INTO ETERNITY **

23 Jan

3sur5  Les déchets nucléaires sont impossibles à détruire, or la durée de vie des particules radioactives est estimée à 100 000 ans. Le complexe d’Onkavo (‘cave’ en finnois) est censé résoudre ce problème. Il doit tenir sur toute cette durée, alors que l’Histoire est dix fois plus courte et que les premières radiations ont été découvertes en 1896 (par le physicien Becquerel sur l’uranium). Le chantier a été engagé en 2004, devrait s’achever en 2120, date à laquelle le site sera scellé et enfoui. Le documentaire Into Eternity traite de ce projet à l’ambition gigantesque et aux garanties improbables.

Une couche de subjectivité assumée enveloppe le dossier. Les informations spécifiques sont rares, quelques plans et graphiques sont affichés. C’est l’occasion de prendre conscience de l’existence d’Onkavo pour le spectateur, non d’entrer dans les détails de sa structure – sa genèse et ses contributeurs sont éludés. Passé le sujet sur lequel il jette son dévolu, ce reportage éthéré ne vaut le détour que sur un point : la mise en scène, pleine de passerelles déconnectées et d’échos aveugles, tendant à la rêverie. L’approche indirecte, par couches, a des vertus sur la forme. Au début surtout, elle permet de cultiver le mystère, apporter du charme à cette visite guidée.

Au niveau de l’image et de la fabrique à fantaisies, c’est profitable, sans avoir à passer (et à se limiter) par la fiction. La bande-son est au diapason, glacée et envoûtante avec ses accents industriels, lavés de présence humaine. La valeur ajoutée au niveau documentaire restera faible. C’est vite l’heure de meubler en sonnant le tocsin au ralenti. Les réflexes et méthodes ‘alignés’ colmatent – en atteste le recours à la multitude d’intervenants pour soutenir un même message ; une conclusion affectée jouant la synthèse d’informations dramatiques. Le louvoiement domine, les spécialistes ne savent que parler de l’impossibilité de tracer le futur proche, l’éloigné, l’au-delà de l’horizon.. et personne n’essaie de percer, à peine ose-t-on imaginer !

Le film essaie de jouer sur le stress causé par ces béances et les multiples doutes (comment cacher et préserver le site, faut-il avertir ou laisser de côté, etc), mais ne s’en donne pas les moyens, dédaignant investigation et hypothèses, préférant donner un reflet irrationnel mais figé par prudence. Le réalisateur Michael Madsen se montre pompeux dans ses interventions face caméra. Avec sa petite flamme, ses assertions maniérées, il prend l’allure d’une majorette vaniteuse, donnant la leçon du bout de sa micro-moue. Jouer les apprentis antiquaires n’a qu’un bénéfice : relever l’impuissance de l’imagination et des sensations des Hommes lorsqu’il doit gérer ses découvertes monstrueuses (ou communiquer avec des descendants mutants).

Note globale 59

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… Moon la face cachée (2009)

Scénario/Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (4), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (3), Ambition (4), Audace (3), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (3), Pertinence/Cohérence (3)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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