UN CHIEN ANDALOU ***

25 Déc

3sur5  Double entrée fracassante dans le monde du cinéma : celle du surréalisme et celle de Luis Bunuel, le cinéaste espagnol (Belle de Jour, Le Journal d’une femme de chambre, Tristana, Los Olvidados). Un Chien Andalou est un film extraordinairement neuf pour son temps (1928) ; et au moins aussi audacieux, défiant la censure et repoussant les limites de la représentation. C’est un film et une révolte, où cohabitent érotisme et conscience de la mort, où les formes classiques s’effacent au profit du déversement (calculé – bien qu’il faille s’en défendre) de l’inconscient.

Il n’est cependant pas aussi formidable que sa réputation et son aura le suggèrent. En effet il s’agit essentiellement d’un empilage de séquences oniriques déconcertantes mais ancrées dans un réel tronqué, une impression visionnaire mais néanmoins littérale de la vocation surréaliste.

Donnant à l’imagerie collective des visions  »totémiques », comme l’œil tranché, Un Chien Andalou a bien sûr stimulé les interprétations ; il le fait toujours, suscitant des engouements oiseux, engendrant parfois du sens (le film regorge d’emprunts aux mythes et de symboles précis, propres aux surréalistes – le piano comme incarnation de la bourgeoisie). De manière globale, Un Chien Andalou ponctionne ostensiblement la psychanalyse ; il met en scène les étapes du désir masculin, avec certaines fadaises propres à cette industrie, comme le conflit œdipien. Bunuel a refusé d’expliquer le film, finissant par arguer qu’il s’agissait d’un « appel au meurtre ». Pleutre, prudent ou malin ?

Conçu en tandem avec Dali (les références et incrustations de son œuvre picturale abondent), Un Chien Andalou demeure une étape dans l’histoire du cinéma. Avec L’Âge d’Or, long-métrage qui suivra et réunira à nouveau le tandem Dali/Bunuel, c’est le seul film reconnu par le groupe des surréalistes comme étant des leurs. Son agressivité, son humour, l’ingéniosité de sa réalisation mais aussi ses acteurs (Simone Mareuil) en font toujours un spectacle incomparable, mais pas nécessairement puissant ou insidieux. Le mental sauvage ne crée pas l’émotion.

Note globale 68

Page Allocine & IMDB + chronique sur SC

Suggestions…

Voir le film sur MixtureVideo & YouTube 

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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