LE CORBEAU (Corman) **

5 Jan

le corbeau corman

2sur5  Dans les années 1960, le cinéma d’épouvante est marqué par le cycle Poe tourné par Corman avec Vincent Price. Cette merveilleuse série compte huit adaptations du nouvelliste, parfois très lointaines, comme c’est le cas de The Raven. Ce cinquième opus est le plus célèbre, mais ce n’est pas le plus aimé des cinéphiles, car c’est le plus dissident à l’Horreur et aux registres des talents impliqués. Adieu au lyrisme, adieu à tout frisson et finalement adieu au plaisir, pour l’essentiel du moins.

Au milieu des Malédiction d’Arkham ou Chambre des Tortures, c’est un hors-sujet renversant, mais en soi ce n’est pas non plus une purge ; plutôt un passe-temps affable, sans grand relief. Le film cafouille au départ, puis réussit à amuser grâce à son anti-héros absolu, le pleutre (celui qui commence et pourrait finir en corbeau) incarné par Peter Loore, le fameux psychopathe de M le Maudit. À la fin, les tours de magie deviennent plus malicieux, inventifs et surtout conséquents : la farce, la magie et l’épouvante désuètes s’accordent bien.

Malheureusement ce n’est pas toujours le cas pendant la séance. Corman et Matheson (scénariste et auteur de nouvelles de SF fameuses comme Je suis une légende) tentent une espèce de vaudeville fantastique et peinent à la tâche. Ils en arrivent à cultiver un comique pittoresque et lent, presque abruti, avec des relents potaches : ce n’est pas leur vocation et le résultat est donc improbable. Sa platitude est paradoxalement assez heureuse car elle empêche de sombrer dans la gêne.

Le style flamboyant de la collection Poe est totalement galvaudé, amputé de sa substance, dénié. Les atouts habituels sont gâchés, leurs résidus se cachent, or la conversion au comique troupier est infructueuse. Echec global donc, mais échec avec de beaux restes et une capacité à générer un petit plaisir malgré tout. Le film a le mérite d’une certaine audace et ne manque pas de ressources ou d’anecdotes, comme la présence de Jack Nicholson alors à ses débuts, trois ans après une première mise en avant par Corman dans l’excentrique Petite boutique des horreurs.

Note globale 54

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…

Voir le film sur StreaMafia

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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