THE BROWN BUNNY *

12 Jan

1sur5  Cinq ans après Buffalo 66, Vincent Gallo réalise un nouveau ‘film d’auteur’ quasi total. Le nombre de guest est réduit à un : Chloe Sévigny, la récompense au bout de l’errance de Bud Clay, la femme et le rappel de la double humiliation de son existence effarouchée. C’est donc un second road-movie centré sur un alter-ego de Gallo, où son embarras à être de ce monde s’est affiné ; le voilà précisé et sans doute déporté dans sa relation au sexe opposé, où les joies et les satisfactions que connaissent les autres continuent à lui échapper. Comble du malheur : c’est par sa faute, celle de ses manques, de son non-sens instinctif !

Concrètement cela donne de longues scènes parfois complètement stones, avec un fond (musical) mélancolique en sourdine. Au milieu de ce concert monomaniaque de minauderies rentrées gisent de petites évasions en moto et des coups de sang tranquilles au vent. Bud croise des femmes tout le temps, souvent des putes ou qui y ressemblent, même si elles sont décemment mises. Elles viennent à lui mais les sentiments lui sont difficiles. Dur de se faire aimer, de partager des moments, etc. Il est impuissant à conquérir, tenir, protéger une femme ; mais se laisse aborder, choyer par elles, accaparé mais pas retenu, car elles mettent toute leur bienveillance et leur compréhension pour les instants communs. Et il reste accroché à ça.

Une scène de cul accomplie avec pipe assortie est livrée à la sortie. Afin que le chaland ait pas baigné là-dedans pour rien, qu’il ait des raisons d’y trouver du génie et de l’authentique. Faut de la gâterie au milieu des contemplations ! Sa parano et son angoisses sont encore là à tout gâcher et il y a un drame passé à la clé. Cette révélation maso et les attitudes de minable aux alentours sont-elles placées pour faire passer l’ego-trip ? S’agit-il de légitimer l’étalage d’une souffrance très subjective par un retour négatif et du fait à charge sur cette âme livrée, déséquilibrée et avant tout blessée ?

Ce Brown Bunny est inconsidéré, probablement sincère en théorie ou obéissant à quelque idée supérieure dans ce genre ; mais ce long aveu est borné à la surface (où il ne donne qu’une succession d’entremises crypto-charnelles et de panoramas d’une désespérance mutique et abrutie), donc frauduleux, dépouillé, bien arrangeant pour la vanité. Oser la substance aussi aurait été courageux. Ici un ‘Je’ lointain malgré l’affichage livre des photos de descente mélancolique, sinon c’est l’effondrement dans le désert, avec bouts de langages débrayés et stérilité garantie à tous les étages.

Note globale 25

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…

Scénario/Écriture (1), Casting/Personnages (1), Dialogues (1), Son/Musique-BO (1), Esthétique/Mise en scène (2), Visuel/Photo-technique (2), Originalité (2), Ambition (3), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (1), Pertinence/Cohérence (1)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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Une Réponse to “THE BROWN BUNNY *”

  1. le cinema avec un grand A janvier 13, 2017 à 20:13 #

    Gallot nous montré des choses plus intéressantes…

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