QUATRE MINUTES **

8 Jan

3sur5  Dans les grandes lignes tout est convenu et les agréments sont la caricature de l’engagement tire-larmes contre l’axe du Mal révolu (nazis oppresseurs de communistes et pourfendeurs d’un cœur lesbien). Avec cette armature Quatre minutes est un film primaire, avec rédemption et dépassements de soi courus d’avance ; la façon dont le tandem de cobayes va l’éprouver change la donne. La professeure de piano et la prisonnière prodige gardent un caractère exécrable et des vices irrécupérables jusqu’au-bout. Leurs raisons respectives sont placées mais pas suffisantes pour les blanchir catégoriquement.

Traude Krüger (Monica Bleibtreu) ne se contente pas d’être une acariâtre repliée, elle est également hostile à « la musique de nègres ». Jenny von Loeben (Hannah Herzsprung) est une brute promise à une vie de déchet purulent. La vieille professeure la soutient pour ses dons de pianiste, satisfaisant son obsession pour la musique savante. Elle pourrait être moins insensible qu’elle le prétend, mais elle n’aurait jamais eu la moindre sympathie pour la jeune détenue sans ce génie à faire fructifier. Enfin ce sacrifice d’une vie pour ‘l’art et la beauté’ pourra aboutir, elle n’aura pas été qu’un monstre rigide, cachant sa peur et son humiliation pour crever dans la stérilité.

En s’attachant à deux cyniques aux émotions fortes, Quatre minutes semble mettre de l’authenticité et un supplément de vigueur sur une trame à l’optimisme benêt garanti. La sécheresse de l’une et la rudesse des deux repousse les facilités et les réconforts ; une goutte de mielleux coûte cher. Le chemin est long et la nature de la victoire incertaine. Quelques séquences lyriques sans à prévoir, avec du danger et un semblant de vertige également présents lors des moments ‘d’évasion’ ou de semi-comédie. Ce film allemand utilise des recettes classiques, se montre méthodique, efficace et doit l’essentiel de sa puissance aux deux interprètes.

Le personnage de la vieille est le plus travaillé ; pour la jeune, l’accent est mis sur son rapport au monde, son intimité psychologique reste difficilement accessible, comme pour ceux qui la croisent. Les flash-back du passé nazi apportent une touche de glauque impromptu et les vignettes du bonheur naïf des déluges de kitsch encore plus décalés. Le final est regrettable car démagogique au sens complet : Jenny a fait le show et plaît au plus grand nombre pour ça ; les acclamations font donc la réussite. Traude était au désespoir et soudain elle succombe, partage la jubilation collective malgré les transgressions de Jenny (à l’interprétation ‘contemporaine’ percutante mais à deux reprises au bord du drame) ; on se fatigue de tous les intégrismes.

Note globale 57

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Chronique d’un scandale + Kontroll + Intouchables + Zéro de conduite

Scénario/Écriture (3), Casting/Personnages (3), Dialogues (3), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (3), Originalité (2), Ambition (4), Audace (3), Discours/Morale (2), Intensité/Implication (4), Pertinence/Cohérence (3)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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