rusty James aux mêmes dispositions, le film célèbre la rébellion vu sous l’angle traditionnel de la grande fresque teen hollywoodienne. Les méthodes et les tubes sont là, les initiés adorent, les autres confondent les modèles et les ersatz.

Avec son romantisme suranné et sa connivence appuyée avec une contre-culture de circonstance, The Outsiders oppose des ados bourgeois et des déclassés précoces, s’affrontant en bandes. On y coupe pas : il y aura le chassé-croisé entre les jeunes vierges avides sous le masque BCBG et les écorchés vifs grimés en délinquants querelleurs. En outre, le ton est assez puéril, le récit progresse par paliers ; les pirouettes du scénario et le manque de solidité sont criantes. Le British Film Institute ne s’y est pas trompé en inscrivant The Outsiders dans sa liste des « 50 films à voir avant d’avoir 14 ans », car c’est lors de la petite adolescence qu’il aura toute l’occasion de marquer les esprits. Car il y a aussi l’approche sincère de ces hommes inachevés engagés dans un processus de marginalisation volontaire, voir de renoncement déguisé devant la misère inéluctable. Les portraits sont plein d’empathie et de tendresse, à défaut de lucidité sociologique voir de réalisme.

Note globale 51

Interface Cinemagora, page Allocine

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Séances Express : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12

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