KUBO ET L’ARMURE MAGIQUE **

28 Déc

3sur5  Les studios américains Laika ont d’abord frappé fort avec Coraline, puis doucement entretenue leur implantation via Norman et Les Boxtrolls. En 2016 ces spécialistes de l’animation en stop-motion présentent Kubo and the Two strings, notable pour ses superbes idées visuelles et les touches d’originalité parcourant son univers (comme le détournement des origamis).

La séance est occupée par une traversée du Japon médiéval et de grandes étendues désertiques, glacées ou boisées. Tous ces atouts souffrent d’un défaut d’incarnation. L’écriture tire le film vers la banalité et les personnages vers l’inanité. Ils sont statiques et sans complexité, hormis pour quelques petits troubles relationnels criards, light et éculés. Le cafard géant surclasse ses camarades grâce à son arrogance sur-jouée. Mais ce n’est pas un phare au milieu d’une troupe de gens creux. Son charme repose sur l’humour, pas sur une épaisseur supplémentaire ; il reste une béquille heureuse, un animateur tirant de l’ennui.

Les liaisons sont très mécaniques, l’assertivité fade, la ligne générale est dépourvue de caractère. C’est donc quand le film pousse dans les déballages graphiques, ou glisse à fond dans son esprit ‘jeu vidéo’ qu’il est à son meilleur – par exemple la séquence de l’épée sur le crâne géant. Au détail Kubo fourmille de qualités voire d’arguments remarquables : son visuel luxuriant, sa BO élégante avec une haute capacité d’envoûtement (signée Daniel Marianelli, oscarisé par Reviens-moi), le potentiel de certaines étapes (la maritime en particulier, important un horizon inattendu). Dans l’ensemble il recycle les acquis et ne développe pas ses nombreux atouts, adoptant une approche ‘catalogue’ de son joli bestiaire (les tantes apportent la touche horrifique).

Il manque d’intensité, se contentant d’une fougue superficielle pour faire avancer les choses et d’exprimer une sensibilité via des déclamations mielleuses (synthétisées par les pétitions de principes tombant dans le ciel final). Enfin les différents pouvoirs sont sous-exploités ou avec retardement, les révélations sont défendables mais rien ne les a soutenues ni enrichies tout le long. En mal d’identité claire, de convictions fortes, ce Kubo aura passé son temps à meubler avant d’abattre les cartes de son jeu, pour un éloge de la fraternité bien aimable (plus que ses protagonistes) mais qui pourrait aussi bien être une décoration ultime.

Note globale 57

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… Tout au bout du monde + Dragons 2

Scénario/Écriture (2), Casting/Personnages (2), Dialogues (2), Son/Musique-BO (3), Esthétique/Mise en scène (3), Visuel/Photo-technique (4), Originalité (2), Ambition (4), Audace (2), Discours/Morale (-), Intensité/Implication (2), Pertinence/Cohérence (2)

Voir l’index cinéma de Zogarok

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